0. Jocker : Sortie de prison

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Lorsque Loki avait été ramené sur Asgard pour être jugé à cause de sa participation à la tuerie de Stuttgart et à la déclaration de guerre des Chittoris, il avait essuyé les foudres du Dieu tout puissant : Odin. Le discours de son père avait été bref mais concis. Loki était alors enchainé, pieds et mains liés.

Lorsqu'il arriva, chacun de ses pas provoquant des cliquetis agaçant aux oreilles du Dieu du Mensonge, devant l'immense trône doré où siégeait Odin, on le força à s'agenouiller d'un coup de manche d'hallebarde à l'arrière du genou. Frigga, épouse d'Odin et mère de Thor et Loki, s'avança prestement vers le garde à la lance et le gifla sans ménagement. Odin se leva à l'intervention de son épouse et la regarda.

« - Malgré ce qu'il a fait, il reste un Prince d'Asgard et cela, rien ni personne ne pourra lui ôter. »

Elle remercia Odin d'un signe de tête et recula non sans frôler de sa main, celle de son fils. Loki ferma les yeux mais ne bougea pas. Comment l'aurait-il pu ? Ses menottes l'empêchaient de bouger et obstruaient sa magie. Parler lui était également impossible à cause du baillon d'acier qu'on lui avait imposé depuis New York.

Odin se rassit et regarda son fils cadet. Rien dans son regard ne laissait transparaitre quoi que ce soit.

« - Loki, mon fils, pourquoi ? »

Ce fut les seules paroles que le Grand des Grands prononça. Un garde ôta le bâillon qui laissa une marque de sang de chaque côté de sa mâchoire. Le silence suivit et la foule montra des signes d'impatience caractérisés par les murmures qui parcourent la salle et les trépignements des mains et des pieds. Thor qui se trouvait aux cotés de leur mère fit un pas en avant et lui tonna de s'expliquer sans quoi la sanction serait terrible.

"- Mon frère, cesse de te murer dans le silence. Parles et assumes tes actes !"

Le regard de Thor était à la limite de la supplication ; les fines lèvres de Loki s'étirèrent en un sourire qui barra son visage et qui se voulait provoquant. En vérité, il était à la limite de l'hilarité. Un rire sourd envahit la pièce puis il n'y tint plus et explosa dans un rire clair, cinglant et cynique.

« - Mon frère ? » demanda Thor inquiet que son cadet ne tombe définitivement dans les méandres de la folie.

« - Thor, Thor ! commença Loki. Tu restes égale à toi-même. Tout dans les muscles et rien dans la cervelle ! Peut-être que si je t'avais ouvert le crâne et si j'avais fouillé dedans, aurais-je trouvé quelques traces d'intelligence mais vois-tu j'en doute !

- Loki ! s'écria Frigga. Cesse de faire l'enfant et répond à ton père.

- CE N'EST PAS MON PERE ! cria le Dieu du Mensonge en se tournant vers sa mère et fouettant l'air de ses cheveux. Vous le savez parfaitement tous autant que vous êtes. Vous me l'avez caché mais il est trop tard désormais ... ».

D'un coup d'épaule, Loki rajusta son manteau du mieux qu'il put puis il se tourna vers son père adoptif, reprenant son calme habituel.

« - Ce que j'ai fait, c'est réclamer ce à quoi j'ai droit, « père » ! Cracha Loki en foudroyant Odin d'un regard hainaux. Ce à quoi vous ne m'avez jamais formé ! »

savait pertinemment de quoi il parlait. Il avait personnellement formé Thor à gouverner le Royaume en tant que successeur légitime. Laissant à Frigga le soin de s'occuper de l'éducation de Loki. Cela ne signifiait pas qu'il n'aimait pas Loki, bien au contraire, il aimait ses deux fils de la même façon. Thor, son fils de sang et Loki son fils de cœur. Au fil des ans, comprenant que le trône serait destiné à Thor, Loki se remplissait d'amertume vis-à-vis de son père et se liait davantage à sa mère qui lui enseigna les secrets de la magie et du savoir.

Récemment, quand il apprit sa véritable identité, ce fut comme si on lui broyait le cœur. On l'avait trahi de la pire des façons. Il n'était pas un Asgardien mais un Jötun. Sa famille ne l'était pas et il se sentit effroyablement seul.

Il se tût et ne parla plus. Alors Odin fit un signe de la main pour que l'on emmena son fils à sa geôle. A savoir, une cellule privative aménagée rien que pour lui. Frigga porta la main à son visage en lâchant une larme et se réfugia dans les bras de son fils ainé. Ce dernier n'était pas en peine non plus, ses yeux le brulaient et sa seule envie était d'hurler, d'ordonner aux gardes de se stopper et d'emmener Loki le plus loin possible. Quoi qu'en dise Loki, ils étaient frères, compagnons de jeux puis d'armes, ils étaient tout l'un pour l'autre depuis leur plus tendre enfance et cela ne pouvait disparaitre comme ça.

De cette scène, personne n'aperçut le regard d'Odin. Personne n'aperçut cette larme qui coula le long de sa joue pour se perdre dans la barbe blanche. Personne ne sut qu'Odin aimait tellement son fils, qu'il pleura en silence l'exil auquel son fils se préparait.

OoOoOoO

Depuis combien de temps l'enfermait-on ? Etait-ce cela la punition qu'Odin destinait à Loki, l'enfermement à vie ou le temps de la réflexion, à savoir entre 300 et 800 ans ? Bien. Qu'avait-il à perdre ? Sa mère lui faisait parvenir les ouvrages qui occupaient son temps libre, donc tout son temps. Et il mangeait ce qu'il voulait quand cela lui prenait l'envie bien qu'il eut un appétit léger !

Cette après-midi-là, il était allongé sur son lit tenant un livre sur la magie disparue de Svartalfheim au-dessus de sa tête. Il portait une tunique simple asgardienne verte émeraude rayée de noir et de doré sur un pantalon de toile noir. Ses pieds nus étaient croisés et se balançaient de temps à autres.

« - Bonjour mère, que me vaut l'honneur de votre visite ? » demanda Loki à Frigga qui avait pénétré dans sa cellule.

« - Je venais prendre de tes nouvelles, voir si tu ne manquais de rien. Répondit-elle en souriant.

- Je me porte à merveille, enfermé sous terre, comme un vulgaire prisonnier. Ricana-t-il.

- Pas avec moi, Loki ... souffla-t-elle. »

Mentalement, Loki sourit de voir sa mère qu'il aimait tant, tellement belle, tellement douce ... Il posa son livre et se mit en position assise sur le bord du lit. Sa mère se positionna face à lui et s'agenouilla afin de prendre son visage en coupe.

« - Mon fils, pourquoi t'en prends-tu de cette façon à ton frère et à ton père. »

Loki éructa.

« - Ce n'est pas MON père et Thor n'est pas MON frère ! Vous n'avez pas une petite idée ? dit-il en se levant et s'appuyant sur le mur d'en face.

- Et moi ... ne suis-je pas ta mère ? murmura Frigga. »

Loki la regarda et s'adoucit lorsqu'il vit le visage de sa mère emplit d'une tendresse qu'elle lui réservait. Elle s'approcha de lui et lui prit la main. Loki appréciait la chaleur qui émanait du corps de sa mère comparée à lui qui était toujours froid.

« - Mère, pourquoi moi ?

- Penses-tu que ton père ne t'a pas aimé au premier regard pour ne pas t'avoir laissé sur Jotunheim? Penses-tu que Thor ne tient-il pas à toi alors qu'il te défend bec et ongle à chaque fois quitte à se dénoncer à ta place ? Penses-tu que je ne t'aime pas pour venir te pardonner malgré ce que tu as fait ? »

Loki baissa les yeux, ne pouvant plus soutenir le regard azur de sa mère. Bien sûre qu'ils l'aimaient. Il le savait mais il ne voulait pas l'admettre. Ce n'était pas si simple ... Elle prit son menton du bout des doigts afin qu'il la regardât droit dans les yeux.

« - Tu es notre fils à ton père et moi, tu es le frère de Thor et tu fais partis de notre famille. Nous t'aimons de cette façon ... »

Loki était au bord des larmes et malgré tout, il arborait toujours ce visage arrogant voir froid. Mais il s'en fichait car il savait que sa mère lisait en lui comme dans un livre ouvert. Alors que sa mère caressait le dessus de sa main dans un geste apaisant, elle regarda la peau de son fils devenir bleue montant le long de son bras, envahissant son cou et le reste de son corps. Puis ses pupilles virèrent au rouge. Des lignes symétriques d'un bleu plus foncé apparurent en dernier sur sa peau. Frigga passa son pouce sur l'une des lignes et remonta le long du bras pour lui prendre l'épaule. Loki prit le visage de mère dans une main.

« - Et maintenant, suis-je encore votre fils ? » demanda Loki, sa voix dérayant sur la fin.

Frigga sourit et un rire cristallin sorti de ses lèvres. Elle se rapprocha et embrassa la joue gauche de son fils cadet. Elle posa son front sur la mâchoire de Loki et l'enveloppa de ses bras réconfortant.

« - Tu étais, tu es et tu resteras mon fils à jamais. Je t'aime tel que tu es ! ».

Le Jötun s'effondra. Il prit sa mère dans ses bras en psalmodiant des « je vous aime, mère » et des « pardonnez-moi ». Puis il se laissa tomber à genoux et enlaça sa mère de sorte que sa tête repose sur le ventre de cette dernière. Qu'il aurait aimé venir de cette femme qu'il chérissait tant.

« - Maintenant mon fils, lève-toi. »

Il s'exécuta et remarqua que derrière les vitres de sa cellule, se tenait Thor. Il souriait mais dès lors que Loki l'aperçut il reprit son expression habituelle. Loki reprit également son apparence normale et irrité demanda à sa mère ce qu'il faisait ici.

« - Tu as fort à faire, mon fils, tu vas suivre ton frère et tu feras ce qui doit être fait.

- Vous me faites sortir ? »

Loki se mit sur la défensive. Etait-ce une duperie d'Odin ? C'était lui le Dieu rusé et non le Roi ! Il ne tomberait pas dans un piège aussi grossier. Il recula et regarda sa mère et son frère en alternant.

« - Vous vous moquez de moi ?! dit-il. »

Cette fois ci, la tristesse recouvrait son visage qu'il dirigeait vers sa mère. Lorsque celle-ci tendit la main, il recula.

« - ARRETE ESPECE D'IDIOT ! » hurla Thor de sa voix de baryton. « Ne vois-tu pas que mère t'offre une chance ? Comptes-tu bafouer cela et ignorer les risques qu'elle prend pour te faire sortir ?

- Ton frère a parlé en ta faveur auprès de ton père mais tu le connais ... Aussi têtu qu'un nain. Il est donc venu me voir et comme je ne suis pas ton père ... ».

Elle prit la main de son fils et l'amena jusqu'à la porte de la cellule.

« - Répare tes erreurs et éclairci ce que tu crois sombre dans ton esprit. »

Puis elle disparut dans un halo de lumière doré qui l'a recouvert tout entière. Après tout, c'était elle qui lui avait enseigné la magie !

Thor désamorça la barrière d'énergie qui retenait son frère enfermé et lui tendit son armure de cuir et sa cape.

« - Change-toi et retrouve moi à la porte. »

Lorsque Loki se retourna, Thor lui attrapa le bras et l'obligea à se retourner.

« - Je suis désolé mon frère, sincèrement. »

Loki le regarda de haut en bas et hocha la tête pour le remercier. Puis il se changea. Son armure lui avait manqué ! Le touché du cuir, et ses petites dagues camouflées sur les côtés le rassurait. Il se sentait à nouveau lui-même, fort et terriblement attirant ! Lorsqu'il retrouva son frère ainé à la porte des cachots, Loki vit les corps des gardes au sol.

« - Ne me dis pas que ... commença Loki.

- Ils sont justes inconscients mais ils ne vont pas tarder à se réveiller. Tu es prêt ? »

Loki hocha de nouveau la tête et emmena Loki à travers les couloirs du palais puis de la ville en évitant les gardes. Lorsqu'ils arrivèrent près de la demeure d'Heimdall. Thor le stoppa.

« - Change ton apparence, Heimdall est au courant de ta situation et je ne veux pas que nous ayons fait cela pour rien. »

A la demande de Thor donc, Loki prit l'apparence de la guerrière Sif, la Valkyrie. Arborant à la perfection les longues jambes sveltes, les longs cheveux noirs et le regard chaleureux.

« - Comment me trouves-tu ? à ton goût peut-être ? ricana Loki.

- Arrête ça tout de suite ... demanda son frère pince sans rire. Si elle venait à l'apprendre, tu souffrirais longtemps ! »

Loki rigola joyeusement, ravi de l'effet qu'il donnait. Il connaissait l'attirance qu'éprouvait la guerrière envers son frère qui de son côté n'avait rien vu et avait préféré la midgardienne Jane Foster dont il n'avait plus de nouvelles.

Arrivé chez Heimdall, Thor et « Sif » saluèrent le Gardien.

« - Mon Prince, Dame Sif, en quoi puis-je vous aider ?

- Nous avons besoin d'aller sur Midgard. Peux-tu activer le Bifröst ?

- Selon vos ordres, mon Prince. »

Le Gardien planta son immense épée dans la serrure réservée à cet effet et actionna le mécanisme qui ouvrit le Pont des Ases. Thor et « Sif » remercièrent Heimdall et se dirigèrent vers la porte quand le Gardien héla Thor.

« - Mon Prince, êtes-vous au courant de l'évasion de votre frère, le Prince Loki ? On dit qu'il a échappé à la vigilance des gardes."

La nouvelle s'était-elle si vite répondu ? A moins que le regard d'Heimdall en avait vu plus qu'il ne l'aurait dû.

"- J'ignorais cela Heimdall, je te remercie de m'avertir ! Je règlerais cette affaire dès mon retour.

- Si d'aventure, Dame Sif rentrait de son voyage à Nidavellir, je ne l'avertirais pas de l'avoir laissé partir sur Midgard. lança alors Heimdall suivit d'un "Bonne Chance Mes Princes !'. »

Thor remercia Heimdall qui ornait un sourire amical, en se prosternant. Le guerrier avait toujours eut une affection particulière pour les deux jeunes princes d'Asgard. Peut être était-ce parce que son regard ne râtait absolument rien de ce qui se passait sur le territoire mais la fougue de ces deux garçons qu'il avait vu grandir le rendait sensible à leur condition.

Le blond rejoint Loki devant le portail et lui fit signe d'avancer rapidement.

« - Où comptes-tu m'emmener ? demanda ce dernier.

- Là où tu pourras réparer tes erreurs. »

Puis tous deux disparurent dans les lumières multicolores du Bifröst.

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Le grand bâtiment blanchâtre d’ordinaire, me paraît encore plus blanc que d’habitude, plus étincelant, scintillant de milles feu comme-ci il avait revêtu une robe de mariée ornée de mille diamants translucides. Je passe les portes comme d’habitude en faisant un petit signe de la tête à la personne qui se trouve derrière la vitre de l’accueil pour me diriger d’un pas décidé vers les vestiaires.
J’entre vivement en souriant, je sais que va commencer les médisances sur ce temps qui provoque bien des tracas à mes collègues qui n’aiment pas ce temps froid, la circulation des routes difficiles qui les obligent à se lever tôt pour faire chauffer les voitures ou arriver avant l’heure de départ des autobus pour être sûr qu’ils circulent bien ce jour-là et qui, pour certains espèrent qu’ils ne partent pas pour avoir une journée de congés forcés sont toujours des excuses pour alimenter la médisance sur le mauvais temps.
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Mais pour le moment, je dois prendre mon service, la tempête qui commence à faire rage à l’extérieur ne m’ennuie pas du tout bien au contraire, je prépare mon chariot tranquillement le temps que ma collègue arrive et nous voilà partis pour faire la première tournée de la matinée, chaque chambre a été réhabilitée lors de la réfection totale de l’hôpital il y a maintenant deux ans, en apportant des couleurs pastels, un mobilier neuf est adapté à la convalescence des patients ainsi que quelques tableaux de nature mortes pour égayer les tristes moments que certains patients subissent, mais pour nous entrer dans ces chambres c’est la promesse d’un contentement indéfinissable, on ne sait jamais ce que nous allons trouver en ouvrant la porte, nous connaissons nos patients bien sûr, mais de nouveaux arrivants durant la nuit, une perte de connaissance ou bien d’autres choses nous permets de nous demander ce qu’il va y avoir derrière la porte.
Cette petite fille qui se profile au détour d’un couloir m’a tout de même interpellé, il est tôt et personne ne doit sortir de sa chambre pour le moment, je me dirige vers le fond du couloir en demandant à ma collègue de commencer, j’arrive à l’endroit où je l’ai vu en regardant de chaque côté de ce long couloir, personne, bizarrement j’ai l’impression qu’elle est la tapie dans un coin et qu’elle va surgir en criant pour me faire peur, pourtant il n’y a personne, je reprends la direction de ma collègue en prenant soin de me retourner régulièrement mais rien, en entrant dans la première chambre j’explique à ma collègue ce que je crois avoir vu, elle rit, il fait encore noir à cette heure de la matinée et le temps à l’extérieur ne laisse pas présager que cela va s’éclaircir de sitôt. On entame déjà la troisième chambre quand l’étage est plongé dans le noir, une coupure d’électrique sûrement dû au mauvais temps, fort heureusement les hôpitaux sont équipés de générateur de secours les coupures de l’alimentation électrique en milieu hospitalier peut avoir de graves conséquences, quelques minutes suffisent pour que le relais se mette en route, on est dans une chambre, j’entreprends de sortir pour être sûr qu’aucun patient ne panique suite à ce noir prenant pour une personne en difficultés médicales, j’avance doucement à tâtons sachant que les soignants en premier ne doivent pas paniquer dans ses moments-là, cependant, le générateur ne s’est toujours pas mis en route, il nous faut donc vérifier que personne ne sorte des chambres, même en avançant doucement j’ai l’impression de progresser dans un trou noir, je connais ces couloirs par cœur depuis le temps que je travaille ici, pourtant, ce dernier me parait d’une longueur indéfinissable.
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grand-mère mettait lorsqu'elle allait se coucher, vous pensez si cela me faisait frissonner, je lui tendis la main pour l'aider à sortir de sous le lit, arrivé dans la luminosité de la petite lampe posée négligemment sur la table de nuit, je reconnus la petite fille que j'avais vu dans le couloir quelques heures plus tôt, je lui souris, elle me regardait craintivement, puis quelques minutes plus tard elle me souriait également, je l'as pris dans mes bras pour la remettre dans son lit, je la bordais doucement en lui demandant ce qu'elle avait comme maladie, elle ne me répondit pas, elle se retourna en me disant qu'elle était fatiguée et qu'elle voulait se reposer un peu, je l'as regardait un moment puis, je sortis de la chambre, j'entrepris donc de frapper à une autre porte en l'ouvrant en même temps, la même chambre que la précédente se tenait devant moi, un vieux monsieur me cria qu'il n'avait pas besoin de mes services, que je devais faire demi-tour rapidement et le laisser tranquille, puis, il me demanda sur un ton grincheux de m'habiller d'une façon plus décente la prochaine fois que j'entrerais dans sa chambre, je restais là à le regarder abasourdi, moi, une jeune femme libérée certes, mais toujours impeccable sur mon lieu de travail, je mets un point d'honneur à toujours avoir mes tenues professionnelles impeccablement repassé et ce monsieur ose me dire que m'a tenue n'est pas descente, de quel droit, alors que j'allais lui dire ma façon de penser sur son ton exécrable l'infirmière du bureau arrive en courant, elle me demande de me dépêcher de la rejoindre dans le couloir, je la suis, non sans fusillés du regard ce monsieur imperceptible, lorsque je me retrouve à ses côtés un brouhaha incandescent se fait entendre, des cris d'hommes retentissent de l'autre bout du couloir, le médecin arrive à grands pas avec une… Sœur, j'ai l'impression d'être en plein rêve, une bonne sœur avec tout son attirail chapelet et compagnie longue soutane bleu noir, avance 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de quelle marque, je suis sûr de l'avoir déjà vu mais j'ai un trou de mémoire qui me stresse énormément, mais pour le moment je pressens un gros souci avec cette petite fille, que va-t-il se passer s'il la trouve, que veux dire l'infirmière, alors que je continus à me poser beaucoup de questions en voyant les militaires se rapprocher j'entrevois la petite ouvrir doucement la porte, les larmes coulent sur son petit visage, elle me fend le cœur, sans vraiment réfléchir je fonce sur cette petite je referme la porte derrière nous personne a dû nous voir, du moins c'est ce que j'espère à ce moment précis, il me faut réfléchir rapidement alors que j'entends les militaires approchés de la porte, je m'engouffre sous les couvertures de ce lit affreux j'emporte la petite en passant en la blottissant au fond du lit, je retire en vitesse le calot mis sur mes cheveux je les ébouriffe pour sembler malade je fais signe à la petite de ne pas bouger, bien que je ne comprends rien à ce qui se passe je sens que si je ne fais rien pour elle, son futur risque de n'être que malheur, détresse et disgrâce, la sœur ouvre violemment la porte de la chambre, je retourne péniblement ma tête comme un malade le ferait, je râle, je grogne, les militaires entrent regardent sous le lit, derrière le rideau, durant quelques secondes qui me semblent passer en minutes ils inspectent la chambre visuellement, puis un signe de la tête d'un des leurs et ils ressortent comme ils sont entrés, la porte n'étant pas refermée je fais signe à la petite avec un doigt sous le lit de ne pas bouger. Je continue d'entendre les portes claquer brutalement sur les murs des chambres, puis dans un bruit énergique je revois la horde de militaires passer dans ce couloir froid, suivis de la bonne sœur et du docteur qui s'empresse de leur crier qu'il leur avait bien dit qu'elle n'était pas ici. Mais que veulent-ils, a une petite fille innocente, je bondis du lit pour regarder brièvement dans le couloir, le calme est pratiquement revenu, les malades sortis de leurs chambres discutent avec l'infirmière que déjà je vois le médecin revenir et se diriger vers notre chambre, il me remercie chaleureusement, je m'empresse de lui demander pourquoi, la soignante venue nous rejoindre dès que les patients avaient regagné leur chambre s'assit sur le lit et prend la petite dans ses bras, une explication, je ne veux qu'une explication alors que le silence pèse dans cette petite chambrée. Le médecin m'avoue alors que la petite n'est pas malade du tout ses parents ont été emmenés dans un camp de concentration et les militaires recherchent la petite pour qu'elle les rejoigne, je m'assois également, je pense qu'à ce moment précis je suis aussi blanche qu'un malade, je ne comprends absolument pas, les camps de ce genre ne sont plus d'actualités à notre époque, c'est impossible, le médecin me regarde surpris, il ne me comprend pas non plus, après un long moment de silence il se permet de me demander si j'ai reçu un coup sur la tête ou si je suis amnésique, le monde à l'envers, je ne peux m'empêcher de rire, ils sont tous revêtus de vêtements des années 50-60 et ils me demandent si je suis amnésique peut-on s'interroger sur ce qu'il se passe réellement, il me faut analyser la situation, ce n'est pas possible alors que je reste circonspect, je ne peux m'empêcher de prendre un air sérieux en scrutant le regard de mes interlocuteurs puis prise dans un élan d'éclair je me mets à m'esclaffer, un rire franc d'une hilarité hors du commun je commence à comprendre, j'étais tellement prise dans ce tourbillon quotidien criant de vérité que je n'ai pas pensé un instant que j'étais embarqué malgré moi dans une réalisation cinématographique, tout concorde, le fait que je ne connaisse pas ce couloir, ces chambres d'aspect ancien, les tenues vestimentaires des personnes qui m'entourent, j'ai vraiment été sotte de ne pas comprendre tout de suite.
Je sors de la chambre en continuant de rire franchement, faisant un petit clin d'œil au médecin, je reprends la direction du fond du couloir d'où je suis arrivée quelques heures plus tôt pour repartir dans mon service, mes collègues doivent sûrement me chercher partout. En traversant ce dédale de couloir je vois toujours les mêmes portes je ne me souviens pas d'avoir traversé aussi longuement ce couloir, en me retournant je peux voir le médecin, l'infirmière et la petite dans l'encadrement de la porte, ils me regardent interloqués. Pourtant, je n'arrive pas à retrouver mon secteur toujours les mêmes portes se profile continuellement de chaque côté je me sens perdu je n'avais pas marché aussi loin, du moins je ne m'en souviens pas, face à moi une lumière blanche scintille, elle m'aveugle presque, mais en me dirigeant vers sa direction je peux entrevoir la forme d'une fenêtre au bout de ce couloir. Je m'en approche, il fait déjà jours quelle heure peut-il être, instinctivement je regarde ma montre, 5 h 45 du matin ! impossible, il ne ferait pas jour à cette heure-ci en plein hiver, la pile de ma montre doit être arrivée en fin de course, pourtant les aiguilles continuent inlassablement de trotter, arrivé face à la fenêtre je peux me rendre compte que des barreaux orne également celle-ci, mais en regardant au travers je crois que je suis bien plus blanche que la neige qui jonche la cour qui se tient face à moi… je reste indécise, je me sens étourdie, comme une fringale, si ce n'est que je n'ai nullement faim, j'ai légèrement froid, je transpire, mes jambes sont à la fois lourdes et moites, des picotements dans les mains et sur l'épine dorsale, je plisse les yeux je ne veux pas voir, non c'est impossible, je ne peux regarder le paysage qui se tient face à moi, je ferme les yeux un instant pour faire disparaitre ce qui me semble être un mirage, je les rouvre doucement comme pour faire durer ce moment de solitude totale et finalement rien ne change, toujours le même panorama face à moi. Totalement déroutant, les habitations, les murs, le parking de l'hôpital, tout a disparu une vaste place recouverte de neige sur lequel sont garés des dizaines de voitures de camions militaires assez ancienne pour être dans un musée, un véhicule surmonté d'une croix rouge doit être une ambulance, cette place, entourée d'un muret de briques rouges lui-même surmonté de fil barbelé. Au plus loin que mon regard se perd, je ne vois pas d'immeubles, les routes elles-mêmes paraissent différentes elles sont pavées il me semble et tous ces militaires au milieu de cette place que font-ils, que gardent-ils que l'intérieur soit imaginaire c'est une chose, mais comment ont-ils fait pour l'extérieur cela ne ressemble pas à un décor de cinéma c'est beaucoup trop grand cela va beaucoup trop loin au visuel, je ne comprends vraiment pas…
J'ai le sentiment que tout m'échappe à cet instant précis, alors que je me retourne pour défier ce couloir si long, si froid, si ;;;;;;;;;;;;; , je vois à l'autre bout du couloir cette petite fille, elle est habillée, bien peignée, un manteau bleu marine, une capeline exactement elle me sourit me fait un signe de la main, je m'avance vers elle, non sans penser au spectacle de dehors qui se répètent encore dans mon esprit, j'ai beau chercher je n'arrive pas à comprendre, arrivé près d'elle je me baisse pour être à sa hauteur, elle me donne fier comme Artaban un dessin que l'on accroche sur le frigidaire pour faire la fierté de son jeune auteur, sur celui-ci une petite fille entourer de son papa et de sa maman un soleil jaune citron le sourire bien grand, de l'herbe verte tendre et au-dessous « merci » signé Blanche.
C'est ainsi que j'apprends le prénom de cette petite fille, Blanche, elle se retourne et avec un petit sourire me dit « au revoir » je n'ai pas le temps de la rappeler une coupure de courant vient encore je plie mon dessin pour le mettre dans ma poche, je commence à longer le mûr doucement à tâtons comme quelques heures plus tôt un froid glacial me traverse une nouvelle fois puis le courant revient, le bruit autour de moi me semble familier en marchant lentement je vois ma collègue au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de lui faire signe en criant et en courant vers elle, mes patients sont là, je les vois en passant devant leur chambre. Ma collègue me demande si je me sens bien, oui, dis-je, puis-je m'empresse de lui expliquer ce que j'ai vu au bout de ce couloir, je m'excuse machinalement pour mon absence, "mais tu t'es absenté que cinq minutes, me dit-elle", non ! bien sûr que non, quand j'ai regardé par la fenêtre il faisait jour, le soleil était haut dans le ciel il devait être au moins 11 heures, "tu as pris un coup de jus" me dit-elle en explosant de rire « regarde » ce faisant elle tire le rideau d'une chambre, il fait encore noir pas possible non franchement ce n'est pas possible. Au même moment, une sirène d'urgence retentit, c'est un patient il y a un souci on se précipite dans sa chambre, une vieille dame d'environ soixante-dix ans en arrêt cardiaque je commence un massage cardiaque pendant que collègue va chercher un chariot d'urgence et un médecin lorsqu'ils arrivent je leur hurle « c'est bon elle revient » le médecin la prend en charge, un brancardier l'emmène tout de suite…
Lorsque se termine mon service je descends au vestiaire fatigué et pleine de questions dans la tête, je croise le médecin à qui je m'empresse de lui demander des nouvelles de la vieille dame, il me dit « elle va bien plus de peur que de mal », j'apprends dans le même temps que la famille vient de la faire transférer dans un autre hôpital dans une autre région pour être plus proche d'elle, en sortant du vestiaire il fait demi-tour me tend une feuille de papier plié « elle m'a demandé de te donner ça » je fronce les sourcils « à bon » lui dis-je, je l'ouvre machinalement « merci pour la deuxième fois » signé Blanche…
Après bien des tortures psychologiques pour essayer de comprendre la matinée de travail que je viens de passer, je me décide en rentrant à aller faire un tour sur le net, en faisant des recherches poussées sur les camps de concentration je retrouve un article sur une petite fille qui aurait échappées à une mort certaine grâce à une inconnue, lorsque je vois la photo de cette petite je m'aperçois qu'il s'agit de Blanche, la même Blanche à qui j'ai fait un massage cardiaque il y a quelques heures. J'approfondis mes recherches ne voulant pas vraiment croire ce que je lis et pourtant maintenant je peux comprendre d'après des chercheurs américains, que j'ai dû traverser un vortex spatio-temporel au moment de la coupure électrique, qui m'aurait emmené dans le passé. Je m'endors ce soir-là avec la certitude d'avoir été une aide essentielle à la survie de cette petite et que malgré le fait que je sois réaliste, notre destin à toutes les deux étaient surement liés dans une vie antérieure.
Extraordinaire…
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Irma
Début d'un concours jamais terminé...
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