L’homme dans la maison

Une minute de lecture

Le souvenir du bus s’estompa graduellement de son esprit. Maintenant, Sam marchait en direction d’une maison avec une vague impression de déréalisation. Une fois devant, il rentra à l’intérieur et s’installa machinalement dans un fauteuil du salon.

Un homme arborant la quarantaine, assis face à lui sur un autre fauteuil au style Wassyli, le scrutait de son regard perçant. Ses traits lui semblaient familiers. Celui-ci s’adressa subitement à lui sans ouvrir la bouche.

— Tu n’as pas l’air de comprendre ce qui se passe !

— Pardon ? répondit Sam, surpris par le son de la voix qui paraissait provenir de l’intérieur de sa tête.

— Ta présence en cet endroit ?

— Ma présence en ce lieu ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Et d’abord, qui êtes-vous ?

— Tu ne saisis pas l’instant ?

— Je ne... Quoi...

Sam ressentit soudain une sensation désagréable montée en lui. Un fort sentiment d’incorporalité l’enveloppa subitement. La taille du salon doubla en volume, puis se contracta à vue d’œil. L’homme semblait se mouvoir avec le décor. Pris d’une brusque envie de gerber, Sam se leva d’un coup et joua des jambes au hasard dans toutes les pièces à la recherche des latrines. Il ne les trouva pas. Le haut-le-cœur lui monta à la gorge, et le poussa en direction de couloirs qui serpentaient dans tout les sens. Il chercha désespérément la sortie, mais ne put se retenir plus longtemps. Sam rendit... de l’eau.

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Défi
PM34

Ce matin là, le soleil n'apparut pas à l'horizon. Les rues de la ville se noircirent vite de la foule qui se réunissait, cherchant en vain une explication. La peur et l'incompréhension animaient toutes les discussions. Les lanternes éclairaient faiblement les rues. L'atmosphère elle-même paraîssait être devenue opaque et cachait les astres.
Un murmure semblait émaner de l'air. Un murmure qui devint vite pressant, comme le souffle d'un prédateur situé dans le dos, sans que l'on ose se retourner. Un murmure qui ne disait qu'une chose : Lenna Caryn.
Dans un grand fracas, la foudre zébra le ciel obscur, éclairant les nuages pourpres qui masquaient le soleil. Les éclairs convergèrent vers la montagne la plus proche et se joignirent à une tornade qui s'écrasa sur celle-ci et l'entoura.
Tous comprirent alors que leur héroïne était invitée à un rendez-vous en tête-à-tête.

La peur tiraillait la population, mais une clameur leur parvint des hauts-quartiers de la ville. Ils virent bientôt un cortège passer devant eux, composé de quelques gardes tenant des torches et d'une femme simplement vêtue d'une tunique.
À sa vue, la peur quitta les cœurs, vite remplacée par l'espoir. Tous ressassaient les exploits de cette femme qu'ils adoraient : sa victoire sur les armées barbares de Vaulrit, seule contre plusieurs milliers d'hommes, ou quand elle avait terrassé un ours qui avait jusque là échappé aux chasseurs lancés contre lui, aidant ainsi le village touché par le prédateur à garder ses troupeaux. Chacun rajoutait des faits supposés aux exploits de l'héroïne, on en inventait même quelques-uns.
Lorsqu'elle passait devant eux, les gens se taisaient, observaient dans un silence presque total le visage crispé de la femme. Elle avait une trentaine d'années et était au service de son pays depuis ses quinze ans, âge auquel étaient apparus ses pouvoirs. Sa longue chevelure blanche était connue dans tout le royaume, tout comme ses faits d'armes.
La femme et son escorte passèrent les portes de la capitale et arrivèrent bientôt au pied de la montagne. D'un signe, Lenna remercia les soldats qui l'accompagnaient et leur demanda de retourner en ville. Une torche à la main, sa dague à la ceinture, l'héroïne s'avança vers le mur nuageux.
Celui-ci faiblit à son approche, elle put donc le traverser sans mal. Elle sentit cependant les vents tourbillonner plus fort encore après son passage. Elle était enfermée ici, sans savoir avec qui.
— Lenna Caryn...

Un être se détacha de la pénombre et fit quelques pas vers elle. De la même teinte violacée que les nuages, il était lisse, sans le moindre muscle qui ressorte. Ce qui aurait dû être son visage était un miroir qui renvoyait à l'héroïne son reflet, dans lequel elle voyait sa peur.
— Qui êtes-vous ?
— Je ne suis pas de ceux qui ont un nom. En revanche, j'ai entendu parler du tien. Lenna Caryn, la femme qui se battit seule contre des milliers d'hommes et les fit fuir. Celle qui affronta un ours à main nue et le tua.

— Ai-je affaire à l'un de mes admirateurs ?
— Pas exactement... Tu essaies de rester digne. C'est bien, mais nous savons tous les deux que tu es terrifiée, Lenna Caryn.
— L'ours aussi me faisait peur. Que viens-tu faire ici ?
— Puisque tu es directe, je le serai aussi. Je viens détruire cette planète et toi seule peux m'en empêcher. En temps normal, je n'aurais pas pris la peine d'apparaître mais tu as attiré ma curiosité. Grâce à toi, les peuples de cette Terre vivront encore quelques minutes. Peut-être même que tu me vaincras, Lenna Caryn. Si tu ne le peux, ce monde disparaitra et toi avec lui. Alors bats-toi.
Les yeux de l'héroïne devinrent d'un blanc laiteux tandis qu'elle disparaissait. Elle ne tarda pas à ressurgir derrière l'être qui ne bougea pas. Déroutée, elle s'effaça à nouveau.
— Est-ce tout ? Je suis terriblement déçu...
Elle réapparut et se clona plusieurs fois, sans que cela ne fasse quoi que soit à son adversaire. Il ignora les copies et fit un bond d'une vitesse phénomènale avant de donner un grand coup dans le vide. Les illusions s'effacèrent lorsque la véritable femme redevint visible et tomba au sol, le souffle coupé par la violence du choc.
— Je suis terriblement déçu, répéta l'être.
— Comment peux-tu voir à travers mes illusions ?
— Alors c'est ça ? Des tours de magie... C'est comme ça que tu as vaincu tous ces ennemis... Mais je ne perçois que la vérité, je n'ai pas vu la moindre illusion. Bien, poursuivi-t-il, si c'est tout ce que tu as à me proposer...

Depuis la ville, la population observait avec crainte la tornade qui restait en place. S'ils gardaient foi en leur héroïne, l'inquiétude se faisait plus forte chaque seconde.
Soudain, les nuages disparurent, le cyclone se dissipa. Le soleil éblouit les visages et des éclats de joie accompagnaient sa lumière. Les rires nerveux et les applaudissements résonnèrent dans la capitale, mais la joie fut aussi intense que courte.
La mort fut instantanée. Le sol se fissura, les bâtiments s'effondrèrent. La planète fut transformée en un bain de magma en quelques secondes. Seul subsistait le sommet de la montagne où se tenaient encore Lenna, à genoux, et son ennemi.
— Tu leur as fait croire que tu avais gagné, n'est-ce pas ?
Seules les larmes de la femme lui répondirent.
— Tu es remarquable, Lenna Caryn.
L'être se dissipa dans les nuages pourpres qui quittèrent la planète désolée. Toujours vivante, l'héroïne fut vite asphyxiée par les gaz nauséabonds qui sortaient du sol, à présent que la tornade ne l'en protégeait plus.
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Suivez l'aventure d'un jeune homme qui ne le sait pas encore mais qui va peut être changer le monde. Votre monde.
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