Sur la route, dix heures

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Des rafales d’une rare intensité projetaient des trombes d’eau sur son pare-brise et ses essuie-glaces peinaient à restituer une bonne visibilité. Il avait hésité à se rendre à cet entretien, pensant que les routes seraient sûrement engorgées de véhicules ralentis par l’averse. Il ne s’était pas trompé. Sa caisse, une vieille Peugeot blanche, tournait à plein régime à cause de son carburateur mal réglé. À ce rythme-là, son moteur risquait de le lâcher en plein milieu du trajet.

« Tu nous avais pourtant promis d’être plus souvent à la maison. » Les paroles de Myriam résonnaient encore dans sa tête. Ce matin-là, il l’avait regardé sans dire un mot, puis était parti. Une barrière invisible s’était installée entre eux ces derniers temps.

Sam songea un instant à faire demi-tour. Néanmoins, il se ravisa. À quoi bon. L’appel qu’il avait reçu représentait pour lui une aubaine à laquelle il ne s’attendait plus. Une proposition qu’il ne pouvait refuser en dépit de la promesse faite à sa femme. Depuis qu’il pratiquait le porte-à-porte, leur relation ne se résumait qu’aux problèmes des fins de mois difficiles, et les seuls moments de plaisirs se raréfiaient. Ce jour-là, il ne se sentait pas de débattre avec elle sur des engagements non tenus, car cela l’épuisait moralement et physiquement. Les factures s’accumulaient et ne lui laissaient guère le choix.

Son boulot actuel de vendeur de matériels informatiques avait été un défi envers lui même. Une manière de contrecarrer les échecs successifs qu’il collectionnait depuis dix-sept ans. Il s’était promis de garder ce job quoiqu’il lui en coûte.

« De toute façon, il y aura toujours des volontaires intéressés par l’idée de posséder les derniers modèles de pc portable », avait-il dit à celle qui partageait sa vie, alors qu’il se préparait à rendre visite à son premier client.

Sam repensa, alors, à toutes les embûches traversées durant cette période (comme un molosse qui le coursait à travers tout un pan de quartier, où les cris d’une femme hystérique le traitant de tous les noms). Il s’était accroché, comptant sur l’enthousiasme des néophytes pour tout ce qui se rapportait au numérique. Les geeks, par contre, possédaient le don de l’exaspérer avec leur jargon d’initiés. En tant que programmeur autodidacte, il détestait employer des termes techniques aux résonnances obscures, leur préférant à cela un discours plus imagé.

À cette période-là, lorsqu’il lui arrivait de tomber sur l’un d’eux, il devait obligatoirement se taper un ennuyeux exposé condensé sur les ordinateurs et tout ce qui s’y rattachait. Certains finissaient par baisser leurs gardes face à son endurance et lui prenaient l’un de ses portables malgré leurs velléités pour le système d’exploitation qui y était installé.

Avec le temps, il avait réussi à se forger une clientèle régulière, ce qui avait déplu par la suite à Myriam à cause des appels incessants des acquéreurs qui les harcelaient pour tels défaillances ou autres vices de construction.

De toute façon, c’était ce boulot ou une longue file de chômeurs. Face aux générations issues de l’ère informatique, ses maigres compétences de concepteur de logiciel autodidacte ne pesaient pas lourd par rapport aux propositions du secteur qui exigeaient des postulants bardés de diplômes. Les nombreux refus essuyés ces dernières années additionnés à l’accumulation de gagne-pain frustrants lui avaient laissé une profonde amertume que seul son job actuel arrivait à atténuer.

L’offre qu’il venait récemment de recevoir, et qui consistait à élaborer des applications destinées à l’aéronautique spatiale, représentait pour lui un nouveau départ. Ce en quoi il voulait croire de toutes ses forces.


Annotations

Recommandations

Défi
Chanel Lackaday

Mon mot préféré est "Remember". Pour trois raisons. Pour commencer, j'aimerais préciser que je suis synesthéte, ce qui signifie que certains de mes sens s'entrecroisent. Pour moi, la musique, les mots, les sons ont un goût. Egalement, ils ont des couleurs. J'ai d'autres synesthésies (environ six ou sept types, je ne me souviens plus vraiment).
La raison pour laquelle le mot "Remember" est mon favori est la suivante :
-Ce mot est doré,
-Ce mot a un goût de beurre salé fondu,
-Ce mot a une signification plutôt importante pour moi, puisque je suis très attachée à mes souvenirs et j'aime souvent penser aux années révolues.
Il y a évidemment d'autres mots que j'aime, notamment grace à la synesthésie (j'ai déjà écrit un long texte à ce sujet, intitulé "Ma Synesthésie", si cela vous intéresse), mais, oui, vraiment, mon mot favori est "Remember". Souvent, les mots en anglais ou en espagnol sont plus forts (synesthétiquement parlant) que les mots dans ma langue principal, le français, mais j'ignore pourquoi. Tenez, je vais vous lister d'autres mots que j'adore, suivi de leur couleur et de leur goût (selon moi, mais chaque synesthéte vit sa synesthésie de manière différente, par exemple pour moi, le mot "Croire" est noir et a une saveur de purée de carotte séchée, mais pour quelqu'un d'autre, ce mot pourrait être rouge avec une saveur de ganache au chocolat, par exemple). J'ai également publié un livre sur Scribay, "Synesthéte", où je parle de mon expérience. Bref. Je vais donc dresser une liste, maintenant, avec quelques mots que j'adore :
Country (Chocolat croustillant, marron)
Wedding (Glaçage vanille, blanc brillant)
Suffer (Friture, rose foncé)
Neighbors (Beurre de cacahuètes, brun ou gris)
Luxe (Chips, doré platine)
Please (Pesto, orange-rouge)
Fête (Gâteau au chocolat, jaune)
Mariage (Glace vanille, blanc brillant)
Married (Riz à la mayonnaise, blanc brillant).
Quoiqu'il en soit, aucun mot ne surpasse "Remember", qui est, pour moi, l'un des plus jolis mots qu'il m'ait été de prononcer. Je sais que pour les non-synesthétes, c'est un peu incompréhensible, mais pour moi, et pour tous les synesthétes, c'est une expérience de tous les jours ! :-)
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Lemonicious


  J’avais fui le centre commercial, tel un voleur poursuivi par les forces de l’ordre. Je me souviens encore de cette sensation affreuse qui m’avait envahie lorsque je me hâtais de quitter les lieux du crime. Je me sentais coupable. J’avais l’impression que les personnes que je croisais avaient pris connaissance de mon crime. Je me sentais jugée. Je sentais leur accusation dans leur regard. Je voyais le dégoût sur leur visage. Je devinais leur critique. Et pourtant c’était impossible. Ils ne pouvaient pas être au courant. Ils ne pouvaient aucunement deviner ce que j’avais fait juste auparavant. J’étais bien cachée. J’étais dans une cabine. Non, je n’étai dans cette cabine ! Ce n’était pas moi ! C’était une autre personne. Ça ne pouvait pas être moi. Je ne peux pas me résigner. Je ne peux pas accepter. Je ne veux pas assumer.
Pourtant, malgré les heures passées, la chaleur qui était née en moi et l’excitation qui m’avait ébranlé dans cette cabine d’essayage ne m’avaient pas quitté. Cependant, je ne pouvais accepter mes actes. Non seulement le fait d’avoir agi de la sorte mais également le fait d’y avoir pris un plaisir. Un plaisir intense que je n’avais alors pas encore exploré de la sorte. C’était différent de tout ce que j’avais déjà expérimenté, non forcément meilleur, mais différent. Différent, et insuffisant. Il manquait quelque… Non ! Calme-toi. Ça suffit.
Je m’étais finalement réfugiée à la fac dans le but de retrouver mon esprit et me forcer à revenir sur terre. Essayer de revenir à mon quotidien afin d’oublier mon écart de conduite qui ne cessait de torturer mon esprit. J’avais simulé une panne de réveil auprès de mes amis, ce qui en soit était une partie de la réalité. J’étais arrivée à temps pour la dernière heure de cours du matin, mais j’étais totalement ailleurs. J’ai essayé tant bien que mal de rester normale pendant le repas et d’oublier. Mais rien à faire. Le premier cours de l’après-midi a commencé, et je n’étais toujours pas à l’aise. Le cours était intéressant et le professeur était pédagogue mais même ici, assise sur les bancs de la fac, je ne pouvais ignorer le poids de ma conscience. Je ne pouvais ignorer le sentiment de frustration que je ressentais. Physiquement ou mentalement je ne sais pas. Les deux peut-être. Cependant j’arrivais à suivre le cours. Je prenais des notes. J’écoutais le prof.
« Je peux venir chez toi ce soir ? ». Premier SMS de Sid de la journée.
Je suis surprise et à la fois contente de ce message. Dernièrement, c’est moi qui allais vers lui en premier, c’est moi qui engageais la conversation. Non que ça me dérangeait spécialement en réalité. Je ne m’en plaignais pas car il était toujours présent. Mais une petite attention de la sorte faisait toujours plaisir. Puis qui dit rencontre ce soir dit aussi… J’ai instantanément rougi face à cette pensée. Mon corps était en train de chavirer au quart de tour rien qu’au contenu de ce simple message et la honte me submergea à nouveau. Il a suffi d’un simple petit message de rien du tout pour que mon cerveau soit à nouveau dérouté. Le temps d’un instant, j’avais perdu le fil de ce que racontait mon professeur. Un cou de coude de ma camarade me ramena à la réalité.
« Eh, ça va ? Tu es toute rouge.
— Ah, euh, ouais ça va t’inquiète, un coup de chaud mais tranquille. »
Je m’étais empressée de répondre. Peut-être un peu trop rapidement même. Je ne sais pas si c’était assez crédible. J’avais l’impression d’avoir été pris sur les faits une fois de plus. J’avais le pressentiment qu’elle ne croyait pas mes mots ou même qu’elle savait la raison exacte de mes rougeurs. Mais elle n’insista pas, retournant plutôt à ses prises de notes avant de perdre le fil. Chose que je devrais faire mais il m’était impossible de me re-concentrer à nouveau. J’entrepris donc de simplement faire acte de présence, naviguant discrètement sur mon téléphone afin de parler à mon petit ami et trainant sur les réseaux sociaux. Et de même les heures suivant. Une fois après avoir fait le tour de ce que je pouvais voir et voyant qu’il restait encore une demi-heure avant la fin du dernier cours de la journée, mon esprit ne pu contenir les souvenirs de la matinée.
Je ne sais pas combien de temps j’étais restée dans cette cabine, assise sur cette chaise après m'être rhabillée. Scotchée, tétanisée. Je me souviens avoir voulu me cacher éternellement. Je voulais ne jamais sortir afin de ne pas me confronter à la réalité. J’avais peur. Peur de tomber sur des personnes qui peut-être m’attendaient juste derrière le rideau. Peur de me faire disputer par je ne sais pas… Un responsable du magasin qui m’avait peut-être entendu ? Peur de tomber sur le couple et… Et je ne sais pas ? Assez, c’est fini. C’est du passé.
La fin du cours me fit reprendre mes esprits. Je m’étais empressée de ranger mes affaires avant de sortir. Je tenais un peu compagnies à mes amis comme à chaque fin de journée. J’en profitais pour demander les notes de quelqu’un étant donnée que j’avais complètement abandonné l’idée de prendre des notes cet après-midi en plus d’avoir manqué le cours magistral de ce matin. Nous sommes partis boire un verre dans l’un des Pubs près de la fac mais j’étais un peu absente des sujets de conversation et je pense qu’ils l’avaient notifié mais ils ne me firent aucun reproche. On se connaissait depuis assez longtemps pour accepter et respecter les états d’âme de chacun.
Mon esprit pensait à la soirée à venir avec Sid et je me hâtais. Cela faisait une semaine en plus qu’on ne s’était pas vu, il était en partiels et avec son emploi à mi-temps, j’avais préféré lui laisser son temps libre pour bien se préparer et réviser sans distraction. Mais c'est sans aucun doute qu’il me manquait. Encore plus aujourd’hui. Encore plus depuis qu’il avait proposé de passer chez moi ce soir. Je me sentais comme une adolescente prépubère excitée de sortir en rendez-vous avec son petit ami. Cependant, mon excitation n’avait rien d’aussi pure.
Il était dix-neuf heures quand j'arrivai chez moi. Le dîner avait été préparé par mes parents et ils étaient en train de se préparer à sortir quand je suis arrivée. Chaque lundi ils avaient une réunion au sein de leur association et ils n’en manquaient jamais aucune malgré le fait que ça durait souvent jusqu’à deux heures du matin et que le lendemain, tous les deux travaillaient. Ils étaient absolument dévoués, c’était mignon. Je leur informai la venue de Sid à la maison ce soir afin qu’ils ne soient pas surpris de le voir demain matin. Sid et moi allions sur notre troisième année de couple, alors mes parents comme les siens étaient bien au courant de notre relation. De mon côté, mes parents l’acceptaient et l’appréciaient. Du côté des siens, j’en espérai de même.
J’entrepris de me préparer en attendant sa venue, il n’avait pas précisé à quelle heure il allait arriver mais je sais que ces cours finissaient toujours à vingt heures, donc le temps qu’il prenne les transports et peut-être passer chez lui avant, j’avais le temps de me préparer. Idiote que je suis, j’ai du me doucher deux fois car c’est une fois sous le jet d’eau et après m’être savonnée que j’ai pensé à m’épiler car j’avais laissé une semaine de poils repoussés étant que je ne voyais pas l’intérêt de le faire vu l’hiver. Car oui, je voyais l’épilation comme un calvaire, même si je me sentais toujours mieux en ayant la peau lisse et toute douce sans le moindre repousse. S’occuper de mes cheveux mirent plus de temps car j’avais les cheveux bouclés et le temps d’hydrater ces derniers, puis de définir les boucles et enfin de les sécher, une bonne heure et demie étaient passées.
Il était bientôt vingt-deux heures trente et j’avais faim, mais j’attendais Sid. Et il ne tarda pas à arriver. Mes parents étaient déjà partis depuis maintenant trente minutes donc j’avais pu me vêtir adéquatement pour la soirée. Un ensemble de sous-vêtements en dentelles dorées dont un soutien-gorge, un string, une brassière, une porte jarretelle et des bas. Ayant une peau légèrement matte, cette couleur m’allait au teint. Tout cela était partiellement camouflé sous ma robe de chambre en satin noire dénouée. C’était assez sexy non ? Sid allait forcément apprécié. Je voulais un peu l’impressionner ce soir, je voulais quelque chose de différent de nos habitudes. Il sera agréablement surpris.
Et surpris il l’était en me découvrant derrière ma porte. Il était certain qu’il ne s’attendait pas à un tel accueil de ma part, ce qui éveilla un petit sentiment de victoire en moi. Le regard qu’il porta sur l’ensemble de mon corps me réchauffa légèrement. Je me sentais timide dans cet accoutrement mais c’était également euphorisant. Je me sentais différente, c’était une autre part de ma personnalité qui avait pris la décision d’impressionner Sid ce soir. Une autre part qui recherchait le contact physique auprès de Sid et curieusement, je me plaisais au moins un peu dans ce rôle.
« Mais qu’est-ce que…  ?
— Chhhhh… »
L’avais-je aussitôt coupé par un baiser que je voulais d’abord tendre. Il était consterné. Il ne réagissait pas. Son corps était tendu et sans réaction. Puis je sentis qu’il voulait me repousser alors j’intensifiais le baiser, cherchant une réaction de la part de ses lèvres tandis que je le tirais dans la maison, tout en fermant habilement la porte derrière lui. Il était mignon à réagir de la sorte et c’était vraiment satisfaisant de le voir aussi déconcerté. C’en était presque amusant. Dans sa confusion, je le tirais en directement de ma chambre où il essaya à nouveau de parler ou de me questionner mais une fois de plus je rompis sa prise de parole en l’embrassant, cette fois-ci avec plus d’insistance car je sentais ses barrières qui tombaient. Ses lèvres répondaient naturellement aux miennes. Ce fut plus langoureux, nos lèvres s’épousaient parfaitement, nos langues s’entremêlaient doucement et je le repoussais lentement vers mon lit afin qu’il s’y assoie. J’en fis de même sur lui. Mon postérieur installé sur ses cuisses et mes jambes encadrant les siennes.
« Attends…s’il te plaît…
— Oui ? »
Mes lèvres avaient alors quitté les siennes afin de le laisser s’exprimer mais je trouvais vite une autre cible. Glissant le long de sa nuque, je m’engageai maintenant dans le creux de son cou où je laissais quelques baisers humides en attendant ces mots. Mais ce furent des soupirs qui parvinrent à mes oreilles alors je pris cela pour incitation à continuer et c’est ce que je fis, léchant tantôt son épiderme ou laissant parfois mes dents s’exprimer sans être violente. Et enfin je sentais son corps se détendre, se lâcher. Enfin je le sentais apprécier. Ses larges mains avaient pris possession de mes hanches qu’il caressait doucement par-dessus ma robe de chambre. De mon côté, mes mains ne restaient pas de marbre, commençant lentement à le déshabiller pendant que ma bouche alternait entre sa nuque et ses lèvres.
Sid fut rapidement torse nue. Il n’avait pas un corps parfait, quelques petites fines couches de graisse par-ci par-là, rien de bien choquant. Il ne faisait pas de musculation mais on devinait à l’œil les traits de ses muscles, ce qui rendait son corps pas du tout désagréable à regarder. J’étais particulièrement excitée de voir ce corps aujourd’hui, je crois bien que ça faisait longtemps que je n’avais pas porté sur lui un tel regard. Bien sûr qu’habituellement lorsqu’on faisait l’amour j’étais excitée, mais là c’était différent. Je me sentais différente tout simplement. Comme si ma matinée au centre commerciale m’avait changé. Mais j’avais envie de lui, j’avais envie de Sid d’une manière différente. Et j’essayais de m’exprimer dans mes baisers. Mes lèvres pulpeuses se baladaient maintenant sur son torse. Je sentais sa peau frémir sous mon touché. Et il en était de même de mon côté. J’étais excitée. Mon comportement m’excitait.
« Bébé, retire tes chaussures et ton pantalon. »
Lui murmurais-je à l’oreille avant de quitter ses cuisses, me relevant, tout en maintenant contact avec ses yeux pour qu’il ne me quitte pas du regard. Je laissais la robe de satin glisser le long de mes épaules jusqu’au sol pendant que le pantalon de Sid gisait maintenant à ses pieds. Je revenais près de lui tout en restant debout pendant que lui s’était de nouveau assis sur le bord de mon lit. Ce fut mon tour d’être recouverte de baiser. Ses bras encadraient mon corps tandis que ses lèvres dessinaient une ligne inconnue sur mon ventre. Ses douces caresses se firent plus intenses et j’avais fermé les yeux afin de profiter de toutes ses sensations.
Je sentais mon bas ventre se réveiller lentement, bourdonnant peu à peu au fil des secondes. Mon corps tremblaient de frissons sous les soupirs des baisers chaleureux de Sid. Je me sentis soudainement transportée puis bientôt allongée sur le lit. J’ignorais pourquoi mais cela me fit rire intérieurement. Cependant, j’oubliais cela assez vite quand Sid revenait vers moi, ses lèvres se faufilant dans mon cou sensible. Je ne pus retenir un soupir de plaisir sous cette initiative. Pendant que mes mains longeaient le large dos de mon petit-ami, les siens se faufilaient dans mon dos afin de défaire mon soutien-gorge et ainsi libérer ma poitrine qu’il prit ensuite un malin plaisir à torturer. Il aimait ma poitrine, je le savais. Il consacra d’ailleurs plus de temps à jouer avec mes seins que le reste du haut de mon corps et plus le temps passait et plus mes mamelles devenaient sensibles sous son touché.
Tout mon corps était plus sensible. Le moindre de ses gestes me faisait trembler et me rendait impatiente. Dans nos ébats, les souvenirs de la cabine me revinrent en mémoire et ma libido s’intensifia instantanément. Comme par instinct, mon corps chercha à revivre ces même sensations. Je me sentais mouillé dans ma culotte. Ma timidité revenait à ces souvenirs en plus de la honte que j’avais alors ressentie mais mon envie se faisait aussi plus gourmande. Cette péripétie m’avait à ce point marqué et avait à ce point plu à mon corps que je m’étais décidé à chauffer mon mec de la sorte ? Devrais-je aussi me sentir coupable de cela ?
Je n’eus pas le temps d’y réfléchir plus longtemps car de fins doigt glissant sous mon string rompit mes pensées, me retirant un hoquet de surprise, avant un gémissement de plaisir lorsque les doigts se mirent à me caresser. Ah putain c’était tellement mieux lorsque c’était les doigts d’une autre personne. Je pouvais totalement m’abandonner au plaisir sans le moindre effort. Mon corps réagissait plus que bien aux avances de Sid. Mon corps réclamait maintenant plus que ce que Sid me donnait. Mon corps avait faim. J’avais faim. J’avais envie de lui. Depuis ce matin, c’est ce qui me manquait. Si je me sentais autant frustrée c’était parce que j’avais envie de lui. Mon corps ne pouvait être totalement rassasié sans sa participation.
Mon esprit bouillonnait maintenant. J’aimais cette sensation. Mon corps était totalement réveillé et aux aguets du moindre touché. Ma main gauche s’était glissée sous le caleçon de Sid et c’est sans la moindre timidité cette fois-ci, que j’empoignais l’objet de mes désirs pendant que mon autre main s’occupait de descendre ce fichu sous-vêtement afin qu’il le retire, ce qu’il fit aussitôt. Je pouvais sentir la chaleur de son sexe érigé sous mes doigts. Ce contact fut pulsé mon sang et les battements de mon cœur s’accéléraient plus que nécessaire. Je jouais quelques instants avec son membre, glissant mes doigts sur sa longueur sous forme de va et viens.
Mon impatience eue raison de moi. J’étais trop excité. Assez excité pour être fin prêt plus bas. Le repoussant légèrement, je me penchais sur le côté afin d’attraper l’un des préservatifs que j’avais mis de côté pour la soirée. Déchirant l’emballage de ce dernier, je revenais vite me faufiler sous les bras de mon amant pour lui mettre la protection. Mes mouvements étaient vifs, signe de mon empressement. J’étais quelques peu maladroite et n’arrivais pas à lui mettre le contraceptif alors il prit la relève, semblant tout aussi impatient que moi de la suite des évènements. Il était excité lui aussi, je le sentais, je le voyais. C’était d’un commun accord qu’on voulait accélérer et passer à l’étape suivante.
S’ensuivit alors l’acte charnelle. C’est lentement que Sid me pénétra. Je sentais son sexe s’immiscer lentement. Il se voulait prévoyant car on s’était empressé et avions sauté quelques étapes des préliminaires. C’était adorable de sa part et je lui en fus reconnaissante, cependant ce n’était pas là ce que mon corps désirait. Ce n’était pas le genre d’attention que je réclamais et je me fis comprendre en appuyant sur l’arrière de son bassin afin qu’il rentre enfin sa totalité en moi tout en exprimant mon bien-être dans un soupir. Il dût être surpris de cette audace dont je n’avais jamais réellement fait preuve auparavant mais ça ne pouvait pas lui déplaire.
Sid se mouvait en moi, doucement, lentement avant d’accélérer peu à peu. Je sentais parfaitement ses va et viens et c’était tout bonnement agréable. Sentir et voir son corps viril me surplomber accentuait d’autant plus mon plaisir qui montait en crescendo. Mes mains elles, ne restaient pas de marbre, caressant toute parcelle de peau que je pouvais afin de le rassurer et l’encourager dans ses mouvements. Je m’abandonnais au plaisir de l’acte. Je me laissais me noyer dans ses bras. Le frottement de son sexe entre mes parois était exquis. Le tambourinement orchestré par sa verge dans mon intimité me faisait peu à peu perdre la tête. La manière dont il avait de maintenir fermement mes hanches me faisait perdre pied. Le tintillement de plaisir qui menaçait d’exploser au creux de mon bas ventre avait lancé son compte à rebours et je pouvais deviner qu’il en était de même de son côté d’après les quelques grognements étouffés qu’il laissait parfois échapper. La température de la pièce avait sûrement atteint son maximum. Mon souffle était saccadé et j’avais l’impression de m’étouffer. Mais c’était agréable. Je n’étais plus loin. C’était tout près. On y était presque. C’est… Wow ???
« Putain de merde. »
J’étais complètement sonné mais j’avais très bien entendu ces mots et cela m’avait arraché un sourire. J’étais totalement essoufflée. Je n’avais plus le contrôle sur mon corps, j’étais juste un être déchu sur ce lit. Je pouvais juste sentir mes cuisses tremblées en sentant Sid se retirer de ma personne avec une certaine hâte.
« Putain, putain, putain. »
Pourquoi répétait-il autant toutes ces injures ? Je voulais bien admettre que c’était remarquable mais le ton légèrement paniqué que je sentais dans ces mots étaient anormales et je ne comprenais pas la raison de cet intonation. Ouvrant donc les yeux afin de regarder mon petit-ami, je le voyais remettre son caleçon avant de s’asseoir sur le rebord du lit, se tenant la tête entre les mains. Mon réveil affichait plus de minuit passé. On était donce déja mardi.
« Écoute, je ne voulais pas ça. Tu… Tu m’as pris au dépourvu et. Mais il faut qu’on arrête. Je voulais le faire dans les règles, je ne voulais pas te faire espérer pour la Saint-Valentin. Et toi tu… Enfin, rompons. »
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Trois mois que Midraël Beethoven vivait ici, sur l'archipel néo-nippon, sous le regard du système de sécurité informatique Djahou. Que le programme ignorait tout de lui, mais qu'il y avait quand même inséré une identité et un visage. Cette nuit-là, il montait la garde face au palais impérial, à ses côtés, un certain Sakuchi Amatatsu.
Face aux portes du palais de Musashi, l'Occidental avait le regard porté vers le ciel. Il regardait souvent la lumière bleue qui brillait au-dessus des îles japonaises, les couvant toutes sous son pouvoir. Un lourd manteau de protection prenait sa source de cette lueur, fascinante et minuscule au centre de ce dôme bleu. Un champ de force qui empêchait toute entrée et sortie du territoire, un bouclier incompréhensible, pour la science et la destruction humaine.
" Arrêtes de la regarder l'ami. Tu penses souvent à partir depuis que tu es passé n'est-ce pas ? Demanda Sakuchi.
- C'est vrai. Mais hormis le fait que ce ne soit pas possible, ce pays à besoin d'aide, tu le sais comme moi.
- Parfois, je me demande vraiment si le seigneur choisit la bonne décision, en nous fermant ainsi au monde. Pensa à haute-voix le samouraï.
- Tu voudrais qu'on ouvre de nouveau les frontières et que l'infection se propage partout. Soit nous la maîtrisons, soit l'humanité ne deviendra qu'un souvenir qui ne trouvera nul esprit où se réfugier. À cause d'une épidémie, se serait si... Décevant. Répondit Midraël avec mélancolie.
- Il n'en reste pas moins que fermé au monde, il ignore ce qui se passe ici, comme nous ignorons ce qu'il pense de ce qu'il se passe ailleurs. Je suis avec Musashi, mais certains conservateurs qui accusent ton A.T.U de tous les noms, pourraient voir cette fermeture comme un acte de guerre. Mais nous n'en saurons rien.
- Le doute et la certitude sont devenus des notions bien floues à notre époque. Nous sommes pourtant bien, la seule chair à canon ici. Conclut l'amiral de l'A.T.U. "
Le bruit des verrous se fit alors entendre derrière les deux gardes. La tête tournée vers les portes rouges Midraël et Sakuchi se tenaient droits, la main tenant fermement leur lance, comme devait le faire un vrai soldat. Les têtes de bronzes d'un lion et d'un insecte portant fièrement un heurtoir entre leur dent coulissèrent peu à peu, traînant avec elle les lourdes plaques de verre rouge, laissant place à une vision de l'entrée du palais. Sur le pas de cette entrée, un autre revenant se tenait droit dans son armure grise, un ancien viking, prêt à adresser un message.
"Beethoven, le prince demande après vous. "
L'homme entra dans l'immense corridor tapissé de doré. Plongé dans ses pensées, il marcha sur le tapis en longeant les nombreux bureaux, visibles derrière des vitres transparentes à la base bleutée et dépliable qui s'ouvraient et se refermaient sur le passage de l'amiral de l'A.T.U. Il grimpa quelques étages par les escaliers en colimaçon, aux murs peints de fresques dont on ne voyait distinctement le contenu, qu'après s'être rendus à l'étage supérieur ; une scène apaisante impliquant des méduses et des nuages. Midräel prit l’ascenseur, pour se rendre au sommet de la tour. Il fut accueilli dans un couloir par deux gardes amazones en armure qu'il salua, avant de se rendre dans les appartements de Musashi. Les portes étaient d'or et s'ouvraient en stores, qui s'amincissaient petit à petit.
Fujiwara-No-Genshin, dit Musashi, était en train de fouiller dans un tas de papiers d'astronomies, pour trouver on ne sait quelles réponses à quoi.
" Alors, tu te fais appeler prince maintenant ?
- Si j'ignore à quel nom j'appartiens, comment puis-je dire non à n'importe quel nom ? Je suis revenu à la vie sans le vouloir et je suis général de guerre maintenant. À peine ai-je eu le temps d'accepter cette idée, que le peuple voit en moi un meneur et qu'un nouveau soldat répète à sa famille, que son supérieur m'a nommé prince. Ils veulent un héros parce qu'ils n'osent pas l'être.
- Pourquoi m'as-tu fait venir Nïten ? Je croyais que la sirène allait sonner bientôt.
- Là est tout le problème. Ne t'interroges-tu donc tu pas mon ami ?
- À propos de quoi ?
- Les phéromones sont lancées depuis plus d'une heure maintenant et aucune trace des monstres.
- Alors peut être le nettoyage a-t-il marché. L'opération Alt Céta a éradiqué l'infection.
- L'opération Alt Céta… Nous en avons tué bon nombres et quoi ? Cela ne peut que nous indiquer qu'il y en a bien plus, si tu veux mon avis. Pourquoi ne sont-ils pas sortis ? Répondit calmement Musashi, les yeux rivés dans la large baie vitrée.
- Je pars, je verrai sur la route. Ton plan me parait, plus clair maintenant. Je suis content. Je te confesse que j'avais douté de toi. J'ai failli t'abandonner.
- Ne te fais pas de soucis pour ça. Je sais ce que les gens pensent de moi. "
Midraël descendit enfourcher sa Suzuki noire, pour rentrer dans ses appartements. Il allait faire un tour sur le périphérique pour s'assurer que tout allait bien, persuadé que Musashi se faisait du mouron sans raison. Il avait besoin d'être seul pour penser. La façon dont il était entré ici ne fonctionnerait sûrement plus pour sortir. Son ami lui avait promis de faire en sorte qu'il puisse retourner chez les siens. Il pensait à cette promesse quand il atteignit une portion de route où ses phares défaillirent et éclairèrent un pont, qui n'avait été remis sur pied par aucune main, bien qu'il se soit écroulé depuis des lustres.
Son humeur nostalgique le poussa à s'arrêter un instant. Il tourna son guidon et la route projetée se traça aisément jusqu'aux débris. Il mit une trentaine de secondes et borda son engin. En montant un levier sur la gauche, les jantes se désossèrent pour soutenir le poids de la moto à l'arrêt et le chemin fut sauvegardé en l'attendant. Créer une masse d'atomes lumineux, si solides qu'ils s'endurcissaient ; Midraël aurait voulu rencontrer le génie qui avait réussi à concrétiser cet exploit. La moto et la route ne répondaient pas pour le mieux depuis quelques minutes.
Le déporté s'interrogea sur l'histoire de ce vestige, reste des liens avec l'âge du béton. Une ombre passa dans un rang de palmistes, faisant lâcher sa cigarette et son briquet à l'éclaireur. Alors, les monstres étaient bel et bien encore présents. Mais alors pourquoi celui-là n'avait-il pas répondu à l'appel des phéromones ? Il devait prévenir le QG, mais avant ça, il allait mettre hors d'état de nuire cette chose griffue, qui cherchait proies et victimes dans les ruelles de Tokyo.
La chose bougeait vite. L'occidental devait faire très attention à ne pas être vu pour l'instant. Un arbre qui frémit dans une nuit sans vent, attira l'attention du seul vagabond de la ville. Damné qu'il était ! Le monstre n'était pas seul. Le prédateur chuta. Le choc renversa Midraël au sol et fit lâcher son arme à l'amiral de l'A.T.U. Sans se laisser le temps d'analyser sa douleur, il prit son revolver et ouvrit le feu jusqu'à sentir l'odeur de la poudre grimper à ses narines. Il n'en prit pas compte, il venait de faire perdre une patte à un infecté. L'humain ne fut pas si surpris de voir son ennemi se relever lentement, son sang bleuté gouttant sur le sol. La bête poussa un cri, puis chargea. Néanmoins, penser que l'amiral de l'A.T.U ne connaissait pas la furie du vivant, fut une erreur animale. L'homme l'évita, comme il avait évité un sanglier une fois.
Djahou avait déjà remarqué cette étrange habilité dont l'étranger était doté, pour le peu de temps qu'il l'avait observé. Ce ne fut que par un moment de sang froid qui l'étonna lui-même, que Midraël put attendre pour tirer dans l’œil de l'ex-humain et par un pas habile et léger sur la roue de la chance, que la petite collision de particules atomique de sa dernière balle, put provoquer la douleur et ralentir l'ennemi.
Beethoven roula sur l'épaule pour récupérer sa lance et le symbole de la sauvagerie perdit l'autre bras, sous le fil de l'acier. L'homme laissa le monstre se vider de son sang dans l'agitation de sa douleur. Il se dirigea jusqu'à sa moto afin de récupérer une arme à feu plus puissante, mais il n'eut pas ce temps ; violente fut l'arrivée de deux autres des humanivores. Fort heureusement, son sac à dos le sauva d'un coup de griffe inattendu. En prenant la fuite, l'amiral eut tout de même le temps d'entrevoir que d'autres se tenaient sous le pont. Il fut quand même stoppé et sa moto tomba. La route se désagrégea et l'humain ainsi que les monstres qui agrippaient le véhicule, chutèrent en même temps. Midraël se tira de ce mauvais pas en ouvrant le feu sur le réservoir de la moto et une explosion emporta les monstres et sa Suzuki, dans la même fumée.
L'amiral se serait cru perdu, néanmoins l'agitation n'attira en rien les autres ennemis. Il put poser les pieds au sol tranquillement, pour se défaire de son parachute. Il se déplaça pour s'assurer de ce qu'il avait vu, encore sonné par l'explosion. Pas de mouvement, pourtant des silhouettes attendaient là-bas, accrochés par les pieds à des canalisations, le dos courbé et leur longs bras qui trainaient. Pourquoi ?
" Demande de renforts ! Maintenant ! J'en ai trouvés et ils n'agissent pas du tout comme prévu. Des renforts aériens, vers la centrale abandonnée, on doit brûler tout ça. "
Le plan de Midraël fut appliqué et il fut bientôt rejoint par Sakuchi et un escadron d'une vingtaine de soldats. Afin de déterminer si d'autres monstres se trouvaient encore à attendre la fin de l'agitation humaine, plus loin que ce monceau de cadavres sous un pont, l'escadron ouvrit le bal et s'engouffra dans les ruines.
L'homme observa son équipe, camouflé par des vêtements à l'odeur arrangée par un chimiste, qui ne devait pas beaucoup aimer les humains non plus d'ailleurs ; encore moins que lorsqu'ils étaient infectés.
Au-delà du pont, derrière un fourré, ils atteignirent la centrale électrique, désaffectée depuis des siècles. C'était incroyable que dans ce pays qui ne s'était jamais débarrassé du problème de la surpopulation, même en pleine guerre, on puisse encore trouver ce genre de lieu. À croire que l'évolution éprouve la nostalgie elle aussi.
L’instinct des hommes leur fit directement alerter le dirigeant. Quelque chose se tramait ici. Des lumières, comment pouvait-il encore il y avoir du mouvement à l'intérieur. Fujiwara-no-Genshin trouva encore la force de rigoler, lorsque Midraël le rappela de nouveau pour lui apprendre qu'il ne s'agissait que de jeunes fortes têtes, qui n'avaient pas respecté le couvre-feu. Midraël et Sakuchi sortirent alors dans la cour centrale pour s'aérer l'esprit. Arrêté dans son geste une fois encore, Midraël n'aurait pas le temps d'allumer sa cigarette avec une de ses vieilles allumettes, qu'il laissa couler dans un bassin d'eau, croupie à en être noircie.
L'objet de mort, aux allures innocentes de petite gâterie pour les poumons, tomba et roula en s'éteignant petit à petit. Jusqu'à ce que le filtre s'imprègne d'eau noire et que la braise fasse le petit bruit, d'une poignée d'épices qu'on eut jetée dans l'eau bouillante. À l'exception que c'était une cigarette qui s'était cognée contre la coque d'un œuf, d'une taille bonne pour être des autruches en conception et d'une couleur, bonne pour être des œufs de choses mortes. Mise à part également, que la vie contenue dans ces choses faisait bouger les coques, d'une matière apparemment élastique.
C'était un spectacle répugnant, autant pour Midraël que pour Sakuchi. Ils se regardèrent, pensant à la même chose en même temps. S'il y avait des œufs, il y avait une mère et s'il y avait une mère, il y avait quelque chose qui grognait déjà dans leur dos. Mais lorsqu'ils auraient cru tomber nez à nez avec les monstres qui leur inspiraient tant de craintes, ils furent bien surpris. Malheureusement, ils n'y étaient pas préparés.
Si l'Homme régressait au stade de quadrupède une fois infecté, le virus semblait avoir l'effet inverse sur les animaux qu'il occupait, il les rendait plus dominants encore, plus oppressant. Un chien debout aux membres disproportionnés avec la bave qui s'écoule à en laisser des flaques, c'est inquiétant ; cinq, ça l'est encore plus.
Les deux meneurs furent sauvés in extremis par l'arrivée de leur troupe. Ils alertèrent une nouvelle fois Musashi, qui n'y trouva plus de quoi rire. Il ordonna l'évacuation et renvoya des troupes aériennes, avant que tout cela ne dégénère. Tout se serait passé pour le mieux dans le meilleur des mondes, si un membre de l'équipe n'avait pas voulu ramener une de ces étranges bulles mortes avec eux. Après tout, si la dispersion des phéromones pour attirer les monstres n'avait pas marché et si aucun des Infectés n'avaient bougé depuis, c'était bien pour une raison. Protéger les œufs, mais aussi la mère, qui maintenant se dressait devant l'escadron.
Les seules similitudes avec ceux qu'ils avaient rencontrés jusque-là, sans visage, ses yeux rouges et ses dents de prédateurs ressortaient. Mais le tout se trouvait bien plus haut cette fois-ci, car des dizaines de jambes soulevait son torse à la colonne pliée et portaient un abdomen qui traînait à même le sol, en se tortillant comme une chenille.
Ils durent faire preuve de finesse dans leur choix, pour contenir le monstre. L'équipe fut extraite de ce mauvais pas par voie aérienne, la moitié toujours en vie du moins. Midraël avait perdu son ami ici, mais il n'avait pu que respecter le choix du sacrifice.
Sakuchi, était seul parmi les morts et les monstres restants. Ils l'entouraient petit à petit, mais il n'avait nulle crainte. À l'heure actuelle, être transpercé où mordu à la nuque ne pouvait pas le faire faillir. Pour un cœur qui s’arrête, son esprit le ranimerait, la magie était avec lui. Son seigneur veillait sur lui, ainsi, ses membres brisés continuaient à se battre et ses yeux déchirés pouvaient encore voir. De toute façon, son âme ressentait ce qui l'entourait. Il espérait que Musashi puisse voir par ses yeux également, car quand les bombes furent lancées depuis là-haut, les coquilles d'œufs se déchirèrent. Malheureusement, la magie de Fujiwara-no-Genshin n'était pas suffisante pour ramener devant Midraël, celui dont tout le corps avait été éparpillé aux quatre coins de la cour. La centrale prit feu et le vestige disparut pour toujours.
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