Les mots sucrés salés

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Sur le long étalage des mots de la vie

J'ai choisi mes phrases comme on choisit un fruit

Juteuses à souhait dans des bouches de nuit

Dans des lits de passage sous un ciel de pluie

Pour oublier les amertumes de l'ennui

Me fondre dans le noir par amour du délit

Que reste t-il de toutes ces larmes perdues ?

Recueils de baisers qui s'échappent des mouchoirs

Et s'en vont se jeter dans des mers de déboires

Inondant les cœurs fragiles des ingénues

Quand les rêves s'en vont, arrive le début

De l'abandon parfois sur le bord d'un trottoir

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Les fleurs n'ont pas le même goût que le bonheur

En bouquets et rubans dans les mains des mariées

Ah ! jeunes filles au bras du père traiteur

Mangez le temps présent de vos belles années

Viendra le jour où sous le portail d'une église

Vous porterez du sapin sous votre chemise

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Et que dire de ce corps qui vous abandonne

No man's land de peau sur un fond de guérilla

Des beaux mots déchus du pouvoir de leur éclat

La raison est partie vers une autre personne

Du bras trop faible pour entourer la tendresse

Aux yeux trop vides pour remarquer la détresse

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Donnez-moi un don pour faire de mon époque

Une lumière sur les arts et sur la vie

Aux notes décrochées de la portée baroque

Vienne le silence sourd de la symphonie

Je veux vider mon passé dans les encriers

De la lie noire naisse un arc-en-ciel d'été

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Éterniser les mots ! Quel est donc ce programme ?

Peut-on trouver dans une lettre un semblant d'âme ?

La poésie sied bien à la réponse au drame

Quel est donc ce secret qui chavire nos cœurs ?

Quand rien ne se crée mieux autour du mot bonheur

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La plaine étire sa colonne vertébrale

Et le matin brumeux installe son piédestal

La beauté n'a d'équivalent que le miroir

Le cœur des hommes résonne alors jusqu'au soir

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Je suis le diable et je me sens mal aimé

Depuis la nuit des temps la luxure est restée

Le mot d'amour, excellence de la bravoure

Le bataille du corps sur l'esprit qui savoure

Sa gentille victoire autour d'un feu de camp

En brûlant vivement les âmes et les gens

N'ayez pas peur de moi, je jure sur sa tête

Que Dieu est complice et participe à la fête

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J'accuse les hommes et les femmes. Pourtant,

Leur cupidité les disculpe de leurs crimes

De penser que le brillant n'est que dans l'argent

Le sommet d'un arbre vaut bien toutes les cimes

Jamais vu de coffres-forts dans les cimetières

Que des fleurs sauvages, du granit et des pierres

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Le lac de Lamartine m'a sonné les matines

Bleu

Un visage apparu du fond de mon sommeil

Blanc

Le visage sans vie de Julie, j'imagine

Gris

De ce drame sont nés des poèmes vermeils

Rouge

Le sang n'a pas coulé mais de l'eau dans le cœur

A étouffé ses poumons et le cœur des lecteurs

Noir

* Julie Charles : grand amour de Lamartine décédée de la tuberculose

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On ne s'évade pas de ses rêves. On fuit

Le jour nous délivre et nous enlève nos chaînes

Le sommeil est un leurre du gardien de la nuit

Pour nous faire croire au bonheur, il nous entraîne

Dans les recoins de nos souvenirs assombris

La poussière de l'oubli camoufle nos peines

Alors je rêve en conscience évanouie

Ce sentiment désagréable d'être mort

Là, une présence entre moi et le plafond

Veut m'arracher du lit, veut définir mon sort

Je me réveille encor quand la lune s'endort

Et que le soleil installe ses rayons d'or

Alors je respire en conscience assoupie

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Sous l'épais manteau de nuages

Passe le vol des oies sauvages

Il annonce le froid d'automne

Mon cœur est triste et monotone

Dessus l'épais manteau de neige

Le ciel émeut à l'unisson

Un soleil bleu fait le manège

Entre le sol et l'horizon

Sous l'épais manteau de verdure

Le printemps a défait sa robe

Alentour chante la nature

Quand les mots sous moi se dérobent

Sous l'épais manteau de soleil

L'été n'est plus qu'une fournaise

La terre a soif et mal à l'aise

Pleure sa tonnelle arc-en-ciel

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Ombres tachetées du froid des ciels

S'évadent sur le dos des pans de glace

Ô beauté ! des espaces artificiels

Résonne en mon cœur et puis s'efface

Changement de caractère de la lune

Le doigt posé sur son croissant

Je comprends que mon infortune

Vient de l'absence évidemment

Assaisonne le soleil de blé vert

Nourris-toi de la viande du vent

Chaque seconde est éphémère

Amuse-toi et crie souvent

Lève la tête vers la terre, enfin

Accroche tes pieds aux nuages

Regarde passer les oies sauvages

Et pleure de n'être qu'un humain

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Voile tacheté du froid des ciels

Pose ta soie sur les pans de glace

Beauté des lois artificielles

Résonne en mon cœur et puis s'efface

Change la surface de la lune

Le doigt déposé sur le croissant

Caresse le sol en ne dévoilant

Du cratère l'ombre de la dune

Colore le soleil de blé vert

Nourris toi de la viande du vent

Mange les eaux salées de la mer

Abreuve ton âme de courants

Lève les yeux vers la terre, enfin

Accroche sous tes pieds des nuages

Regarde passer les oies sauvages

Et pleure de n'être qu'un humain

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Là-bas au cœur des villes des murmures lointains

De balcons en fenêtres s'élève la clameur

Belle oraison qui ressemble au bonheur

Le chant des hommes et des femmes à vingt heures

Sous les bulles opaques des visages soumis

Que de mains décroisées sans espoir de retour

Quand les yeux se ferment aux lueurs de la vie

La nuit arrive emportant les souffles courts

Et l'on s'affaire autour du lit immaculé

Le cœur des hommes et des femmes avant l'heure

Une vie sans famille pour qu'une vie soit sauvée

Le courage ne suffit plus et semble désarmé

Et si parfois l'envie leur prend de plier un genou

Ce n'est ni pour prier, ni par renoncement

Mais par fatigue depuis le commencement

Sachant que le combat se passera debout

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Cette nuit, je visite les ruines de mon sommeil

Et demain soir, je commencerai à reconstruire mes rêves

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Les arbres et les fleurs n' ont pas les mots pour se défendre

Juste leur beauté et leurs parfums

Et leur amour pour l'homme

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Le réel est un rêve dominé

Et le rêve, l'aboutissement de nos réalités

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Le soleil et la nuit passent chaque jours dans nos yeux

Et puis peu à peu ne passe plus que la nuit

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La poésie chez les animaux ?

Leur présence

Le dialogue des images et le désert des mots

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Un coquillage délabré sur le vitrail de tes yeux

S'enfonce inexorablement dans les sables mouvants de la paupière

Tes cheveux ont au bout de leurs parties ossues des doigts qui ressemblent à des mains

Et ton cœur s'envole comme une pierre vers le ciel

Alors s'évapore le soleil en gouttes de lumière, de pleurs et de rires

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L'aube de la phrase : la majuscule

Le point : le crépuscule

Et le monde minuscule

S'accorde avec l'univers

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Mes pieds ne pouvaient plus parler

Boursouflés, ensanglantés et troués

Leurs ombres grimpaient le long de mes jambes blanches

Pour échapper à l'inquisition du soleil

Devais-je avouer que le ciel était vide ?

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J'ai marché sur mes pas

J'ai trébuché sur mes pas

Pas à pas j'ai vécu

Mon ciel s'est couvert

De roses aux épines glacées

Aux pétales de verre

Chaque fois que l'hiver

Vient, je fuis

Le froid glace mes pas

Pas à pas je vis

Ma vie écaillée

Pas à pas je pleure

Des larmes chagrinées et rares

Sur ma peau asséchée

Le rose de mes joues se fane

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Les étreintes viennent de partout

Aux bras trop longs

Aux corps trop courts

Le baiser se fait plus doux

Sur les quais de gare

Sur les avenues, sur les genoux

Parfois il suffit d'un regard

Pour que le rouge à lèvres s'ouvre

Les yeux fontaines coulent

Ruisselants et déferlants

Se noie alors le cœur dans l'anathème

Du partir

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La virginité de la porte sans serrure

Douce comme une peau de pêche

Repousse les racines du péché

Sur le chemin de toutes les libertés

Ce paradis nous est interdit

La porte condamne les vivants

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Les grands tourments sont dans les gorges

Les râles et les mots d'amour et les gloussements

Tout un monde qui veut sortir

Une lave lavée durcissante et agissante

Elle,

Sa gorge enflammée par le désir s'enfle de chair

Expulse le parfum moqueur en gouttes de brume

Puis vient déposer la bulle criante dans l'air chaud des ciels de lit

Lui,

Son corps marbré parle aux horizons courbés

De sa bouche traînante s'échappent les saisons humides, les vents et les marées

Son corps est un bateau qui coule doucement entre les cils de la source

Remonte puis recoule puis s'échoue sur le dos en silence

Eux,

Pour ne rien oublier

Pour ne rien regretter

Écrivent leur histoire d'amour

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La maison est aussi son sanctuaire

Sur son bougeoir, elle se tient droite comme une pique vers le ciel

Son lien entre la terre des hommes et l'univers

Ce qui doit être essentiel ou futile se trouve dans sa trajectoire lumineuse

C'est un buste enflammé qui joue avec le centre du plafond

Elle s'épuise toute seule à vouloir échapper à son image

Son corps blanc s'évapore en un filet de fumée noire

Maintenant elle danse pour moi pour me faire plaisir

Mais elle ne sait pas encore que sa fin arrive

Je lui laisse ses illusions de jeunesse

Bientôt elle ne sera plus qu'un amas de cire

Et n'aura vécu que dans la lumière et l'ombre

Éclairant les vivants pour étonner les fantômes

Drapeau flamboyant de l'armée des étoiles

Brûle ! Brûle ! et éteins-toi héroïne du bal

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Ô cil ! merveilleux de lumière

Donne un plafond au ciel de plâtre

Arc-en-ciel laiteux, éphémère

Rends jaloux le plus beaux des âtres

Que cet œil en feu à ma vie

Soit l'herbe verte de ma mort

Feu follet ! je veux que tu ris

Sur le toit des tombes, la nuit

Faisant danser tous les remords

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Seule au monde et tellement esseulée

Sans espoir et tellement désespérée

Si seulement le ciel s'ouvrait pour elle

Si seulement une aile s'ouvrait sur elle

Protégée des rayons de lune aplatis

Seule en scène et tellement applaudie

De chapiteaux célestes en marchands de tapis

Que restera-il de nos os sous la terre ?

Cette place recouverte et rectangulaire

Un certain jour de l'année, fleurie

Non ! je la veux pour moi vivante

Sur son épaule dessiner la ligne courbe

Des territoires inconnus, des caresses savantes

Où le cœur s'aventure et parfois s'embourbe

Et laisse l'imagination au creux de la tourmente

Oui ! je la veux pour moi esseulée

Et désespérée

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Les cieux ne sont pas aussi vastes que l'on croit

Les jardins de bleuets de tes yeux sont parfois

La preuve que le paradis existe ici

Une croix attachée autour d'un cœur conscrit

À la guerre de l'amour je veux bien mourir

Ou sur ta bouche aux parfums fleuris me nourrir

Alors tes mains cueilleront mon corps déchiré

Sous les sanglots profonds de nos âmes damnées

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Ô loin ! mon épaule adorée

Couchant le ciel d'un drap orange

Écoute-les aux vents mêlés

Ces brebis guidées par un ange

Un fil coupe de l'océan

L'or et l'argent, le bleu du blanc

Ô astres ! Belles fleurs dans un vase bleu

Invisibles le jour pour nos regards dépolis

Deuil de la nuit n'efface pas tout

Laisse les étoiles à défaut de lumières

Et l'amour du céleste à défaut de prières

Nous montrer le passage vers d'autres univers

Ô lasse ! ma bouche érodée

Divague sans trouver ses mots

Quand s'avance la vraie beauté

Du feu de la nuit sur les flots

Le ciel trouve enfin le repos

Là tout s'endort, tout est bercé

Ô cœur ! mon cher cœur courtisé

Brille sous la lune grisée

Comme le sont tous les amants

L'étoile aussi veut son serment

Mais mon cœur trop triste, mourant

S'endort lui aussi doucement

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C'est un parfum encore vivant dans mon cœur

Celui de l'enfance aux barreaux de cristaux

Où tout est illusion et ressemble au bonheur

Sur le banc d'une école regarde le petiot

Dans sa blouse grise on dirait une église

Comment ne pas pleurer quand la mémoire s'enlise

Dessinées à la craie sur le grand tableau noir

Les lettres majuscules, les déliés du savoir

Dehors sans partage le soleil rigole en cadence

Au rythme lancinant des nuages capricieux

Alors que dans la classe règne le silence

Les oiseaux batifolent dans les arbres, dans les cieux

Aussi loin que portent les yeux

On ne trouve que du vitrail

De la sueur et des vœux

Que l'odeur du travail

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Avec ma main je défais l'hiver

Je dénoue le tricot de neige

Sur ma paume j'accueille le soleil

Qui s'est échappé des limbes

Le chêne sort de son sommeil de pierre

Pour se gorger d'air et souffler sur le vent

Les planches en cuir de ses branches craquent

Je raccroche mon rêve à un nuage pour demain

Un jour de plus et je serai sauvé

Un bel arc-en-ciel ; je le prends

Il a perdu sa pluie et ses orages

Un couloir de feu dans les ruines

Des moissons arrosées de la nature

Un jour de plus et elle sera sauvée

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La critique négative... Une flèche d'arbalète

Qui vous transperce le cœur mais ne change pas le cours de la guerre

La critique positive... Une arme de destruction massive

Qui vous fait croire que vous avez gagné la guerre

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Mon amour, ma vie, mon rocher

Là, l'âme exposée au doux rythme

Des vagues qui fuient au levant

Las du chaos, le vent m'abîme

Sans que je puisse respirer

Sentir la ramure dorée

De l'âtre jaune au firmament

Regarde-le comme il se vrille

Les embruns salés et volants

Tournent autour de moi, m'habillent

Se dérobent en gouttes d'or

Et mon cœur de pierre vacille

Quand tout s'éteint et que tout dort

Les sillons d'eau à crêtes blanches

Gorgent l'océan de bleuets

Sur l'horizon le ciel s'épanche

Et laisse tomber ses reflets

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La vie est enceinte de jours crispés

Où tout prémature un bonheur délavé

Par nos propres mots bientôt oubliés

Par des naissances et non des renaissances

Il nous faudra réapprendre un langage

Si nous voulons de nouvelles aubes

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Pas de plaines sur les sommets perpétuels

Quand la barbarie est l'ombre du marécage

Les mots sont des loques devant la mort d'un amour

Et les silences se figent sur les cœurs froids

Pour s'endormir avec la lune dans un œil et dans l'autre le soleil

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La clé du bonheur n'a pas de serrure

Il faut juste pousser la porte

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Le poète est un danseur de French Cancan qui fait le grand écart entre la terre et les étoiles

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Sinon rien

Sinon tout

Déjà la lune

Déjà l'aurore

J'ai dormi tout ce temps

Sans un seul souvenir

À part qu'il n'y avait rien

Que tout était en place

Comme un bel avenir

Devant un mur de glace

Déjà trop tard

Déjà dépassé

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Quel est ce cœur qui déborde de joie ?

Qui fait rire ses veines à plein poumon

De l'eau, du sang, de l'alcool pourquoi pas

Jour de fête pour un jour sans démons

Que veut dire ce rictus sur les lèvres

De cette bouche qui ne riait plus

Et ces yeux tout à coup qui se lèvent

Vers un ciel dégagé de son jus

Débarrassé enfin du triste voile

Laisse passer la lumière des étoiles

Car demain sera aussi un jour meilleur

Puisque l'amour est entré en ma demeure

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Les fruits de la mer se récoltent en janvier

Quand les vent violents les font tomber des vagues

Avant que les digues de la côte se targuent

De rire au nez des tempêtes arrimées

Les sardines seront plantées en été

Disait le jardinier à la belle marinière

Elles s'emboîtent mieux quand le soleil les fait

S'habiller de robes tressées de lumière

Les goélands suivent les camions de crevettes

Dans la froideur picarde des plages du nord

Espérant trouver dans le sable quelques miettes

Du crustacé gelé à la sauce roquefort

Je suis sorti du ventre de la terre

Ne chercher pas, ma mère est la terre

Et les poissons du ventre de la mer

Ne chercher pas, la mer est leur mère

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Quand la vie n'est que destinée

Que le bonheur a disparu

Reste sous le cou parfumé

Les volutes de ce corps nu

Que l'on voudrait ressuscité

Et qui meurt sans avoir connu

La flèche dans le cœur plantée

Combat d'une guerre perdue

L’absence et son éternité

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La vie ne tient qu'à un fil

Le bonheur ne tient qu'à un fil

Avancer sur ce fil sans se casser la gueule

Quel miracle !

Être suspendu à tes lèvres

Ne pas décrocher un mot

Lire dans tes pensées

Quel miracle !

Remuer ciel et terre

Disparaître en fumée

Avancer à reculons

Quel miracle !

Je ne crois pas aux miracles !

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Dans mes yeux le reflet de tes larmes en vain

Dessine des cercles de brumes parfumées

Aux amertumes suivent éveils et matins

Les mots désuets, les syllabes raffinées

La paupière fermée qui ne veut plus s'ouvrir

Lourde et languie par les promesses éternelles

Plantées au fond du cœur et dont on se nourrit

Mais que l'on oublie sous le poids de la querelle

Aux amours mourantes au creux des oreillers

Je préfère le soleil des amours nouvelles

Quand un vent vif s'étale sur le drap du lit

Embuant les fenêtres de rideaux de pluie

Le corps virevolte de la soie au coton

S'abandonne à la joie et sous le doute plie

Sanglots retenus puis jeux de séduction

Jamais ne tarissent les feux de toutes vies

Emprisonnant de beaux souvenirs dans le temps

Pour qu'il ne reste rien de nos âmes bannies

Juste un amour trop fort pour penser aux serments

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Un matin où le soleil titube de sommeil

Dans sa couverture de nuages en laine

L'oiseau dans le nid ne réveille plus le coquelicot

L'hiver approche

L'herbe peint le matin de blanc après le noir obscur

De la nuit sans étoile, sans lune, éteinte

Les rues accouchent de petits soleils parasites

Et font gronder le ventre de la ville sous une lave jaune et rouge

Je ne dors plus du sommeil des enfants

Ma journée commence là où finissent mes mauvais rêves

Je me lève et prends ma place dans la boîte à jouets

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L'horloge de mon cœur s'est mise à l'heure d'hiver

En battements brisés je l'entends réunir les ruines

De la nuit sans rêve et pleine des désastres

Du banal désespoir aux bains de cailloux

Sur le pas des loups elle résonne dans ma tête

Le ciel a encore baissé son rideau de délices

Qui profite aux autres sans jamais sauver mon aube

Aucun rayon de soleil ne vient toucher ma peau

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Pourquoi la peindre si je n'ai de souvenir d'elle

Qu'une épaule cachée sous un voile de dentelle

Que ce départ soudain comme un vol d'hirondelles

Et ce retour soudain sous un drap de flanelle

La pensée vidée de nos ébats charnels

Elle échappe à ma mémoire depuis qu'elle est au ciel

Le bonheur n'est rien quand il est infidèle

L'amour défit la mort mais perd toujours le duel

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Retranchés

Morts ou vifs

Les mains au bout des griffes

Le ciel en ex-voto

Entends-tu les morts parler

Du doute d'être vraiment nés

Écoute la triste voix du vent

Qui se moque bien du temps

Quatre mois de novembre

À écrire mon nom sur la cendre

Pourquoi ? Pour qui veut entendre

Le son des mots, pas du canon

Sur la cendre j'écris mon nom

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Le mérite ! Quel mot insolite

Qui écarte tous les autres

Les met au rang de monolithe

Et dans la niaiserie se vautre

Pour un don de sa personne

Faut-il attendre une médaille

Petit objet perdu sur le poitrail

Le temps que le clairon sonne

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Mon âme volée, ma jeunesse

Volatile comme l'air

Pardonne mon insouciance

Je n'étais qu'un papillon sans ailes

Je ne croyais pas aux caresses

Pourtant, je remuerais ciel et terre

Moi le roi sans souffrance

Pour retrouver celle

Qui brûlait mes nuits

Autant que je brûlais sa vie

De la manière la plus vile

Sur des mots malhabiles

Je pensais être fort

Armé de certitudes

Je vivais sans efforts

Cerné de solitude

Aujourd'hui je suis las

Éperdu

Loin

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Un miroir flottait sur un lac brillant

Mille feux s’échappaient du ciel

Réfléchi et conscient ce petit diamant

Répondait des mots bleus artificiels

Que seul pouvait comprendre le soleil

Des mots tendres comme un enfant

Et le ciel le couvrait de doux baisers

Le miroir endormi par le calme régnant

Dérivait doucement sur le grand lit mouvant

Comme une Déesse nue et résignée

Se laissant porter après l'acte d'amour

Exposant sans pudeur son corps au petit jour

Lasse de ses aventures de femme égratignée

Perdu à la tombée de la nuit brune

Son chemin devint vide et désespéré

Prisonnier du marbre blanc de la lune

Il disparut dans l'onde du petit vent d'été

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Le poème

Comment l'écrire

Ce cheval fougueux

Il s'échappe puis revient pour manger

Dans ma main puis se laisse caresser

L’œil noir devient paysage de bohème

Il n'est plus nuageux

Et me fait rire

Ou bien pleurer

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Quelle beauté que le mot beauté

B-e-a-u-t-é

Sur la femme s'est déposé

Comme l'oiseau dans l'arbre creux

Un sentiment d'amour heureux

Le nid douillet de la volupté

Le saint des saints au ventre rond

Où dort la vie de l'humanité

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Dans mon âme réside encor de la verdure

Petit coin perdu où s'ébruite l'onde éparse

J'y vois un château et tout autour la nature

À l'abri du vent du temps ; Lasse des regards

J'y laisse mes souvenirs ainsi que mes chaînes

Seuls les oiseaux de nuits ont l'apparence humaine

Et bien malgré moi et malgré tous mes efforts

Je ne peux emmener le reste de mon corps

Si je crie mon nom personne n'entend ma voix

Personne non plus n'est là pour la moindre étreinte

Des bêtes sauvages libérées dans les bois

Une lune de miel d'amour jamais éteinte

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Le sommeil du chien a sa propre volupté

Allongé sur le ventre à la clarté des lampes

Le cœur funeste devant le tombeau dressé

Les ténèbres flamboient tout au bout de la rampe

Des femmes pleurent près de mon carton doré

La piéta se fige autour du mausolée

Des bras blancs m'entourent afin de me porter

Et après que mon corps soit sorti de la rue

Mon chien, mon bon compagnon que deviendras-tu ?

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Gardons-nous toujours cette sombre nuit en nous ?

La lumière ne peut traverser nos matins

Là, gisent nos rêves sur le bord du chemin

Comme des corps enfumés et des âmes à genoux

Serions-nous assez bête et sans discernement ?

Pour confondre à tord bel hiver et dur printemps

Garderons-nous toujours la sombre nuit servile ?

Pour ne pas déplaire à tous ces lutins habiles

Rêve ! Tu ne vaux pas l'éternité des mots

Mots ! Tu ne décris pas l'ambiguïté du rêve

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Et la plaine encore blême sous le vieux vent

Enchaîne ses rouleaux de vagues vert opale

Balaye tous les espoirs de mon cœur d'enfant

De voir en décembre le soleil sous son châle

Si le ciel solitaire ne revenait plus

Enfermé par la nuit dans une tour d'ivoire

Alors un nouveau ciel et nouvelle vertu

Raconteraient sur terre une nouvelle histoire

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La tristesse se vautre la nuit dans mon cœur

Comme une belle femme au lit que l'on délaisse

Elle prend parfois la place de la rancœur

Pour un mot de trop à une soirée d'ivresse

Mon cœur écorché vif saigne de passion

(Toujours de la femme, éternelle faiblesse)

Je l'entends sangloter à travers la cloison

Je lui parle avec des mots que je crois sincères

Écrits avec l'eau des yeux rougis par le sang

Ces mots susurrés au creux des âmes amères

Que l'on éponge d'un revers de manche, quand

Entre amis on refait le monde autour d'un verre

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Fin de l'automne, reste à côté de ton Père

Dépose à ses pieds toutes les grandes armures

Qui protègent du froid surtout pas de l'hiver

Cet hiver intérieur brise les cœurs purs

La Sainte Croix s'élève pour toucher l'étoile

Le corps nu éventré s'étouffe dans son voile

Et laisse des traces de pas sur le parquet

Une traînée de chants mêlés sous les bouquets

De fleurs déracinées et le collier d'épines

Signe naturel d'une allégorie divine

Dans l'église des Hommes, regarde ton Père

Naître des automnes et se nourrir de prières

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Suis-je seul au monde à comprendre qui je suis

L'autre n'existe donc qu'à travers mes écrits

Les images ne sont que des mots emmêlés

Suis-je seul au monde à pouvoir les déchiffrer

Quand mon cœur pleure je n'entends que des violons

Pas de fanfares ni de fêtes à flonflons

Un glas sans fin qui s'éternise dans le vide

Mon corps s'accroche à lui que veux-tu que je dise

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Rossignol rime avec chignole

Ce n'est pas une bonne rime

Je vous l'accorde

En français, en espagnole

Les vers sont des cordes de guitares que l'on accorde

Je vous l'accorde

Pourtant les bons mots sont dans nos cordes

Mais à quoi ça rime ?

Si la pensée est en désaccord

Vous n'êtes pas d'accord ?

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Les heures, les jours, les années sont encornés

Beau! le calendrier de la douleur fétide

Comme des trophées exposés aux invités

Ô ! Banquet de la vie autour d'un ventre vide

L'odeur de pourriture embaume les débats

Nous ne voyons qu'en la vertu de la lésine

Puisse la société sous ses plus beaux appas

Rongée par le remords du poids de la vermine

S'endorme en crapotant la fumée d'un houka

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La longe ombilicale étrangle nos élans

Comme un gros chien galeux au repas délicat

Nourrit nos âmes, mange nos restes fumants

Les mères nous guident mais effacent nos pas

Le sein nourricier devant les anges s'expose

Offrant aux bouches goulues nard et ambroisie

L'éternité au petit monstre rabougri

Le crime maternel de n'être qu'une chose

Naîtra plus tard son affect de l'apostasie

Sans pour cela le rendre moins bon je suppose

Car au fond des églises s'éteignent les cierges

Petites flammes de nos hérédités vierges

L'ennui aura conçu son expiation

Avant de s'enivrer des rayons du soleil

Dans ce ventre nageant dans un rebut vermeil

Il vivait l'espoir d'une bénédiction

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Quel cancre ce cœur

Il n'a rien apprit de la vie

N'a rien gardé en mémoire

Que le souffle du vent

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La pluie traîne dans le ciel ses barreaux humides

Inonde mon cœur de la plus triste prison

Et tisse sa toile jusque dans l'horizon

Larmes brodées d'eau de l'abyssal génocide

Quand l'arc-en-ciel transperce les nuages lourds

Tel une arche avec sa pâle cariatide

Je sens au fond de moi que tout n'est pas sordide

De ma douleur j'exhume encore de l'amour

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Mes visions nocturnes peuplent mes pupilles

Ce matin encore roulent comme des billes

Ma tête déverse leurs lots de pacotilles

Au milieu de la rue, je vois mes funérailles

Ces gens trempés de pleurs que je ne connais pas

Tous ceux qui rigolent sur un air de samba

Une muse s'amuse à danser sur mes pas

Pour décorer la rue, le plan d'une muraille

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Que l'on boive, que l'on rit, et puis que l'on baise

Allongé sur le velours, assis sur la braise

Les corps se meuvent et meurent à ma santé

Si de tous mes méfaits un autre doit trinquer

Ainsi parlait ce diable d'homme respectable

Bon père de famille et tout à fait affable

Ne plus voir les fleuves d'un rouge carminé

N'était pas en sorte de ses priorités

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Taciturne et pourtant j'adore tes blasons

De la voûte aux milliards de lumières nocturnes

Des lieues de nuits sombres éloignent ma raison

Tu me fuis dans tes infidélités diurnes

Je t'aime mon ciel pour ton immensité belle

Ton chœur d'étoiles au début de l'univers

Cette chaleur je la chérie car éternelle

Grâce à toi, je dors sur le halo des hivers

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Métamorphose des cieux du haut de sa chaire

Le sermon de l'ange déchu au cœur amer

Que restera-t-il de la comédie humaine

Le récit de poèmes sur l'époque lointaine

Où l'honneur n'était pas que dans les mots d'amour

De dire NON semblait un acte de bravoure

La rébellion sous ordonnance médicale

À chacun de couper le lien ombilical

Qui relie les cuisses du pouvoir à nos bouches

Et nous laisse comme un nouveau-né dans sa couche

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L'espoir est une île

Seuls les naufragés la connaissent

Personne ne peut l'atteindre par le bonheur

Son sable est plus brûlant que le feu et plus fin que le vent

Chaque matin elle sort du brouillard

Entourée d'une mer de solitude

Comme une émeraude dans du bleu de chine

Impénétrable mais pas inaccessible

À chacun son île

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L'abandon des autres puis l'abandon de soi

Même si la peine se dilue dans la joie

Reste ! Reste mon cœur

Les solitudes ont forgé des âmes fortes

Et même si les jours de pluie souvent l'emportent

Reste ! Reste mon cœur

Écrire pour les autres, écrire pour soi

Même si la plume peut se perdre parfois

Reste ! Reste mon cœur

La certitude arme le bras du cloporte

Et même si les amours n'ouvrent plus les portes

Reste ! Reste mon cœur

La renaissance de l'autre et la mort de soi

Même si le ciel se dilue dans la foi

Reste ! Reste mon cœur

La béatitude comme unique convoi

Et même si les 'peut-être' font des 'pourquoi'

Reste ! Reste mon cœur

Ne t'en va pas

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Je suis emporté parfois par un aigle fou

Alors qu'au clair de la nuit le soleil est roux

Dans ma chair au plus profond les serres se logent

Je n'ai rien fait pour mériter le bel éloge

Il me porte vers le ciel pour me desservir

Quand il perce mon cœur afin de le ravir

La chaleur de ses griffes comme un élixir

Brouille mes envies au point de vouloir mourir

Je regarde en bas ce berceau que fut la terre

Et me laisse bercer par les vents de l'enfer

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Toi, qui m'as forcé à mettre un genoux à terre

D'une lame profonde as transpercé mon cœur

As fait de tous mes démons mes meilleurs amis

Je te pardonne

Toi, dont le fait de chanter sur mes infamies

D'une longue complainte as forgé mon malheur

Brisant ma liberté comme on brise du verre

Je te pardonne

Toi, qui maintenant repose six pieds sous terre

Qui viendra visiter cette tombe sans fleurs ?

Et priera en veillant ta longue agonie

Je te pardonne

Toi, tes plaisirs ont humilié mon esprit

Tes mains de plâtre au faste de la douceur

Laissent mon sang froid mais amuseront les vers

Je te pardonne

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Plus l'on vieillit, plus les certitudes s'envolent

Ce qui semblait acquis se dilue dans le temps

Nos actions fortes fondent au gré du vent

Et le jour du bilan tous les compteurs s'affolent

Le passé buvard perd de ses couleurs pastel

L'encre noire soumet le pinceau à la plume

Nos mots sont des vaccins quand les cerveaux s'enrhument

Pleure bel innocent que l'on prive du ciel

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Je ne suis pas un écorché vif

Quelques cicatrices tout au plus

J'aime le présent de l'indicatif

Le futur m'attend aussi vois-tu

Le passé m'a semblé imparfait

Peut-être la mauvaise conjugaison

Des époques et conjonctions

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Où es-tu mon âme dorée

Étoile brillante des nuits

Sombres rêves évanouis

Où es-tu mon âme dorée

Quand la nuit douce de l'alcool

Me prend la main comme une amie

Réveille en moi la belle envie

De ne plus être jamais seul

Au doux parfum de tes paroles

Tu étais l'arbre et moi le fruit

À chaque saison j'ai grandi

Brûlant un feu devant l'idole

Où es-tu mon âme dorée

Étoile brillante des nuits

Sombres rêves évanouis

Où es-tu mon âme dorée

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Fini la presse et les journaux

Je veux mourir incognito

Être à l'article de la mort

Aura suffit à mon décor

Que je sois l'acteur de mon sort

La vedette du Paradis

Ou le copain de Lucifer

À quoi me servira l'enfer

Sans tous mes fans et mes groupies

Je cherche un petit coin tranquille

Éloigné du bruit de la ville

Voyez ! Ce genre de cimetière

Qui pousse autour de la bruyère

Et s'endort au chant du corbeau

Buvons, jouons à ma mémoire

Un petit morceau de guitare

Profitons qu'il fasse encor beau

Pour visiter les locataires

Leur donner une bouffée d'air

Faisons bruire leurs oripeaux

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Vaste pays où s'éteint l'étoile du Nord

Où les chemins sont démontés par les orages

L'orge se couche sous une pluie de mirages

Et les cœurs endormis battent beaucoup plus fort

Les rires s'en vont mourir sous des nuits d'opales

De vils crachats sortent de la bouche des Dieux

Quant aux soleils leurs rais ne font plus mal aux yeux

Les rêves compensent nos pulsions tribales

Dans la léthargie je trouve ma foi, ma force

Et tous ces ténébreux paysages m'apaisent

Dans ma gorge d'homme une voix lactée s'efforce

De trouver sans cesse la beauté du malaise

Personne ne peut combler le vide des mots

La blancheur des paroles ne fait pas débat

Les livres entrouvrent la cage de l'oiseau

Qui s'envole des pages mais ne revient pas

Puis-je faire plus admirable que d'attendre

Une douce attente pour d'horribles tourments

Je suis le chef d'orchestre et l'instrument du vent

La partition du temps n'est pas souffle tendre

Je me sens condamné sans cachot ni geôlier

À vivre les plaisirs de raison de l'ascète

Me sentir aussi vulnérable que l'insecte

Quand le pied du destin écrase les fiertés

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Ballotté par la vie comme un fétu de paille

Je me sens dans mon froc aussi nu qu'un bébé

Les mots extrudés défilent vaille que vaille

Ô tant de souvenirs et destins avortés

Baffles et sunlights m'avaient trop chauffé la tête

Le paradis promis n'a duré qu'un été

Son beau corps de braise n'enflammait que la fête

Et je me traînes comme un animal blessé

Depuis, le matin ressemble à un champ de mine

Des buildings d'assiettes séjournent dans l'évier

Le salon s'évapore sous la paraffine

Les bougies, nouveaux soleils dans le ciel cuivré

Paradent en rang serré devant les miroirs

Le casque d'or frémissant sur la blanche cire

L'armée sous le feu consume mes espoirs

Je m'accroche à toi comme le lierre au cirrhe

Ô souvenirs lointains mais tellement vivaces

Ces bruissements de bouches pour ne rien trahir

Laissent aux yeux le rôle de sauver la face

Jouer l'indifférent quand le cœur veut mourir

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Misérable que je suis devant le pardon

Agenouillé, devrais-je trouver la prière

Boire de la ciguë au bon goût de poison

Ou penser finalement que j'ai l'âme fière

Trouver ma raison dans les écrits de Platon

Ou boire le vin des raisins de la colère

Misérable que je suis devant la question

Le sommeil, mon ami, résout tous les mystères

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Une joue en larmes que la bise essuie

Pétales de roses sur le dôme gris

La bouche fermée par les rides de pluie

Comme les hivers semblent creuser leurs lits !

Le futur ne suit que la voie de l'église

Le passé fleuri se fane au gré du temps

Les amours inoubliables fuient sans crises

Reste la carcasse assise sur un banc

Une tête agenouillée libre du mal

Liberté chérie! accompagne ses gestes !

Les mots déversés comme un flot lacrymal

Se veulent moins du chagrin que de la peste

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Bien après que la nuit soit morte

Les rêves viennent me hanter

Pourquoi cette femme m'escorte

Et ne veut jamais me troubler

Toutes les fois en quelque sorte

La vie s'acharne à me venger

De l'illusion touchant la porte

D'un désir prêt à me blesser

Je suis un poisson dans la nasse

Noyé dans un édulcorant

Dans le piège je me prélasse

Rêver ! Rêver comme un enfant

Offrir son cœur à la demande

Ne jamais trouver le repos

Trouver dans la mort une offrande

À celles qui rient dans mon dos

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