Le sirop vert

2 minutes de lecture

Mais, à nous trois, on pouvait tout affronter, rien ne pouvait nous arriver. Si l’une des trois était malade, c’était le drame, le trio n’était pas complet et ça n’allait plus.

Bien que nous étions rarement malades, principalement des maladies infantiles. Moi, je n’ai eu que les couleurs, rougeole et jaunisse. Ma mère nous protégeait en nous donnant du fortifiant, du Marinol. C’était un sirop à base d’eau de mer et au goût d’orange, commercialisé par un laboratoire pharmaceutique de la ville. Ce laboratoire existe encore aujourd’hui, il fabrique principalement des sprays nasaux à base d’eau de mer de la région. Beaucoup de sprays utilisés pour les bébés maintenant proviennent de ce laboratoire. Il faut dire aussi que la ville était réputée pour ses cures thermales d’eau de mer. Et cela depuis 1824, thérapeutique prisée par la Duchesse de Berry qui en avait lancé la mode auprès des parisiens, ainsi que la mode des bains de mer.

Pour ma part, j’avais très souvent des bronchites, avec une grosse toux. Le médecin prescrivait toujours le même traitement : du sirop vert. C’était un sirop d’une couleur vert foncé fait à base d’eucalyptus. Je détestais ce sirop, rien que de voir son emballage, j’avais déjà des nausées. Alors de le boire, imaginez. Je le gardais dans la bouche pendant très longtemps. J’espérais trouver un moment sans la surveillance de ma mère pour le recracher. Mais à chaque fois, elle restait près de moi jusqu’à ce que j’avale toute la dose. Elle me demandait même d’ouvrir la bouche afin de vérifier si j’avais bien tout avalé. Souvent, je laissais couler lentement le sirop en dehors de ma bouche entrouverte, le long de mon menton. Le sirop vert dégoulinait dans mon cou et sur mes vêtements. À chaque fois, ma mère finissait par me donner une baffe pour avoir recraché le sirop et m’être comportée si salement. J’avais l’impression d’être toujours la seule des trois à devoir boire la totalité du flacon. En fait, mes sœurs devaient moins tousser que moi.

Bien plus tard, adulte, une fois, j’ai eu à appeler ce même médecin, qui était arrivé en fin de carrière, pour une forte toux de mon fils. Il voulait lui prescrire ce même sirop, je lui ai interdit. Je lui ai dit que le sirop vert n’entrerait jamais dans ma maison. Ma relation d’enfance avec ce sirop l’a fait beaucoup rire. Il était loin d’imaginer la torture qu’il me faisait subir enfant en faisant cette prescription.

Annotations

Recommandations

Défi
Joklaire03

Je suis un. Unique. Moi, du haut de mes quelque picomètres, la Terreur du monde entier.
J'ai vaincu les plus grandes puissances mondiales, et mis à genoux les économies. Donald Trump court pour s'enfuir: stupide réaction humaine, je le rattraperai dès que je l'aurais décidé.
Ils me font rire, tous, déguisés dans la rue. Blancheur de vampire sur le visage, froid dans le dos et terreur à l'esprit, ils fuient tous intérieurement devant moi.
Je suis le Roi du Monde, pour quelque semaines. Couronné de leurs peurs. Ces humains qui me mérpisaient.
Ah, ils pouvaient rire de moi! Ah, ils pouvaient me ridiculiser! Me voilà maintenant, tout puissant et incontesté, je répans mon ombre sur tous ceux qui me croisent.
J'aime cette puissance. Ma domination. Ma réussite sociale.
Comment? Que dites-vous? Que je devrais culpabiliser? Moi?

N'entendez-vous donc pas mon rire sardonique? Je suis si fier de moi. Je me promène maintenant dans les rues désertes de Paris. La ville préférée des touristes, elle aussi, se prosterne à mes pieds. Entre les quatre jambes de la dame de fer, je passe calmement. Quel bonheur! Aucun passant pour me déranger. Tous déjà contaminés!
Sous les arches de l'arc de triomphe, j'ai envie de graver mon nom.
Je le vois déjà, "Corona", dans la pierre, en lettres dorées.
Oui, je vais mourir. Trop de personnes l'espèrent. Oui, ils vont me tuer.
Mais le monde à jamais se souviendra de moi.
Je resterais dans leurs petites mémoire, leurs petites têtes bornées, à tous!

Alors, peut être qu'après tous, lors de mon procès post mortem, je devrais me défendre. Je vois déjà ces procureurs me condamner avant mon plaidoyer!
Mais je dirais des mots que personne ne pense. Mon arirvée a bouleversé le monde, mais ces stupides humaines auraient du s'en souter! Ils savaient que je me faufillais dans leurs avions, dans leur sbateaux, dans leurs propres enfants.
Mais l'économie, l'argent, le fric si vous préférez, règne et règnera à jamais dans leurs esprits.
La Sainte Consommation est leur déesse. Ils la vénèrent.

Et moi, ne serai-ce que pendant quelques semaines, je lui aurais volé la vedette!
10
14
11
1
Défi
P Poly

Sur une généreuse table de banquet porphyre
S’étalait la richesse des hôtes du soir
Une nappe chiffonnée par des éphèbes ivres
Dévoilait le rouge moucheté de la roche d’un autre Vésuve
Accompagnant les amphores de vin miellé
Chaires porcine et blanche sont éventrées
Et autant de miches de pains émiettées par les gloutons
Venus célébrer la victoire éleuthérienne du carpe diem.
1
2
0
0
Rachelle R

Tristesse


Et une incroyable tristesse s'empare de moi à chaque instant.
Impossible de décrire ce que je ressens.


Les émotions déferlent en moi tel un ouragan, 
Et je perds ainsi toute notion du temps.


Les larmes tombent du haut de mes paupières, 
Et moi, je ne me souviens même plus d'hier.


Les larmes coulent comme tombent les gouttes de pluie


Personne ne comprend et personne ne comprendra jamais, 
L'immense lassitude et découragement qui m'envahissent à chaque instant.


Vous qui entrez ici laissez toute espérance.
3
4
3
0

Vous aimez lire Marie Saba ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0