Chapitre V Le livre de Thomas. G. Smollett

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Abigael, le père Archibald, le docteur et Maureen étaient inquiets. Depuis quelque temps, Murray avait perdu le goût de la vie. Il se morfondait, un plaid en tweed posé sur ses genoux. Les affaires, le négoce, rien, plus rien ne l’intéressait. Il se balançait du soir au matin sur son rocking-chair en osier, les yeux dans le vague. Tout juste s’il s’alimentait. Aby ne reconnaissait plus son mari ; de jovial et facétieux, il était devenu, morne, éteint… Le visage fermé, le regard dans le lointain, il hantait cette demeure désormais !

Maureen, intelligente et vive, s’était interrogée sur les causes de cette subite dépression. Elle croyait en connaître la raison.

— Vous savez ma tante, tout cela à commencé le jour où mon bienfaiteur m’a déposé dans la charrette ; quand j’ai dit adieu à mes parents… Vous êtes devenus ma famille désormais… mon oncle était déjà bizarre ce jour-là. Il pensait que je dormais, j’étais juste assommée par la fièvre et le chagrin. Entre deux cahots je l’entendais, il parlait seul, il se lamentait… Il s’est même mis à pleurer ! Il tenait des propos incohérents… Qu’il ne pouvait avoir d’enfants ! Que c’était Dieu qui m’avait envoyée! Que toute cette misère qui s’étalait dans les rues du bas Liverpool lui était devenue insupportable ! Que si Dieu le voulait, il ne boirait plus une goutte d’alcool ! J’ai entendu le docteur qui le disait hier… le spleen peut être dû à l’arrêt brutal du gin et du whisky !

Abigael regardait avec dévotion cette enfant si intelligente. Dieu ou la nature n’étaient pas justes. À certains, il refusait la richesse, mais accordait une myriade de gosses qu’ils ne pouvaient nourrir… à ceux qui en avaient les moyens financiers, ils leur interdisaient d’être parents… Maintenant que cette fillette était rentrée dans leur vie… Non, elle ne supportait pas… Faisant fi des conseils du pasteur et du praticien elle décida qu’il était temps de bousculer son homme.

— Tu es adorable Maureen ! Tu es un soleil ! Je vais te demander à toi au père Archibald et au bon docteur de quitter cette pièce. Vous sortirez et vous fermerez cette porte, je vais causer avec mon mari. La comédie a assez duré.

Alors, la porte du salon tout juste poussée, un déluge, un violent orage s’abattirent sur le cottage et sur son mari ratatiné dans un coin :

— Debout, Murray ! debout ! Un homme, ça se tient droit ! Un homme, ça prend ses responsabilités ! Si tu as des soucis, des problèmes, tu m’en parles ! Cesse de te retrancher derrière ce regard vide ! Affronte la réalité, ou bien tu auras affaire à moi ! DEBOUT ! ALLEZ HOP ! LÈVE-TOI !

Petit miracle… une voix timide et fluette répondit enfin !

— Pour l’amour de Dieu, Aby, ne crie pas si fort, je ne suis pas sourd !

Alors, radieuse, Abigaël entrouvrit la porte et demanda:

— Maureen va faire un tour dans le jardin s’il te plait ! Mes amis, venez me rejoindre ! Nous allons un peu discuter !

***

Le brave docteur Carpenter, ouvrit une bonne bouteille de scotch. Il en servit une bonne rasade à Aby au Pasteur et a Murray

— C’est une boisson bénie des dieux ! Un petit gobelet n’a jamais fait de mal à personne ! Alors, mes amis, trinquons ! À la santé de mon cher et tendre !

Puis, se tournant vers le malade qui hésitait à prendre son verree elle rajouta :

— Bien, très cher ! Prends-le ce verre ! Vide-le cul sec ! Et tu me racontes ce qui ne va pas…

La bouteille y passa finalement ! Murray avait retrouvé le sourire. Edwards Carpenter en avait déduit que le mal-être de son patient provenait d’un surmenagee et le prêtre chantait les louanges du saint breuvage en latin !

Le docteur proposat, enfin à son patient, comme traitement, un changement de vie. Le couple avait largement les moyens de vivre de ses rentes désormais. il le leur dit :

— Murray ! Ton activité est florissante ! Ton négoce te permet de subsister dignement. Tu as accumulé assez de richesses maintenant ! Va les dépenser avec ta femme ! J’ai un cousin qui a épousé une petite fille du docteur Smollet, il demeure six mois à Londres, six mois en Italie ! Nizza, s’appelle la ville ! il paraît que c’est un paradis, l’hiver il y fait doux, ils ont une cheminée, ils ne l’allument jamais ! Ils mangent des oranges sur la plage !

Tu vas le voir de ma part ! Si ça te plait, les maisons la-bas, ça coute une bouchée de pain Et puis, tu ne seras pas dépaysé, la moitié de Londres hiverne dans cet éden !

****

Murray avait exhumé un vieux livre de sa bibliothèque.

Travel Throught France and Italy

Un ouvrage de Tobias G Smollett, son père le lui avait offert pour ses 20 ans, il s’était toujours juré de faire ce voyage, visiter l’Europe ! Son périple commencé à Édimbourg s’était terminé à Cork en Irlande. Il en avait ramené comme souvenir une jolie rousse volcanique. Avec elle, il avait oublié, ses envies de voyages.

Puisque ce bon docteur le voulait, il allait le reprendre son périple sous le soleil italien. Mais son ami, Edwards, le savait également, ses soucis de santé n’étaient pas, juste un peu de spleen ou un simple surmenage. Cette toux qu’il avait réussi à cacher à son épouse, il irait la soigner au bord de la mer Méditerranée. E Carpenter en était persuadé, si son amis avait contracté la terrible tuberculose, seul le bon air du sud pouvait le guerrir, à la condition qu'il n'y ait que ça. Bien entendu, Murray et Abigaêl, n'avaient pas besoin de tout savoir. Il les pressat sur son coeur et leur promis d'aller les visiter dés qu'il en aurait le temps.

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