Chapitre 44

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SRPJ - Toulouse & Palais de Justice - Castres

De retour à l’hôtel de police, Ange s’enferma dans son bureau pour appeler Claire Parayre. Sa première tentative aboutit sur la messagerie vocale. Il laissa un message demandant à la magistrate de le rappeler. En attendant, il s’affaira à ce qu’il aimait le moins, la lecture des nombreux messages émanant de l’Administration Centrale et de la Préfecture. Les mails accompagnés de pièces jointes volumineuses arrivaient plus vite qu’il ne pouvait les lire. Les directives, instructions, procédures se multipliaient, même au cœur de l’été, mais ce qui l’ennuyait le plus, c’étaient les demandes d’informations ou les statistiques à remonter régulièrement, qui nécessitaient une réponse rapide.

Il parcourut rapidement la plupart d’entre eux, faisant suivre à ses subordonnés ceux relatifs aux consignes de service ou actions de terrain et mit de côté les courriels demandant une action de sa part.

La sonnerie de son téléphone lui épargna la fin de la corvée, ce qui n’était que procrastination, il en était bien conscient.

— Claire Parayre, tu as essayé de me joindre. Tu as du nouveau ?

— Oui, sur certains points, mais il reste des zones d’ombre.

Le commissaire détailla tous les éléments que Samira et son équipe avaient déjà pu confirmer.

— Nous aimerions pouvoir en savoir plus sur l’accident et en particulier avoir accès aux dossiers médicaux de Béatrice Moreau.

— Le secret médical n’est pas un vain mot, dans la plupart des cas. Les hôpitaux vont rechigner à nous communiquer ces infos.

— C’est bien ce que j’ai pensé, en effet. Je me suis dit que le Parquet pourrait peut-être demander une expertise médicale.

— C’est une possibilité, je suppose que tu as une idée plus précise.

— Et bien, peut-être que Philippe de Loubennes pourrait s’en charger. Il est chirurgien orthopédiste et il a déjà pratiqué de telles analyses. De plus, il connait déjà Béatrice Moreau, puisque c’est lui qui l’a examinée au couvent, le lendemain de son agression.

— Philippe de Loubennes, c’est bien le mari de Brigitte ?

— Oui, c’est bien ça.

— Le Procureur va sans doute me demander pourquoi je n’appelle pas un chirurgien de Toulouse, mais je m’arrangerai. En général, je sais trouver les bons arguments avec lui.

Ange eut une pensée salace en imaginant que les arguments en question pourraient avoir une forte charge érotique, mais chassa cette pensée qui avait déjà provoqué une réaction dans son pantalon.

— Philippe m’a dit que son planning était assez léger la semaine prochaine et le procès sur lequel travaillait Brigitte vient de se terminer.

— Oui, je viens de lire un article dans la Gazette du Palais. Comme d’habitude, Brigitte a été brillante. Je vais valider cela demain avec mon boss et si c’est OK, on le fait venir la semaine prochaine. Si Brigitte l’accompagne, on pourrait se faire une petite soirée tous les quatre !

— Alors ce serait une soirée à cinq, car ma compagne Julie sera rentrée. Tu la connais aussi, au moins de vue. Elle aussi est une ancienne de la fac de droit, Julie Delmas, vous vous êtes rencontrées au mariage des Loubennes.

— Julie Delmas, oui, ça me dit quelque chose. Une jolie métisse aux cheveux frisés. Les circonstances ne le permettaient pas, mais j’avoue qu’elle était tout à fait à mon goût. J’aurais bien pris un peu de bon temps avec elle. Que fait elle aujourd’hui, juriste elle aussi ?

— Non, elle a pris une autre voie, elle est journaliste free-lance.

— C’est sans doute pour ça que je ne l’ai pas mieux connue alors. Je serai heureuse de la revoir. Pour qui travaille-t-elle ?

— Elle fait surtout du grand reportage, sur les points chauds. Actuellement, elle termine un sujet sur les femmes immigrées du Moyen-Orient, parquées à Lesbos.

— Lesbos ! quelle coïncidence.

— Pour ce qu’elle m’en a raconté, ce n’est pas vraiment glamour. Elle devrait rentrer samedi ou dimanche.

— Heureux homme, mon mari en a encore pour au moins trois ou quatre semaines. Tu ne veux toujours pas venir me tenir compagnie ?

— Si tu remplis à ma place tous les rapports et les demandes de statistiques que je viens de mettre de côté pour la soirée !

— Non, pas question, je préfère encore me caresser en lisant un roman érotique.

Le policier eut une nouvelle vision, la belle Andalouse sur sa méridienne, le peignoir ouvert, un roman dans une main, l’autre glissant autour de son clitoris.

— J’imagine bien la scène. C’est très excitant, mais non, désolé.

— Dommage ! Je te rappelle demain pour te dire si le Proc est d’accord, mais tu peux déjà demander à Philippe quelles sont ses disponibilités. 

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