Journal d'Ophélie

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5 Septembre 2015,

J'aimerais n'avoir besoin et envie de rien. J'ai lu quelque part qu'il fallait que j'écrive (enfin, qu'écrire était une solution). Mais je ne sais pas trop quoi dire. J'écris pourtant tous les jours... Et je ne sais pas quoi dire. C'est con quand on y pense ! J'ai mal au cœur depuis... Je ne sais plus. Deux mois, trois mois peut-être ? Je ne sais pas si j'ai un jour cessé d'avoir mal, en fin de compte ; tout ça n'était qu'une farce dont j'étais le dindon.

C'est lui qui a commencé à se rapprocher de moi. C'est lui qui m'a dit le premier que j'étais sûrement sa meilleure amie. C'est lui, le premier, qui m'a considérée comme sa petite sœur.

On a connu des crises ensemble. Il m'a lâchée une fois, puis il m'a reprise. Je n'ai rien dit, j'étais contente qu'on soit encore amis. Ça a duré un peu plus d'un an, et voilà, je retombe encore. Trop de disputes, disait-il, ce n'est pas sain. C'est vrai, ce n'était pas sain. Nous nous comportions comme si nous étions en couple, alors que nous ne nous aimions pas comme tel. Pas vrai ? Seulement comme un frère et une soeur. J'ai cru pendant quelque temps, qu'il m'aimait peut-être autrement. L'ai espéré... Et puis il a commencé à me devenir étranger, à m'ignorer, à ne plus me parler aussi souvent.

J'ai paniqué, je l'ai sûrement trop étouffé, trop serré, et il s'en est allé. Je pense qu'il ne reviendra pas. Pas vraiment. J'ai perdu mon meilleur ami, celui à qui je pouvais tout raconter, toute ma vie sans exception. Il n'était pas là pour me juger, pas vraiment, mais pour m'écouter et me conseiller quand je me fourvoyais. Il ne me mentait pas, c'était une franchise nette, ce dont on a besoin venant d'une amitié sincère... Maintenant je suis seule. Enfin, pas vraiment, j'ai d'autres amis qui me soutiennent, et mes parents qui sont très présents depuis qu'ils savent que je ne vais pas très bien. Mais il y a ce vide.Il était comme une petite partie de mon cœur ; on avait fait tellement de projets. Des jeux, des voyages...

Je ne sais donc pas vraiment quoi dire. Si ce n'est que j'ai mal. J'ai mal de son ignorance, j'ai mal de sa distance, j'ai mal de son absence. C'est un étau qui me serre la poitrine. J'essaie de ne plus penser à tous les souvenirs que j'ai pu avoir avec lui. Je pense qu'ils sont voués, petit à petit, à disparaître. Nous continuons de nous parler un peu, mais je pense que je devrais couper les ponts. Je n'arrive pourtant pas à m'y résoudre. Comment pourrais-je perdre ça ? Cette infime lueur qui brille encore à l'horizon. Trop de choses que j'aime disparaîtraient alors.


Je n'ai jamais vraiment été celle qui reste, dans mes relations quelle qu'elles soient, mais plutôt celle qui part. La règle n'a eu qu'une seule exception, avec l'une de mes anciennes amies ; doucement, elle ne m'a plus parlé, exactement comme lui, et, finalement, on s'est détestées. Je pense que l'histoire se répète. C'est sans doute un peu ma faute, mais c'est aussi la sienne : il ne veut plus s'investir dans la relation, c'est ce qu'il m'a dit. Alors, à compter de là, j'aurais beau faire tout ce que je peux, s'il laisse tomber, on ne peut strictement rien faire.


Depuis hier, il m'ignore. Il ne m'a pas parlé une seule fois. Je me sens vraiment seule, et je ne sais pas quoi faire.

J'ai essayé d'occulter tout ça ces derniers jours en regardant une série à répétition, en écrivant aussi. Mais maintenant que j'ai tout terminé, je n'ai rien pour occuper mon esprit et l'empêcher de tourner. Je devrais peut-être retourner regarder des épisodes, qui sait ? Ou écrire un nouveau roman, tiens. Mais je n'ai plus le goût à grand chose, à la vérité. Plus le goût à la vie (je la trouve trop longue alors que je n'ai que vingt ans). J'aimerais mourir. Non, je ne pense pas au suicide, ce serait d'un égoïsme inimaginable pour ma famille qui m'aime tant, et même pour tout ce que je suis en train de vivre au quotidien.... Donc, non, pas le suicide. Mais mourir ne me fait pas peur. Si jamais il m'arrivait un accident, je crois que j'en serais heureuse, au fond. Cela ne me dérangerait pas, ne me ferait rien.


12h46 ; toujours pas de sms, ni d'appel, alors qu'il est sur l'ordinateur depuis 9h du matin. Oui, je l'espionne peut-être un peu, et à chaque fois ça me crève le cœur. Il m'a dit qu'il était occupé et ne pouvait procrastiner toute la sainte journée, pourtant : je le vois sur Facebook presque toutes les cinq minutes. Il se fout de ma gueule. Je le déteste. Je le hais.

Hier, j'ai hurlé, j'avais tellement mal. Ça faisait longtemps que je n'avais pas évacué une vraie douleur. Je suis quelqu'un de sensible, au fond. Me défouler de la sorte est un moyen de défense comme un autre, je suppose.

Si cette rupture - car c'en est une - doit m'apporter quelque chose, j'aimerais que ce soit un cœur plus solide, et une certaine froideur. J'en suis déjà bien munie, mais visiblement pas assez pour résister à de tels déchirements.J'étais prête à lui faire confiance, pour peu qu'il me reparle un peu, qu'il agisse comme autrefois ; mais il ne l'a toujours pas fait.Ça fait un mois aujourd'hui qu'il est distant à tous points de vue. Alors la confiance, ouais, tu parles d'une connerie ! Il peut se la mettre où je pense, et bien profond. Je n'ai pas envie de faire confiance, je ne l'ai jamais vraiment fait, et on comprend bien pourquoi ! Si c'est pour avoir mal, ça ne sert à rien !
Les relations ne servent à rien, les amours ne servent à rien ! Pourquoi s'infliger une telle souffrance simplement pour voir des amis disparaître au fil des années, ne jamais les revoir, ne jamais les retrouver ? C'est incompréhensible ! Je ne comprends rien, je ne veux rien comprendre.

Et je n'ai rien à dire. Il n'y a rien à dire.



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