Petit Papa Noël…

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Après un détour par le studio où nous déposons nos affaires, grignotons un morceau, et quelques minutes câlines empreintes des souvenirs de l’été, nous retrouvons Patrick et Carolina, pour profiter de Briançon en tenue de fêtes.

L’été, la ville est superbe, mais le spectacle offert par les ruelles enneigées, le panorama sur les montagnes drapées de leur manteau blanc sont à couper le souffle. Sous le soleil, la température est agréable, et nous flânons d’une ruelle à l’autre, d’une boutique à l’autre, comme de simples touristes à la recherche de souvenirs à emporter.

Le froid nous tombe dessus à peine l’heure du goûter sonnée aux cloches de la collégiale et nous nous engouffrons dans une petite échoppe pour déguster une crêpe arrosée d’un verre de vin chaud.

Je découvre avec plaisir cette boisson traditionnelle montagnarde, les parfums d’agrumes, d’épices et de cannelle qui se mélangent aux arômes du vin, la sensation de chaleur qui envahit mon corps à chaque gorgée. Le seul hic, c’est ma sobriété habituelle depuis la fin de l’été, tout juste une bière en passant en dehors de la soirée d’halloween, et au moment de quitter ma chaise, je dois dire que le sol a une fâcheuse tendance à tanguer sous mes pas, occasionnant une jolie partie de rire, et de moqueries bienveillantes.

- Je vois que tu as suivi tes engagements… J’avais oublié ce détail…

- Tout juste une bière en passant avec les copains… Mais ça va aller, ne t’inquiètes pas…

- Papa, on dirait moi après mon premier vin chaud…

- Non cara mia, tu, tuo padre, il a été obligé dé té porter jousqué dans ton lit…

- Zitta mamma, lui non deve sapere…

- Mon cœur, c’est pas une façon de parler à sa mère !!! Scusa Caro, je l’ai laissée se relâcher un peu…

Nouveau fou rire, et je me rends compte que ma tristesse est en sommeil depuis notre arrivée, bien sûr j’ai toujours ce petit pincement au cœur qui persiste, mais l’envie de pleurer a complètement disparu. L’atmosphère bienveillante qui règne ici y est sûrement pour quelque chose, l’accueil cordial auquel j’ai eu droit, mes progrès ou le temps qui passe ont leur importance eux aussi. Quoi qu’il en soit, le froid ambiant qui a envahi les rues m’aide à retrouver mon équilibre, et arrivés à la voiture, les effets se sont dissipés.

Charlène a remarqué l’empressement de ses parents à quitter le centre-ville pour nous retrouver chez eux.

- T’as rien trouvé de bizarre avec mes parents ?

- Pas spécialement, ils ont été adorables avec moi, comme d’habitude.

- Je sais pas, ils avaient l’air inquiets, et pressés de rentrer.

- Ils ont peut-être envie de nous retrouver dans une ambiance plus calme, plus familiale, discuter tranquillement avec nous de notre vie Aixoise, de nos études…

- T’as raison, c’est la première année que je vis loin de chez eux, que je les vois pas tous les weekends, que j’habite avec un mec... Je suis contente qu’ils continuent à s’inquiéter pour moi, comme si j’étais encore une enfant.

- Tu vois, tu te poses trop de questions…

Elle gare la voiture devant la maison, à sa place habituelle, et nous rejoignons les beaux-parents au chaud, non sans avoir profité de quelques instants en amoureux pour échanger plusieurs baisers.

Nous sommes tous installés dans le salon, devant l'âtre qui crépite, l’ambiance est chaleureuse à l'intérieur du chalet, le bois et la pierre règnent en maîtres, l’imposante baie vitrée donne l’impression d'être à l'extérieur et rend la pièce vraiment immense.

- Alors, cette vie à deux? Ça se passe bien?

- C’est super… Lou connaît Aix comme sa poche, et je dois dire que c’est vraiment une ville très agréable. Le froid et la neige me manquent un peu, mais au moins on risque pas de se péter une jambe en glissant sur une plaque de verglas… C’est vivant, y’a toujours plein de monde dans les rues, de l’animation, des soirées, des concerts…

- Trop de monde dans les rues, trop de circulation, aussi…

- Ouais, c’est vrai, mais on s’en fout, on à les bus…

- Elle vostre studie?

- Stanno andando bene… Un peu dur de prendre le rythme, mais je m’y suis faite.

- E tu, Louisss?

- Perfettamente, ho ritrovato i miei amici… raggiunto con il mio ritardo, e i risultati sono molto buoni…

- J'adore quand tou mé parles en Italiano… Ton accent est très bueno…

- Il fait ça juste pour te plaire… Avec moi il le fait jamais…

- Désolé ma puce, mais quand ta mère le fait, ça m'entraîne à faire de même…

- Je suis fier de toi Louis, encore une fois, je vois que tu as encore fait des progrès, que tu te laisses pas aller, c’est super… Mon ange je suis fier de toi aussi, j’ai eu vent de tes exploits a la fac, tu devrais arrêter d'être aussi modeste… Vous faites honneur à notre confiance…

- J’aime pas me vanter, j’ai de très bons résultats, mais c’est normal, j’y vais pour ça…

- Bravissimo a tutti i due… Jé souis très contente que vous réoussissiez…

- Continuez comme ça, et vous...

Nous sommes interrompus par le bruit d’une voiture dans l’allée et un coup de klaxon, Caro et Patrick bondissent de leur siège en même temps, manquant de se percuter, et filent vers l'extérieur, tandis que Charlène reste interloquée, m’interrogeant du regard. Je hausse simplement les épaules en riant de la situation, la prenant par la main pour aller rejoindre ses parents.

Lorsque nous arrivons dehors, une berline italienne encombre l’allée, tandis que Caro enlace un jeune homme et Patrick une jeune femme. Je me tourne alors vers Charlène, en larmes, le regard dans le vide, totalement perdue.

- Ma puce? Tu vas bien?

- C’est…

- C’est Max oui… Et Elena… Et ta nièce Alicia, deux ans et demi…

- Qu’est-ce que... T’étais au courant? Tu savais tout?

- Bien sûr que j’étais au courant… C’est moi qui en ai parlé à ton père, je me doutais que t’oserais pas l’appeler toi-même…

- Je… Viens là…

Elle m’a enlacé et serré si fort contre elle, que j’ai su immédiatement que j’avais eu raison.

Merci…

- Allez… Vas-y…

Je l’ai poussée d’une tape sur les fesses, assistant aux embrassades de la famille, ému, avec un gros poids aussi qui me comprime la poitrine, j’aurais aimé, à cet instant, avoir moi aussi quelqu’un à embrasser, à retrouver.

Patrick est venu me rejoindre avec sa petite fille dans les bras, m’évitant ainsi de fondre en larmes, laissant femme et enfants à leurs heureuses étreintes.

- Ali, tu fais un câlin à Tonton Lou?

Malgré sa timidité et la fatigue du voyage, elle a accepté de quitter son grand-père pour venir dans mes bras.

- Coucou jolie princesse…

- Toto You… Bisou…

Finalement j’ai enfin trouvé quelqu’un à serrer contre moi et à embrasser, et même si personne ne peut remplacer Cécilia dans mon cœur, je suis heureux de rencontrer ma nièce, et d’avoir droit à mon baiser, très baveux.

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