Retour à la réalité… Quoi que…

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Elle a dû mal interpréter mon geste, elle tourne la tête pour voir ce que je fais, et nos lèvres se frôlent, quelques dixièmes de secondes, une décharge me parcoure, elle frissonne également, et mon baiser se termine au coin de sa bouche, dans un nouveau moment de gêne, ses lèvres me le rendent, dans un murmure, me glissent un au revoir, et elle s’éloigne rapidement, fuyant presque vers le parking ou sa mère l’attend. Je suis seul, Julien est parti aussi…

‘Et merde !!! J’y étais presque ! Là au moins elle aurait compris, pas besoin de longs discours, pas besoin de réfléchir à ce qu’on a à se dire. Mais… Elle me l’a rendu quand même… Elle a frissonné au moment où… Putain MAIS QUEL GROS CON TU ES !!!’

Je ne sais plus où j’en suis, on risque de ne plus jamais se revoir, au pire j’ai son numéro, mais faut que je trouve une excuse pour l’appeler. J’ai le moral dans les chaussettes, et c’est penaud et plein de remords que je rentre chez moi, moto au garage, je passe par le salon, mes parents sont devant la télé, je lance un bonjour à la volée, dépose mes affaires dans le cellier et me dirige vers ma chambre, Mélodie dans les mains…

« - Tu boudes ? Me demande ma mère.
- Non, je suis crevé, pas dormi cette nuit, besoin de repos…
- Bonne sieste…
- Merci P’pa, toi aussi… »

Je rentre dans mon antre, pose Mélo sur son chevalet, me dessape, et plonge sous les couvertures, le cerveau en ébullition, son regard gravé dans ma mémoire, et c’est avec cette image que je glisse lentement dans les bras de Morphée…

Une caresse sur ma joue, un corps blotti contre moi, la chaleur d’une autre contre moi, elle est là avec moi, dans ce lit.
Je n’ouvre pas les yeux mais je sais que c’est elle, c’est sa chaleur, son odeur, sa tendresse…
Sa bouche se pose sur la mienne, ses lèvres sont douces, chaudes, humides. Je n’ouvre pas les yeux, profitant de cet instant magique, sa langue caresse mes lèvres, cherche une ouverture, une faille, et c’est un gouffre qui s’offre à elle lorsque ma bouche s’ouvre pour accueillir cette étrange exploratrice. Elle vient chercher ma langue, la trouve et toute deux se rejoignent en une danse sensuelle et tendre, se découvrant petit à petit au rythme de leur valse langoureuse. Elle est sucrée, un arrière-gout de vanille, je la savoure, comme elle doit savourer ce moment intense, désiré. Ses mains se plaquent sur mon torse, les miennes font le tour de ses épaules, et se posent sur son dos nu.
Nu ? Nue ? Pourquoi ? Comment ? Les questions se bousculent soudain, je stoppe notre baiser, elle semble s’en accommoder, ses mains caressent mon torse, descendent sur mon ventre, je frémis de plaisir, elle remonte, et caresse mon visage. Sa bouche se pose dans mon cou, qu’elle inonde de baisers, le désir monte en moi, je vibre sous ses baisers si tendres et si doux.
Ses mains passent dans mon dos, griffant légèrement ma peau, descendent jusqu'à mes fesses, qu’elles pétrissent, malaxent.

Mes fesses ? Je ne me rappelle pas m’être déshabillé, où sont passés mon boxer et mon t-shirt ?

Je suis dans un autre monde, loin de ma vie pourrie, loin de ce monde que je hais, et elle m’accompagne dans mon voyage.
Mes mains glissent sur sa poitrine menue, sa peau est si douce, encore une peau de bébé, mes doigts effleurent ses tétons, durcis par l’envie, elle soupire à son tour, respire plus bruyamment, plus vite…
Ses mains contournent mes hanches, et viennent se placer sur mon sexe tendu, qu’elle commence à caresser tendrement. Je prends encore de la distance avec la réalité, la tête me tourne, je suis pris de vertige de plaisir, cette caresse si douce et tellement désirée depuis des années…
Glissent ses doigts sur ma verge gonflée, courent mes mains sur sa poitrine d’adolescente, jouent nos langues dans ce tourbillon désordonné des premiers baisers…
Je n’ose approcher mes mains de son jardin d’Éden, c’est la première fois que je me retrouve ainsi avec une fille, nous nous connaissons à peine. Pourtant elle n’a pas hésité à venir me prendre en main, mais je ne peux me résoudre à cette action, espérant qu’elle ne le prendra pas mal. Ma bouche s’aventure sur sa poitrine nue, la flattant de petits baisers timides et tendres, ma langue goute ses petites pointes dardées vers le ciel, les caressant avec légèreté, lui procurant un plaisir grandissant, tout comme ses gémissements, de plus en plus bruyants.
Soudain je la repousse…

J’ai peur. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur de ne pas savoir faire. Peur de lui faire mal. Peur car rien ne m’avait prévenu de cela. Peur car je ne contrôle plus rien… J’aimerais lui dire, mais je ne peux pas, je ne veux pas.
Pourquoi, me direz-vous… Simplement parce que j’ai besoin de la voir pour le lui dire, dans les yeux, et si j’ouvre les yeux… Cela signifiera la fin de ce rêve…

Tant pis, je tente le coup, j’ouvre les yeux, il fait jour dans ma chambre, je tourne la tête vers le réveil, 9h30. Putain, une nuit de plus de 12h, mais avec la soirée passée, et toutes ces émotions, pas étonnant.
Je m’étire, repousse les couvertures, et me rend compte que je suis nu comme un ver, je passe la main de l’autre côté du lit, personne, juste le vide total, vestige de ce rêve, ce n'était qu’un rêve…

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