Chapitre 41

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Britess avait fait l’aller-retour à l’hostellerie afin d’y récupérer son équipement, des vivres et s’assurer que Myrtille soit bien prise en charge. Elle rédigea rapidement une lettre à envoyer à Noto Mastique, à Tola, dans une semaine, si elle venait à ne pas réapparaître. Il hériterait de ses biens.

Les cuisines lui fournirent de quoi tenir six jours : conserves, bocaux, biscuits, viandes séchées. Ainsi qu’une minuscule batterie de cuisson, briquet et petites bûches compris.

Le conservateur ferma la porte derrière elle. Il lui tendit une lanterne et des recharges d’huile qu’elle accrocha à l’extérieur de son sac. D’un pas résolu, il la guida vers le centre de la bibliothèque. Un escalier en colimaçon en démarrait vers les tréfonds.

— Nous allons franchir très rapidement les premiers paliers, jusqu’au quatrième sous-sol. Le danger commencera à partir de là.

Britess suivit, l’estomac noué par une certaine appréhension. Le vieux descendait sans regarder autour de lui, marche après marche, prenant bien soin à ne pas glisser, sa respiration lente et profonde rythmait la cadence. Elle avait tout le temps d’observer les lieux. D’emblée elle fut frappée par le métal. Il y en avait partout. Même les murs étaient métalliques. Pas la moindre trace de rouilles. De fines lignes de luminites réparties régulièrement dans les parois illuminaient la scène à leur approche. Ces pierres magiques étaient vraiment impressionnantes. Un malandrin qui viendrait à les voler serait riche en quelques minutes. Le minerai ne se trouvait qu’au duché d’Ocre sur le continent des Territoires. Les étagères chargées de livres et d’objets quadrillaient la zone. D’épaisses vitres les protégeaient de la poussière. Bien visible sur la paroi que bordait l’escalier, un rouage gravé, en relief inversé. Britess le caressa en passant à côté. Elle retient sa respiration s’attendait à une quelconque sensation surnaturelle.

Mais mis à part le froid et la rugosité de la sculpture, rien.

Décevant.

Ils foulèrent le quatrième sous-sol, identique aux trois premiers.

— Le premier degré prend fin ici, on va aller rejoindre l’autre au milieu de la salle. Il nous faudra être prudents. Les pièces inférieures ne contiennent pas que des livres. Le huitième et le neuvième étage étaient la réserve des objets rares et diverses étrangetés, ramenés de toutes parts par les explorateurs de Madir. Les sorts qui maintenaient prisonniers certaines choses n’ont pas résisté au temps. D’immondes abominations déambulent là-dessous.

— Pourquoi ne remontent-ils pas jusqu’ici et au-delà ?

— Grâce à nous, à la force de notre institution. Nous avons des parchemins qui arrivent à fermer le passage. Le hic, c’est qu’il faut la puissance psychique d’un conservateur pour les garder actifs. Autrefois, le pouvoir des miens pouvait s’étendre jusqu’au dixième sous-sol. Je ne suis capable que de projeter ma volonté qu’au quatrième. Si je meurs, j’ai programmé un verrou ultime qui scellera définitivement tous les étages en puisant leur force dans le cycle du jour et de la nuit, immuable et inaltérable. Je ne l’ai pas utilisé jusqu’à présent, car une fois activée, cette protection ne peut plus être modifiée. Préparons-nous !

Le conservateur s’arrêta devant une plaque de verre. On ne voyait rien au travers. Des parchemins jaunâtres de toutes tailles étaient collés sur la vitre et autour. Certains, plus vieux, avaient une surface craquelée.

L’ancien prit des bouts de tissu et de papiers étroits et diverses longueurs. Il s’en épingla un sur le torse et sur sa sacoche. Deux autres furent fixés sur le réservoir de la lampe qu’il venait d’allumer. Il s’approcha de Britess et avec délicatesse lui en accrocha un au-dessus du sein gauche.

— C’est un sort de rappel. En cas d’extrême urgence, votre main doit l’arracher et le froisser. Vous serez transmondée ici. Il est imprégné d’une rare substance draconique dont il me reste encore une ou deux fioles.

Il alluma sa lanterne et fit signe à Britess de faire de même. Après avoir actionné un levier, la plaque pivota vers le bas, livrant le passage aux deux aventuriers.

— J'ouvre la marche, annonça Britess…

— Suivez l’escalier. Une fois en bas, il faut longer le mur en face de vous jusqu’aux prochains escaliers, et ainsi de suite…

Britess hocha la tête et tendit sa lampe devant elle, sa main droite sur son épée, prête à brandir la lame au clair en cas de danger. Elle entendit la fermeture de la trappe.

Des rires ?

Elle avait cru percevoir comme des ricanements moqueurs…

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