9 - Une opportunité à saisir (2/2)

9 minutes de lecture

Le lendemain matin, il se leva avec la satisfaction d'avoir fait son choix. Au petit déjeuné, ils reçurent chacun leur dérogation que leur avaient promise Alphératz par hibou.

Monsieur Vittel,

Suite à l'incident de cette nuit et aux explications du directeur adjoint, le professeur Alphératz, je vous donne l'autorisation exceptionnelle de participer aux essais de Quidditch qui débuteront aujourd'hui même.

En espérant que vous aurez comprit la leçon,

Andréa Dénébola

Tandis qu'Enola et Armand déchirèrent leur papier, Charles le leva en l'air pour que tout le monde puisse le voir et l'envier.

— Je vais le faire aussi, annonça Édouard, je vais passer les tests.

— Voilà une sage décision, Ed, fit-il en lui tapant amicalement dans le dos. Tu vas casser la baraque et te venger de Beaufort !

— C'est principalement à cause de lui que j'accepte l'offre d'Alphératz, expliqua-t-il en rangeant son morceau de parchemin dans la poche de son jean.

— Vous allez le regretter les garçons ! prévient Enola

Mais Édouard n'avait pas le temps de s'en soucier. Tandis que beaucoup d'élèves passeront les essais, notamment Charles, Édouard devait rester avec Kowalsky pour une retenue dont il avait totalement oublié le contexte.

Avant de partir, il souhaita bonne chance à Charles en espérant le revoir en un seul morceau après sa punition. Enola ne cessa de lui répéter qu'il n'était pas prêt et qu'il valait mieux attendre la semaine suivante pour passer les essais. Mais Charles ne l'entendit pas de cette oreille et disait qu'il se sentait en pleine forme et que rien ne pouvait lui arriver. Édouard les laissa se chamailler et se rendit au bureau de Kowalsky au rez-de-chaussée de l'aile Ouest.

La porte était fermée, le professeur de potion n'était pas encore arrivé. Il l'attendit alors, adossé contre le mur, son vieux sac à dos usé à ses pieds en réfléchissant à ce que Kowalsky lui avait préparé comme punition.

Tandis qu'il se perdit dans ses pensées, il entendit soudain le pas lourd et lent qu'imposait la carrure du professeur. Puis, sa respiration profonde, semblable à un râle provoqué par le vent s'engouffrant dans une grotte se fit entendre. Il arrivait tel un métronome, se balançant de gauche à droite sur le même tempo. C'était sa démarche caractéristique et Édouard ne l'avait jamais vu marcher autrement que comme ça.

— Bonjour M. Vittel, dit-il de sa grosse voix sans regarder Édouard.

Il introduisit une clé et ouvrit la porte sur un bureau petit et lugubre semblable au cachot dans lequel il passa la pire nuit de sa vie il y a une semaine. Les rideaux laissaient à peine filtrer la lumière du jour et les étagèrent étaient remplies de bocaux en tout genre renfermant ce qui semblait être des cerveaux ou d'autres organes d'animaux répugnants.

Kowalsky s'affala sur son fauteuil afin de reprendre son souffle car la simple traversée du long couloir fut, pour lui, un vrai marathon.

— Vous classifierez tous les ingrédients de l'étagère du fond, dit-il simplement en montrant une grosse étagère poussiéreuse et désordonnée.

Édouard ne bougea pas, surpris que le professeur lui demande une telle chose.

— Quelque chose ne va pas, M. Vittel ? Demanda-t-il sèchement en fixant Édouard au travers de ses lunettes dorées.

— À vrai dire, commença Édouard timidement, je pensais que vous me feriez refaire la potion pour soigner les ongles incarnés.

— Vous vous croyez où, M. Vittel ? Dit-il en haussant le ton, vous êtes en retenue, pas en soutient scolaire. Si vous êtes incapable de réaliser une potion dans les règles, ce n'est pas mon problème. Débrouillez-vous pour avoir une moyenne correcte à la fin du trimestre mais ne comptez pas sur les heures de retenues pour ça ! Il y a un temps pour travailler et un autre pour discuter.

Sa voix se répercuta en échos dans la petite pièce éclairée au chandelier. Sans un mot, Édouard s'exécuta à la tâche ingrate. On n'entendit plus que la respiration haletante de Kowalsky et le choc des bocaux d'herbes et de racines qu'Édouard posait sur l'étagère poussiéreuse. Certains contenaient des liquides gluants qui s'étalaient sur ses mains poisseuses. Il déplaça les pousses de gui, rangea les graines d'achillée sternutatoire et classa les fioles de différentes potions et poison contre les pucerons.

Tout en rangeant, Édouard imagina Charles passer les essais de Quidditch. Il le voyait à moitié mort sur un lit de l'infirmerie avec Beaufort et Daril qui riaient aux éclats.

Il avait les épaules complètement rouillées et l''estomac qui grondait terriblement lorsque Kowalsky se décida enfin à le libérer. Il fila sans plus attendre vers le réfectoire, son sac à dos au bord de la rupture sur l'épaule afin de grignoter un morceau pour calmer sa faim. Il se dirigea ensuite vers le foyer pour tenter de retrouver Charles et savoir comment se sont déroulés ses essais.

Mais en arrivant là-bas, Édouard eut la désagréable surprise de tomber sur Beaufort et les autres. Il ne les avait pas croisés depuis sa mésaventure dans les toilettes des filles et ne s'en plaignait pas. Cependant, à ce moment là, c'étaient les dernières personnes qu'il voulut voir.

— Tiens, salut Vittel, dit-il avec son sourire narquois. Dis-donc, ça faisait longtemps ? Les filles commençaient à s'inquiéter de ton absence, finit-il tandis que Rose et Laura pouffèrent de rire.

— La ferme ! Répliqua sèchement Édouard tandis que Daril approcha son imposante carrure afin de s'interposer mais il fut interrompue à temps par Beaufort.

— Dis, tu aurais pu prévenir tes amis que tu avais obtenu une autorisation de Dénébola pour passer les essais ! Fit-il remarquer en croisant les bras

— Depuis quand les amis sont des traitres ?

— Tu ne vas pas nous en vouloir pour une petite nuit passée dans les cachots ?

— Où il est ? Demanda-t-il en fixant Beaufort au fond de ses yeux bleus.

— Je te demande pardon ?

— Charles, tu sais où il est ?

— Ne me dis pas que tu traine avec ce snobinard et sa bande de bras cassés ? Dit-il en ricanant, vous entendez les filles ? Vittel passe son temps à s'amuser avec le redoublant, un garçon manqué et un type qui croyait pouvoir intégrer la plus prestigieuse équipe de Quidditch que l’Académie n’ait jamais eut !

Tous se mirent à rire, mais Édouard persista.

— Où il est ! Répéta-t-il plus fort

— À l'infirmerie, on essaye de lui recoller les bras et la tête... enfin ce qu'il en reste ! Finit-il en éclatant de rire avec Daril et les filles.

Édouard eut la sensation que le pire était arrivé à Charles. Immédiatement, il courut vers l'infirmerie, bousculant un groupe de filles de cinquièmes au passage. Il s'excusa rapidement avant de reprendre sa course. Il arriva finalement, tout essoufflé, à l'infirmerie où il retrouva Enola et Armand assis au tour d'un des nombreux lits de la pièce.

— Charles ! s'exclama Édouard, que c'est-il passé ? Demanda-t-il aux deux autres tandis que son ami dormait profondément, le front et les bras couverts de bandages.

— Ça a été un massacre, confia Enola en grimaçant. Ils ne lui ont laissé aucune chance.

— Si, à un moment il a réussit à éviter un cognard, se souvient Armand en levant le doigt.

— C'est parce qu'il a glissé de son balai, lui rappela-t-elle. Mais qu'est-ce qui lui a pris de passer les tests chez les Titans Noirs !

— Les quoi ? demanda Édouard

— Les Titans Noirs, expliqua Enola, ce sont les favoris du championnat. Ils n'ont jamais perdu un titre depuis leur création il y a cinquante ans.

— Quarante-neuf, rectifia Armand.

— Ouais, continua-t-elle, bref, ils sont réputés pour leur violence sur le terrain ! Ils n'ont pas eu de pitié pour Charles.

Lorsque l'infirmière Leblanc leur demanda de quitte l'infirmerie pour laisser Charles se reposer, Édouard, Enola et Armand décidèrent de se promener dans le parc ensoleillé.

— Comment ça fonctionne le championnat de Quidditch de l’Académie ? demanda-t-il

— Ah oui, c'est vrai, se rappela Enola, j'avais oublié que tes parents sont des moldus et que tu ne connaissais rien au Quidditch.

Tandis qu'ils s'installèrent tous les trois à l'ombre d'un kiosque fleuri, elle entreprit d'expliquer à Édouard ce qu'il désirait savoir.

— Chaque année, des élèves peuvent monter une équipe de Quidditch pour participer au championnat Académique, dit-elle, ce sont les capitaines. Il faut avoir seize ans minimum, je crois.

— C'est ça, confirma Armand

— Le recrutement des joueurs se fait sur un mois et demi, continua-t-elle, après ça, les capitaines d'équipes doivent convaincre un professeur de devenir leur président afin que leur équipe puisse intégrer le championnat et passer le titre d'« équipe provisoire » à celui d'« équipe titulaire ».

— Comment on fait pour convaincre un professeur ? demanda Édouard avide d'en savoir plus.

— Ça dépend du professeur, répondit Armand. Il y en a qui accepte plus facilement que d'autres.

— Oui, affirma Enola, en tous cas, les équipes doivent être totalement constituées le soir d'Halloween pour débuter le championnat le lendemain.

— Et attends, ce n'est pas tout ! reprit Armand, lorsqu'une nouvelle équipe est titulaire, elle doit absolument remporter le championnat pour espérer revenir l'année prochaine.

— Sinon quoi ?

— Elle disparaît, répondit Enola, retour à la case départ.

— Mais, ça veux dire que l'année suivante il n'y a qu'une seule équipe qui peut espérer « survivre » ?

— Oui et non, répondirent-ils en même temps, si une équipe créée au début de l'année parvient à remporter le championnat, on dit qu'elle devient permanente et peut rester jusqu'à ce qu'elle finisse lanterne rouge, finit Enola

— Mais depuis quarante-neuf ans, les Titans noirs ont privés les nouvelles équipes de s'imposer. Le championnat n'a plus connu d'autres vainqueurs depuis, poursuivit Armand. S'ils remportent leur cinquantième trophée cette année, ils gagneront le titre d'équipe « prestigieuse »

— Il n’y a que deux équipes permanente dans le championnat. Ajouta Enola. Les redoutables Titans, et les Canaris fougueux. Ils existent depuis plus de deux cent ans ! C'est un record. Ils ont remporté le championnat à 99 reprises ! À ce stade, on dit qu'ils sont « légendaires ».

— Wouah ! fit Édouard, impressionné. Et même ces équipes là sont amenées à disparaître si elles finissent lanterne rouge ?

— Oui, répondit Enola, et j'espère que ça arrivera aux horribles Titans qui font beaucoup d'anti-jeu et qui commettent de nombreuses fautes pour pouvoir gagner. Ce sont des lâches ! Ils ne méritent pas tous leurs titres.

— En revanche, poursuivit Armand, ce serait dommages pour les Canaris qui sont sur le point de remporter leur centième victoire depuis leur création. S'ils y parviennent avant les Titans, ils deviendraient la première « équipe mythique » de l'histoire et gagneraient une place de choix dans le musée de la magie, à Paris.

— Tu as l'air pessimiste, Armand, remarqua Édouard en regardant la mine déconfite de son ami à tête de chouette.

— Bah, admit-il en baissant la tête, leur résultats sont moins bons qu'auparavant. J'étais là l'année dernière et ils ont faillit passer à la trappe. Ça fait soixante-quinze ans qu'ils courent après ce fameux titre suprême, tu te rends compte ? Ils n'y arriveront jamais. Ce sont ces maudits Titans qui rafleront la mise encore une fois.

Édouard était impressionné par les propos tenus par Enola et Armand. Il avait hâte d'assister à un vrai match de Quidditch pour voir la folie du stade scander le nom de son équipe favorite et la voir soulever le trophée de la victoire.

Mais avant cela, il devait passer les essais et n'avait toujours pas trouvé de capitaines. Il y avait une trentaine de noms sur la liste des équipes provisoires et Édouard ne sut pas laquelle choisir. Armand lui conseilla d'attendre qu'un capitaine se manifeste pour recruter un joueur qui lui manquerait.

— Comme ça, ils seront peut-être moins durs avec toi, le rassura-t-il.

Édouard suivit donc ce conseil judicieux et attendit que quelqu'un se manifeste. En attendant, il assistait aux cours aux coté d'Enola et d'Armand car Charles n'était toujours pas sorti de l'infirmerie. Ils passaient le voir dès qu'ils en eurent l'occasion afin de le réconforter et le soutenir pendant que Mme Leblanc ressoudait ses os broyés grâce à une potion à l'aspect dégoutant.

Édouard fut ravi de constater que ces trois personnes qu'il avait rayé de sa liste fictive au début de l'année l'acceptait enfin comme un des leurs. Il n'hésita pas une seconde à effacer les ratures de cette liste pour entourer définitivement le nom de Charles, Enola et Armand. C'était eux, les amis qu'il espérait tant, il en était persuadé.

Cependant, il ignore encore que bon nombre d'épreuves viendront perturber cette amitié mais que tout finira par s'arranger car la vie est moins compliquée lorsque l'on est entouré.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Athéen Crédule ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0