5 - Le 4 septembre (2/3)

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Après un petit temps d'adaptation à ce moyen de transport peu ordinaire, Édouard osa enfin regarder par la fenêtre. Vue du ciel, Paris arborait plus que jamais son surnom de « ville lumière. On avait l'impression qu'il y avait plus d'étoiles sur terre que dans le ciel. La nuit commença à se faire sentir de plus en plus et bientôt, on eût l'impression de voler dans le vide intersidéral.Édouard avait l'impression d'être dans un vrai conte de fée. Comment tout cela était-il possible ? Etait-ce bien réel ? Etait-il en train de voler dans un carrosse tiré par une créature fantastique ? Il avait du mal à le réaliser. Il espérait cependant que ce n'étais pas un rêve.C'est alors qu'il se rappela soudain l'étrange rêve qu'il a fait la nuit de sa punition de nettoyage de la maison. Il voyageait dans ce type de carrosse avant de se faire brutalement réveiller par sa mère. C'est alors qu'un sentiment d'inquiétude s'empara de lui.« Et si ma mère vient me réveiller ? Se dit-il en sentant son coeur faire un bond dans sa poitrine. Et si elle venait tout gâcher comme l'autre fois ?»L'escadrille de carrosses survolait à présent les magnifiques jardins à la française qu'Édouard avait déjà l'impression d'avoir vu. Ils étaient plongés dans la pénombre et , en contre bas, on pouvait distinguer des fontaines faisant jaillir de l'eau de toutes les couleurs. Des torches sur des stèles de granits éclairaient de nombreuses statues blanches. Les haies rectilignes et courbées dessinaient des motifs gracieux entre les pelouses soigneusement tondues. Tout était à sa place, rien ne dépassait, c'était tout simplement... Magique.Les carrosses amorcèrent une descente afin de déposer les élèves au seuil de la grosse porte du château portant les armoiries de l'Académie. Deux baguettes magiques croisées, au dessus d'un « B », crachant trois étoiles chacune.La façade extérieure du château n'avait rien à envier aux magnifiques jardins. En revanche, lorsque les immenses portes s'ouvrirent sur le hall, tous les « Oh ! » des sixièmes se transformèrent en « Wouah ! » d'ébahissement.Le sol en dalles de marbre blanches et noires donnait l'allure d'un plateau d'échec géant. Face aux élèves, il y avait une immense fontaine représentant un homme à la fière allure et tenant des livres dans sa main droite.Sur les murs, s'étalaient de nombreux tableaux qui saluaient les élèves, Édouard cru même qu'une plante verte venait de lui dire bonjour.À l'autre bout du couloir, il vit ce qu'il prit pour des nuages filer dans leur direction. Lorsqu'ils s'adressèrent aux élèves pour les faire approcher de l'escalier de droite, Édouard compris qu'il s'agissait de fantômes. Posté en haut des marches, un élégant sorcier au chapeau haut de forme et à la veste en queue de pie bleue, accueillit les élèves.

Bonjour à tous, dit-il d'une voix hautaine. Je suis le professeur Alphératz et par la même occasion, directeur adjoint de l'Académie. Dans quelques instants, vous pénétrerez dans le réfectoire où nous pourrons enfin dîner. Veuillez rajuster vos tenues, je vous prie, la directrice ne plaisante pas avec ça.

Tous les élèves, ainsi que les lycéens rajustèrent leurs tenues de soirée, froissées par le trajet en carrosse. Édouard reconnut, parmi la foule, le garçon qui avait regardé Panache bizarrement lors de la journée au marché des sorciers. Son copain l'aidait à retirer une brindille dans son dos. Après un temps, tout le monde fut enfin prêt et impatient d'entrer dans le réfectoire. Les ventres de chacun commençaient à crier famine et Édouard eut du mal à contenir le sien.Finalement, ils montèrent tous l'escalier avant d'arriver face à une nouvelle porte finement sculpté dans le bois. Elles s'ouvrirent enfin sur une splendide salle aux allures des grandes cérémonies. Un pan entier de mur était recouvert de miroirs reflétant la lumière d'une ribambelle de lustres en cristal. Des moulures en or et des tapisseries flamboyantes couvraient chaque recoin de la longue pièce.Il y avait même une gigantesque fresque qui couvrait tout le plafond, représentant un beau dieu grec, blond chatoyant et musclé qui voyageait sur son char, tiré par quatre chevaux blancs, d'un bout à l'autre de la fresque. À l'arrivée des élèves, il se fit remarquer en voulant exécuter une course effrénée qui finit en carambolage dans les nuages.

C'est Apollon ! fit remarquer un élève de sixième à lunettes en rigolant.

Tout le monde s'installa autour des tables rondes finement décorées. Édouard se mordillait les ongles en regardant les autres élèves s'assoir tout naturellement à la place de leur choix. Il était terrorisé et n'osait pas demander à quelqu'un s'il pouvait occuper la chaise d'à côté. Il aurait voulu qu'à cet instant, un élève de son âge se lève et lui fasse signe de venir le rejoindre à sa table. Mais personne ne semblait se soucier de lui.Finalement, il trouva une place libre au milieu d'un groupe de secondes en espérant qu'ils ne remarquent pas, de la même manière qu'il ne s'est pas fait remarquer lors du trajet en carrosse. Une fois installé, Édouard se fit de plus en plus petit sur sa chaise et le plus discret possible. Il était devenu rouge comme une tomate en attendant que quelque chose se passe. Il se demandait même si c'était une bonne idée de venir jusqu'ici. Et si sa mère avait raison ? Et s’il n'avait vraiment pas sa place dans ce monde magique ?Au fond du réfectoire, face aux élèves, les professeurs s'alignaient autour d'une longue table drapée de bleue. Le professeur Alphératz, avec son chapeau haut de forme, alla s'installer aux cotés de ses confrères avant de laisser la parole à la sorcière assise sur une chaise plus imposante que les autres.Elle se dressa de sa longue et fine silhouette. Son visage, jeune et serein ne montrait aucun défaut. Ses lèvres et ses paupières étaient maquillées d'un noir d'encre et sa longue robe sombre et scintillante lui serrait la taille sans qu'elle n'ait l'air de l'étouffer. Son chapeau pointu hors norme lui donnait un air imposant et force le respect.De toute évidence, cette sorcière élégante n'était pas n'importe quelle personnalité au sein des professeurs de l'Académie : c'était la directrice, Madame Dénébola. Mais malgré cet aspect ténébreux qui l'habitait, Édouard remarqua chez elle une profonde sensibilité et une grande pureté. Et lorsqu'elle prit la parole, sa voix fut celle d'un ange.

Bonsoir à toutes et à tous, dit-elle calmement tandis que le silence tomba d'un coup dans le somptueux réfectoire. Bienvenue chers élèves pour une nouvelle année scolaire à l'Académie de Magie de Beauxbâtons. Pour les élèves de sixième qui ne me connaissent pas encore, je suis le professeur Andréa Dénébola et directrice de cet établissement. Tous, poursuit-elle, vous êtes tous venus ici pour apprendre de nouvelles choses qui vous serviront dans la vie future. Vous aurez un an pour enrichir votre cerveau de tous ce que les professeurs, ici présent, vous enseigneront. Ainsi, quand viendra l'été et l'heure de nous quitter, vous aurez deux mois pour tout oublier.

L'assemblée se mit à rire comme un public attentif au discours d'un politicien.

Sachez, poursuit-elle en reprenant son sérieux. Que pour les plus malins d'entre vous, l'Académie n'est pas un terrain de jeux, sauf le stade bien entendu (nouveaux rires) et que les membres du la Section d'Ordre et d’Inspection des Fantômes, autrement dit la SOIF...

Malheureusement, Édouard fut le seul à rire à ce qu'il cru être une nouvelle blague, mais personne ne le remarqua malgré son teint devenu plus rouge que jamais.

… sera là pour corriger toutes infractions au règlement.

Soudain, des dizaines de fantômes surgirent de partout, traversant les murs, miroir et plafond pour s'aligner derrière la table des professeurs avec un air inquisiteur. Édouard venait de comprendre que ceux qui assurent la surveillance de l'Académie étaient des fantômes.

Bien, trêve de blabla, dit-elle sur un ton plus joyeux. Place au festin !

Elle ouvrit largement ses maigres bras et la grande porte par laquelle Édouard et tous les élèves de l'Académie furent entrés auparavant, s'ouvrit en laissant passer de nombreux petits elfes de maisons, semblable à Monky, chiquement habillé et portant de larges plateaux aux mets divers et colorés.Édouard reconnu facilement Monky grâce à ses oreilles pointues et sa maladresse habituelle. Il faillit, d'ailleurs, renverser tous son plateau sur une table de troisièmes en trébuchant sur sa chemise mal boutonnée qui touchait le sol.Le repas était délicieux. La salade Niçoise en entrée n'avait absolument rien à voir avec la macédoine amer que préparait Mme Vittel. Ici, chaque plat était un enchantement pour le palais d'Édouard.Il se resservait de la tartiflette, goutait à la bouillabaisse, mariait les viandes avec de la sauce bourguignonne, tartare et barbecue. Tout était si bon qu'il finit par oublier l'été horrible qu'il avait passé au 27 rue Alfred Jarry. Plus rien ne semblait le déranger, son inquiétude quand au fait qu'il se trouve sans amis le jour de la rentrée se dissipa entièrement.

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