Chapitre Troisième : Quand vient le départ

14 minutes de lecture

 Nous sommes au petit matin du troisième jour du quaratine premier de Blancsjours. La lumière vient à peine d'un astre assoupi, quand Méhara est déjà levée, préparant son équipement et sa tenue pour sa quête prochaine. Une torche diffuse aussi sa clarté, plus tamisée.
La jeune plume ouvre une armoire, dans laquelle repose une sorte de robe, bleuté, une écharpe entoure le col, et semble brodée directement au tout, laissant toutefois à ses extrémités les plus distales une liberté de mouvement non négligeable. Une dentelle protège la poitrine de la femme, recouvrant partiellement une chemise que l'on voit dépasser par les mailles. Elle enfile ensuite un pantalon d'un tissu très léger, et le fait plonger dans des bottes cirées, d'un noir digne d'un ciel sans étoile.

Délaissant l'armoire pour une commode, à côté de son harmonium, la jeune femme noue une ceinture à sa taille, dans laquelle est dispose des fioles et des objets à la nature insoupçonnée. Enfin, elle attrape une baguette qu'elle glisse dans ses cheveux, et un cylindre tenant dans la paume de sa main, qu'elle enfile dans la poche intérieure de son vêtement.
Ses pas la mènent dans l'atrium, puis l'entrée principale, où se tient son mentor Harifus, dont les yeux n'ont pas cligné une seule fois pendant tout le trajet jusqu'à lui. Un petit sourire, à peine perceptible, l'équivalent d'un sursaut fébrile de sa joue, trahit alors la fierté qu'il ressent à laisser partir sa protégée. Madeus est présent lui aussi, et contient toute sa passion pour libérer un simple baiser, apposé sur le front de son amante, en laissant échapper quelques mots doux. Léana pour son compte se tient un peu plus loin, vers la calèche affrétée comme promis. La trentenaire s'avance dans la cour, caresse des yeux les sculptures du fondateur de l'ordre, celle des bouteilles de vertu, et enfin les haies à la taille en tout point semblable à celle des Hommes qui vivent ici ; raffinées et élégantes. Le sol est jonché de feuilles jaunes, comme autant de petits joyaux tombés des chênes, et l'air d'une odeur d'écorce, comme au temps de jadis, où l'insouciance était de mise, et le jeu maître mot.
 « Ne nous déçois pas » gronde alors Léana, sans même une parole d'encouragement.
 « Tu n'es pas l'ordre », répond alors sèchement Méhara. Le cocher ne décroche pas un son, et ordonne à son cheval d'avancer ; le voyage pour la vérité est sur le point de commencer. La voyageuse observe par la fenêtre, les courbes rayonnantes d'une montagne qui se dévoile, à la faveur d'un soleil fébrile de Blancs-jours, au nord. Des tâches aux dégradés grisâtres viennent ponctuer un ciel malade, donnant l'illusion qu'Astos le céleste en personne tente de percer les cieux pour les délivrer de leurs abcès. Après une bonne demi-heure, la voiture déviant vers le sud, dans un dénivelé négatif, les monts disparaissent derrière la cime d'arbres immenses, et dénudés. Des branches sans feuilles s'entremêlent dans les hauteurs et plongent le chemin dans la pénombre.
Des orchidées arctiques géantes contrastent le bruit des roues dans la fange, en s'ouvrant délicatement au poing du jour, libérant dans l'air un parfum envoûtant, et découvrant leur trésor de couleurs ainsi que leurs sépales latéraux, tous les deux ponctués de perles brillantes.
 « Une espèce convoitée par les bandits, mais gardée farouchement par notre ordre », pense alors Méhara, un sourire en coin, dont je ne sais quel souvenir lui revient alors en tête.

 Il faut bien vingts minutes pour ressortir de la forêt, après avoir pu admirer des familles de sangliers, de cerfs ou encore de castors. La lumière reparaît, plus franche qu'au début du voyage, mais pas plus chaude. La plume attrape une couverture en peau d'ours ténébreux, et la passe autour de sa nuque, sur ses épaules, pour la faire retomber au niveau de ses bottes, une ouverture dessinée près de sa taille, probablement dans l'éventualité d'avoir à se défendre rapidement. Une nappe de brume s'élève du sol détrempé, lentement, à la mesure des cycles des roues de la calèche en peine, et trace un chemin de brouillard vers le sud.
La rangée d'arbres s'interrompt brutalement, pour laisser admirer la contemplatrice le lac de « Heiwai », second plus grand lac naturel de l'archipel, dont les eaux sont réputées pour leur clarté, mais aussi pour leur pouvoir apaisant. En effet, nombre de décoctions sont préparées grâce à cette source, et employées par les plus grands de la cour. Puis, surplombant les brumes à leurs pieds, deux statues titanesques se font face. Il s'agit là de l'infaillible Gilgamesh, faisant face à la farouche Arina. Le premier étant représenté entravé d'une épée dans une armure d'écailles, et la seconde sévère et concentrée, les mains encore serrées sur la poignée de l'épée.
 « Quel homme devait être ce Verba Laïne, à l'origine de tant de dessins et de créations ! Mais peut être que ce projet n'aurait jamais pu voir le jour sans l'intervention des Hammerstone... Ces écailles, la précision des traits des visages, même de là où l'on se trouve on saisit toute l'intensité de la scène... et son caractère si crucial ! Contrairement à ce que pensent bien des gens, je dirais pourtant qu'il s'agit là non seulement d'une ode à la féroce Arina, mais aussi aux actions de Gilgamesh, car s'il n'a pas survécu à sa croisade, au moins a-il fait en sorte de faire tomber l'empire... pour de bon.... »

 Les yeux de Méhara pétillent d'un éclat étrange, mélange subtil de noblesse, d'intelligence, mais aussi de respect. Elle semble se repaître du moindre détail pour aiguiser ses yeux, et du souvenir de ses leçons pour s'affûter l'esprit. Pourtant elle ne fait preuve d'aucun parti pris, autre temps, autre combat, sûrement...
Dans la distance, l'on perçoit les rails d'une voie, celle que Méhara devra emprunter d'ici quelques heures, une fois arrivée à la gare de Meatenchick. Elles semblent flotter au dessus des eaux endormies, mais aucun train n'est visible. Ensuite, les yeux de la femme s'attardent sur une carte décrivant entièrement les contours de l'archipel, dessinée sur le toit de la voiture, ainsi que toutes ses îles, et les régimes politiques de l'époque. Elle devine d'abord la position de sa demeure, absente pourtant de ladite carte, regarde sa destination à venir, puis la localisation du château de sa majesté, plus à l'est. Ses yeux s'arrêtent ensuite sur les étendues d'eau, et l'on devine un soupçon de rêverie tapi dans le creux des yeux de la plume. Peut-être se demande-t-elle si Madeus l'emmènera un jour par delà les terres du continent...

 Les heures passent, et Méhara arrive enfin en terre convoitée. Il n'y a aucune muraille pour annoncer l'arrivée dans la ville, si ce n'est des étendues fertiles à perte de vue, même en cette saison de froid et de rigueur. Des plantes blanches grimpent le long de tiges de bois, dont le cœur est une sorte de sphère à plumes. Puis d'autres fois, il s'agit de plantes à la teinte de feu, orange, plus épineuses, mais tout aussi agréables à regarder. Dans la distance, l'on distingue des étendues où des bovins à poils longs errent tranquillement. Enfin un arc de cercle tressé en bois d'aulne nous signifie l'entrée véritable de la cité, et ce sont des maisons à moitié composées de bois et de pierre qui nous flattent la rétine. En effet, des briques enrobées de mortier composent la base des bâtiments, quand des planches, plus hautes, achèvent les étages. Deux rangées de structures se font face, et des enseignes indiquent la spécificité de leur occupant. Ainsi l'on retrouve un boucher, un charcutier, un dentiste, un docteur, un primeur...
Nous sommes maintenant au milieu de l'après midi, et la voyageuse remercie son cocher. Ses pas la mènent à l'auberge la plus proche, alors qu'elle prend soin de saluer tous les passants sur son chemin. Les regards sont insistants, non pas parce que les gens de cette contrée jugent d'un mauvais œil les nouveaux arrivants, mais parce que l'accoutrement de la jeune plume est peu commun, et suscite la curiosité. Cette dernière rentre dans l'auberge, et se réchauffe un instant près d'un feu ardent, avant d'aller échanger quelques mots avec le gérant :

 « Bien le bonjour brave homme, auriez-vous l'amabilité de m'énoncer ce que vous proposez à manger pour une femme affamée ?

 _ Certainement brave dame. Vous n'êtes pas sans savoir qu'ici nous sommes réputés pour l'excellence de nos viandes et de nos bières ? Nous avons un émincé de bœuf aux céréales, ou bien un gigot d'agneau et son jus d'épices...

 _ Je prends le second, j'ai toujours eu un faible pour les arômes rehaussés...

 _ Et que vous faut-il en boisson ?

 _ Donnez-moi simplement de l'eau je vous prie.

 _ Ne faîtes-vous pas là une erreur ? Nous avons la bière du jour pour seulement une pièce de cuivre...

 _ Mettez-moi juste de l'eau. Il y a un temps pour tout, mais celui du divertissement n'est pas encore arrivé. Nous ne sommes qu'en début d'après-midi après tout...

 _ Soit, si vous insistez...

 _ Que pouvez-vous me dire de la ville en ce moment ? Est-ce que tout se passe comme vous l'entendez, ou faites-vous face à des troubles ?

 _ Des troubles ? Sachez qu'ici il n'y a aucun trouble chère dame, même la bière est claire quand on utilise l'eau du lac !

 _ Très bien... et qu'en est-il de votre commerce ? Avez-vous à vous plaindre de quoi que ce soit ?

 _ Les affaires marchent bien, comme vous pouvez le constater... En cette époque les gens aiment à venir se réchauffer les membres au coin du feu, et l'âme au fond d'un verre, ou devrais-je dire de notre fierté continentale !

 _ Très bien... avez-vous une table où je pourrais ne pas être dérangée ?

 _ Je peux vous trouver ça, il s'agit de la table noire là-bas. »

 Le tavernier se retire dans les cuisines, et la voyageuse prend place à la table en question. Elle reste un long moment à fixer les occupants de la salle, mémoriser leur visage, leurs vêtements, l'usure de leurs mains et les traces sur leur visage. L'homme reparaît, une assiette en fer portée par le dessous, et des couverts de même nature posés dessus, à côté d'une choppe en bois. Ce dernier dresse la table brièvement, pose le tout, et repart en cuisine. Un regard contrarié de la part de la noble plume nous indique un remaniement imminent du dressage.
Ainsi elle pose son couteau à gauche, sa fourchette à droite, sa cuillère entre son assiette et sa choppe, le plus loin de sa position, en prenant soin de tout centrer. A sa seconde intervention, elle l'interpelle :

 « Loin de moi l'idée d'être désobligeante, humble tavernier, mais pourrais-je avoir une serviette propre ? J'aime à me rappeler un minimum les coutumes de là où je viens.

 _ Certainement. Une fois que j'aurais fini de vous servir... on note toutefois un soupçon d'agacement cette fois-ci dans la voix du tenancier.

 _ Il y aurait-il quoi que ce soit qui vous déplaise ?

 _ Pas le moindre détail. répond l'homme en souriant. »

 Un nouvel arrivant attire l'attention de la femme, dont l'ouïe a perçu l'arrivée avant la vue, accrochant son regard à la porte d'entrée, dans son pivot lugubre. Un jeune homme se présente alors à nous. Il doit avoir seize âges, porte une capuche de laquelle des mèches blondes s'échappent en formant des boucles, et ses vêtements quoi que amples, ne parviennent pas à masquer une silhouette rebondie. Il épie à son tour toutes les âmes dans la pièce, avec suspicion mais discrétion. Lorsque son regard croise celui de la plume, il perd ses moyens. Le petit être fait mine de rien, en regardant rapidement le plancher, ainsi que le plafond, avant de s'adresser au tavernier :

 « Bonjour mon brave.

 _ Salut gamin. Tu n'as pas besoin de faire de manière ici. Par contre t'avise pas de demander à boire, je me souviens bien de la dernière fois que tu l'as fait, et je tiens pas à aller te ramasser encore une fois vers les porcs.

 _ Les porcs ? Vous devez sûrement me confondre... Bref est-ce que vous savez qui est cette dame là-bas ?

Sa surprise est grande quand il remarque que la femme n'est plus là.

 _ Si tu veux demander quelque chose petit, viens le faire directement, répond Méhara, qui reparaît aux oreilles du garçon.

 _ Je suis envoyé...

 _ Chut ! Pas ici... viens à ma table.

 _ Je suis envoyé par l'ordre pour vous assister dans votre mission ma dame. Je ne pensais pas croiser la route d'une plume un jour ! C'est un honneur pour moi !

 _ Et moi je ne savais pas qu'ils recrutaient des jeunes gens comme toi...

 _ Comme moi comment ?

 _ Disons assez... timide et inexpérimenté.

 _ Ne vous fiez pas à votre première impression ma dame. Je saurai vous faire mentir.

 _ Bon, nous verrons. Que peux-tu me dire sur cette ville ? Les gens d'ici sont assez particuliers dans leur manière d'être...

 _ Les gens d'ici sont des rustres, certes, mais ils vivent une vie composée de banquets, de jeux et de simplicité. La majorité des âmes ici sont des cultivateurs, des éleveurs, des brasseurs...

 _ Il n'y a donc aucun trouble à déplorer ?

 _ A part ceux liés à l'abus des « joies liquides », comme les gens d'ici aiment appeler la bière, non, aucun.

 _ Bien, je vois... Le tavernier revient avec un plat dans les mains, celui de l'enquêtrice, qu'il pose devant elle, avant qu'elle ne demande la même chose pour son contact.

 _ Soit, ceci prendra un peu de temps... répond le tenancier.

 _ Nous n'avons pas de train à prendre...

 _ Enfin si, mais le départ n'est pas avant quelques bonnes heures. corrige le garçon.

 _ Dans ce cas, je reviens d'ici un moment.

 _ Tu dois vraiment apprendre à tenir ta langue petit. Je t'ai vu soupçonner tout le monde en entrant dans cette auberge. C'est un excellent réflexe à adopter. Pourtant à côté de cela, tu mets trop d'entrain à répondre. Tu es un informateur, en ce sens tu te dois de brouiller les pistes. Si tu pars du principe que tout le monde est suspect, et que tu ne peux te fier qu'à toi-même, tout te sera plus simple.

 _ Mais si ce que vous dîtes est vrai, puis-je seulement vous faire confiance ?

 _ L'ordre est différent du commun des gens. Nous agissons pour empêcher que le monde ne devienne trop fou, et ne se disloque. Mais tu as raison de te méfier, c'est tout à fait légitime. A présent parlons un peu de cette affaire pour laquelle tu as été dépêché.

 _ Un meurtre sanglant. C'est ce qui me vient à l'esprit. Il a eu lieu dans les marais près de Pharisbourg, en périphérie. Le soir, un père de famille creusait une tombe pour son chien décédé, quand des événements étranges ont attiré son attention, dans sa demeure. Il est donc allé voir ce qu'il se passait, avant de trouver son fils, à l'étage, pendu, la peau étrangement colorée et les yeux injectés de sang. Il aurait entendu du bruit en bas, et serait redescendu, avant de tomber des escaliers en traversant la rambarde, de ramper hors de la ferme, pour trouver la tête de son chien empalée sur la porte d'entrée.

 _ De qui est ce récit ?

 _ Du père lui-même.

 _ Et comment a-t-il été en mesure de le raconter ?

 _ Après quelques jours, une fois le choc passé.

 _ Tu me dis que la ferme était en périphérie. Il n'a donc pas pu marcher dans le froid et dans la neige toute la nuit durant jusqu'à pouvoir livrer son témoignage...

 _ Non en effet, c'est un ouvrier de la ferme qui a trouvé le père, dans la tombe du chien, au petit matin, à la limite de la mort.

 _ Une ferme dans un marécage... Que cultivait exactement cette famille ?

 _ Je l'ignore... il nous faudra approfondir cette question une fois sur place...

 _ Quelle motivation pouvait donc bien avoir le meurtrier, pour user de tant de violence et de théâtralité ? »

Une nouvelle intervention du tavernier tire Méhara de ses interrogations, lui permettant enfin de savourer son gigot aux épices. Le repas passé, les deux personnages cheminent dans la ville, jusqu'à la gare.

 « Est-ce donc cela, la fameuse gare dont on entend tant parler partout dans le continent ?

 _ Par Astos non ! Il ne s'agit là que d'un relais. La famille des Hammerstone n'en sont encore qu'à un simple prototype. Certes il est fonctionnel, mais ils n'ont pas encore engagé leur génie dans la construction de gares aussi belles que celle de Pharisbourg.

 _ Je comprends. Mais il n'y a donc pas de guichets pour payer nos billets ?

 _ Non, pas dans cette ville. Mais heureusement pour nous, j'ai déjà payé les nôtres quand j'étais encore à Pharisbourg. Ils doivent être quelque part par ici... Ah les voilà !

 _ L'architecture ici est d'une simplicité déconcertante. Je vois du bois, du mortier, du chaume...

 _ Comme je vous l'ai dit à table, les gens d'ici ont pour principe de vie la simplicité. Dans quel palais devez-vous vivre pour vous étonner d'une chose si simple !

 _ Je n'ai pas le droit de mentionner quoi que ce soit sur l'endroit où nous vivons. Mais oui, effectivement, nous vivons dans davantage de richesse.

 _ De richesse ? Non je crois que vous vous trompez dame Méhara. La richesse ne passe pas forcément par la soie des rideaux, l'or des bijoux, le marbre des cheminées... il passe par un sourire, un baiser, un festin où se rassemblent des centaines de villageois. Voici ce qu'est la richesse... partagée.

 _ Tu as sans doute beaucoup à apprendre en matière d'espionnage, mais tu as déjà une certaine noblesse dans ta façon de penser... J'espère simplement que ça ne te portera pas préjudice pour la suite...

 _ Que voulez-vous dire ?

 _ Que tu dois être prêt à tout sacrifier. Ton innocence et ta noblesse en premier lieu. As-tu déjà tué ?

 _ Non ! Pas même un insecte !

 _ Voilà précisément de quoi je parle. Bref le train arrive, nous reprendrons plus tard.

 _ Comment le savez-vous ?

 _ Ne sens-tu pas la vibration des rails, la course altérée du vent dans les arbres morts ?

 _ J'ai bien peur que non... une expression de stupeur habite le visage du garçon.

 _ Au fait, quel est ton nom ?

 _ Je m'appelle...

 _ Enchantée Altriste.

 _ Soit, j'ai bien compris la leçon. »

 La femme et le jeune homme fixent une masse métallique dans la distance, de laquelle s'échappe une fumée noir. La clarté de la nuit est brouillée par les fumerolles, et des étincelles se mettent à jaillir de la voie, quand les freins sont actionnés, et que la bête de ferraille s'immobilise totalement. Les deux voyageurs prennent place dans le premier wagon, juste derrière le poste de pilotage, lequel a été réservé par l'ordre, une note en témoigne, accrochée par une broche, en tout point semblable à celle que Méhara porte.

 « Dors un peu, tu en auras besoin, demain je te veux concentré et opérationnel. » lâche la meneuse, avant de fermer les yeux, et de s'endormir, bercée par le mouvement de la bête qui reprend sa course à présent effrénée.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Kevin Rousselet ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0