Les charmants

Une minute de lecture

J’ai rencontré le prince charmant à l’horizon de mes quinze ans. Il est grand, beau et élégant, sans parler de son séant ! Le mien va mieux, plus rien de disgracieux.

Le prince m’a séduite. Sans besoin de cuite. Je lui ai donné ma première nuit, mon âme rose, mon pétale immaculé et il m’a déflorée. Il m’aimera toute la vie… d’un papillon de nuit. Finie la poésie.

Le docteur Toutypass est maintenant épaulé d’une nouvelle gynécologue, le docteur Lapaluch. C’est elle qui me suivra désormais : palpations de rigueur, prélèvements, frottis, toujours le même refrain, pas souvent charmant.

Je connaîtrai d’autres princes pour d’autres vies, d’une nuit.

« Sandra, ça fait six mois qu’on est ensemble. Faudrait peut-être qu’on envisage quelque chose, non ?

— Je n’ai pas envie que quoi que ce soit change. On est bien comme ça. Je veux rester libre.

— Libre de quoi ? Il faut que tu grandisses un peu ! Deviens adulte, merde ! »

Quand devient-on adulte ? À dix-huit ans ? vingt ? Qu’est-ce qu’un adulte ? Est-on adulte à quarante ans quand on reproduit encore et toujours les mêmes erreurs ? Est-on adulte quand on n’est plus un enfant pour personne ? Faut-il tuer l’enfant que l’on est pour devenir l’adulte que l’on doit ?

J’ai trente-et-un an, et beaucoup d’ex-charmants. Un de plus.

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Crepuscule en l'espoir ouvrant la nuit sans lune
D'une âme en deshérence où le bonheur à chu,
Et s'est blessé a mort, de pleurs en infortunes.

S'incruster un instant au milieu de l'oubli
Rechercher le néant en portance de paix,
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