Chapitre 8

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Je me réveillai dans mon lit blanc d'hôpital, Sydän serrant ma main droite, son front posé dessus. Il avait l'air exténué. Je bougeai la main pour le faire réagir. Il leva la tête, un grand sourire aux lèvres, et commença à m'embrasser la main qu'il tenait toujours fermement. Je fis mine de taper sur une montre invisible pour lui demander l'heure.

"Il est 19h. Je suis tellement heureux que tu te réveilles enfin ! Ça fait trois jours que tu es dans ce lit sans bouger, tu peux pas savoir à quel point j'ai eu peur de te perdre !"

Le soulagement qu'il éprouvait de me voir réveillée se lisait dans ses yeux. Je lui rendis ses sourires, entoura ses mains des miennes et colla mon front contre le sien. On était si proche l'un de l'autre, autant physiquement que dans notre relation, et ça me faisait chaud au cœur. On resta dans cette position plusieurs minutes avant que mon médecin entre dans la pièce.

"Bonjour Mykkä. Ravi de te voir enfin réveillé ! Comment te sens-tu ?"

Sydän me tendit mon ardoise et mon feutre.

"Beaucoup mieux, juste encore un peu fatiguée, merci.

-C'est normal, ne t'inquiète pas. J'ai discuté avec tes parents, tu vas rester ici encore quelque temps, tu es encore trop faible et chamboulée par les derniers événements."

Je hochai la tête à contre cœur.

"Dites-moi docteur, je suis dans la chambre numéro combien ?

-Quel drôle de question, c'est bien la première fois qu'on me le demande ! 606, pourquoi ?

La panique me submergea ! Mais pourquoi est ce que je ne l'avais pas reconnu ? J'ai passé mes journées entières pendant un an dans cette chambre ! Elämä a perdu ses dernières bribes de vie dans ce lit ! Je...je ne peux pas, c'est au-dessus de mes forces ! Je sautai du lit, regarda effrayée chaque recoin de la pièce et avant que je ne coure pour sortir, Sydän m'entoura de ses bras. Il me retenait fermement, mais je me débattais de toutes mes forces. Je hurlais égosillée, pleurai, tapait dans le vide, le médecin partit chercher des infirmières pendant que Sydän continuait de me chuchoter calmement à l'oreille des mots doux et réconfortants. Ma colère diminuait, mes pleurs redoublèrent et je finis par m'agenouiller et enfouir ma tête dans les bras de mon meilleur ami. Il me caressait doucement les cheveux et m'embrassait le haut de la tête. Lui seul avait un tel pouvoir sur moi. Lui seul savait comment réagir face à mes crises. Lui seul me connaissait comme personne. Je tenais à lui bien plus qu'à tout le reste.

Le médecin revint accompagné de deux infirmières mais voyant que j'avais uniquement besoin de la compagnie de Sydän, il repartit. Nous n'étions plus que tous les deux et je chérissais de tout mon cœur ce moment d'intimité avec lui. Et je repensai à notre baiser. J'en rêvais toutes les nuits même si j'avais tout fais pour l'oublier. Je levai les yeux pour croiser les siens. Je pensais aussi fort que possible "embrasse moi" en espérant qu'il lirait en moi. La connexion s’opéra et il réalisa mon souhait. Il approcha lentement ses lèvres des miennes et elles se rencontrèrent dans une explosion de sentiments que je n'avais jamais ressenti auparavant ! Notre baiser sembla durer une éternité, la meilleure des éternités, avant qu'on ne se sépare. On souriait le rouge aux joues dans les bras l'un de l'autre. On passa le reste de la soirée aussi muets l'un que l'autre, à se sourire de temps en temps, allongés l'un contre l'autre dans mon lit. Mon sentiment désagréable vis-à-vis de cette pièce persistait, mais je ne voulais pas briser notre merveilleux moment ensemble.

Je restai un mois à l'hôpital pour me rétablir et prendre de la distance sur les derniers événements. La presse avait mis sur tous les journaux mon nom en première page avec une photo très avantageuse de moi vêtue de ma tenue d'hôpital et écroulée dans les bras de Sydän. Ces idiots n'avaient pas bougé le petit doigt pour l'aider, on le voit parfaitement dans les images passées à la télé. Deux infirmières passant, celles qui avaient essayé de me retenir de sortir, étaient venus lui prêter main forte pour me ramener jusque dans ma chambre. Les lettres affluaient toujours autant dans notre boîte aux lettres, mes parents me les apportaient à chacune de leur visite. Cela comblait un peu mes journées et Sydän prenant énormément plaisir à lire toutes ces lettres avec moi. J'avais aussi expressément demandé à changer de chambre le lendemain de mon réveil, je ne pouvais pas supporter d'y rester. Ma demande fût acceptée à ma plus grande joie. Mes parents passaient me voir tous les soirs et Sydän, au grand détriment de ses parents, s'absenta des cours à de nombreuses reprises pour passer du temps auprès de moi. Sa présence me réconfortait et je me rétablissais peu à peu chaque jour.

À ma sortie, je fus dispensée d'aller en cours pendant deux mois pour ne pas replonger et le médecin me l'avait expressément plus que conseillé. Sydän continuait de passer la majorité de son temps avec moi et notre relation en bénéficiait énormément. On ne s'était pas de nouveau embrassé pour le moment, on profitait de l'instant présent et on attendait de voir ce que le futur nous réserverait. On occupait nos journées à écrire des poèmes ensemble, à se challenger parfois, ou simplement resté allongés sur le canapé à profiter de l'autre. Il était remarquablement attentionné, il me glissait de temps à autre un mot doux à l'oreille ou il se rapprochait physiquement de moi tout en restant respectueux, notre relation évoluait peu à peu. Mon bonheur était à son apogée !

Mais après trois mois de convalescence, il était temps de retourner au lycée. Les questions abondaient dans ma tête ! Est-ce que j'allais retourner slamer ? Comment réagiraient les élèves et les professeurs de mon retour ? Est-ce que la presse reviendrait à la charge ? Est-ce que désormais que mes évanouissements s'étaient stoppés, j'en serais définitivement débarrassée ? Trop de questionnements pour trop peu de réponses !

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