Chapitre 26 - Tortures

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Lorsqu’il ouvrit les yeux, Freyki avait l’impression que tout ce qui s’était passé n’était qu’un cauchemar. Il pensait qu’il allait se réveiller, que Jaelith se trouverait à ses côtés et le taquinerait, comme d’habitude. Il n’en fut rien du tout.

Il pouvait entendre des cris incompréhensibles qui étaient poussés par les autres prisonniers. Le roi loup se redressa sur la paillasse à même le sol qui lui servait de lit. Il s’approcha des barreaux de sa cellule et les inspecta rapidement. La froideur du métal le fit frissonner lorsqu’il posa ses doigts dessus. Il pouvait d’ores et déjà oublier tout espoir de libération. Il entendit alors un cliquetis métallique, le bruit d’une porte de fer que l’on poussait et que l’on claquait bruyamment, ainsi que des bruits de pas qui se rapprochait de sa cellule.

Trois gardes venaient d’apparaitre dans l’angle de vue de Freyki. Ces derniers lui parlèrent dans leur langue dont il ne comprenait pas un mot. On lui fit signe de s’éloigner vers le fond de la cellule, ce qu’il fit. Les poignets de l’homme à la cicatrice se retrouvèrent rapidement cerclés de fer, et il fut contraint de suivre ses geôliers à travers les couloirs humides.

Au bout de quelques minutes de marche, Freyki fut poussé dans une salle humide et glacée qui n'était éclairé que de quelques torches. Le roi loup observait la salle du coin de l'œil. Sur les murs étaient accrochées plusieurs lames. Elles étaient pour la plupart rouillées et tachées de sang. Il y avait de nombreux instruments de torture. Le roi loup ne savait pas très bien à quoi tout cela pouvait servir exactement, mais une chose était sûre : il allait souffrir. La porte de la salle s'ouvrit à nouveau, et Enki apparut, un large sourire aux lèvres. Il s'adressa à son prisonnier d'une voix enjouée.

— J'espère que vous êtes prêt à souffrir, car je ne serai pas tendre avec vous, roi ou pas.

Le Drinvel fit signe aux elfes qui se trouvaient dans la salle et ces derniers forcèrent l'humain à se mettre à genoux à même le sol. Enki s'empara d'un fouet en cuir qui fit claquer près du prisonnier.

— Je n'ai malheureusement pas le droit de vous torturer à mort, alors nous devrons nous contenter de choses plus conventionnelles.

Un premier coup tomba sur le dos de Freyki qui se mordit les lèvres pour s'empêcher de hurler. Un autre coup de fouet se joignit au premier, très vite suivit par d'autres. Le balafré ne voulait pas montrer sa souffrance. Il ne pleurerait pas. Il ne crierait pas non plus.

La douleur était terrible, mais il n'en montrerait rien. Cela n'enchantait pas le chef des Drinvels dont les coups étaient de plus en plus forts et rapide. L'homme à la cicatrice sentait que quelque chose coulait le long de son dos. Enki s'arrêta au bout de longues minutes, essoufflé. Il n'avait pas réussi à arracher un seul cri de douleur à son prisonnier.

— Vous ne ressentez aucune douleur ? Peut-être devrais-je vous arracher les ongles un par un pour entendre votre voix.

Freyki leva la tête vers on bourreau un léger sourire aux lèvres.

— Vous pourriez même me transpercer avec des poignards que ma bouche resterait close.

L'humain éclata de rire. L'elfe fit quelques pas vers lui, une terrible colère brûlait dans ses yeux clairs. Il leva le poing et lui administra un coup en plein visage. Le roi loup sentit le gout du sang dans sa bouche. Il regarda son geôlier en souriant. Enki était furieux. Ce dernier leva encore le poing, et Freyki s’attendait à le prendre en pleine figure pour la seconde fois. Mais il ne le reçut pas.

— Je vous ordonne d'arrêter cette torture !

C'était la voix de Jaelith. Elle était manifestement furieuse. L'elfe secoua la tête.

— Je n'ai aucun ordre à recevoir de vous.

Et pour illustrer ses propos, il donna un coup de pied dans l'estomac du prisonnier. Jaelith protestait face à tant de cruauté gratuite de la part du général. Elle hurla, les larmes aux yeux :

— Je vous en supplie, arrêtez !

Enki se tourna alors vers elle, hors de lui. Un large sourire carnassier illuminait son visage. Un regard plein de haine se posa sur la jeune femme. Il cria :

— Cet humain mérite la punition qu'il subit. Ce sont les ordres de l'Impératrice !

L’elfe roua le roi loup de coup de pieds. Ce dernier souffrait, mais refusait de hurler de douleur. Il ne voulait pas faire ce plaisir à Enki. Jaelith, la voix tremblante, le supplia :

— S'il vous plait. Je ferais tout ce que vous voudrez, mais pour l’amour du dieu cerf, arrêtez ça, c’est trop cruel !

Le Drinvel s’arrêta d’un seul coup avant de se retourner vers la jeune femme. D’une voix mielleuse, il demanda :

— Tout ce que je veux ?

Jaelith acquiesça. Enki jeta le fouet en cuir sur le sol et fit un signe aux geôliers.

— Tout ce que je veux…

Un large sourire aux lèvres, il annonça ses conditions :

— J’ai demandé votre main auprès de l’Impératrice. Si vous voulez que j’arrête de torturer cet homme dans les jours à venir, je vous conseille de ne pas la refuser.

— Je n’ai pas le choix alors…

La voix de la jeune femme mourut sur ses lèvres. L’elfe continua :

— Je ne vous force pas la main. Libre à vous de décider de son sort. Et du vôtre.

Freyki, épuisé, fut ramené dans sa prison et jeté à même le sol comme un vulgaire tapis. Il souffrait le martyr.

Lorsque Jaelith avait hurlé contre le Drinvel, il avait senti l'espoir lui enserrer le cœur. Il avait eu envie de lui dire qu'il supporterait la douleur pour ne pas qu'elle passe cet horrible marché. Il avait vu les larmes dans les yeux de la jeune femme. Le dos de l'homme à la cicatrice brûlait atrocement. Enki n'y avait pas été de main morte. Il sentit alors une main fraiche se poser sur son épaule et releva la tête.

— Est-ce que ça va ?

C’était Jaelith. Son regard bleu était inquiet. Le roi loup rassembla toutes ses forces pour se relever et s’assoir. Une horrible migraine lui martelait les tempes.

— Je vais bien.

La jeune femme voyait bien que c’était un mensonge. Sa main fraiche se posa sur le front brûlant du prisonnier.

— Vous êtes un très mauvais menteur.

Elle se leva et sortit de la cellule pendant quelques minutes, ignorant les gardes qui se trouvaient là. Elle revint avec un linge propre et un seau d'eau dans lequel elle plongea ce dernier. Doucement, elle le passa dans le dos du prisonnier. Les douleurs de Freyki s’estompèrent lentement. Reprenant ses esprits, il demanda à son interlocutrice :

— Pourquoi est-ce que tu ne te rappelle plus de moi ?

Jaelith essora le linge avant de le passer une seconde fois.

— Je n'ai pas souvenir de vous avoir déjà rencontré, roi loup.

— Comment ont-ils pu faire une chose pareille...

Le visage de la jeune femme se ferma. Elle se releva, détournant son regard de celui de cet humain.

— Je ne comprends pas de quoi vous voulez parler.

Elle se retourna pour sortir de la cellule en se retenant de lancer un dernier regard au prisonnier. Elle mourrait d’envie de lui poser des questions, mais ils n’étaient pas seuls. Des oreilles indiscrètes auraient tôt fait de tout raconter à Enki ou à l’Impératrice en personne.

La porte de fer fut refermée à clé dans un bruit métallique.

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