Maman avait raison

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J'étais pétrifiée, la policière pointa son arme vers lui et cria :

_Lâchez votre arme tout de suite !

Il ne bougeait pas et continuait à me fixer :

_Avoue que c'est avec toi qu'elle s'est enfuie ! Vous êtes ensemble ?

Je ne savais absolument pas de quoi il parlait, le stress et la peur ont eu comme conséquence ma logorrhée verbale :

_Je ne sais absolument pas de quoi vous parlez, et je ne connais pas votre copine ou ex copine. Ma voiture je l'ai achetée sur internet, et c'était un homme. Je ne connais pas votre copine et de toute manière les filles c'est pas mon truc, je trouve même cela déguelasse deux meufs ensemble. Enfin ! Qu'importe, prenez la voiture, je vous l'offre elle est à vous, je continuerais à prendre les transports en commun pour le restz de ma vie.

Il gardait son arme pointée vers moi, je regardais le visage de la policière : bordel, elle était surement homosexuelle, en tout cas elle en avait le physique. Je venais d'offenser la seule personne qui pouvait me sauver. L'autre agent de police était toujours par terre. La policière s'approcha doucement de Pierre et lui dit :

_Pierre ce n'est pas la bonne chose à faire, quand on trouvera la personne qui lui a vendu la voiture. Votre ex copine et son complice seront condamnés. Lâchez votre arme.

Tout d'un coup Pierre, se mit à genoux posa l'arme et se mit à sanglotter. La policière alla pousser l'arme à terre avec son pied. Elle était gentille et essayait de le consoler. J'entendais les sirènes, les renforts qui arrivaient.

_Oh mon dieu, criai-je en allant m'assoir. Personne au boulot ne va me croire et ma mère va encore me faire chier à me dire qu'elle avait raison.

Tout d'un coup, d'autres policiers arrivèrent, ils allèrent voir leur collègue assomé par terre. Pierre fut menoté et emmené, il continuait à sangloter. Je me levai pour aller remercier la policière qui était en train de parler à l'un des inspecteurs :

_Excuse-moi, je voulais juste vous remercier avant de partir.

Elle me dévisagea et me lança :

_Vous n'irez nulle part, on va vous emmener au poste de police pour tirer toute cette histoire au clair.

_Je peux passer ce soir après le travail, mais là je ne peux pas. Donc si vous voulez bien m'excuser je dois partir.

Cinq minutes plus tard, j'étais menotée à l'arrière d'une voiture de police et la connasse de policière qui m'avait sauvée la vie et qui avait le doux prénom d'Alice démarrait la voiture. Bon elle est peut être en colère par rapport à ce que j'avais dit tout à l'heure. Bon je me devais de détendre un peu l'atmosphère.

_Vous savez je ne suis pas homophobe, tout ce que j'ai dit c'était pour calmer l'autre dingue. Donc ne vous sentez pas offensée.

On avait quitté la préfecture et la horde de personnes qui étaient à côté quand Alice me dit :

_Pourquoi je devrais me sentir offensée ?

Bon cette fois, j'allais bien mesurer mes mots :

_Au cas où vous seriez homo.

_Qu'est-ce qui vous fait penser que je le suis ?

Je voulais répondre : t'es musclée et tu ressembles à un mec. Mais au lieu de cela j'ai répondu :

_Juste comme ça, au cas où.

_D'accord, marmona-t-elle.

_Vous pouvez me m'emmener à mon lieu de travail ou chez moi ? Je vous promets de passer au commissariat expliquer tous les détails de l'achat de ma voiture.

_Je ne suis pas votre chauffeur, on va au poste maintenant !

Je préfère les pédés aux meufs comme elles, eux ils sont plus sympathiques.

Une heure plus tard, j'étais dans une salle d'interrogatoire, j'avais toujours mon téléphone avec moi et j'ai envoyé un message à ma mère pour lui dire que tout allait bien et un autre à mon patron pour lui dire que j'avais eu quelques complications à la préfecture et que finalement je prenais la journée. Personne n'était venu me parler. Je penser que j'allais faire comme les films : me taire et demander à parler à un avocat. Un jeune inspecteur beau entra dans la salle et me demanda :

_Vous voulez boire quelque chose ?

_Je veux parler à un avocat.

_Ma collègue m'a expliquée la situation. J'ai regardé les documents que vous avez apportés à la préfecture et j'ai quelques questions à vous poser ça ne sera pas long.

_Je peux vous donner le numéro de l'homme à qui j'ai acheté la voiture, j'ai aussi pris une capture d'écran de l'annonce. J'ai tout cela dans mon téléphone, je vous donne tout ça et je peux partir ?

Il me donna un numéro de téléphone auquel je transmis tout cela, bon finalement ça n'a pas pris beaucoup de temps. Je me levai d'un coup :

_Je pense que je vais y aller, vous devez avoir du pain sur la planche. La voiture est dans le garage de mon immeuble, prenez-là si vous voulez.

Il resta impassible :

_Madame, je vous remercie pour votre coopération mais vous ne pouvez pas partir car la voiture est aussi impliquée dans un accident mortel où un jeune adolescent y a laissé la vie.

Je sentis tout d'un coup l'envie de vomir. maman avait raison pour cette voiture vendue pour vraiment pas beaucoup.

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