J’ai tant besoin de toi 

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- Tu veux qu'on parle ?

- Oui ce serait bien que tu m'expliques ton comportement de ces dernières semaines. Tu réponds plus à mes appels, à mes messages tu réponds vaguement. Quand je veux te voir tu esquives. Explique moi ce qu'il se passe

-Je m'excuse Ali d'avoir agi aussi bizarrement ces derniers temps mais j'ai des problèmes familiaux qui me contraignent à agir comme ça .

- D'accord ! qu’est ce qui te tracasse ?

J'hésitais à lui parler mais je le connaissais assez pour savoir qu'il ne lâcherait pas l'affaire.

- assieds-toi on va parler.

Il s'assit sur le canapé juste à côté de moi . Je lui racontais toute l'histoire sans omettre aucun details. Je pris le temps de lui expliquer la réaction de mon père, celle de mon frère à la vidéo mais également les tensions que cela avait suscité chez moi . Il m'écoutait complètement figé , on aurait dit qu'il retenait sa respiration. Quand je finis de lui raconter l'histoire, il garda le silence encore 30 bonnes secondes avant de se tourner légèrement vers moi pour me faire face.

-Ton frère t'as frappé ?

-Non il ne m'a pas touché....

-Ton père t'a frappé à nouveau après ce jour?

-Non , il ne m'a pas retouché

Il n'ajouta rien. Il se leva et partit sans un mot dans la chambre. Il ressortit tout de suite après avec sa doudoune et ses clefs de voiture.

- Mets ton manteau, on va chez toi !

- QUOI?

Je me levais d'un bond . C'était hors de question

- Tu m'as bien entendu on va chez toi !

-Pourquoi faire ?

- Pourquoi faire ? Ironisa t'il . Pour voir ton père et ton frère Sakoura. A cause de cette vidéo, ils affirment que je ne t'aime pas et que je ne te valorise pas donc j'aimerai me présenter. Ça fait 6 ans qu'on est ensemble et on a tous les deux fait le choix de ne pas mêler nos familles à notre histoire! Sauf que là , y'a pas de retour en arrière possible. Tes parents sont au courant, c'est à moi de prendre mes responsabilités et de me présenter à eux afin de leur faire part de mes intentions.

Il avait parlé d'une voix calme, ferme et assurée.

Ali était ce genre d'homme qui ne perdait que très rarement son self-control. Il imposait le respect sans avoir à hausser la voix ou à frapper des poings. Ce trait de caractère permettait à notre couple d'avoir un équilibre parfait car de mon côté j'étais plutôt impulsive. Je m'approchais de lui doucement et je lus dans ses yeux de la détermination mais aussi de la peine. Il avait l'air perdu et j'eus un pincement au coeur en le voyant dans cet état.

Je lui expliquais que voir mes parents aujourd'hui était impossible car ils considèreraient notre arrivée comme irrespectueuse et inopportune . Mes parents étaient de la vieille école . La rencontre avec la personne avec qui je partagerai potentiellement ma vie devait se faire dans les règles de l'art. Y aller comme ça c'était se tirer une balle dans le pied. Au début très peu réceptif, je finis par le convaincre en choisissant les mots qu'il fallait.

- Je me sens impuissant face à cette situation Sakoura et je déteste ça. S'il te plaît dis moi ce qu'il faut faire pour arranger la situation et je te jure que je le ferai.

Le voir aussi troublé et autant inquiet , me conforta dans la résolution que j'avais pris depuis le début de toute cette histoire : S'il faut aller à l'encontre de mes parents pour nous deux, je le ferai.

Cette discussion nous avait donné un coup au moral.

Complètement abattu, Ali cogitait. Ses pensées se bousculaient dans sa tête et il ressentait un poids énorme dans la poitrine rien qu'a l'idée de me perdre. Il s'assit, se releva, se rassit . Il prit ma main , la pressa fort et prit nerveusement mon cou et posa son front contre le mien. Ma tête posée contre la sienne, Il me fixa comme s'il voulait imprimer les détails de mon visage dans sa mémoire.

Il m'embrassa délicatement sur les lèvres, puis me regarda à nouveau. Sa main gauche toujours sur mon cou , sa main droite vint presser mon sein. Il malaxait mon sein tout en me regardant droit dans les yeux. Il m'embrassa à nouveau. D'abord délicatement, puis son baiser se fit de plus en plus insistant. Il m'avait manqué, je lui avais manqué.

Vous savez, Ali avait été ma première fois. Je me rappelle que quand je l'ai rencontré l'attraction entre lui et moi était tellement forte, que je m'étais donné à lui après un an de relation. J'avais fait ce choix en connaissance de cause. Je savais que ça allait à l'encontre de mon éducation stricte, des normes qu'imposaient l'environnement dans lequel je vivais, de ma culture mais également de mes convictions religieuses. J'avais hésité à sauter le pas, il m'avait laissé du temps. Il me disait « tu veux te préserver pour le mariage, je respecte et jamais je ne tenterai de t'en dissuader ». Au bout d'une année, nous l'avions finalement fait. Ça avait fortifié notre relation , il était devenu plus protecteur, comme si j'étais un bijou qu'il voulait à tout prix préserver. Malgré tout j'avais eu des regrets et il l'avait compris. Il m'avait dit « écoute, nous ne sommes pas obligés de coucher ensemble Sakoura, je comprends que tu puisses te sentir en contradiction avec notre religion. On peut construire une relation où le sexe est absent ». Après de longues conversations, nous avions décidé d'un commun accord de pratiquer l'abstinence. Cela faisait maintenant 4 ans et pour ceux pour qui ça pourrait paraître IMPOSSIBLE , sachez que quand c'est nécessaire, je sais camper sur mes positions .

Mais aujourd'hui, c'était différent.

Aujourd'hui, il me regardait et son être tout entier me réclamait. Je le sentais dans sa manière de m'embrasser, de me presser contre lui , de me toucher. Il avait besoin d'être rassuré, de m'aimer d'une autre manière, il avait besoin de sentir ce lien qui nous liait chaque fois que nos deux corps se mêlaient.

- J'ai tellement envie de toi habiba me dit il en m'embrassant fiévreusement.

Je m'abandonnais à lui et le laissais me déshabiller . Nos corps étaient en osmose. Chaque caresse , chaque baiser, chaque regard intensifiaient nos sentiments. Notre union allait au delà du sexe, nos deux âmes étaient connectés. C'était tellement intense , tellement bon que ç'en était douloureux.

Pendant qu'il me faisait l'amour , je m'accrochais à lui pour ne pas défaillir, il me serrait contre lui pour ne pas perdre le contrôle.

Tout en plongeant en moi une dernière fois , nos deux mains entrelacées, il accrocha mon regard et me dit avec toute là sincérité du monde : « Putin je t'aime trop ... je t'aime trop, je peux pas te perdre».

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