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28 octobre 2010


D'un regard vide, fatigué, je contemple le manège tourner. Les chaises deviennent de plus en plus floues. Une sonnerie se fait entendre, m'annonçant la fin du tour, mais malheureusement, je ne la perçois pas. Une ombre passe devant moi, je lève les yeux. - Alisée, ton manège vient de finir. J'ai déjà fermé les miens. Je t'aide puis on file, me dit Marie-Anne. Je me mets debout et vais aider le peu d'enfants à descendre.


« Il est dix-huit heures, les portes de votre parc d'attractions ferment. J'espère que vous avez passé un bon moment en famille », annonce une voix avec entrain.


Enfin, la journée se termine. Je suis épuisée. Mes jambes ne me portent plus et mon dos commence à me faire souffrir. Avec lassitude, ma collègue et moi fermons les manèges. Le silence s'installe peu à peu dans le parc. Les derniers clients se dirigent vers la sortie et les moteurs des attractions ne ronronnent plus, un délice pour nos oreilles. On descend la pente, je m'aperçois que certains de mes collègues de travail sont encore présents. Je vais rapidement poser les clés des manèges ainsi que la radio puis je les rejoins.


Une discussion très animée avait commencé. Je l'écoute d'une oreille distraite, tout en balayant les alentours du regard. J'espère au plus profond de moi qu'il vienne me voir. Les minutes passent, mes camarades disparaissent et moi, je me retrouve seule au milieu de la cour, à observer un point invisible dans l'espace. Soudain, je sens une présence apaisante se placer derrière moi. Un souffle chaud vient se balader sur mon cou ainsi que sur ma joue. Je frissonne, mon cœur s'emballe. Il est là.


- Il faut que je te parle, me souffle-t-il au creux de l'oreille.

Je me retourne pour lui faire face. J'aperçois une lueur briller dans ses yeux noisette.

- Tu vois où est la mairie de Carlan ? Me demande-t-il.

- Oui.

- Rejoins-moi dans un quart d'heure, vingt minutes. J'ai encore quelques petites choses à régler.


Sur ces quelques paroles, il se retourne, parcourt une dizaine de mètres, puis pénètre dans le bureau. Je reste là quelques secondes, un petit sourire idiot sur les lèvres à fixer la porte.


À la fois heureuse et inquiète, je me dirige vers les vestiaires. Je pénètre dans une pièce étroite, sans âme, froide, aux couleurs blanche et grise. Je n'ai même plus la force de me changer. Une boule à l'estomac commence à se former. Je récupère mes affaires et ressors aussi vite que je suis entrée. Je prends une bonne bouffée d'oxygène et me dirige vers ma voiture avec une vive anxiété. Avant que la barrière du parking se baisse, je fais marche arrière et me dirige rapidement vers la sortie. Je n'arrive pas à me concentrer sur ma conduite. Des questions, des appréhensions me trottent dans la tête. Il avait besoin de temps pour remettre ses idées en place, pour être sûr de ses sentiments. Une semaine s'était écoulée. Je redoute ce qu'il va m'annoncer. Je commence à trembler. Mes joues s'empourprent. Mon cœur bat de plus en plus vite. Une chaleur intense s'insinue en moi. Me sentant mal, je m'arrête sur le bas-côté et laisse entrer l'air dans l'habitacle resserré.

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