Première crise de jalousie.

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La soirée était commencée et je me trouvais dans un coin du salon avec Thomas, un verre d'alcool dans la main, j'en avais bien besoin ! Eric parlait avec les autres invités mais je pouvais noter qu'il me jetait parfois un regard. Il aurait sans doute des questions à me poser après !

-Alors, tu m'expliques ce que tu fais ici ? Tu fais partie de cette famille qui est proche des vampires ?

Thomas me sourit, ses jolis yeux marron pétillaient en me regardant.

-Oui. Ma famille a eu connaissance des vampires, il y a très très longtemps lorsqu'une de mes ancêtres s'est retrouvée être un calice. Cette histoire remonte à l'époque où Rome régnait sur le monde. Un marché a alors été passé entre les proches de ce couple, qu'ils soient vampires ou humains. L'objectif était que les deux races se retrouvent liées par un pacte et que les humains ne soient plus vus que comme étant de la nourriture, les vampires comme des prédateurs, et tous, comme de potentiels ennemis. Le marché consistait à ce que les membres de la famille humaine, ma famille, donnent régulièrement leur sang aux vampires et que les vampires n'attaquent ainsi plus les humains. Et ça a fonctionné.

D'accord ! Ces informations étaient très précieuses pour moi, je voulais tout savoir sur l'univers de mon amant et ce que m'avait raconté Thomas était vraiment très intéressant.

-Merci de me raconter tout ça. Thomas... Je me demandais.... Est-ce une coïncidence que tu aies fait partie de ma vie, il y a quelques années ? Est-ce que... tu savais que j'étais destiné à devenir le calice d'un vampire ?

-Tu veux savoir si j'ai fait exprès de sortir avec toi parce que je savais que tu étais destiné à un vampire ? La réponse est non. Je n'avais aucun moyen de le savoir, seul le vampire peut ressentir son destiné, même ses congénères ne le peuvent pas lorsqu'il ne s'agit pas du leur. Après... Ma famille étant liée aux vampires depuis des générations, peut-être que sans le savoir, mon attirance pour toi était en petite partie liée sans que je ne le sache, à ton destin de calice. Mais je te rassure toute de suite, Sébastian, je suis sorti avec toi parce que tu me plaisais énormément, m'affirma-t-il dans un sourire.

Je ne pus empêcher mes joues de rougir en l'écoutant. Thomas était mon premier petit-ami, celui qui m'avait offert mon premier baiser, mes premières sensations de plaisir à deux, ma première fois... Il m'avait fait connaître la tendresse et le bonheur d'une relation de couple qui fonctionne. Durant un temps, du moins. Notre relation avait duré un peu plus d'une année. Nous nous étions quittés parce qu'il avait choisi de partir continuer ses études dans un autre pays et que lui comme moi, ne croyions pas que notre relation aurait survécu à la distance et au fait de ne se voir qu'une ou deux fois dans l'année.

-Alors, notre rencontre n'est qu'une coïncidence ?

-Oui, je te le promets. Je n'ai appris que récemment que tu étais le calice d'un vampire lorsqu'Eric a donné ton nom à mes parents et qu'il nous parlait de toi et du bonheur de t'avoir rencontré. Apparemment, j'ai les mêmes goûts que notre cher Eric en ce qui concerne les hommes.

Et voilà que je rougissais encore plus ! En tout cas, j'étais rassuré. Ca m'aurait vraiment fait mal se savoir qu'il se serait servi de moi ou qu'il ne se serait intéressé à moi que parce qu'il savait que j'étais destiné à un vampire.

Perdu dans mes pensées, je ne vis pas la main de Thomas qui vint me caresser la joue tout doucement. Son geste me surprit tellement que je n'eus même pas le réflexe de le repousser. C'est alors que je vis une main imposante et qui m'était très familière, attraper fermement le poignet de mon ex petit-ami.

-Thomas, avec tout le respect que j'ai pour toi, si tu touches encore une seule fois à Sébastian, je t'arrache le bras.

Quoi ? C'était vraiment mon doux Eric qui venait de dire ça, de menacer ouvertement Thomas devant tous les invités ?!

-Message reçu. Pas la peine de t'énerver. J'ai eu ma chance que j'ai laissée filer, il y a déjà quelques années… Ha… Et je sais que je ne peux rien contre que le destin du vampire et de son calice, dit Thomas en grimaçant sous la douleur et en tirant sur son bras qu'Eric ne lâchait pas, glaçant encore plus l'ambiance.

-Eric, lâche-le, demandai-je en posant doucement ma main sur le haut de son bras.

A mon grand soulagement, il m'obéit et me regarda. Je remarquai alors que ses yeux étaient dorés ! Mais en posant son regard sur moi, ils reprirent heureusement leur teinte humaine, ce qui révélait qu'il se calmait. Je respirais à nouveau ! Eric regarda autour de lui et il put s'apercevoir avec gêne que tous nous regardaient. Bonjour l'ambiance...

-Excusez-moi, mes amis. Le lien entre Sébastian et moi s'est créé, il y a peu et je suis encore sous l'effet des conséquences intenses que le lien provoque. Je sais que la possessivité fait partie du lien vampire-calice et je vous promets que j'apprendrai à me contrôler.

Puis il se tourna vers Thomas.

-En attendant, évite de toucher à ce qui m'appartient, Thomas, termina Eric, les yeux radoucis mais le ton de sa voix était ferme.

Thomas se contenta de hocher la tête et s'éloigna de nous afin d'aller rejoindre ses parents. Eric avait l'air très gêné de son attitude alors j'attrapai sa main et l'emmenai dans la cuisine. A peine entrés, je le pris dans mes bras et le serrai le plus fort possible contre moi afin de lui transmettre ma chaleur et mon réconfort. Il me rendit avec bonheur mon câlin et nous restâmes un long moment ainsi, sans que personne ne vienne nous déranger, nous nourrissant de la tendresse de l'un et de l'autre. Puis, nous rappelant que nous avions des invités qui attendaient, nous nous détachâmes doucement et après un bref baiser, nous repartîmes, un sourire aux lèvres et main dans la main, retrouver la dizaine de personnes qui était dans le salon.

Heureusement, l'ambiance redevint rapidement normale, par la suite. Je me dis que cette famille était sans doute habituée aux réactions parfois extrêmes des vampires. Après tout, ils faisaient partie de leur vie depuis plusieurs siècles et cette famille avait eu un calice en son sein et peut-être même plus ! Je fis attention de rester un peu éloigné de Thomas et surtout de ne plus rester seul avec lui, ne voulant pas causer une autre colère de mon amant. Nous nous jetions parfois un bref regard compréhensif. Même si nous aurions bien voulu nous raconter nos vies depuis notre séparation, il ne valait mieux pas, pas pour le moment, du moins mais nous savions qu'à présent, nous aurions l'occasion de nous revoir car nous étions tous d'une manière ou d'une autre, liés.

Lorsque j'observai les invités, je pus voir une réelle complicité et amitié entre eux dans leur manière de se conduire avec mon vampire. Même si celui-ci buvait un verre de sang pendant que nous tous, buvions de l'alcool, il n'y avait aucun malaise. Tout cela paraissait le plus normal possible alors que de mon côté, je devais avouer que de voir ce sang dans son verre me faisait un peu bizarre, je l'avais toujours vu boire à mon cou et rien d'autre. A vrai dire, je ne l'avais pas réellement vu puisqu'à chaque fois, je me trouvais dans un état de plaisir et de béatitude intense qui me faisait savourer les sensations que j'éprouvais dans ces moments-là… Mais je savais que j'allais bientôt m'y accoutumer, il me fallait juste un peu de temps.

Je regardai également les parents de mon ex petit-ami. Il était étrange de se dire qu'il aura fallu que nous soyons séparés pour les rencontrer. A l'époque où nous étions ensemble, ses parents habitaient assez loin et l'année était si vite passée que la question de la présentation ne s'était pas posée. Je pouvais à présent découvrir que Thomas ressemblait beaucoup à son père, aussi brun que lui et le même regard déterminé mais aussi doux. Sa mère, elle, avait de longs cheveux blonds et les yeux de la même couleur que son fils. Je savais que Thomas était fils unique, donc pas de frères et sœurs à rencontrer ce soir. Par contre, il y avait des cousins de Thomas, la sœur de sa mère, toute aussi blonde, et son époux. Je devais admettre qu'ils étaient tous chaleureux et m'accueillaient à bras ouverts.

J'avais été un peu gêné au départ en rencontrant les parents de mon ex. Ils étaient au courant de notre relation passée mais ils m'avaient très vite mis à l'aise et nous avons à peine parlé de notre ancienne relation de couple. J'avais également pris connaissance de nouvelles informations sur Eric et heureusement car mon amant ne parlait pas beaucoup de lui !

Je savais désormais que son auteur préféré était Roland Dorgelès, un écrivain de la Première Guerre mondiale, ce qui n'était pas étonnant finalement, j'avais remarqué que se trouvaient énormément de livres dans son grand bureau ! Je savais maintenant qu'il se rendait assez régulièrement sur la tombe de ses parents qu'il fleurissait, et qu'ils lui manquaient. Je trouvais ça tellement touchant que malgré les années, son amour pour eux restait intact, ce qui me prouvait encore plus à quel point cet homme était parfait à mes yeux !

J’avais aussi appris qu'il était ami avec deux descendants de son petit frère, il était même le parrain du premier enfant d'un des deux. Il les avait donc mis au courant de sa condition vampirique, il y a déjà quelques années lorsqu'il avait fait une recherche pour les retrouver, ce qui avait été assez simple puisque son ami John était également un arrière arrière, -je ne sais plus combien de fois...- grand-oncle de mon amant, et gardait un œil sur tous les membres de leur famille. Une fois qu'ils les avaient retrouvés, Eric avait donc décidé de leur dire la vérité sur lui afin de pouvoir rester proches d'eux car ne vieillissant pas, il aurait fini par devoir couper les ponts au bout de quelques années.

Et l'info à laquelle je n'arrêtais pas de penser, était que mon vampire adorait les enfants et rêvait de devenir père ! Nous n'en étions qu'au tout début de notre relation mais tout était tellement rapide et non conventionnel que je m'étais déjà mis à rêver d'une famille avec lui. Si nous étions un couple d'humains ordinaire, l'adoption aurait été possible mais en tant que calice et vampire vivant pendant des siècles, -j'avais encore du mal à le réaliser d'ailleurs...-, était-ce envisageable ? Ou bien même, étions-nous encore fertiles pour faire appel à une mère porteuse, par exemple ? Car dans les films, généralement, les vampires étaient stériles... Je ne savais pas et à vrai dire, je ne savais toujours pas grand-chose mais au moins, j'en apprenais un peu plus petit à petit.

Il fallait tout de même que je me calme sur mes envies. Il y a encore quelques semaines, je ne connaissais même pas Eric ! Comment pouvais-je déjà vouloir fonder une famille auprès de lui ? Etait-ce le lien qui me faisait penser comme cela ? Après tout, mon vampire m'avait expliqué que tout était intense, surtout au début. Il suffisait de me rappeler sa crise de jalousie de tout à l'heure ! Oui, il fallait que je me calme un peu. Sur cette décision, je pris une grande inspiration. Pour l'instant, tout ce qui comptait, c'était de m'habituer à cette nouvelle vie et d'en apprendre davantage sur la personne avec qui je me trouvais lié pour des centaines d'années. Oui, des centaines d'années... me répétai-je, ayant toujours du mal à y croire.

Plongé dans mes pensées, je finis par revenir à la réalité lorsque les "au-revoir" furent de mise. Quand le tour de Thomas arriva, ce fut un peu tendu et surtout bref, nous ne voulions pas réanimer la colère de mon amant !

La porte venait de se refermer sur le dernier invité et je soufflai un bon coup. Tout ou presque s'était bien passé durant cette soirée de présentations ! Alors que je me tournais vers Eric qui se trouvait derrière moi, je fus figé sur place en découvrant ses yeux dorés et sa manière de me dévorer du regard. Ok... Je déglutis difficilement... Je me contentais de le regarder, ne sachant pas quoi dire et n'osais pas bouger.

Eric s'avança brusquement vers moi et me plaqua brutalement contre la porte d'entrée avant de poser ses lèvres sur les miennes, sa langue envahissant immédiatement ma bouche dans un baiser passionné. Avant de comprendre ce qui se passait, totalement emporté par sa fougue, je fus soulevé par deux bras puissants et mené rapidement à l'étage dans sa chambre. Il me jeta sur le lit et pendant que je rebondissais, un peu sous le choc de cette brusquerie soudaine qui ne lui ressemblait pas du tout, je le vis déboutonner très rapidement sa belle chemise noire et je pus remarquer la bosse de son pantalon alors que je le détaillais... Il retira ses chaussures et ouvrit son pantalon mais s'arrêta là et s'avança très lentement vers moi. Il me faisait limite peur, même si je savais qu'il ne me ferait jamais de mal, et ça m'excitait au plus haut point. Il était mon prédateur et j'étais sa proie... totalement consentante...

Une fois arrivé contre le lit, il m'attrapa fermement les jambes et me tira brusquement à lui jusqu'à ce que mes cuisses se retrouvent écartées autour de ses jambes. J'en poussai sur le moment, un petit cri pas très viril... Ses mains se posèrent alors sur mon pantalon au niveau des genoux et il les remonta lentement jusqu'à mon entrejambe dont il ne perdit pas de temps pour défaire la fermeture. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que mon pantalon n'était plus sur moi mais jeté par terre avec mes chaussures. Eric ne tarda pas à me retirer ma veste et ma chemise. Tout en ne me quittant pas des yeux, il se baissa et vint poser sa bouche sur mon sexe en érection toujours comprimé par mon sous-vêtement. Un long frisson me traversa. Il me lécha et même me mordilla légèrement un long moment. J'en gémissais de frustration de ne pas sentir sa bouche directement sur ma peau et je n'en pouvais plus.

-Eric, s'il te plaît... gémis-je, mes mains crispées sur la couverture.

Il releva la tête et me regarda d'un air satisfait et limite... sadique...

-Ho non, Sébastian. Je vais te faire languir et t'épuiser jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Tu as laissé Thomas te toucher, il va falloir te faire pardonner maintenant, me dit-il d'une voix suave. Sais-tu ce que cela m'a fait d'avoir ton ex petit-ami sous les yeux durant toute la soirée ? De savoir qu'il t'avait déjà embrassé et caressé ? Qu'il avait été intime avec toi ?

Ok... Sa voix remplie de colère retenue me faisait frissonner... J'avais fait de la peine à mon vampire… Le calice en moi voulait absolument se faire pardonner et mon cœur se serrait un peu en l'écoutant mais mon corps, lui, était plus qu'excité... Tout ce mélange allait me rendre dingue.

-Alors, laisse-moi me faire pardonner, murmurai-je.

Je lus un léger étonnement mais aussi de la satisfaction dans le regard de mon vampire et je le vis se redresser jusqu'à se retrouver debout devant moi, attendant ce que j’allais faire, livré à mes désirs. Je me redressai alors à mon tour, passai mes mains sur ses hanches et continuai lentement jusqu'à ses fesses si fermes que je caressais avec délectation, même sur le tissu de son pantalon tout en le regardant dans les yeux.

Je baissai lentement les yeux afin de détailler son corps, de son beau visage à son torse large et musclé, puis jusqu’à l'ouverture de son pantalon qui révélait un bout de son boxer tendu par son sexe et qui se retrouvait ainsi au niveau de mon visage. Attiré, je ramenai mes mains à l'ouverture que j'écartai bien plus avant de poser ma bouche avec douceur sur son sous-vêtement comme lui, l'avait fait plus tôt sur le mien. Je l'entendis grogner de contentement et je relevai la tête pour le regarder.

Mon vampire avait la tête inclinée en arrière et semblait savourer les sensations. Il était si beau et si sexy à ce instant, que je n'en pouvais plus, je voulais le dévorer. Alors je baissai son boxer, délivrai son sexe du tissu et laissai ma bouche partir à sa découverte. Je l'embrassai d'abord sur toute la longueur, le léchant, le savourant lentement afin de le faire languir lui aussi. Je finis par le prendre dans ma bouche, faisant de rapides mouvements de va-et-vient, je voulais l'amener à la limite de la jouissance. Au bout d'un petit moment, je commençai à l'entendre gémir pour mon plus grand bonheur mais, alors que je ne m'y attendais pas, il m'attrapa doucement mais fermement les cheveux qu'il tira un peu afin que je me retire.

Ses yeux étaient remplis de désir et de luxure, j'avais cette impression qu'il allait faire de moi son repas et ne pas laisser une seule miette... Eric me souleva ensuite légèrement et m'allongea sur le lit en venant sur moi. Il me retira mon sous-vêtement et sans que je ne m'y attende, se jeta sur mon érection qu'il embrassa passionnément.

-Ha... Eric...

Je fus rapidement sur le point de jouir mais il se retira juste avant. J'en gémis de frustration et je l'entendis rire. Quel sadique !

-Je te l'ai dit, je vais te faire languir, me dit-il avant de mettre ses doigts dans sa bouche, toujours en ne me lâchant pas des yeux et de les descendre jusqu'à mon intimité. Tu es à moi, Sébastian. A moi...

Sur ces mots prononcés d'une voix possessive qui firent battre mon cœur encore plus vite si cela était possible, il commença à me préparer, toujours avec délicatesse. Lorsque ses trois doigts furent en moi, au lieu de les retirer pour me prendre, je le sentis chercher mon point sensible qu'il trouva rapidement. Il commença à me torturer ainsi, m'amenant au bord de la jouissance, s'arrêtant un petit moment lorsqu'il sentait que j'étais sur le point de venir, puis il recommençait son petit jeu. Je ne savais pas que mon vampire, mon si doux vampire, était capable de se conduire de cette manière avec moi. J'en étais réellement surpris, je ne savais pas qu'il pouvait être jaloux à ce point et tout ceci me ravissait tellement...

-Eric… gémis-je, le corps tendu dans le plaisir. Je vais devenir fou...

Je le vis sourire et il retira enfin ses doigts, me laissant cette sensation de vide qui ne demandait qu'à être comblé. Il posa en douceur ses lèvres sur les miennes et je sentis son sexe à mon entrée.

-Oui... murmurai-je avec satisfaction.

Il me pénétra et commença tout de suite de rapides mouvements, nous faisant jouir rapidement. Enfin... Je me sentais soulagé et si bien maintenant que j'avais pu avoir mon orgasme. Alors que mon vampire était écroulé sur mon corps qui était aussi mou qu'une poupée de chiffon, je le sentis de nouveau durcir en moi et il se redressa. Ses yeux d'or ancrés dans les miens, il reprit ses va-et-vient qui me rendaient fou de plaisir et je ne pus que m'accrocher à lui, encore et encore et encore, jusqu'aux premières lueurs de l'aube comme il me l'avait promis...

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Aux fourneaux, le rire de Ruben refait tourner les steaks sur eux-mêmes.

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Comme d’habitude Ruben te balance une date en l’air et comme d’habitude ton sourire résigné lui revient en boomerang. Sans te regarder, il s’enfonce sous sa capuche en silence, et slalome tout schuss entre les flaques d’automne poisseuses.

De retour chez toi, ton 20m² te tire la gueule et le ciel a des allures de punition collective. Y’a des coquillettes mutantes sous cellophane dans le frigo, de la poussière sur les plinthes, ta mère dépose à peine un pied sur le seuil qu’elle dégaine déjà le bidon d’Ajax et la paire de gants en caoutchouc rose qui va avec…

Ton père est là aussi, à cinq mètres de ta mère, distance nonchalante, et le trousseau de la Meriva qui tinte vaguement entre ses doigts, derrière son dos. Ça t’étonnera toujours, l’espèce de froid cordial qu’il y a entre eux, cette façon qu’ils ont de s’accommoder l’un de l’autre comme on s’accommode d’un parasite, deux inconnus bourrés de pudeurs hostiles pourtant largement dépassées, et même plutôt deux fois qu’une, il y a plus de vingt ans de ça.

Tu les as jamais vus autrement que comme ça d’ailleurs, depuis bébé. Depuis que ton père a aventuré sa coupe mulet comme MacGyver entre les jambes d’une minette trop consentante, à l’hiver 91. C’était en plein mois de février : il a prétendu être coincé au bureau à cause du blizzard dehors et toi t’avalais ta morve et tes petits pots de légumes devant Dragon Ball Zed-Zed-Zed – du moins c’est ce que ta mère te rappelle à chaque fois qu’elle touche l’enveloppe de la pension, des restes aigris jusqu’aux pattes d’oie.

« Bon, on la descend cette commode ? », te demande ton paternel, aux aguets comme un employé Darty alors qu’au loin ta mère bougonne – mais il est bouché ce siphon ou quoi ? – à quatre pattes sous l’évier.

Tes parents ont fait deux heures de route depuis Tours pour récupérer cette commode dont tu ne te sers pas – à part pour t’y cogner le petit orteil quand t’es à la bourre. Tu l’as eu du pote d’un pote qui te l’a exposée comme un coupé-cabriolet huit tiroirs toutes options – « Un vrai fourre-tout, j’te dis. » – et toi t’as sauté sur l’occase comme on saute sur tout ce qui bouge quand on a envie de meubler son appart, des projets en vrac plein la cervelle.

Tu lui as envisagé quelque dessein prospère à la lueur du petit chandelier de l’entrée, tout ça pour réussir à en tirer que dalle au final : ça fait un an que tu la regardes tous les jours s’encrasser de poussière à force de trôner sur ton chemin sans jamais savoir comment l’aborder.

Un peu comme ton père.

D’ailleurs, ça ne t’étonne pas qu’il accepte que tu la lui refourgues.

« Mais elle est pas vieille cette commode, Catherine…»

« Non, elle est pas vieille, Patrick. », ta mère : acerbe à tendance exaspérée, côté passager.

« Elle est pas du tout vielle. En la faisant poncer, y’a largement moyen d’en faire quelque chose de bien. Largement. », ton père : la foi aux poumons, mains posées à plat sur la portière du coffre.

Ta mère l’ignore, te prend dans ses paumes, bisous mon chéri, appelle-moi toutes les semaines hein, travaille-bien, ne sors pas tard, embrasse Ruben pour moi, et n’oublie pas d’apporter les papiers à la CAF, Guillaume, yeux fâchés puis yeux tristes, tu vas me manquer mon bébé, et ton père qui sifflote par-dessus le volant, qui guette le vide avec conviction. Il attend que ça se passe, que tu te casses, pendant que les minutes, les Parisiennes et leurs talons lui filent autour. Pendant que ta mère pleure comme si t’étais mourant et qu’il la regarde de loin, comme ça du coin de l’œil – si ça continue c’est lui qui va se mettre à chialer devant la note du parking.

Et seulement quand tu te penches vers lui pour le remercier, là seulement ça lui prend : il t’encercle de son bras velu, grasse tapette à l’épaule, et quand tu te délaces d’un coup il a des yeux fiers ; il se redresse et te tape même la bise.

La bise.

T’en rigoles encore dans ton canapé devant Manchester-Milan en direct-live. Au fond du couloir, la commode a laissé comme un renfoncement évanoui dans le mur, une empreinte fantôme pile dans ta ligne de mire.
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Qalbi
Inspirer de fait réelle.
La méchanceté de l' Homme se construit avec son passé. Comment on m'a appris à me sentir vivante ? C'est une histoire banal à vos yeux mais à mes yeux ce sont mes épreuves,mon vécu. Personne ne peut savoir comment et la vie de chacun jusqu'au moment où on l'apprend. J'ai du faire des choix être battu ou être violé. Il m'a fallut du courage, beaucoup de courage pour surmonter le côté dure de la vie, je vous la donne à présent c'est votre tour.
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