Day 02 (Partie 01)

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Une migraine plus violente que la précédente s’abattit sur Chrees tandis qu’il reprenait une fois de plus connaissance. Le jeune homme avait diverses parties de sa tête qui lui faisaient énormément souffrir. De plus, à cause des coups répétés de mademoiselle Garnier, chacune de ses inspirations et expirations devenait une activité digne du parcours du combattant. Alors que ses yeux s’adaptaient à l’environnement dépourvu de lumière dans lequel il se trouvait, Moure se mit à réfléchir sur la manière dont il allait se sortir de cette situation. Précédemment, il avait fait usage de violence et de menaces, ce qui lui avait valu de nombreux coups de poing en plus visage. Désormais, il allait employer une autre méthode, une méthode qui nécessitait cette fois-ci du tact.

Le jeune homme se mit à imaginer de nombreux scénarios dans sa tête. Dans certains d’entre eux, il se voyait s’excuser auprès d’Alicia Garnier même s’il continuait de se considérer comme étant innocent dans toute cette histoire. Curieusement, chacune de ses stratégies de fuite finissait de la même manière. En effet, dans tous ses plans, Chrees Moure faisait regretter ses actes à la jeune femme après que cette dernière l’ait libéré. Cela prenait toujours la forme d’une série de coups de poing suivie d’une humiliation complète de sa personne.

Après plus d’une dizaine de minutes durant lesquelles ils cherchaient des solutions pour se sortir de cette horrible situation, Chrees entendit du bruit en provenance de la porte de sortie. La personne qu’il détestait le plus à cet instant s’apprêtait à rentrer dans la pièce.

La propriétaire du bar situé au-dessus de sa tête finit par rentrer dans la salle. Elle était alors accompagnée par un éclat de lumière qui chassa une partie des ténèbres qui entouraient le jeune homme. Alors que ses yeux avaient des difficultés à s’y habituer, la demoiselle appuya sur l’interrupteur, ce qui aveugla complètement Chrees Moure.

- Je vois que tu es à nouveau réveillé, rétorqua la jeune femme en entrant dans la pièce.

Lorsque les yeux de Chrees Moure parvinrent une fois de plus à s’adapter aux nouvelles conditions lumineuses auxquelles ils étaient désormais exposés, il remarqua la demoiselle tenait dans ses mains un plateau-repas. Alors que cette dernière s’approchait doucement de lui, le jeune homme put mieux voir ce qui se trouvait dessus. Il s’agissait d’une assiette de nourriture et d’un verre d’eau.

- Je suppose que tu dois avoir faim, dit de nouveau la rouquine en plaçant ce qu’elle tenait parterre.

Alicia Garnier se redressa et retourna vers la porte d’entrée où elle attrapa un carton qui vint déposer à côté du matelas sur lequel Chrees se trouvait quelques heures auparavant. De l’endroit où il se trouvait, il était impossible pour Moure de voir ce qui se trouvait à l’intérieur. La jeune femme se mit de nouveau debout et s’avança vers lui. Là, elle retira le bâillon qui l’empêchait de parler.

- Qu’est…qu’est-ce qu’il y a dans le carton ? demanda-t-il, curieux et légèrement paniqué.

- Rien de très important. Pour le moment, tu dois manger, lui répondit-elle.

Chrees se méfiait de ce soudain acte de générosité de la part de la jeune femme. Toutefois, il ne pouvait pas le fait que son estomac était vide, d’autant plus qu’il avait commencé à crier famine dès l’instant où la rouquine déposa le plateau en face de lui.

Alicia attrapa donc l’assiette et la cuillère se trouvant dedans et commença à nourrir Chrees qui ne se montra pas énervant pour une fois. Il acceptait sans broncher chacune des bouchées qui lui étaient tendues. Plusieurs minutes s’écoulèrent et les deux jeunes gens restèrent silencieux, leur environnement n’étant rempli que par les bruits de la cuillère frottant la porcelaine de l’assiette et des gloussements émis par Moure.

- Je suis désolé…, s’exclama soudainement le jeune homme.

La demoiselle qui tenait la cuillère dans sa main, la déposa dans l’assiette tout en regardant la personne devant elle avec étonnant. Cette dernière en profitant pour poursuivre son monologue.

- Écoute, je suis sincèrement désolé. Je n’aurais jamais dû tenter de voler ton argent et encore moins de m’en prendre à toi. C’était vraiment très nul de ma part. Tu avais raison de réagir comme tu l’as fait…

Le jeune homme observait le regard de la demoiselle tout en lui adressant la parole. Il avait alors l’impression que cette dernière s’attendrissait légèrement à chacune de ses phrases, ce qui le rapprochait un peu plus de son objectif.

- Où je veux en venir est que j’ai compris ma leçon. Je promets de ne plus agir de la sorte. Alors, si tu pouvais me libérer et me laisser partir, je te serais vraiment reconnaissant, dit Chrees Moure.

Alicia Garnier se redressa juste après que le jeune homme ait fini de parler. Elle se retourna par la suite et se mit à trembler légèrement. Chrees pensa alors que son monologue avait fonctionné sur elle et qu’elle était sur le point de le libérer. Malgré son visage enflé et douloureux, il arbora un léger sourire, appréhendant la suite des évènements. Malheureusement pour lui, la jeune femme aux cheveux roux commença doucement à rire avant que cela ne se transforme en éclats.

- Tu…tu pensais vraiment que j’allais tomber dans un piège aussi grotesque à cause d’un discours tout aussi grotesque ? « Je suis sincèrement désolé », dit-il. Je n’avais jamais entendu quelque chose d’aussi drôle…

La jeune femme déposa l’assiette qu’elle tenait dans la main sur le sol, s’approcha de nouveau de Moure, et prit appui sur ses genoux.

- C’est à ton tour de m’écouter, Chrees Moure. Les gens comme toi ne changent jamais, sauf s’ils apprennent les choses à la dure. Tu auras beau dire tout ce que tu veux, tu ne sortiras jamais d’ici tant que je n’en aurais pas fini avec toi, rétorqua-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

À cet instant, le jeune homme se rendit compte de deux choses. La première était que mademoiselle Garnier savait comment il s’appelait. Cette dernière avait sûrement dû obtenir son identité en fouillant dans son portefeuille durant sa phase d’inconscience. Quant à la seconde chose, elle était à l’origine de la colère qu’il ressentait à ce moment. En effet, Alicia venait de se jouer de lui, ce qu’il n’apprécia guère.

- Libère-moi, sale pute ! hurla-t-il par la suite.

La demoiselle aux cheveux roux recula soudainement avant de viser le visage du jeune homme avec son pied.

- Oups ! s’exclama-t-elle envoyant Chrees s’effondrer sur le côté avec la chaise.

Alicia Garnier s’avança de nouveau vers lui, l’attrapa, et le redressa. Une chance pour la demoiselle, elle s’était suffisamment retenue et ne l’avait donc pas envoyé dans le monde des rêves.

- Tu aurais sûrement fait la même chose à ma place. Tu en es sans aucun doute capable. Vous, les hommes, avez toujours exercé votre domination sur nous les femmes sans que l’on ne puisse rien dire. Et quand une des nôtres prend une décision pour son propre plaisir, vous la traitez de tous les noms, déchargez toute votre haine et votre frustration sur nous, tout ça derrière vos petits écrans de téléphone. Malheureusement pour toi, je ne suis pas de celles qui se laissent faire.

Tandis que Chrees se morfondait à cause de la douleur, Alicia partit en direction du carton posé à côté du lit. Elle y en sortit par la suite un morceau de papier blanc plié en quatre. La jeune femme revint à côté au plateau-repas et déplia le morceau de papier. Ce dernier contenait une poudre bleue qu’elle déversa dans le verre. Mademoiselle Garnier attrapa l’objet transparent et le plaça juste devant le visage de Moure.

- Bois ! lui ordonna-t-elle juste après.

Le jeune homme, ne sachant absolument pas ce qu’elle avait bien pu mettre à l’intérieur, n’osa pas obéir à ses directives. Bien au contraire, il cracha dans le verre et lui dit à elle de le boire, affichant au passage un sourire déformé. Mademoiselle Garnier n’apprécia bien évidemment pas cela et réagit en conséquence. Elle l’attrapa brusquement et fit pression sur ses joues, l’obligeant ainsi à ouvrir la bouche. Par la suite, elle déversa directement le contenu du verre à l’intérieur.

- Soit tu bois, soit tu te noies, lui dit-elle alors qu’il tentait de se débattre.

Lorsque la toute dernière goutte tomba dans la bouche de Chrees, Alicia le lâcha. Ce dernier se mit ensuite à tousser tandis qu’une partie du mélange suspect lui sortait des narines.

- Qu’est-ce…qu’est-ce que tu m’as…fait boire, sale pute ?! s’exclama-t-il.

- Tu le sauras bien assez vite, lui répondit-elle tout en allant mettre le verre, le plateau, et l’assiette à côté du carton.

Pendant ce temps, le jeune homme se mit à paniquer. La première chose qui lui traversa l’esprit fut qu’elle venait de l’empoisonner pour se débarrasser de lui. Par conséquent, ses pupilles se dilatèrent tandis que son rythme cardiaque s’accélérait de plus en plus.

- Tu vas pas t’en sortir comme ça, poufiasse ! On finira par me retrouver et tu finiras en taule ! Tu m’entends, sale pute ?! hurla-t-il une fois de plus.

- C’est fou comme tu peux être bruyant ! Il faut vraiment que l’on règle ce problème, rétorqua la demoiselle.

Mademoiselle Garnier se courba une fois de plus vers le carton, faisant en sorte de bien mettre en évidence son magnifique postérieur. Elle récupéra cette fois-ci une sorte de collier muni d’une boule de Geisha. C’était le genre d’accessoires que les couples utilisaient afin de mettre un peu de piquant dans leur vie amoureuse.

À cause de la manière dont elle l’avait prise, Moure ne pouvait pas voir de quoi il s’agissait. Toutefois, il s’agissait en ce moment précis du cadet de ses soucis. En effet, à l’instant précis où mademoiselle Garnier se releva, le sexe du jeune homme se dressa tel un chapiteau. Chrees sut que cela ne pouvait pas être le résultat de ce que venait de faire la femme devant lui. Dès lors, il comprit de quoi il en retournait.

- Du viagra ! Tu m’as fait boire du viagra, pétasse ! s’exclama-t-il en hurlant une fois de plus.

- Bien ! Nous pouvons enfin commencer. Mais avant tout, occupons de la saleté qui te sert de bouche, dit Alicia en se retournant.

Alors qu’elle s’avançait vers lui, Chrees Moure put enfin découvrir ce qu’elle avait récupéré dans ce fameux carton.

- Qu’est…qu’est-ce que tu vas faire avec ça ? questionna le jeune homme, affolé.

Moure essaya de fuir, mais cela lui était impossible. Il tenta ensuite de se débattre, toutefois cela se solda à nouveau par un échec et il se retrouva une fois de plus dans l’incapacité d’émettre des paroles audibles en plus d’être à la merci complète d’Alicia Garnier.

A suivre !!!

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