Chapitre 2. Réinsertion

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Pendant une semaine entière Parika fut initiée au métier de lavandière. Elle savait déjà comment le linge devait être fait car c’était sa tâche au sein de l’armée quand elle n’était pas occupée à s’entrainer. Cependant Clarissa jugea nécessaire de revoir certaines notions car s’occuper d’uniformes et s’occuper de robes en dentelles était bien différent. L’apprentie était attentive au conseil de sa maîtresse et avait même eu l’occasion d’appliquer les nouvelles techniques apprises au cour de travaux. Il y avait encore quelques lacunes mais avec un peu de pratiques ces dernières seraient vite combler. Parika voulait se montrer à la hauteur et apportait un grand soin à chaque action qu’elle entreprenait. Elle s’appliquait quand il fallait trier le linge et essayait de faire disparaître toutes les tâches en demandant conseil pour chaque tissu et la manière de les laver. Elle admirait Clarissa pour son savoir-faire qu’elle avait acquise en quelques années. Avant, cette simple lavandière était réputée pour ses compétences de maître espion pour le compte de l’armée du Tigre Blanc. En moins d’une journée elle pouvait infiltrer un camp ennemi et glaner toutes les informations nécessaires à sa capture. Si on lui donnait un mois, c’était une région entière qu’elle pouvait déstabiliser. Grâce à elle, le Tigre Blanc avait remporté plusieurs batailles sans même verser une goutte de sang. Elle avait contribué à bâtir la réputation de cette armée de mercenaires qui maintenant n’existait plus. Entre deux lessives, la curiosité de la jeune fille l’avait poussé à lui demander les raisons de son départ. Clarissa avait un jour reçu une lettre écrite d’une main tremblante. Elle provenait de sa sœur qui la supplier de rentrer à Mirona. Cette dernière avait contracté une maladie grave qui avait déjà emporté son homme et ses jours à elle aussi étaient comptés. Clarissa expliqua à la jeune adolescente que la seule inquiétude de sa sœur était de laisser ses enfants seuls au monde. Cela avait été une raison suffisante pour ranger son épée. Parika était d’une certaine manière contente pour elle. Clarissa avait pu prendre sa retraite et s’éloigner des champs de batailles. Elle s’usait certes les mains à longueur de journée mais elle le faisait pour son neveu et sa nièce qui maintenant étaient sa seule famille. Parika, aussi, aurait voulu avoir la chance de se crever à la tâche pour quelqu’un qui comptait pour elle.

Pendant ces jours d’apprentissage Parika s’était installé chez l’ancienne maître espion. C’était une modeste maison à étage comme toutes celles construites dans le quartier ouvrier. Clarissa l’avait hérité de sa sœur et ne semblait pas vraiment s’en plaindre. Elle la partageait avec un autre pensionnaire qui vivait à l’étage. La maison ne comportait qu’une seule chambre à son rez de chaussé et un espace commun où l’on prenait les repas. Des cafards se promenaient quelque fois sur le plancher à la recherche de quelques miettes mais repartaient aussi vite qu’ils étaient apparus. La nuit venue, les enfants partageaient leur lit avec leur tante et s’endormaient dans ses bras tandis que Parika s’allongeaient sur le sol. Cela ne la dérangeait pas, elle y était habituée. Parika avait vite compris que Clarissa gagnait juste assez pour nourrir suffisamment sa petite famille mais elle savait aussi qu’elle faisait de son mieux pour honorer la promesse faite à sa sœur en s’occupant des enfants du mieux qu’elle pouvait.

Parika s’était habitué à cette atmosphère. Elle avait l’impression d’avoir toujours fait partie de cette maison et pourtant elle n’était là que depuis quelques jours. Germo et sa petite sœur Luna étaient des enfants accueillant et joyeux. De temps en temps on pouvait observer une teinte de tristesse dans leur regard mais cela ne durait jamais longtemps. Ils n’avaient pas eu le temps d’être triste, leur tante avait su remplacé leur mère et ils bénéficiaient de la même bienveillance et du même soin qu’avant.

La semaine touchait à sa fin et Parika, assise à la table en compagnie des enfants, attendait le souper tout en se racontant des charades. En réfléchissant elle repensait à cette semaine de folie qu’elle avait passée en tant que lavandière. Son regard s’était perdu dans le ciel étoilé qu’elle pouvait voir à travers la fenêtre de la pièce qui donnait sur la rue. Elle avait travaillé dur pour prouver sa détermination et certes elle avait essuyé quelques remontrances dû à des moments d’inattention mais n’avait pas déçu son mentor. Elle s’était déjà bien intégrée dans la ville de Mirona et commençait à connaître les environs du quartier ouvrier et du quartier marchand en ayant fait quelques courses pour le compte de la buanderie. Elle avait pu ainsi comprendre les subtilités de cette ville. Elle avait compris que dans le quartier marchand ses habits aux couleurs du Valkerham ne choquaient personne mais au sein du quartier ouvrier ou elle avait passés le plus clair de son temps on la reconnaissait facilement. Son accent la démasquait plus que ses vêtements. Les kalrédaniens n’avaient pas beaucoup de problèmes avec les étrangers et semblaient bien les supporter. Cependant elle avait compris que seuls les kalrédaniens étaient autorisés à s’approcher du temple à leur dieu qu’ils vénéraient assidument. Les natifs n’étaient aussi, pas très à l’aise avec l’affluence des nouveaux étudiants en magie. Pour la plupart, autoriser la pratique de la magie à Mirona n’était pas une bonne idée. L’ouverture de cette Université de magie ne les rassurait pas et à chaque fois qu’ils le pouvaient ils discutaient de son utilité. Parika fut tirée de ses pensées par le bruit de la marmite posait sur la table par la maîtresse de maison.

- Faites attention, c’est chaud dit-elle en servant à chacun un bol de lentilles, et n’oubliait pas de dire vos prières avant de commencer

Le pensionnaire du dessus vint se joindre à eux en apportant, comme à chaque fois, sur la table du pain en guise de contribution. Clarissa se chargeait de faire le service et de s’assurer que tout le monde mangeait à sa faim. La jeune fille avait saisi son bol à deux mains et avala goulûment sa ration sans prendre le temps de mâcher. Clarissa l’interpella sur un ton autoritaire

- Parika ! quelles sont ces manières ? Je t’ai de dit ne plus engloutir ton repas. Quoi ? ma cuisine ne te plaît pas et tu te sens obligé de tout avalé d’un coup ?

Les enfants pouffèrent de rire en voyant les joues de la jeune fille rondes et gonflés. Leur tante fronça les sourcils

- Et vous ne l’encouragez pas ! dit-elle en agitant sa louche.

- Désolé Lieutn...

Elle fut foudroyée par un regard sombre. Parika avait encore fait une bêtise en oubliant qu’elles n’étaient pas seules, elle se sentit rougir. L’ambiance dans la pièce s’était automatiquement refroidit. Clarissa tira un banc et s’installa à la table en s’attrapant la tête

- Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi

- Je suis désolé, répéta-t-elle la tête baissée en touillant le contenu de son bol

« Les habitudes ont la vie dure après tout » pensa-t-elle. Pour elle aussi cela a été difficile de se départir de ses habitudes d’espionne quand elle commença sa nouvelle vie. Mais le fait d’avoir joué le rôle de la tante attentionnée avec ces neveux l’avait tout de même beaucoup aider. En moins d’un an elle avait facilement réussit son insertion dans la société et elle se comportait moins comme un maître espion. Mais pour la petite Parika les choses étaient bien différentes, elle avait vécu beaucoup de choses et certains comportements étaient gravés en elle. Elle avait l’intention de la faire engager dans la buanderie le lendemain après sa semaine d’apprentissage pour l’aider dans sa réinsertion mais visiblement le métier de lavandière ne suffirait pas. Il fallait quelque chose de plus radicale. La suivant des yeux pendant qu’elle essayait d’expliquer à Germo et Luna ce qu’un « Lieutn » était, elle remarqua que cette dernière ne manquait pourtant pas de compétences sociales. Cela pouvait s’avérer utile et lui donna sur le coup une idée.

- Quoi qu’il en soit, demain je veux que tu mettes ta robe la plus correcte, et par tous les cieux, débarrasses toi de cette cape. Avec elle sur le dos tu attires plus l’attention qu’autre chose

- Ma robe la plus correcte ? Mais pourquoi ?

- C’est évident non, répondit-elle avec un sourire aux lèvres, il faut que tu sois présentable devant ton nouvel employeur.

Les rues de la ville étaient encore sombres et vides. De temps en temps on pouvait croiser des soldats faisant leur ronde à travers celle-ci. Le soleil était sur le point de se lever et bientôt les cloches de la ville sonnaient pour réveiller la masse ouvrière et annoncer la fin de la nuit. La jeune femme et son apprentie s’étaient levées un peu plus tôt que d’habitude. Parika fredonnait un air joyeux en suivant de près la jeune femme. Elle sautait de joie et marchait gaiement dans sa robe la plus correct. Elle avait mis du temps pour se coiffer, elle voulait faire bonne impression devant son futur employeur. Clarissa ne lui avait pratiquement rien dit pour éviter de l’effrayer. Elles avaient pris le pont qui séparait le quartier ouvrier du reste de la ville et à la grande surprise de l’adolescente, avaient emprunté un chemin qu’elle ne connaissait pas.

- Où va-t-on ?

- Vers la ville haute, répondit-elle spontanément

- Quoi ? s’exclama-t-elle, mais … on a le droit d’y aller ?

Clarissa ignora sa question et continua devant. Plus elles montaient la pente qui menait vers cette partie de la cité plus les habitations changeaient d’apparence et les rues devenaient moins de moins boueuses. Le clocher de la ville et les deux autres tours, qui se tenaient à bonne distance d’elle, devenaient de plus en plus imposantes. Parika se sentait rétrécir et compris très vite que quelqu’un comme elle n’avait visiblement pas sa place dans un endroit pareil. Ce sentiment se fit plus grand quand elles furent arrêtées devant un portail qui marquait l’entrée de la haute ville. Un garde vint à leur rencontre et Clarissa s’expliqua avec lui brièvement. Après une petite inspection, il fit un signe de la main et les portes s’ouvrirent. Ces dernières donnaient sur une grande avenue bordait par des arbres de chaque côté et un partenaire de fleurs colorées en son milieu. Les maisons, tout aussi belles les unes que les autres, possédaient des couleurs singulières qui s’accordaient parfaitement entre elle. Certaines avaient des fleurs et du lierre grimpant sur leurs murs, leurs donnant un charme rappelant l’attachement que portaient les kalrédanien à la nature. La ville haute était comme le quartier ouvrier, elle possédait sa propre ambiance. Même si le soleil venait de jeter ces premiers rayons sur Mirona, les rues accueillaient déjà des personnes s’affairant de tous les côtés. Les grands commerçants se pressaient pour aller surveiller l’ouverture de leur boutique dans le quartier marchand, les administrateurs se dirigeaient vers l’hôtel de ville pendant que des servants courraient déjà dans tous les sens. C’était un endroit de la ville dont peu de personnes étant habituées à vivre dans les quartiers ouvriers où marchand pouvaient se vanter d’y avoir mis les pieds. Parika et Clarissa finirent par arriver, après quelques bifurcations, devant une maison qui se distinguait fièrement des autres par la manière dont elle s’imposait. Même si elle était collée à deux autres maisons de part et d’autre elle semblait ne pas étouffer. Elle possédait deux étages et était un plus large que les maisons qui l’entourait. En se tenant devant elle Parika compris immédiatement que cette maison appartenait à une famille importante de Mirona et n’en croyait toujours pas ses yeux.

- C’est ici ? demanda-t-elle sans s’arrêter de regarder la demeure

- Oui, surprise ?

- Désolé Clarissa mais je ne comprends pas, je pensais que je travaillerais pour la buanderie

- Pas exactement. Vois-tu nous nous trouvons devant la maison de la famille Splendor. Celle-ci a employé notre buanderie et donc 3 fois par semaine je viens ici pour m’occuper du linge.

Clarissa s’avança vers la maison et donna 3 coups sur la porte. Elle s’ouvrit quelques instant plus tard. La lavandière et son apprentie traversèrent un large couloir avec de chaque côté des portes qui menaient à différentes pièces. Celui-ci était aussi emprunté par tout le personnel de maison qui à cette heure-ci, s’occupait de récurer les lieux. Le sol sur lequel la jeune adolescente marchait était reluisant et témoignait parfaitement de l’exigence des maîtres de ces lieux. La demeure possédait une décoration qui reflétait parfaitement le statut social de ce qui y vivait. Le plafond au-dessus de leur tête dans certaines pièces était orné par de magnifiques fresques et peintures qui mettaient en valeur la pièce. Au fond du couloir, illuminé par une petite fenêtre, était accroché un imposant portrait qui semblait être celui de la maîtresse de maison et de ces enfants. Les meubles étaient en bois massif, gravés et brillant par moment. Parika avait remarqué le nombre important de livres entreposés dans une des pièces, méticuleusement disposés sur une bibliothèque massive. Il n’y avait aucune tâche sur les murs et il était impossible de voir se balader sur le sol un quelconque nuisible. Arrivée au fond du couloir, Parika remarqua à sa droite un escalier qui menait à l’étage et à sa gauche une porte qui donnait sur un endroit d’où s’échappait d’agréables odeurs. Clarissa l’emprunta et Parika la suivit immédiatement. La cuisine était typique de toute celle que l’on pouvait rencontrer dans ce type de maison. Une grande table où étaient disposés déjà plusieurs plats, se trouvait au milieu de la pièce, les ustensiles étaient accrochés à côté d’une cheminé qui accueillait une marmite bouillante sur le feu. Les denrées étaient disposées sur les étagères et étaient prêtes à l’emploie, Parika n’avait jamais vu autant de nourritures à un seul endroit. A l’intérieur de la pièce, tout suivait une organisation précise et le tenancier de la cuisine veillait bien à ce que son marmiton ne fasse pas d’erreur. Il s’arrêta un instant pour saluer les deux nouvelles arrivantes qui avaient fait irruption dans son espace. Clarissa adressa un salut général et présenta sa nouvelle apprentie avant de se diriger vers le fond la salle où elle poussa une porte qui menait vers un plus petit endroit.

- Voilà c’est ici que l’on va travailler, dit-elle en présentant l’endroit qui lui servait de buanderie, c’est un peu étroit mais on s’y fait vite.

A l’intérieur il y avait plusieurs piles de linges qui s’entassaient au fond de la pièce. Les vêtements avaient juste été posés là. Quelques bassines étaient posées dans le fond de la pièce et n’attendaient plus qu’on les utilise. Sans un mot l’adolescente et sa maîtresse commencèrent à trier le linge avant de commencer leur tâche. Pendant que Parika s’occupait d’une chemise Clarissa se chargeait de lui faire la leçon

- La famille Splendor est une des plus anciennes familles de Kalrédan. D’après de nombreux ouvrages cette famille a joué un rôle important dans la construction et l’essor de Mirona. Ils possèdent de nombreux hangar en ville et gèrent de nombreux commerces. Ils font venir des produits d’un peu partout et possèdent même des terres à l’extérieur des murs et de Kalrédan.

Parika buvait les paroles de sa maîtresse. Plus elle continuait plus la jeune lavandière commençait à douter de ses capacités pour ce travail. Elle avait peur de faire un trou dans l’un des vêtements de ces nobles qui pouvait facilement lui faire vivre un enfer pour le reste de sa vie

- Les Splendor ont une bonne réputation, ils font beaucoup d’œuvres de charités. En ce moment le dirigeant de la branche principale est Roland Splendor est … mais arrêtes de t’acharner sur cette pauvre tunique tu vas l’abimer ! cria-t-elle

- Je suis désolé, dit-elle en souriant, c’est juste que cet habit …

Clarissa lui prit la tunique des mains pour l’inspecter

- Je vais m’occuper de celui-là, répondit-elle

Parika était nerveuse. Tellement nerveuse qu’elle ne fit pas attention à la porte qui s’ouvrit et à la silhouette qui fit son apparition. Cette silhouette appartenait à un homme d’âge mur avec une posture droite. Son visage fin qui commençait à prendre des rides était décoré par une moustache noir. Ces vêtements ne possédaient aucunes tâches et étaient bien taillés. Il possédait une mine sévère qui paralysa la pauvre adolescente dès qu’il croisèrent leur regard, cet homme était le majordome. Clarissa se leva immédiatement et salua le nouvel arrivant après s’être essuyé les mains dans son tablier.

- Je vois que vous commencez bien tôt aujourd’hui, commença-t-il

- J’ai beaucoup d’ouvrages qui m’attend ailleurs.

- Vous aurez beaucoup plus de travail aujourd’hui, mais c’est une chance que vous ayez amenée quelqu’un pour vous seconder dit-il en se tournant vers Parika qui se leva précipitamment pour lui faire la révérence, n’oubliez pas de passer me voir quand vous aurez terminé, je prépare votre paye.

Il était sur le point de partir quand Clarissa l’arrêta

- Monsieur Esval, j’aimerais vous la présenter, elle s’appelle Parika Tenzo et elle vient d’arriver en ville. A partir d’aujourd’hui, elle travail en tant que lavandière. Cependant j’aimerais aussi vous demander un service

- Un service ? dit-il en haussant les sourcils

- Oui

Elle prit une grande inspiration et lâcha sa doléance

- Pourriez-vous, s’il vous plait, l’engager à votre service

La pièce résonna pendant quelque seconde avant que Parika ne réalisa ce que Clarissa venait de demander. C’était donc cela qu’elle voulait dire quand elle parlait de la présenter à son nouvel employeur. Prise de panique elle tenta de l’arrêter mais reçu un coup de coude discret en guise de réponse

- Je pense que cela est impossible, Clarissa

- Je vous en prie, elle est la fille d’un ami qui vient de passer l’arme à gauche et elle n’a plus personne au monde. Il m’a demandé avant de mourir de m’occuper d’elle mais je n’en ai pas les moyens …

- Et vous pensiez que peut-être je pouvais y faire quelque chose ? coupa-t-il, vous savez mieux que quiconque que je ne prends pas n’importe qui au service de cette maison.

Parika ne savait presque plus où se mettre, elle n’avait jamais été aussi embarrassée de sa vie. Voir Clarissa se mettre presque à genou pour elle ne l’enchantait pas. Elle voulut mettre un terme à tout cela.

- S’il vous plait, veillez au moins la considérer quelques secondes

Devant l’insistance de sa lavandière qui depuis son premier jour n’avait jamais rien demandé de plus que ce qu’on lui offrait, le majordome laissa échapper un soupir avant de tourner lentement sa tête vers l’intéressée. Il avait plongé son regard dans celui de l’adolescente qui dans l’obscurité semblait luire. Elle avait l’air à première vue désarçonné par cette situation et n’était visiblement pas au courant des intentions de sa tutrice. Parika se sentait foudroyé par son regard. Elle sentait tous les muscles de son corps se crispaient. La dernière fois qu’elle avait ressenti une telle pression c’était sur un champ de bataille.

- Tenez-vous droite, dit-il par surprise

Par reflex elle se mit au garde à vous, les bras le long du corps, le menton levé.

Clarissa étouffa un juron. D’après les informations qu’elle avait recueillies sur lui, Monsieur Esval avait un passé militaire. Avec cette ordre, il venait surement de démasquer son apprenti.

Ce dernier se rapprocha de la jeune fille

- A ce que je vois son père était soldat

- Pardon ? laissa-t-elle échapper

- Oui, sinon comment pourrait-elle adopter une telle position, elle est surement habitué à entendre cette ordre.

- C’est vrai, dit Clarissa en feignant un rire nerveux, son père l’a un peu secoué de son vivant.

- Je vois, dit-il en lui saisissant le menton.

Il lui faisait passer une inspection rigoureuse. Il vérifiait la propreté de sa peau, l’entretient de ses cheveux, son haleine. Rien ne lui échappait.

Il lâcha le menton de la jeune fille quand il eut terminé et posé quelques questions pour la tester. En se retournant vers Clarissa qui attendait impatiemment son verdict, il passa ses mains dans ses cheveux pour se recoiffer et dit

- Cette jeune fille n’a pas l’air fine d’esprit c’est ce que je remarque, la dernière chose dont j’ai besoin c’est bien d’une maladroite.

Déçut, Parika se relâcha d’un coup.

- Cependant, le nombre d’habitants de la maison vient d’augmenter, comme vous l’avez constaté avec le nombre de vêtements qui a aussi augmenté. Refuser une paire de mains supplémentaires ne serait pas judicieux

Le même sourire apparut sur le visage des deux lavandières.

- Je me porte garante de tout ce qui pourrait arriver, dit Clarissa sur un ton enthousiaste

- Ne vous emballez pas, ce n’est que pour un essai. J’espère que tu te rends compte de ce qui se passe jeune fille, dit-il en se retournant vers Parika, ta tutrice est une travailleuse sans égal, prends exemple sur elle

Parika voulait sauter de joie sur place, mais elle était confuse. Elle ne savait pas qui remercié. Cette situation était bien mieux que tout ce qu’elle pouvait imaginer. Elle tourna la tête vers Clarissa qui lui lança un clin d’œil discret en guise de félicitation. Elle avait prévu de la sérer dans ses bras quand elles seraient toutes les deux seuls. C’était donc comme cela que débutait sa nouvelle vie à Mirona. Elle s’était promise en regardant le majordome et la lavandière sortir de la pièce, qu’elle ferait tout pour préserver cette nouvelle chance qui s’offrait à elle.

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