Chapitre 64 : vendredi 1er juillet 2005

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En cette fin de matinée, Mickaël s'activait chez lui. Les jours où il n'était pas de criée - en fin de semaine désormais -, ils avaient convenu Maureen et lui qu'ils y dormiraient. Cela lui permettait d'y passer un peu de temps avant de se rendre au travail, de mieux récupérer aussi car son impasse était beaucoup moins bruyante que le boulevard où vivait la jeune femme. Et comme elle avait le temps de faire une coupure le midi, elle pouvait revenir manger avec lui. Par contre, le mardi soir, il la retrouvait chez elle, dans la nuit, car de toute façon, il devait se lever tôt le mercredi matin.

Il avait rapporté quelques restes de la veille et préparait un accompagnement de légumes. Une fois que tout fut prêt, que la table fut dressée, qu'il n'aurait plus qu'à faire cuire sa préparation une dizaine de minutes avant que Maureen n'arrive, il s'installa au salon et appela sa grand-mère.

- Mummy ! Bonjour, c'est Micky !

- Ah, je te reconnais ! Comment vas-tu ? Et Maureen ?

- Nous allons bien, Mummy. Je venais prendre de tes nouvelles !

- Hum, ça va, ça va. J'espère que vous viendrez pendant l'été, car j'aurai besoin de vous au jardin. La haie a poussé... Le voisin passe la tondeuse régulièrement, mais bon, je ne veux pas abuser...

- On passera, Mummy, aucun souci, dit Mickaël. Maureen pense qu'elle pourra fermer durant deux semaines. Sa meilleure amie, Lawra, qui vit encore à Dublin, doit venir nous voir avec son petit garçon et son mari, et...

- Oh, j'espère vous voir avec eux, alors ! l'interrompit sa grand-mère. Il y a de la place pour vous loger, tu sais !

- Merci ! J'allais justement t'en parler... Ils vont venir au mois d'août. On passera te voir, mais on veut aussi les emmener dans les Highlands.

- Il faudrait en profiter, s'il fait beau, pour aller jusqu'à Skye. D'autant que tu n'avais pas eu le temps d'y emmener Maureen, au printemps.

- J'y pensais un peu, oui. Tu nous accompagnerais ? demanda-t-il avec un ton légèrement tentateur.

- Mais n'es-tu pas un peu fou ? Traîner ta vieille grand-mère jusqu'à Skye... Non, non, vous ferez étape ici, vous allez vous promener, tu trouveras bien à vous héberger sur Skye... Et vous revenez quand vous voulez.

- Merci, je vais réfléchir au parcours que l'on peut faire. Mais ils ne resteront qu'une semaine environ. Ensuite, j'ai l'intention d'emmener Maureen sur les Hébrides. Mais, Mummy, je t'appelais aussi, parce que je vais avoir quelque chose à te proposer, dit-il en changeant de sujet. Quelque chose d'important.

- Toi... Tu veux me faire venir à Glasgow..., dit Mummy d'un ton malicieux.

- Comment as-tu deviné ?

Il entendit la vieille dame soupirer au bout du fil. Il sourit, ne lui laissa pas le temps de répondre et enchaîna :

- Mummy, je suis très sérieux. Le 12 juillet, c'est l'anniversaire de Maureen. J'ai déjà combiné un truc avec maman. Maureen ne se doute de rien, mais elle a accepté d'aller dîner chez Harris avec papa et maman un soir. Ce serait bien que tu sois avec eux aussi.

- Tu as l'intention de lui faire une surprise ? demanda Mummy, vivement intéressée.

- En quelque sorte, répondit Mickaël. Et ce serait bien que vous soyez là, avec elle. Parce que moi, je peux difficilement poser un congé ce jour-là.

- C'est un mardi, le 12 juillet...

- Oui, et pour nous, c'est un soir pas trop chargé. Enfin, si on peut dire, car ce sera la pleine période du festival de musique. On aura quand même du monde.

- Mais ça va être compliqué pour moi de venir..., protesta vaguement Mummy.

- Je peux aller te chercher le week-end précédent, suggéra-t-il. Et papa et maman te ramèneraient le suivant. A moins... A moins que Véra...

- Ta sœur viendra, mais plus tard, précisa-t-elle.

- Alors, comme cela, tu pourrais voir Léony deux fois cet été ! fit remarquer Mickaël avec malice. En juillet à Glasgow, et au mois d'août chez toi.

- Bon, bon... Je vais voir.

Assis dans son canapé, Mickaël serra le poing en signe de victoire. C'était gagné. Mummy passerait quelques jours en juillet à Glasgow.

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