La traversée

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Le navire s’avance sur les flots, confiant. Ce n’est pas le cas du capitaine : il n’est pas sûr que son embarcation atteindra les côtes en un seul morceau. Et pourtant, celle-ci s’éloigne du rivage, de l’odeur rassurante de la terre et de l’herbe cajoleuse. L’impulsion du départ l’amène rapidement au milieu des flots, l’écume en chatouillant le pont.


Elle reste là, un peu. Ni vent ni courant ne la transporte là où elle voudrait aller. Pas même n’importe où. Le capitaine se fige lui aussi, par solidarité ou par appréhension. L’eau, elle, s’anime et s’agite même. Elle bouillonne autour du bateau, le soulève et l’attire. Il la suit, de plus en plus vite, mais pas dans la bonne direction. Malgré les imprécations du capitaine, il continue sa course, sillonnant les flots dans un fracas épouvantable.


Un rocher. Juste devant lui, sur la trajectoire que lui promet le courant. Plus le temps de manœuvrer pour l’éviter. La collision ne fait plus de doute. Le choc est violent mais ne détruit pas le navire. À la place, il l’arrête.


Le capitaine sait ce qu’il lui reste à faire : son embarcation ne restera pas longtemps prisonnière d’un caillou, il faut agir maintenant. Il se saisit d’un bâton et pousse son bateau contre l’autre rive du ruisseau.

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