Astra

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Une petite fille est venue sonner à ma porte ce matin. Elle était très jeune mais ses yeux verts, si tristes pour une enfant, la veillissaient bien plus sûrement que des rides. Son visage d'ange me regardait avec désespoir et ses mains se tendaient vers moi pour s'accrocher à la vie. Ses lèvres n'eurent que le temps de murmurer une prière avant qu'elle ne s'effondre dans mes bras et que ses pleurs la privent de paroles.

-S'il vous plait, aidez moi.

Je l'ai porté à l'interieur, où elle a pu se réchauffer près du feu. Je l'ai fait manger et lui ai donné un lit pour qu'elle dorme un peu. Elle a de la fièvre, la pauvre enfant. J'espère qu'avec un peu de repos, elle retrouvera des forces. Je l'entends sangloter doucement, mais je ne peux rien faire. Il faut qu'elle se guérisse d'elle même, autant son corps que son esprit.

Je me demande d'où elle sort pour être si maigre, si fragile. Où sont ces parents, sa famille? Que faisait-elle seule, malade et fatiguée, à se trainer dans les rues? Je suppose qu'elle a dû demander asile tout au long de son chemin. Les gens sont durs, par ici, et je suis heureuse qu'elle est frappé à ma porte, car qui sait combien de temps encore elle aurait érré dans le froid de l'hiver.

Le temps passe, et je n'arrive pas à m'endormir. J'ai peur pour la petite, et je me pose trop de questions. Je finis par me lever pour aller me rassurer. Je pousse la porte de ma chambre, que j'ai prêtée à l'enfant, et m'approche de son lit le plus discrètement possible. La petite dort à poing fermé mais quelques gémissements s'échappent de ses lèvres gercées : elle cauchemarde. Je lui touche le front du bout des doigts, rassurée de constater que sa fièvre a baissée, puis je la regarde dormir un certain temps, peinée de ses rêves agités, avant de me retirer.

Je m'endors moi aussi, petit à petit, près des quelques braises qui restent dans la vielle cheminée, et je me laisse emporter par un sommeil léger. Demain, oui, demain je lui demanderais la raison de ces pleurs.

oOoOoOo

Je me suis réveillée à l'aube, gênée par un bruit de porte. Je me lève doucement, encore ensommeillée, puis je me rend jusqu'à la cuisine où je commence à préparer mon petit-déjeuner.

Et soudain, je m'arrête, frappée d'une évidence. Un bruit de porte. Je vais dans la chambre, le coeur rempli d'espoir, mais les pensées déjà tristes. J'entre en silence et vois tout de suite le lit, fait impecablement. Mais vide.

La petite s'en est allée.

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