Chapitre 24

17 minutes de lecture

Léana

- Allez, arrête de faire la tête ! crié-je à travers la porte de ma chambre.

- Je n’ai pas envie de sortir. On peut très bien fêter mon anniversaire tous les trois ici, soupire Matt derrière la porte.

- Trente-trois ans ça se fête Cow-boy !

- Pas besoin d’être au restaurant pour le fêter, ici ou ailleurs, tant qu’on est tous les trois c’est l’essentiel.

- Hors de question ! Allez, arrête de faire ton bougon, ne discute pas, réponds-je en ouvrant la porte.

Matt s’apprête à répliquer mais se fige en me voyant. Effet réussi ! La bouche grande ouverte, je vois son regard descendre le long de mon corps, remonter et se fixer sur mon ventre puis au niveau de ma poitrine. Je suis tombée sous le charme de cette robe noire asymétrique lors de notre dernière virée shopping avec Sophia, sexy sans être outrancière. Des manches longues, un col rond large qui découvre une partie de mes épaules, elle est traversée de deux bandes transparentes : l’une part de mon épaule droite pour passer entre mes seins et s’arrêter sur le haut de mon flanc. La seconde, la plus osée mais plus fine, part de ma hanche droite et remonte sur mon flanc gauche, découvrant mon nombril. La jupe est plus longue à gauche qu’à droite, évasée, descendant sous mon genou d’un côté, à mi-cuisse de l’autre. Autant vous dire qu’il n’y a pas de place pour un soutien-gorge, ni pour une culotte haute. J’ai quand même un sous-vêtement et la robe possède un genre de soutien-gorge intégré.

Matt se racle la gorge bruyamment et plonge ses yeux dans les miens en passant une main dans ses cheveux. Le bleu de ses prunelles est foncé et le désir que je lis dans ses yeux me rassure un instant. Ce sentiment persiste alors que je lève un bras et glisse ma main dans mes cheveux à présent plus courts pour tenter de les discipliner alors qu’ils ondulent, et que son regard suit mon geste avant de revenir au niveau de mon corps, étudiant semble-t-il ce qui est visible sous la couche transparente. Et il se renforce encore quand, après avoir fait demi-tour pour ajuster ma coiffure, j’observe son regard encore et toujours posé sur moi à travers le miroir.

- Très bien, dit-il d’une voix rauque. Je vais me changer.

- Dépêche-toi, on va être en retard Cow-boy.

- En retard pour quoi ?

Je me mords la lèvre. Mince, pas de boulette Léa, il faut garder l’effet de surprise.

- Pour la réservation Matt, soupiré-je lourdement pour ajouter un côté théâtral.

Mon pompier bougonne et fait demi-tour pour rejoindre sa chambre. J’enfile des bottines à talon épais pour un côté rock et ma veste en cuir noir, dessine mes lèvres avec un rouge à lèvres mat teinte rouge et rejoins l’entrée. Paul nous attend et son regard glisse sur moi avec un peu d’insistance. Je sais que je lui plais, il a toujours un regard appréciateur sur moi mais jamais déplacé, et il ne franchira jamais la limite par respect pour Matt et ce même si nous ne nous remettons pas ensemble. Je l’embrasse sur la joue et lisse sa chemise d’un bleu clair magnifique tranchant sur le foncé de sa peau.

- Tu es très classe coloc.

- Je te retourne le compliment beauté, Matt va bander toute la soirée.

Je ris et lui frappe le bras. J’espère bien lui rappeler ce qu’il rate à s’obstiner à ne pas vouloir que l’on discute. J’ai tenté à plusieurs reprises d’entamer la conversation avec lui, sans succès. Matt se refermait à chaque fois et me disait qu’il n’était pas prêt. Ma patience ayant des limites malgré mon empathie, j’ai décidé de mettre à l’épreuve son self control. Je vois ses regards, ses hésitations au quotidien. Cette histoire d’amitié n’est qu’un moyen pour lui de se protéger, ce que je comprends tout à fait, mais je vais tout faire pour le faire plier et retrouver mon homme. Parce que maintenant que les souvenirs sont revenus, encore plus que lors de mon amnésie, je sais la complicité qui nous liait, l’attirance qui nous consumait, la passion qui nous animait. Et tout cela me manque atrocement.

Matt descend les marches et je ne peux m’empêcher de laisser courir mon regard sur lui à mon tour. Il a enfilé une chemise blanche dont il est en train de remonter les manches sur ses avant-bras musclés. Il a laissé quelques boutons ouverts au col, laissant apparaître un fin duvet, et a rentré sa chemise dans un jean noir absolument divin, dont j’ai souvenir qu’il lui fait un cul tout aussi canon que son propriétaire. Il a, en plus, enfilé une paire de Derby. Classe. Très classe. Je jure que je pourrais baver si je n’avais pas un minimum de retenue. Il se poste devant moi et sort de sa poche le bracelet en cuir noir épais que je lui ai offert l’an passé.

- Tu veux bien me l’attacher ? Je n’ai pas réussi.

- Bien sûr oui.

Je lui prends des mains et le glisse à son poignet, crochetant les attaches. Matt attrape ma main et la porte à ses lèvres, y déposant un baiser.

- Tu es… A tomber Chouquette.

- Tu n’es pas mal non plus dans ton genre.

Il sourit de ce sourire qui fait mouiller les petites culottes puis fait courir ses doigts sur la bande transparente qui part de ma hanche et traverse mon ventre pour rejoindre mon flanc gauche. Un frisson me parcourt et le désir réchauffe mon corps et particulièrement mes joues. Il me lance un regard satisfait alors que sa main se pose sur mon flanc puis dépose un baiser sur mon front. Il sent bon le cuir et cette touche de forêt qui lui est propre, et je me surprends à inspirer profondément alors que sa main s’attarde et s’accroche à mon flanc.

- Bon, on y va ? La tension sexuelle ici est insupportable, rit Paul.

Je ris nerveusement alors que Matt lui lance un regard noir. Me détachant de lui, je récupère mon sac à main et mes clés de voiture. La brigade nous attend déjà au restaurant ainsi que de vieux amis de la star de la soirée. S’il ne voulait pas fêter son anniversaire en grande pompe avant son accident, Paul et moi avons tout de même jugé important de rassembler les personnes qui comptent pour lui et sur qui il peut compter. Cette soirée est à double objectif. Je veux qu’il se rende compte qu’il n’est pas seul et que tout le monde ne l’abandonne pas. Il y a des gens qui tiennent à lui et tous seront rassemblés dans la même pièce.

Le trajet se passe dans un calme relatif. Paul a le nez sur son téléphone à l’arrière et Matt, sur le siège passager, regarde par la fenêtre. Moi, je trouble le silence en chantant en duo avec Johnny Cash dont l’album sort des enceintes.

You’ve got a way to keep me on your side

You give me cause for love that I can’t hide

For you I know I’d even try to turn the tide

Because you’re mine, I walk the line.

I keep a close watch on this heart of mine

I keep my eyes wide open all the time

I keep the ends out for the ties that bind

Because you’re mine, I walk the line.

Tu as une façon de me garder près de toi

Tu me fais ressentir un amour que je ne peux cacher

Pour toi je sais que j'essayerai même d'inverser les marées

Parce que je suis avec toi, je file droit.

Je surveille de près mon cœur

Je garde mes yeux grands ouverts tout le temps

J’empêche que ces liens qui nous lient ne se rompent

Parce que tu es mienne, je file droit.

(Johnny Cash – I Walk the Line)

****

Matthew

Son parfum embaume la voiture. C’est fruité, doux et enivrant et comme chaque fois que je suis près d’elle, je lutte pour ne pas la toucher, la serrer dans mes bras et la revendiquer comme étant mienne. Léa se bat également pour garder une certaine distance depuis que je lui ai dit que je n’étais pas prêt à discuter avec elle. Elle respecte mon choix de ne pas parler. Je ne sais pas pourquoi je lui fais réellement subir ça. Peut-être ai-je besoin d’être persuadé qu’elle ne lâchera pas l’affaire, qu’elle se battra pour nous sans relâche et ce même si je lui envoie des signaux plutôt négatifs. Pour le moment c’est le cas. Elle reste à distance tout en tentant d’arranger les choses. Elle reste présente et me montre qu’elle croit encore en un nous et ce même si je la repousse et la maintiens loin de moi. Enfin, aussi loin que possible lorsque l’on bosse et vit ensemble.

Après m’être retenu une bonne dizaine de minutes, je finis par poser ma main sur sa cuisse. Léa sursaute et me jette un regard en coin alors qu’un sourire se dessine sur ses lèvres. Je tire le tissu de sa robe pour la remonter sur sa cuisse et toucher sa peau douce. Cette robe m’a rendu fou instantanément. J’ai eu envie de dessiner les lignes qui rendaient visible sa peau, envie de poser mes lèvres dans son cou et le long de ses épaules dégagées, de caresser ses cuisses douces sous sa jupe volante. J’ai eu envie de glisser mes mains dans ses cheveux plus courts que la dernière fois que je l’ai fait, au chalet lorsque nous avons fait l’amour, j’ai voulu les ébouriffer comme ils le sont après avoir frotté contre l’oreiller pendant que je vais et viens en elle. J’ai eu envie de sentir ses mains sur moi, ses doigts se crisper dans mes cheveux, sur mes épaules, mon dos, mes fesses alors qu’elle gémit mon nom. Et j’ai simplement eu envie de la prendre dans mes bras et de lui dire que je l’aime comme aucun autre ne pourra jamais l’aimer.

Au lieu de ça, j’ai accepté d’aller diner avec Paul et elle pour fêter mon anniversaire au restaurant alors qu’on aurait pu se commander des pizzas et se faire une soirée télé tranquillement à la coloc, puis j’ai tourné les talons pour aller me changer. J’ai choisi ce pantalon spécialement pour la rendre dingue comme elle le fait quotidiennement, en sortant de la salle de bain en serviette, en faisant du Yoga sur la terrasse, en passant la soirée en débardeur sans soutien-gorge, en cuisinant dans un petit short absolument outrancier, en me regardant avec envie, tendresse et amour. Ou en s’installant sur le plan de travail avec un pot de glace comme elle l’a fait avant-hier.

****

Il y a deux jours

Je rentre des courses les bras chargés alors que la colocation est plutôt silencieuse. Pas de musique, c’est plutôt rare, suffisamment pour que cela me fasse froncer les sourcils et me demander ce que fichent mes colocataires.

Alors que je suis en train de ranger mes achats, j’entends le rire de Léana percer le calme de la maison, faisant redoubler mes questionnements. Elle est là-haut, dans la chambre de Paul. Mais qu’est-ce qu’ils foutent dans sa chambre ?! Je ne contrôle pas mon corps lorsque je laisse tomber ma tâche et me dirige vers l’escalier, que je monte aussi silencieusement que possible, pour me poster devant la porte de la chambre et tenter d’entendre ce qui s’y passe.

- Voilà, c’est parfait. Un peu plus bas s’il te plaît, plus fort.

- Monsieur n’est jamais satisfait, rit ma douce alors que Paul soupire, de contentement ?

Nom de dieu, mais qu’est-ce qui se passe là-dedans ?! Je toque un grand coup dans la porte et entre sans attendre d’y être invité pour découvrir Paul allongé sur le ventre, sur son lit, et la femme de ma vie assise sur ses fesses en train de lui masser le bas du dos. Tous deux sursautent en me voyant entrer, pris sur le fait. Paul ouvre grand les yeux alors que Léa me sourit et poursuit son œuvre. Un massage, sérieux ? Il n’y a rien de plus érotique qu’un massage, si ?

- Qu’est-ce que vous foutez ? bougonné-je plutôt brutalement, regrettant rapidement mon ton.

- Paul a mal au dos, tu te souviens qu’avec Sophia on avait fait un genre de formation pour soulager les douleurs lombaires ?

- Je me souviens oui, marmonné-je.

Je m’en souviens très bien oui. Une semaine sans se voir, une semaine de conversations coquines au téléphone. Léa passait son temps à me raconter les exercices qu’elle apprenait, et comment elle ne pouvait s’empêcher de détourner cela en imaginant me masser moi. Autant dire que dans son esprit, cela se terminait toujours par une étreinte passionnée. Une vraie petite coquine. MA coquine.

- Je crois que c’est bon Léa, je me sens mieux, intervient Paul qui semble bien mal à l’aise.

Elle se lève et passe à mes côtés pour sortir de la chambre, s’arrête à ma hauteur et se met sur la pointe des pieds pour venir murmurer à mon oreille, une main sur mon torse.

- Je te promets qu’il n’y avait aucune intention crapuleuse là-dedans, il n’y a qu’avec toi que je rêve de transformer un massage en partie de jambes en l’air.

Léa dépose un baiser sur ma joue et sort comme si de rien n'était, dans ce petit legging moulant qui me donne envie de toucher chaque parcelle de son corps et bien plus encore. Paul, lui, se retourne sur le lit en grimaçant, preuve qu’il ne va pas mieux mais a préféré mettre un terme à ce moment pour éviter l’embrouille.

- Elle ne m’a pas laissé le choix, et franchement j’ai super mal au dos mon pote, je te jure que je ne pensais pas à mal.

- J’espère pour toi, t’es comme un frère pour moi mais si tu la touches, je n’aurais aucune hésitation à te refaire le portrait. Tu te rinces déjà suffisamment l’œil comme ça.

- Matt, soupire-t-il en se levant et en venant face à moi. Je suis désolé de te dire que tu n’aurais pas le dessus si tu tentais de me casser la gueule.

- Je ne parierais pas là-dessus à ta place, tu sais que je suis capable de tout pour elle.

- Oui, capable de tout foutre en l’air aussi. T’attends quoi, sérieusement ?

- J’attends que mon cœur ait cicatrisé avant de risquer une nouvelle entaille, marmonné-je.

- Tout ce qu’elle veut c’est le guérir elle-même, foutu romantique !

Il m’envoie un coup de poing dans l’épaule avant de grimacer et de m’enjoindre à sortir de sa chambre, ce que je fais sans rechigner. Je redescends les escaliers pour finir de ranger les courses alors que ma douce est en train de s’en charger. Je l’observe sourire en ouvrant un sac, plonger sa main dedans et en sortir un pot de glace à la vanille.

- Tu sais que je me souviens de tout ? Enfin j’imagine, je n’ai pas l’impression d’avoir de black-out sur une longue période.

- C’est bien, je suis vraiment content pour toi, un souci de moins.

Je suis sincère, même si j’ai l’air de m’en foutre à cet instant. Il était essentiel pour elle de retrouver la mémoire et je voudrais être capable d’en être totalement soulagé et de profiter de nos retrouvailles, même si c’est, pour le moment, au-dessus de mes forces.

Léa récupère une cuillère dans le tiroir et pousse les sacs de courses pour venir s’assoir sur le plan de travail, son pot de glace à la main, qu’elle ouvre avant de commencer à le déguster. Bon dieu qu’elle est belle dans ce débardeur près du corps, moulant chacune de ses formes et me laissant le loisir de l’imaginer nue sans aucune difficulté, même si, soyons honnête, je me souviens de chaque parcelle de sa peau, de chaque petite imperfection, de chaque courbe.

- Je me souviens qu’on a joué plus d’une fois avec de la glace. En vérité, j’ai même trois souvenirs très distincts.

- Ah oui ?

- Oui, dit-elle en amenant une cuillère à sa bouche alors que je suis en bataille pour rester calme et focus sur la discussion. Ici, sur ce plan de travail… Sur le transat sur la terrasse… Et dans mon lit.

- Tu as oublié la fois dans le salon.

- Sérieusement ? dit-elle en fronçant les sourcils.

- Non, ris-je avant de me reprendre. Pardon, ce n’est pas drôle. Trois fois, c’est exact.

- Tu m’as fait peur… Trois fois qui t’ont bien plu, mais m’ont obligée à finir sous la douche. Ça colle ce truc.

Je ris en acquiesçant. Effectivement, jouer avec de la glace c’est sympa, mais bien collant. Ce qui nous a valu deux moments plutôt torrides sous la douche, en bonus de ceux-là. Ma douce descend du plan de travail et approche dangereusement de moi. Un sourire en coin, une cuillère remplie de vanille à la main, elle relève mon tee-shirt et la promène sur mon ventre, traçant un sillon froid sur ma peau échauffée. Le regard qu’elle me lance est tout ce qu’il y a de plus chaud, de plus tentant et je suis à deux doigts de craquer. Plus qu’un lorsqu’elle se penche pour venir lécher la glace à-même ma peau. Nom de dieu, qu’est-ce que je dis déjà ? Ah oui, elle aura ma peau, diablesse.

Puis elle lâche mon tee-shirt et me sourit innocemment.

- Bonne douche Matt. Tu colles. Et prends la froide aussi. Tu bandes.

Léa m’embrasse sur la joue, récupère le pot de glace sur le plan de travail et va s’enfermer dans sa chambre comme si de rien n’était.

- Chaude la coloc ! rit Paul, en haut des escaliers.

- Ta gueule !

****

J’ai choisi ce pantalon parce qu’elle dit qu’il me fait un derrière à tomber, moule mes cuisses comme aucun autre et lui donne envie de me déshabiller dans la seconde. Et puis j’ai choisi une chemise blanche parce qu’elle adore ça, comme toutes les nanas ou presque j’imagine.

Je caresse sa cuisse sur le reste du trajet, le regard perdu dans le vague. Sa main se pose sur la mienne à un moment, ses doigts se nouent aux miens et j’apprécie la sensation. Paul ne bronche pas à l’arrière mais je sens sa main se poser sur mon épaule et la serrer en signe d’assentiment. Il me fait la morale depuis des jours pour que j’arrête de maintenir Léa à distance. Il m’a menacé de tout faire pour la mettre dans son lit si je ne me décidais pas à l’écouter. Je sais qu’il ne le fera pas mais j’ai eu momentanément envie de le frapper et l’image s’est imprimée dans ma rétine pour mon plus grand malheur.

Je fronce les sourcils lorsque je vois que Léa gare la voiture devant notre Pub habituel.

- On ne devait pas aller au restaurant ?

- Louis propose à manger aussi.

- Et donc… Tu mets ce genre de robe pour aller voir Louis ?

Léa se détache et se tourne vers moi alors que Paul sort de la voiture en riant. J’observe la femme que j’aime et son sourire en coin alors qu’elle reste silencieuse, ses yeux plongés dans les miens. Elle finit par attraper ma main toujours posée sur sa cuisse.

- Non, j’adore Louis mais cette robe est d’abord pour moi, et ensuite sans doute un peu pour toi aussi.

Elle me fait un clin d’œil et sort de la voiture sans plus m’adresser un regard. Je fais de même et la rejoins alors qu’elle se dirige vers l’entrée du Pub, passe mon bras autour de sa taille et plaque son dos contre mon torse. De ma main libre, je tire sur le col de sa veste en cuir et pose mes lèvres sur sa clavicule avant de les remonter le long de son cou. Léa penche la tête pour me donner un meilleur accès tout en la reposant contre mon épaule alors qu’elle frissonne.

- Je suis ravi que tu aies mis cette robe rien qu’un peu pour moi.

- Matt, l’entends-je soupirer.

J’ai l’impression de respirer à nouveau en la sentant contre moi. Mon bras l’enserre et je mordille la chair tendre à la jointure de son cou et de sa clavicule alors qu’un gémissement lui échappe. Ce doux son se répercute dans tout mon corps, le désir grimpe dans mes veines.

- Ça suffit Cow-boy, murmure-t-elle en se retournant contre moi.

Sa poitrine se presse contre mon torse, ses mains s’agrippent à mes flancs et sa bouche se pose au coin de mes lèvres. Je soupire lourdement et agrippe sa nuque pour l’embrasser. Sa bouche s’entrouvre sous la surprise et ma langue glisse entre ses lèvres pour venir jouer avec la sienne. D’abord immobile, Léana réagit et répond à mon baiser avec fougue. C’est si bon de retrouver ces sensations, si agréable de sentir son corps chaud contre le mien, que je grogne immédiatement mon mécontentement lorsqu’elle se détache de moi et recule pour mettre de la distance entre nous. Elle détourne le regard et soupire.

- C’est une mauvaise idée Matt.

- De quoi tu parles ?

- De ça ! dit-elle en faisant un geste entre elle et moi.

Je me renfrogne, glissant mes mains dans les poches de mon jean. Alors elle ne veut plus que nous soyons ensemble ? Je suis totalement perdu, elle dit une chose et son corps, ses regards disent le contraire eux. Bon sang, les nanas sont vraiment compliquées ! Léana a dû percevoir mon trouble car elle approche à nouveau et vient poser sa main sur ma joue barbue.

- Tant qu’on n’aura pas parlé en tout cas.

Son pouce vient caresser mes lèvres et son sourire tendre fait fondre mon cœur. Cependant, ses yeux se teintent de tristesse. De culpabilité ? J’attrape sa main et en embrasse la paume.

- Tu as raison, il faut qu’on parle. Rentrons dans la voiture et faisons-le maintenant.

- Quoi ? Non… Non pas maintenant Matt je… Merde j’attends ce moment depuis une éternité mais… Pas maintenant Matt.

- Pourquoi pas ?

- Paul nous attend…

- On s’en fout, il comprendra, depuis le temps qu’il me casse les pieds pour que je t’écoute.

- Je… Matt rentrons à l’intérieur s’il te plait, murmure-t-elle en me tournant le dos.

- Non, je veux qu’on parle maintenant Léa, réponds-je en attrapant son poignet pour qu’elle se tourne à nouveau vers moi.

Elle soupire longuement en me tournant le dos puis son regard alterne entre l’entrée du Pub et moi à plusieurs reprises. Est-elle sérieuse ? Elle s’approche et m’embrasse au coin des lèvres à nouveau.

- Pardon mon cœur, j’espère que tu comprendras. Rejoins-nous à l’intérieur s’il te plait, fais-moi confiance.

Elle tourne les talons et entre dans le Pub sans plus m’adresser un regard. Je ne comprends pas, qu’est-ce qui lui prend ? D’agacement, je donne un coup de pied dans le pneu de sa voiture en bougonnant. Je n’ai plus aucune envie de dîner et même plus envie de passer la soirée avec elle. Elle me rejette à nouveau alors que j’étais prêt à l’écouter et à lui donner une nouvelle chance, sérieusement ?

- Hé mec !

Je me tourne vers le Pub pour y découvrir Paul qui approche, les sourcils froncés, clairement nerveux.

- Tu viens ?

- Non, pas envie, soupiré-je en passant nerveusement la main dans mes cheveux.

- Matt, viens, arrête de faire l’enfant.

- Putain Paul, j’étais prêt à l’écouter et elle me rembarre merde !

- Tu ne crois pas que cette discussion devrait se tenir ailleurs que sur un parking ?

- On s’en fout du lieu, ça n’a aucune foutue importance !

- Bon sang mais qu’il est borné ! soupire-t-il à son tour. Ecoute… Léa s’est tuée à t’organiser un anniversaire surprise pour te changer les idées et toi tu fous tout en l’air.

- Quoi ?

- Evidemment ! Tu crois qu’on t’aurait fait chier à ce point pour sortir alors que tu ne voulais pas s’il n’y avait pas une raison particulière ?

Je me retrouve un peu con, mais un sourire se dessine sur mes lèvres. Tout s’explique. Ses coups de fil en douce, les sms fréquents sur son téléphone ces derniers jours. Dire que je flippais qu’elle ait rencontré quelqu’un…

- Ok, allons-y.

- Hé attends ! Fais le mec surpris au moins, sinon elle va me couper les couilles…

Je ris et lui tape dans le dos en me dirigeant vers l’entrée du Pub. Moi qui ne voulais pas fêter mon anniversaire, je suis finalement content de savoir que derrière cette porte se trouvent mes amis, présents pour une surprise organisée par la femme que j’aime.

Annotations

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