Chapitre 24

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David vient de me quitter, de me laisser à mon enfer et refuse de m'attendre. Je ne peux pas lui en vouloir, j'ai été me jeter dans les bras d'Alban après qu'il soit parti faire ses études à l'époque et je viens de recommencer. Je rentre avec peine chez moi comme un zombie mais la réalité me rattrape vite quand j'ouvre la porte de chez moi.

— Putain t'étais où ?

Je n'ai pas le coeur à m'expliquer, je veux seulement me coucher et je passe devant lui sans un mot ni un regard.

— Qu'est ce qui ne va pas bébé ?

Mes larmes déferlent sur mes joues et quand il m'attrape la main je ne peux que m'effondrer dans ses bras.

— Al’, qu'est ce qui t'arrive ? On t'a fait du mal ? Parle-moi !

Je ne peux sortir aucun mot, et Alban me garde contre lui jusqu'a m'amener dans notre lit, ne comprenant pas mon état.

— Aline ?

Mes yeux ont du mal à s'ouvrir, j'ai l'impression qu'ils pesent des tonnes, mais j'entrevoie Arielle qui est assise au bord du lit. Je lui tourne le dos, je ne veux parler à personne.

— Qu'est ce qui se passe ? chuchote-t-elle.

La lumière remplie la pièce, j'ai du m'endormir, et Alban n’est pas auprès de moi.

— Il m'a quitté, c'est terminé.

Je bafouille ces quelques mots qui me poignardent au plus profond de moi, me donnant la nausée. Arielle se couche contre moi, en caressant mes cheveux me faisant replonger dans mon nouveau refuge, le sommeil.

— Putain Valérie, tu comprends ce que je te dis !!! Elle est rentrée après le taf en larmes, et tu me dis que tu ne sais pas ce qui lui arrive !!! Ramène ton cul ici pour au moins parler à ta frangine !!!... Jte parle comme je veux connasse !!!

Les mots d'Alban claquent dans ma tête, m'obligeant à sortir de mon abri.

— Je ne veux voir personne !

Il raccroche et s'approche de moi doucement.

— Je ne t'ai jamais vu comme ça bébé, j’aime pas te voir ainsi.

Bien sur qu'il m'a connu comme ça, il ne m'aurait jamais eu si David ne m'avait pas quitté pour ses études, c'est parce que j'étais rongée par la douleur que je l'ai laissé me prendre. Et l'histoire se répète, encore une fois. Mon destin c'est peut être ça au final, retourner auprès d'Alban car je ne mérite pas mieux. J'ai cette foutue douleur qui me brûle à l'intérieur de moi, j'ai l'impression qu'elle m'envahie et ne partira jamais. Je n'ai pas envie de parler, je veux juste rester dans mon lit.

— Ma chérie !!! Qu'est ce qui t'arrive ?

La voix de ma soeur me sort de mon sommeil et réveille ma douleur par la même occasion (putain tu fais chier Val’)

— Elle est rentrée comme ça, je ne comprends pas ce qu'elle a.

— Qu'est ce que t'a encore foutu connard !

— Putain mais t'es conne ou quoi ! Jte dis que je comprends pas pourquoi elle est comme ça !!! Elle passe son temps avec toi, tu dois bien savoir bordel !

— Aline, s’il te plaît, parle-moi, qu'est ce qui t'arrive ? ...tu ne veux pas nous laisser toi ? Sors !

— Tu fais carrément chier toi, c'est ma femme !

— Dé..ga..ge !!!

Alors que la porte se referme derrière mon mari, je me trouve seule avec Valérie et Arielle qui vient nous rejoindre sur le lit. Ma soeur a fait sa connaissance lors de notre séjour chez David, et bizarrement elle a accepté cette situation des plus inacceptables. Ceci dit, je ne suis pas non plus rentrée dans les détails.

— David l'a quitté, lance Arielle à ma soeur.

Ses mots sont comme des couteaux qu'elle tourne dans mon coeur. La douleur est tellement insupportable que je me lève vomir ma tristesse dans la salle de bain. Quand mon regard croise mon reflet dans mon miroir, je me vois pâle, les yeux gonflés, me reconnaissant à peine. Ma soeur vient me rejoindre.

— Qu'est ce qui s'est passé ?

Je peine à parler mais j'arrive à lui expliquer le choix qu'il m'a proposé et celui que j'ai choisi.

— Il te faut quoi Aline pour te sortir de toute cette vie ? Tu crois que c'est en retournant dans les bras de ton enfoiré de mec qu'elle va changer ? David c'est un mec en or, il t'aime, putain gache pas tout Al’ !

— Si t'es venue pour me faire la morale tu peux repartir !

Je me recouche, remettant mes couvertures sur moi pendant que ma frangine joue la moralisatrice.

— Si tu crois que je vais t'encourager à rester avec ce sale type, c'est que tu me connais mal ! Alors tu vas me faire le plaisir de sortir de ce putain de lit et de reprendre ta vie en main !

Elle tire sur les couvertures me faisant grogner.

— Rien à foutre, demain je te veux au taf !!! Sinon je viens te chercher de force ! Compris ?

— Ouiiiiiii, allez laisse moi maintenant !

— Et j'appelle David !

— Quoi ? Ah non tu ne t’en mêles pas Val’ !

— Demain, 10h !

— Oui !

Elle me dépose un baiser.

— Et avec les dents de brosser s’il te plaît, se moque t-elle.

— Ah ah ah...salut !

Je me replonge dans les souvenirs de David, la seule compagnie que je veux pour le moment.

— Bébé, tiens mange un peu, résonne la voix d’Alban.

C'est vrai que je tiens à peine debout, et ça fait mal de vomir le ventre vide. Il m'a préparé quelques tartines et un yaourt qu'il a déposé sur un plateau. Il me regarde manger avec difficulté.

— Val’ m'a expliqué.

Je me fige, n'osant même plus mastiquer. (putain elle lui a dit !) Comment ma soeur a pu me trahir ! Et pourquoi est-il si calme !

— Tu sais ce n’est pas rien de se faire braquer, même elle, est très choquée. T'aurais du m'en parler Al’, je suis ton mari quand même.

Je reprends ma respiration, soulagée mais un peu honteuse d'avoir douté de ma soeur. Elle m'a trouvé un alibi en béton, et mon silence est surement du à mon manque d'imagination sur mon état.

— Ça va aller, j’y retourne demain.

— Quoi ! Tu ne vas pas repartir là bas Al’ ! Ça vient de se produire !

En effet y retourner va me renvoyer aux souvenirs de David, mais je n’ai pas besoin d'un endroit pour en avoir puisqu'ils me hantent constamment. De toute façon je n’ai pas le choix, je dois travailler pour avoir mon indépendance et partir. Je ne suis pas toute seule dans cette histoire, Arielle a besoin de moi.

— Il est hors de question que t'y retourne vu ton état !

Il faut que je me remette encore une fois de cette rupture, et le seul moyen que j'ai c'est d'être la femme d'Alban. Alors je tente de détourner son attention pour arrêter cette discussion.

— Je voudrais prendre un bain bien chaud...tu viens avec moi ?

Le regard d'Alban passe d'ampathique à salace et il file me préparer une eau chaude et parfumée. Je me pose contre lui, il est déjà en état d'excitation mais il ne tente rien, caressant doucement ma peau.

— J'aime te retrouver Al’, quand t'es à moi.

Je reste muette, m'appuyant complétement contre son torse, le laissant faire ce qu'il veut.

— Tu sais qu'il y a que moi pour te guérir de ça et qui sait ce dont tu as besoin.

Ses doigts plongent en moi et je gémis aussitôt. Il est plutôt doux, et c'est agréable je dois le reconnaître.

— Oh bébé j'aime tellement te toucher, ton corps me manque.

Il n'aura que mes gémissements comme réponse. Ses mains remontent à ma gorge qu'il empoigne et serre, je sens le souffle se réstreindre petit à petit, m'emmenant dans un autre monde. (oh oui Alban, finis-en). Ses mains se desserent et je reviens à ma triste réalité. Y a que comme ça que je pourrais supporter cette vie, la réalité est bien trop dur pour moi. Nous sortons du bain qui s'est refroidie, Alban me sèche, je ne suis qu'un pantin et il me porte jusqu'a notre lit, qui vient d'être fait par ma douce Arielle.

— Occupe-toi d’elle, elle en a besoin, lui ordonne t-il.

Je suis à peine là, et je sens une langue chaude me caresser, la tête posée sur les genoux d'Alban.

— Je vais te guérir bébé, d’accord ?

Je ne réponds rien et les laisse s’occuper de moi.

— Je vais te faire planer et tu oublieras tout.

(si seulement)

Il prépare mes seins, me les serre jusqu’à me faire mal mais ce n'est rien par rapport à la douleur que je supporte dans mon coeur.

— On va le faire en douceur. Inspire.

La première aiguille s’enfonce dans ma poitrine, la seconde suit puis les autres. La langue d'Arielle est délicieuse, et elle recueille tout le fruit de mon douloureux plaisir.

— T’es magnifique.

Alban me retourne sur le lit appuyant sur les aiguilles qui s'enfonce un peu plus dans ma chair, pendant qu'il me pénètre pour me soulager un court instant de la douleur qui me ronge. Il va et vient en moi, grognant de plaisir, et mes souvenirs amènent la mouille qui s'écoule de ma chatte, récoltée par la jolie rousse en dessous de moi. Sans que je me sois rendu compte, il a retiré les aiguilles et je finis à demi consciente.

— C'est bon hein bébé quand je m'occupe de toi. Te voilà de nouveau toi.

Non je ne serais plus jamais moi mais j’accepte celle que je reste sans David.

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