Chapitre 28

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 Il ne restait plus qu'une heure avant le début des pourparlers dont Antéa espérait qu'ils aboutiraient à une Concorde.

 La pression commençait à monter à bord de la comète d'Antéa. Ses occupants étaient nerveux.

 Seul l'Oligarque paraissait impassible.

 Antéa interfaçait depuis le poste de pilotage, surveillant les senseurs de son vaisseau

— Un vaisseau S.I. approche, annonça-t-elle, mais... il y a un souci. J'ai une sorte d'échos.

 Elle scruta le vide par l'unique hublot. Ses yeux fruit d'une évolution forcée par l'eugénisme pratiqué dans l'Amas mirent plusieurs secondes à s'habituer à l'obscurité. Les nuances de noir se firent de plus en plus nombreuses. Il y avait du mouvement.

— C'est bien ce que je craignais. Un système de brouillage. Le vaisseau n'est pas seul. Du peu que je distingue à l'œil nu, ils sont venus en force et de tous les côtés. C'est un encerclement.

— Ce n'est pas du tout ce dont nous avions convenu, déclara Cephei. Ils veulent nous arrêter. On peut encore s'échapper ?

 Antéa observa l'holotactic.

— Impossible. Nous sommes au centre d'un ovoïde, entouré de tous côtés par plusieurs dizaines de petits vaisseaux.

— Vous pensez qu'il reste une chance pour qu'ils soient venus négocier tout de même ? demanda Cephei à l'Oligarque.

— Ça me surprendrait, dit le vieil homme qui ne semblait absolument par étonné du tournant que ce rendez-vous prenait.

— Vous n'avez pas l'air inquiet, constata Antéa.

— De fait, non. Je m'attendais à quelque chose de ce genre.

— Si vous saviez ce qui allait se passer pourquoi donc êtes-vous venu ? demanda-t-elle.

— Commandante, n'étant pas doué du don d'omniscience, je n'avais pas certitude que Silence Immobile répondrait ainsi à votre invitation. Étant donné la stupidité du Logos qui conseille le Chef des S.I, je ne faisais que m'en douter. Toutefois, espérant un sursaut d'intelligence de notre ennemi, je devais bien laisser une possibilité à la diplomatie. Tout au plus, ai-je pris d'autres dispositions afin de garantir notre sécurité à tous.

— Vous auriez mieux fait de me prévenir.

— Toute la scène est actuellement filmée par un drone inactif camouflé qui nous transmet les images en temps réel. J'ai hâte d'envoyer ça à...

 Une petite explosion se fit sur l'holotactic.

— On dirait que vous n'avez plus de drone, dit Antéa...

 Il vérifia sur son bracelet communicateur.

— Dommage. Ça nous aurait facilité la vie qu'il n'ait pas été détruit, mais au moins j'ai bien reçu les images de la flotte S.I. nous encerclant. Ça vaut tous les discours. Ne me reste qu'à les expédier pour que tout l'Amas soit au courant.

— Il suffit d'émettre une capsule ciblée depuis le vaisseau. Préparez-la.

 Antéa réfléchissait. Il aurait été surprenant que Silence Immobile n'ait pas pensé à cette possibilité. Quelque chose dans la disposition en nid d'abeilles des S.I. l'intriguait. Elle retourna à sa console de contrôle et pianota. Elle finit par comprendre.

— Inutile d'envoyer une capsule. Elle ne franchira pas ce blocus. Des champs de stase relient tous les vaisseaux qui nous entourent. Nous sommes totalement coupés de l'extérieur.

— Voici qui est fâcheux. Je ne m'attendais pas à ça.

— Communication entrante, dit Hélya.

 Antéa lui fit un signe et le Chef de Silence Immobile apparut sur un écran holographique.

— Rendez-vous. Mes hommes vont procéder à l'abordage de votre vaisseau, ex-officier Antéa et à votre arrestation pour sédition. En outre, il se trouve que nous sommes justement à la recherche d'un dangereux terroriste qui correspond étrangement au signalement de Monsieur l'ex-Conseiller. Les accusations à son encontre sont gravissimes : trahison, mise en danger de l'Amas cométaire et bien sûr détournement des ressources de l'Amas à son profit.

 Antéa ne savait que répondre.

 Elle s'était tendu son propre piège et offrait en sus à Silence Immobile le meneur de la Résistance sur un plateau d'argent. Une bouffée de honte s'empara-t-elle. Elle s'était montrée bien trop naïve. Elle ne faisait décidément pas le poids.

— Vous risquez d'abimer notre précieuse cargaison en nous abordant, dit-elle.

— C'est pour cela que je préfèrerais que vous les laissiez rentrer sans opposer de résistance.

— Écoutez ! Nous arrêter ne règlera rien des problèmes qui secouent l'Amas dit Antéa. Ne pourrions pas simplement nous assoir tranquillement autour d'une table et commencer par parler de...

— Dissidente Antéa, je vous prie de ne pas opposer une futile résistance et de nous faire gagner un temps précieux en accueillant mes hommes à votre bord. Je suis certain vous que ne voudriez pas endosser la responsabilité d'attenter à l'intégrité de la nouvelle génération, à moins que votre avertissement soit une menace déguisée ?

 Antéa ne répondit pas.

— Certainement pas. Je...

 Son attitude corporelle trahit sa défaite.

 Le Conseiller Halley s'éclaircit la voix.

— Monsieur le Dictateur de l'Amas, l'Héroïne ne saurait aller jusque là, en effet. Vous la savez parfaitement sensée et sensible, dénuée du cynisme qui est aux fondements mêmes de votre politique. Maintenant, je vous demande de considérer qu'il y ait à bord quelqu'un d'autre d'aussi fou que vous. Il pourrait avoir prévu de faire sauter ce vaisseau et sa précieuse cargaison en cas de guet-apens de votre part.

 Le Chef de Silence Immobile perdit son air sardonique. Un S.I. vint lui chuchoter à l'oreille.

— Comme il n'y a rien de visible sur nos capteurs, il faudrait que cet horrible putschiste soit assez retors pour avoir piégé ledit vaisseau de l'intérieur. Et je doute que ceci ait pu être accepté par l'ex-Commandante si sensible de cette comète ? ironisa-t-il. Selon moi, vous bluffez.

— De fait, vous dites vrai sur un point. Il aurait été bien malvenu d'en informer la commandante Antéa, répliqua l'Oligarque. Quoi qu'il en soit, je voulais vous remercier – en votre qualité de Complice du Génocide des Survivants de l'Humanité – d'avoir tenu à nous offrir une si belle escorte. Toutefois, vous n'aimeriez pas déclarer à l'Amas que la nouvelle génération a été détruite par vos capacités hors pair de diplomate.

 Antéa tentait désespérément de raccrocher les wagons.

— Je ne crois pas qu'un homme qui se rêve gouverner l'Amas sans Silence Immobile ne puisse assoir son pouvoir sur un tel héritage. Rendez-vous, Halley !

 L'Oligarque eut un rire moqueur.

— Certains parviennent bien à assumer un génocide... Pourquoi ne le pourrais-je pas moi-même ? Et nous ne parlons là que d'embryons.

 Le Chef de Silence Immobile prit quelques instants avant de répliquer.

— Nous voici donc dans une impasse, mais je ne suis pas pressé. En attendant, si vous tentez de forcer mon blocus avec votre vaisseau, nous lançons l'assaut.

— Tentez quoi que ce soit et je fais exploser la nouvelle génération, répliqua l'Oligarque.

 C'en était trop pour Antéa.

— STOP ! Personne ne va attaquer ou faire exploser qui que ce soit ! s'énerva Antéa.

 Antéa coupa la communication, agacée. Elle se tourna vers le Conseiller Halley.

— Vous n'avez jamais cru en ces négociations ! l'accusa Antéa.

— Parce que vous oui ? Vous êtes rafraichissante, répliqua l'Oligarque un brin moqueur.

— Vous avez réellement piégé mon vaisseau ? demanda Antéa déconfite.

— Oui. Et la situation nous prouve que j'ai bien fait.

 Antéa se tourna vers Cephei.

— Tu étais au courant ?

— Non ! Je te le jure, répondit-il piteux. Je n'aurais jamais accepté ça.

— Il dit vrai, concéda l'Oligarque. Un de mes hommes a caché l'explosif tandis que vous faisiez visiter le vaisseau à l'autre.

— Vous n'allez tout de même pas détruire la nouvelle génération ?

— Ce n'est pas mon souhait, mais s'il le faut, je n'hésiterai pas. Même si Silence Immobile en ferait porter le chapeau à la Résistance la destruction de la nouvelle génération ternirait aussi l'image de Silence Immobile. Plus personne ne croit ce qu'ils disent.

— Mais vous êtes un salaud !

 Le Conseiller Halley ricana.

— Quelle fougue ! Je comprends ce que mon fils vous a trouvé. Je commence à penser que ce n'était pas par amour qu'il n'acceptait pas que je fasse connaitre votre précieux carnet de bord. Ce devait davantage être par peur d'être maltraité !

 Le coup de poing d'Antéa partit et un claquement sec retentit avant que les deux gardes du corps du Conseiller ne puissent bouger un pouce.

 « Ainsi, Nérée ne voulait pas rendre publiques les informations que je lui ai données, pensa-t-elle. » La joie que lui apporta cette révélation ne suffit pas à calmer sa colère face à une telle démonstration de cynisme.

 Rouge écarlate, le vieil homme que ses gardes du corps avaient retenu se massait la pommette.

— Jeune écervelée ! Vous pensez qu'une révolution peut se faire sans heurt ? Vous pensez que je souhaite des morts inutiles ? Là, ce ne sont que des embryons ! D'autres pourront être recréés ! S'il doit y avoir des morts, autant que ce soit ces quelques cellules plutôt que des gens déjà nés. Réfléchissez !

 Antéa ne sut pas quoi répondre au vieil homme... Elle n'était pas qualifiée pour lui tenir tête. À vrai dire, elle ne savait même pas à partir de quand considérer un embryon ou un fœtus comme vivant.

 Au final, ce fut Amitié qui rompit malgré lui la tension à son paroxysme. Il contacta Antéa depuis la partie du laboratoire qui avait été aménagée en infirmerie.

— Ce n'est vraiment pas le moment !

— Vous m'avez demandé de vous prévenir quand la Généticienne se réveillerait, dit Amitié en imitant sans voix neutre.

 Il était actuellement bien lui-même, mais restait discret.

 Antéa échangea un regard avec Hélya, qui avait entendu le message.

— J'arrive, dit Antéa.

 Elle se tourna vers l'Oligarque.

— Vous, quel est votre plan maintenant ?

— Les habitants des comètes sont sans nouvelles de nous. Ils fondent de nombreux espoirs sur cette réunion qui n'a pas eu lieu. Il faut les prévenir de la situation, dit le Conseiller Halley. Dans l'Amas, nos hommes sont prêts à agir. Ils n'attendent que le signal que les négociations ont échoué. Notre drone extérieur n'ayant pas eu le temps d'envoyer une capsule, j'avais imaginé d'émettre depuis ici, mais je n'avais pas prévu qu'on soit entouré d'un champ de stase. Il faudrait trouver un moyen de communiquer.

— Je vais y réfléchir. Ne prenez aucune initiative sans me consulter ! De toute façon, je verrouille les commandes du vaisseau jusqu'à mon retour sur ce pont. Je suis désormais la seule à pouvoir interfacer.

 En quittant la pièce, elle entendit le ton monter entre le vieil homme et l'intendant mécontent, ce qui lui confirma que ce dernier n'était pas au courant de tous les détails du plan de l'Oligarque.

*

 Dans l'infirmerie de fortune, Antéa avait informé Amitié des derniers développements. Son drone se voulut résolument optimiste.

 Amitié libéra le champ de stase au niveau de la bouche de la généticienne dont le reste du corps demeurait entièrement prisonnière.

 Entre elle et Caron toujours en coma artificiel, le laboratoire commençait à ressembler à une chambre d'hôpital.

 Io était encore sacrément tuméfiée. Hélya n'y était vraiment pas allée de main morte. Elle s'humectait difficilement les lèvres et ne parvenait qu'à peine à entrouvrir ses yeux. La généticienne faisait peine à voir, même si elle avait bien mérité de se retrouver dans cet état après ce qu'elle avait fait à Caron.

 Antéa porta de l'eau à sa bouche avec une sorte de brumisateur, sur les conseils d'Amitié. Il ne fallait pas qu'elle s'étouffe. Amitié rappela aussi à Antéa qu'il n'avait aucune idée de si les fonctions motrices ou cognitives de la généticienne avaient pu être altérées.

— En outre, mais si ses facultés cérébrales n'ont pas été atteintes, il se peut que ce ne soit guère cohérent. Je l'ai calmé avec une belle dose d'antidouleurs.

 Les premiers mots de la généticienne s'apparentèrent à un râle plaintif. Au milieu des sons confus, Hélya comprit distinctement des mots.

— Hélya a attaqué Caron. Je l'ai vu.

 Prononcer ses quelques morts sembla épuiser toute l'énergie de la convalescente.

 Antéa n'en crut pas ses oreilles.

— Elle affabule pour semer le désordre ? hasarda-t-elle.

— Elle peut délirer, mentir ou dire la vérité. Hélya a très bien pu voler une seringue, agresser Caron puis s'en prendre à la généticienne pour la faire accuser et détourner notre attention d'elle. Nous n'avons que son témoignage qui nous dit le contraire.

— Il est vrai qu'Hélya savait que je soupçonnais la Généticienne et que cette dernière faisait à mes yeux la coupable idéale, mais pourquoi attaquer Caron ? Ça n'a aucun s...

 Antéa se rappela sa bourde. Elle avait largement sous-entendu à Hélya lors d'une discussion dans sa cabine au cours de laquelle Antéa avait perdu pied que Caron faisait partie de la Résistance.

— Je ne peux pas y croire... Hélya ne peut pas être notre espionne. Elle me soutient.

 Mais une petite part d'elle qu'elle avait refoulée y croyait depuis le début.

 Elle revit en souvenir le changement d'expression d'Hélya quand elle les avait surpris dans la soute elle et Nérée. Lorsqu'elle avait découvert le visage de son amant, Antéa avait vu son amie perdre son habituelle moue provocatrice. Elle avait supposé y déceler de l'intérêt pour Nérée, mais ce n'était pas cela. Et puis, il y avait eu toutes ces questions ensuite...

— Il faut que je parle à Hélya tout de suite !

— Je dois rester avec les malades, Antéa. Sois très prudente. Fais-toi accompagner.

— OK. Par Cephei alors. Je n'ai aucune confiance en Halley et ses sbires. Préviens-moi si elle dit autre chose. Tu as toujours la capsule qu'on a enregistrée ? Réfléchis à un moyen de forcer le blocus.

 Antéa s'engouffra dans les coursives pour remonter sur la passerelle de commandement où elle avait laissé tout le monde en plan.

 Au détour d'un couloir, un champ de stase la contraignit dans son déplacement.

 Au-delà de la lumière irisée, Hélya l'attendait.

 Elle n'entendit rien, mais lut le mot « Pardon. » sur ses lèvres.

*

— Alors, Héroïne de l'Amas, ne trouvez-vous pas que votre vaisseau est bien insignifiant vu d'ici ?

 Depuis une des petites comètes de Silence Immobile, Antéa ne savait pas comment son équipage pourrait se sortir d'un tel blocus. Elle ne voyait plus d'échappatoire pour elle-même non plus. Quatre gardes l'encadraient. Ses mains étaient liées dans son dos.

 Hélya l'avait enlevée avec l'aide de son drone et conduit ici.

— Vous pouvez remercier votre amie, lui conseilla le Chef des S.I.

 Antéa foudroya Hélya du regard.

— Vous n'êtes pas très reconnaissante. Sans elle, vous seriez encore à bord de ce tombeau volant. Grâce à vous, nous n'avons plus à nous inquiéter que votre vaisseau tente de forcer notre blocus, qui plus est. Je n'ai plus qu'à attendre qu'ils se rendent, meurent de faim ou se fassent exploser.

 Antéa se maudit de son dernier ordre donné : le blocage des commandes de son vaisseau-comète. Ils ne pouvaient plus bouger, jusqu'à ce qu'elle revienne à bord, contraint à faire du surplace.

— Commandante, j'aimerais beaucoup que vous enregistriez une capsule pour moi, quand mes rééducateurs vous auront fait changer d'avis sur Silence Immobile.

— Vous pouvez crever, lui répondit Antéa.

— Pas de rééducateurs, intervint Hélya. Vous m'aviez promis qu'elle serait bien traitée.

— Les choses ont changé. Votre amie a choisi son camp. Elle est désormais la clé pour calmer la situation dans l'Amas. Il y a urgence. Mais ne vous inquiétez pas pour elle. On va lui faire bénéficier de notre plus belle cellule et de notre meilleur programme, avec nos meilleurs hommes. Quant à vous, ce Prêtre vous attend.

 Hélya essaya de se soustraire trop tard à la prise des gardes.

— Laissez-moi ! J'ai fait tout ce que vous m'avez demandé ! Je vous ai conduit à l'Artiste et je vous l'ai même livré... elle ! J'ai tué le manutentionnaire, un résistant.

— Vous avez aussi participé à cette malheureuse escapade sur l'épave qui est à l'origine de tous nos problèmes. Cette transgression de trop fait de vous un témoin particulièrement gênant. Et malgré cela, je vais tenir parole. Je ne suis pas un ingrat. Vous bénéficierez donc d'un traitement de faveur. Les neuro-effaceurs inventés par nos chers amis du Logos vous feront oublier ces derniers mois. Vous reprendrez alors le cours de votre vie. Il va sans dire que votre dossier et l'incroyable somme de délits antérieurs qu'il contient seront qui plus est intégralement gommés, comme promis.

— Je ne pouvais pas savoir que...

— Silence ! Vous pouvez vous réjouir. Peu de gens ont ce privilège. Emmenez l'Héroïne sur la comète S.I !

 Alors que les gardes poussaient Antéa vers un autre véhicule amarré via un sas, Hélya cria en larmes :

— Ça ne devait pas se passer comme ça, Antéa ! Surtout, ne résiste pas ! Obéis-leur ! Excuse-moi, Antéa ! Ils m'ont torturé ! Je n'en pouvais plus ! J'ai été obligé de travailler pour eux ! Je...

— Faites taire cette hystérique ! ordonna le Chef des S.I.

 Un bruit de taser suivi du bruit sourd d'un corps qui s'affaisse se firent entendre.

 Antéa resta de marbre.

 Les remords d'Hélya arrivaient bien tard.

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