16 – Pseudo : Oz - Le paquet -- Auteur incipit : Paige Eligia - Auteur texte : Raphaël :)

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Ses pas résonnent sur le pavé. L’orage guette derrière elle. Une flèche la manque de peu. Elle vire, tourne, se baisse, glisse sous l’échoppe. Ses poursuivants se rapprochent. Ses doigts palpitent, serrant contre elle la précieuse boîte. Briséis n’a plus le choix. D’un mouvement leste, elle jette son paquet.

L’instant d’après, son cœur est transpercé par un carreau d’arbalète.

Le paquet rebondit sur l’herbe détrempée avant de s’immobiliser contre un rocher. Un de ses coins est légèrement enfoncé et la fine enveloppe de gaze le recouvrant s’est déchirée, dévoilant un couvercle d’ébène poli. La lune semble se regarder dedans, baignant de son regard pâle l’empaquetage. Elle doit cependant bien rapidement fermer ses yeux, sa lueur éclipsée par la lumière agressive des torches des assaillants et du martèlement de leurs bottes cloutées sur le pavé.

Le sang se déverse dans les rainures de la route.Tandis que les hommes tout de fer bardés s’emparent du corps pour le jeter en travers de la croupe d’un cheval, un filet du liquide pourpre devenu gris cendre sous les étoiles gagne le paquet. L’herbe freine sa progression et l’absorbe, teintant de mort sa verdure assoiffée. Malgré tout, il l’atteint, déposant sa marque funeste sur son bois.

Au contact du sang, la boîte frémit. Un léger tremblement la saisit, comme si ce contact lui offrait quelque vie. Cet étrange frisson s’intensifie brusquement et bientôt la boîte se secoue furieusement, remuant la terre autour d’elle. Il semble presque qu’elle désire s’enfoncer dans le sol, tant elle le gratte avec force. Elle se déplace peu à peu, soumise à son mouvement frénétique. Elle gagne progressivement le pavé, le martelant avec rage, comme si c'était lui la cause de son abandon. Le bruit est d’abord masqué par le brouhaha grossier des hommes mais ne tarde pas à se distinguer. Un s’approche alors, intrigué. La boîte saute presque, animée d’une vie surnaturelle. L’homme s’accroupit, cherchant à comprendre la cause de ce phénomène. Il grogne et se gratte le menton avant de la saisir. Lorsqu’il l’attrape, tout mouvement cesse aussitôt. L’objet semble redevenu inanimé. Il l’ouvre alors, peu rassuré, s’attendant à quelque animal ou sceau magique.

Ce n’est rien de tout ça. Sous le couvercle rabattu, le néant. Le vide. Un gouffre immatériel sans fond. Une invitation à la disparition. L’homme est perdu, ne comprend plus rien. Il se risque à passer un doigt dedans. Et soudain, un grand souffle d’air. Un éclair sombre. Un cri étouffé.

***

Cette foutue catin leur a donné du fil à retordre. Il s’est délecté de la voir s’effondrer et agoniser peu à peu. Une semaine qu’ils la poursuivent… Mais la tâche est maintenant accomplie, ils peuvent rentrer au bercail. Il donne le signal de départ. Il s’aperçoit qu’une personne manque.

“Eh les gars, vous avez vu Saeld ?
- Nan, il était derrière mais je le vois plus là.
- Ah ? Attendez, je vais voir où ce corniaud s’est encore fourré.”

Il ne le retrouve pas. En revanche, une boîte rouge sombre se tenait sur la route, auréolée d’un éclat macabre...

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