Chapitre 44

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En vol au dessus de Katalonia, près de la zone de combat, Utopia, 5 février 1994, après-midi

Conformément au plan de Jack, dix navettes contenant chacune cinquante bots furent envoyées. Une onzième navette, plus petite, transportait Jack, qui était vêtu de ce même manteau long à capuche noir qu'il portait lorsqu'il déroba le chaperon rouge au Pays des Rêves quelques jours plus tôt, et Gary qui allaient être déployés seuls. Jack contacta Elena par radio.

—Elena. Lorsque l'on arrivera, je veux que tu mènes les bots près de la frontière avec Dalkia, ordonna-t-il.

—"Compris", répondit simplement la jeune femme, avant de pianoter sur un ordinateur, sans doute pour transmettre les ordres aux bots répartis dans les dix navettes qui les transportaient.

—Gary, reprit Lorage. Une fois au sol, tu élimines toutes les forces efdéèmes que tu croises.

Le bot acquiesça de la tête.

—"Quoi ?!" S'étonna l'ingénieure qui avait entendu la conversation. "Alors il n'attaque pas avec toi ?!"

—Nan... C'est un tueur, un assassin. Je crois qu'il sera plus efficace en solo.

—"Donc toi, tu attaques seul également ?"

—Exactement, répondit Jack sûr de lui, avant de reprendre. Et lorsque tu auras déployé les bots, je veux que tu redécolles et que tu ailles te mettre à l'abri le plus loin possible. Reste en dehors des combats, c'est compris ?

—"Oui", répondit la jeune femme.

Le pilote de la navette dans laquelle se trouvait Jack interrompit la conversation.

—Monsieur ! Fit-il, en s'adressant au paranormal. On approche de la ville.

—Très bien, lui répondit Lorage. Essayez de ne pas voler trop haut et sans vous faire remarquer si possible.

Quelques instants plus tard, Jack ouvrit la porte de la navette qui avait ralentit pour lui permettre de faire ce qu'il allait faire. Il devait faire vite. L'artillerie efdéème était en train d'ouvrir le feu sur la navette.

—Gary ! Cria Jack pour passer sa voix au dessus de celle du vent et des explosions. On vas y aller !

Le bot s'équipa d'un parachute et se plaça derrière son "maître". Quelques instants plus tard, Jack étant capable d'amortir sa chute via ses pouvoirs, sauta sans parachute. Gary s'équipa quant à lui d'un parachute et suivit son "maître". La navette volant à une altitude assez basse, Gary dut déployer son parachute directement.

Quelques secondes après qu'ils eurent sautés, la navette se fit toucher par un tir d'artillerie et s'écrasa un peu plus loin.

Jack toucha le sol quelques secondes avant Gary. Lorsque ce dernier atterrit, il se débarrassa du parachute et rejoignit le paranormal.

—Très bien... Gary, on se sépare ici. On reste en contact radio. Quand je te le dirai, tu rejoint la navette la plus proche, c'est compris ?

Comme à son habitude, l'entité du chaperon acquiesça d'un signe de la tête avant de partir.

Une fois Gary parti, Jack contacta Elena.

—Elena... Gary et moi sommes en ville. Notre navette a été détruite après le saut. Du coup, on devra rejoindre la tienne pour repartir.

—"Quoi ?!" Mais on est à des kilomètres l'un de l'autre... On viendra te chercher."

—Non ! C'est trop risqué ici. Le Efdéème a placé des pièces d'artillerie et des défenses antiaériennes. Laisse tomber. J'ai déjà dis à Gary de rejoindre la navette la plus proche lorsque je lui dirai.

—D'accord, se résigna Elena. On t'attendra alors.

***

Quelques minutes plus tard, Jack continuait son chemin en ville. Cette dernière, grouillait de troupes efdéèmes. Les soldats patrouillaient et des colonnes de chars circulaient, probablement pour rejoindre le front et continuer à faire reculer l'armée katalonienne qui d'heure en heure, perdait du terrain.

Dans un premier temps, Jack voulait avoir une vue d'ensemble et voir ce que ses ennemis avaient déployés. Il arriva à côté un grand immeuble qu'il décida d'escalader afin d'avoir une meilleure vue sur la ville.

Une fois au sommet du bâtiment, il vit que le Efdéème avait déployé les grands moyens. Ils opéraient comme ils l'avaient fait à Dalkia quatre ans plus tôt. Ils avaient pris le contrôle d'une base katalonienne que Jack pouvait apercevoir depuis le toit de l'immeuble. Il pouvait y voir des chars efdéèmois et des PC mobiles Koratan, ces gros véhicules de commandement mobile que l'armée efdéème avait déployé à Seed lors de la guerre de Dalkia. Sur le coup, le paranormal se demanda comment le Efdéème avait-il pu faire circuler ces engins aussi facilement dans cette ville dont la plupart des rues semblaient pourtant trop étroites pour de telles monstres.

Des hélicoptères de combats scrutaient la ville à la recherche de la moindre petite poche de résistance katalonienne. Autre chose qui surprit Jack, il n'y avait aucun civil. Peut-être s'étaient-ils calfeutrés chez eux, ou peut-être avaient-ils fuis la ville.

Un hélicoptère arriva derrière Jack. Ce dernier se coucha afin de se faire le plus discret possible. L'engin passa au dessus de lui sans le repérer. Une fois passé, Jack releva la tête et décida qu'il était temps de redescendre dans les rues et commencer son attaque.

Plutôt que de descendre par les escaliers, il décida de gagner du temps en sautant de l'immeuble. Il utilisa ses pouvoirs pour amortir sa chute. Il vit au coin de la rue, une escouade de cinq soldats kataloniens qui semblaient fuir quelque chose. Jack se plaqua derrière une voiture et attendit que les soldats soient partis. Très vite, le paranormal vit qu'ils étaient poursuivis par deux mécha efdéèmois.

Le jeune homme se souvint alors de la facilité avec laquelle Hal Damon, le paranormal exotien, les détruisait lors de la dernière bataille de Seed. Il fit quelques pas pour s'éloigner du véhicule derrière lequel il s'était caché, puis le souleva via la pensée. L'un des deux méchas vit la voiture léviter sans raison apparente et se mit à lui tirer dessus. Mais Jack eut le temps de la projeter sur lui, le détruisant. Après quoi, il courut se mettre à couvert derrière une autre voiture, pendant que le second mécha se dirigeait vers lui en faisant crier ses deux canons.

—Merde, fit Jack.

Il ne pouvait pas refaire le même coup. Il ne bénéficiait plus de l'effet de surprise et le mécha n'arrêtait pas de tirer vers lui. Cependant, il eut une idée. Il fit un bon de plusieurs mètres pour atteindre un petit balcon, puis sauta sur le cockpit du mécha. Ce dernier ne pouvait plus tirer sur lui. Jack brisa la vitre avec ses pouvoirs et éjecta le pilote hors de la machine, avant de s'éloigner à son tour de cette dernière qui, sans pilote, s'effondra au sol.

Le soldat efdéèmois qui venait de heurter le sol, se mit à ramper pour se mettre à couvert. Mais il était trop tard pour lui. Jack arriva vers lui le foudroya avant de reprendre sa route comme si rien ne s'était passé. En quatre ans, il avait appris à tuer sans ressentir le moindre remord. Autrefois, il aurait trouvé ça flippant. Aujourd'hui, il voyait ça comme une force.

***

Pendant ce temps, les bots avaient eux aussi engagé le combat contre les troupes efdéèmes. Ces dernières étaient nettement plus efficaces que les unités robotiques d'Elena. Ainsi, durant les premières minutes d'affrontement, les bots subirent de nombreuses pertes, jusqu'à ce qu'ils arrivèrent à se mettre à couvert dans des bâtiments délabrés, quasiment détruits à cause des bombardements que le Efdéème avait réalisé lors du débarquement.

Ils rencontrèrent quelques civils qui n'avaient pas pu s'échapper. Heureusement, ils ne les identifièrent pas comme une menace, excepté ce père de famille humain, qui portait un fusil pour défendre sa femme et son fils. Il tira sur l'un des bots et fit mouche. La tête du bot s'arracha du reste du corps qui s'effondra au sol. Malheureusement, deux autres bots étaient à proximité de la scène et criblèrent le pauvre homme de balles.

—Menace éliminée, fit l'un des deux bots.

La femme de la victime hurla à la vue du corps de son mari. Elle décida de ramasser le fusil et de tirer à son tour sur les bots. Elle ne savait pas aussi bien tirer que son mari. Elle effectua un tir qui parti droit sur l'épaule d'un bot, lui arrachant le bras droit, avant que le second ne se retourne à son tour et abatte la pauvre femme.

—Menace éliminée, fit-il.

Il ne restait plus que le petit garçon qui se mit à pleurer. Le bot qui venait d'éliminer sa mère s'approcha de lui et braqua son arme sur lui, avant de voir qu'il n'était pas armé. Il estima donc que l'enfant ne constituait aucune menace puis quitta la pièce avec le bot endommagé.

Elena de son côté, avait suivi les directives de Jack. Katalonia était un pays très boisé. Ainsi, elle donnait les ordres depuis sa navette posée dans une petite clairière, assez éloignée du front. Quatre bots sécurisaient le périmètre afin de s'assurer que personne ne les menaçaient et le pilote se tenait près à redécoller au moindre signe de danger.

—Jack ! appela Elena. Les bots ont gagné du terrain, un groupe de soldats ennemis s'est retrouvé pris entre nos bots et l'armée katalonienne !

—"Et les kataloniens n'ont pas tiré sur les bots ?" demanda Jack en liaison radio.

—Euh... pas que je sache, non. Mais je crois qu'ils sont trop occupés à tirer sur les efdéèmois. Je ne sais même pas s'ils nous ont remarqués.

—"Et Gary ?"

—Je n'ai aucune idée de l'endroit où il se trouve, répondit Elena. Tu lui as dis qu'il pourrait massacrer du efdéèmois... Je crois que c'est ce qu'il est en train de faire.

—"Ouais, sans doute. En tout cas, rappelle-lui qu'il devra se replier lorsque j'en donnerait l'ordre, c'est compris ?"

—Oui.

—"En espérant qu'il suive les ordres."

—Et si ce n'est pas le cas ?

—"Eh bien tant pis" répondit le paranormal. "On partira sans lui".

***

Au centre de commandement Efdéème, improvisé dans la base militaire katalonienne subtilisée, le capitaine Vareg, un homme d'une quarantaine d'années, de taille moyenne, les cheveux courts et noirs, vêtu de l'uniforme réglementaire de l'officier efdéèmois, s'occupait de la gestion des troupes efdéèmes qui repoussaient un peu plus chaque minute, les dernières forces kataloniennes hors de la ville.

Il se tenait debout, droit les bras croisés dans le dos tout. Il était entouré de deux soldats armés et de plusieurs hommes assis en face de consoles installées par le Efdéèmes pour assurer la liaison entre ces dernières et le commandement. L'un de ces hommes venait justement de recevoir un appel de détresse de la part d'une unité.

—Capitaine Vareg, fit le soldat. Des nouvelles de l'unité sept. Ils disent être attaqués par des robots.

—Des robots ? répéta le capitaine, surprit. Mais enfin... l'armée katalonienne n'a pas de robots dans ses rangs.

Le soldat réactiva le micro.

—Unité sept, demandons confirmation. Vous êtes attaqués par des "robots" ?

—"Des dizaines de robots, ils nous sont tombés dessus, ils sont..."

Le soldat n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Il venait probablement de se faire descendre par l'un de ces mystérieux robots dont il parlait.

Le Capitaine Vareg était paniqué. "D'où venaient ces robots ?" s'interrogea-t-il.

—Envoyez-leur des renforts, ordonna-t-il. Immédiatement !

—À vos ordres capitaine, répondit le soldat avant de répondre à un autre appel.

Le capitaine vit sur le visage du jeune soldat que quelque chose n'allait pas.

—Soldat ?

—Monsieur... C'est l'unité quatre...

—L'unité quatre ? Mais... C'est l'unité qui défend la base... s'inquiéta le capitaine.

—Affirmatif Capitaine. L'un des robots est ici.

—Un seul ?

Le soldat appuya sur son casque de communication afin d'activer le micro.

—Unité quatre, ici QG, combien sont les assaillants ?

N'entendant aucune réponse de la part de l'unité quatre, le soldat réitéra sa question.

—Unité quatre, ici QG, veuillez dénombrer vos assaillants ?

Il attendit quelques secondes avant de se tourner vers le capitaine Vareg.

—Aucune réponse monsieur. Nous avons perdu toute communication avec l'unité quatre.

—C'est pas vrai ! Ordonnez l'envoie de renforts sur la position de l'unité sept ! cria le capitaine avant de désigner les deux soldats présents dans la salle. Vous deux ! Suivez moi !

Alors qu'ils s'apprêtaient à quitter la salle, les portes de cette dernière s'ouvrirent. Le capitaine Vareg fut étonné de voir se dresser devant lui un robot vêtu d'un manteau rouge.

—Mais qu'est-ce que...

Il s'agissait de Gary. Il leva ses deux bras mécaniques tenant chacun un fusil de la Force Écarlate.

—Il est armé ! hurla un soldat avant que le robot n'ouvre le feu.

Le capitaine Vareg effectua une roulade pour se mettre à couvert derrière une console. Il vit la majeure parti du personnel de communication se faire abattre sous ses yeux, comme celui à qui il venait de demander d'envoyer des renforts pour appuyer l'unité sept. Vareg sortit son arme de service de son holster, et attendit une occasion de tirer.

Gary vida les chargeurs des fusils tout en avançant dans la pièce. Une fois les chargeurs vides, il jeta les deux fusils et sortit un long couteau d'un étui. Le couteau semblait être l'arme favorite de l'entité qui dirigeait le bot.

Les soldats efdéèmois qui gardaient la pièce tirèrent à leur tour, mais leur cible eut le réflexe de se mettre elle aussi à couvert derrière une console informatique. En s'abaissant, Gary saisit l'une de ses victimes pour s'en servir comme bouclier humain, puis se releva. Les soldats efdéèmois mitraillèrent le corps du pauvre soldat déjà mort. Le bot envoya son couteau en plein dans le torse d'un soldat qui hurla avant de s'effondrer. Puis Gary prit l'arme du soldat mort qu'il portait. Ce dernier le portait encore dans son holster lorsqu'il se fit abattre. Le robot ouvrit le feu et abattit le second soldat.

Trois autres efdéèmois arrivèrent par derrière. Alors qu'ils pensaient prendre le robot par surprise, ce dernier qui les avait entendu venir, se retourna pour pouvoir leur tirer dessus. Il abattit deux de ces soldats, le troisième arrivant in-extremis à se mettre à couvert derrière une caisse à temps.

Vareg toujours à couvert derrière la même console, se leva et tira à deux reprises sur le bot. Les deux balles atteignirent la tête, sans pour autant arrêter le bot qui, voyant que d'autres soldats arrivaient en renfort, prit la fuite en sautant par les baies vitrées, après quoi il se réceptionna sur le tarmac de la base.

Vareg et les autre soldats coururent vers les fenêtres pour ouvrir le feu sur le bot en fuite, sans arriver à le toucher.

—Capitaine, vous allez bien ? demanda un soldat.

—Je ne comprend pas, fit ce dernier. Je lui ai tiré en pleine tête. Pourquoi est-il toujours fonctionnel ?!

—Je... je n'en sais rien monsieur, fit le soldat.

—Déployez nos forces ! Il faut détruire tout ces putains de robots !

—À vos ordres.

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