Chapitre 22 : Procès (2)

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Vyrian fut étonné du mépris contenu dans les propos de la Milicienne. Alors qu’elle relevait Declan sans un mot, Vyrian prit connaissance des données que lui avaient légués Mère. Les Téléporteurs comme leur nom l’indiquaient avaient la capacité de se téléporter d’un endroit à un autre.

Vyrian fut surpris d’apprendre que cette compétence était très mal vu, si bien que les mages possédant ce don devaient le cacher, en raison des polémiques qu’il suscitait. En effet, bien que la magie soit omniprésente dans le Monde Mythique, elle était régie par des règles, or jusqu’à présent personne n’était parvenu à démontrer ce que devenait le corps lors d’une téléportation. Des Erudits tentèrent bien sûr de l’expliquer mais leur expérimentation ne fut pas sans conséquence. Lorsque Vyrian visualisa de vieux documents d’archives, il eut le plus grand mal à reconnaître la place de la Confrérie des Sages. Les bâtiments étaient en ruine, les pierres arrachées et les toitures envolées. Au sol, les pavés étaient éparpillés comme des fétus de paille soufflés par une bourrasque. Quant aux mages, ils étaient méconnaissables. Les corps disloqués regardaient avec effroi leur membres tranchés et le sang jaillir de leur moignon, abreuvant le sol mit à nu.

Vyrian resta focalisé sur les expressions d’incompréhension, de terreur et de douleurs des mages, avant que son attention ne soit happée par les explications. C’est ainsi qu’il découvrit que lors d’une démonstration publique, un groupe d’Erudits avait tenté de visualiser les effets de la téléportation sur le corps. Le volontaire devait se déplacer d’une extrémité de la place à l’autre. Des barrières magiques avaient été érigées pour éviter tout risque de débordement. Les mages supposaient que le Téléporteur pour se rendre d’un endroit à un autre devait visualiser son point de destination, mais aussi en connaître la nature magique, afin de s’y adapter lorsqu’il apparaîtrait. Pour vérifier cela, ils injectèrent un produit de contraste permettant de voir la magie se diffuser dans le corps du Téléporteur. Mais un phénomène étrange se produisit lorsque que le mage s’apprêtait à se téléporter. Tous les éléments à proximité furent attirés et disparurent du paysage en même temps que le participant. Seulement, lorsque tout cela refit surface, l’énergie condensée créa une explosion détruisant une grande partie du centre de la confrérie et tuant beaucoup de mages.

Par la suite, les études sur Numyrhis prirent fin. Sans moyen de vérifier l’existence d’autres mondes et de s’y rendre les recherches cessèrent.

Cet événement resta marqué dans les mémoires. Le centre-ville fut longtemps interdit d’accès en raison de l’instabilité de la magie qui y régnait, suite au transfert d'énergie occasionné. La végétation et les créatures magiques présentent dans la zone se mirent à avoir des comportements étranges et des malformations apparurent. Pour éviter que cela ne se répande, une grande purge eut lieu.

Vyrian n’en revenait pas de n’avoir remarqué aucune des séquelles du passé lorsqu’il avait survolé la confrérie, les mages semblaient avoir reniés cette histoire de leur passé.

Lorsque le biologiste prêta de nouveau attention à la scène se déroulant sous ses yeux, la Milicienne rabrouait Declan.

— Tu devrais mieux t’occuper de ta Textys !

— Pas… la … mienne.

— Et à qui appartient-elle ?

Declan ne répondit pas et il désigna du doigt le sol calciné.

— Quelqu’un à traverser ton portail ?

Ce fut Wikee qui répondit.

— Il n’a pas eu le temps d’en ouvrir un. Vous l’avez agressé bien avant. Je vous remercie pour cela. J’espère qu’il a retenu la leçon.

Declan émit un grognement en signe de protestation. Ce à quoi Wikee répondit.

— Tu n’aurais pas eu à souffrir si tu m’avais écouté !

Pour toute réponse, le mage poussa un nouveau grognement. Le Wileefy n’insista pas plus, mais la réponse ne suffit pas à satisfaire la Milicienne.

— Ce portail n’est pas apparu tout seul ! Si tu ne l’as pas créé qui est-ce ?

Declan se contenta de hausser les épaules. Cette réaction ne fit qu’énerver encore plus son interlocutrice.

— Comme c’est pratique !

Alors que tous avaient leur attention tournée sur le jeune Sage, une nouvelle voix s’éleva du groupe de Miliciens.

Si je peux me permettre, je peux concevoir un objet permettant de retracer ses souvenirs. Le flux magique est constamment modulé selon l’expérience de son propriétaire. En se basant sur son flot d’énergie je peux concevoir un outil pour savoir s’il dit bel et bien la vérité.

Vyrian posa les yeux sur la rouquine qui avait osé braver la colère de la chef de Milice. Alors qu’il la voyait pour la première fois, son esprit fut assailli d’informations. Il eut ainsi accès au vécu et aux motivations de la jeune femme. C’est ainsi qu’il apprit que Djima avait quitté Hemyra. Elle souhaitait trouver des réponses sur la situation préoccupante du Monde Mythique. C’est ce désir d’assouvir sa curiosité qui l’avait poussée à quitter la Guilde des Sciences Mystiques. Il s’agissait de l’une des organisations les plus anciennes et des plus mystérieuses du Monde Mythique. Elle étudiait les catastrophes mythiques, dans le but de les prévoir et de les contrer. Cette bivalence avait conduit ses membres à pousser au plus loin leurs connaissances sur leur environnement.

Hemyra étant la capitale de l’artisanat, il était très facile d’y construire une arme visant à abattre telle créature mythique ou bien d’élaborer un artefact capable de copier des capacités magiques.

Djima avait grandi dans ce monde de mythes et légendes complété par une touche de mécanique. Tout ce qu’elle connaissait, elle l’avait appris au sein de la Guilde. La jeune femme était accompagnée par une créature que Vyrian n’avait pas encore eu l’occasion d’observer. Un nom apparut : ExoTempus.

« Considérés comme étant les plus puissants des métamorphes. Leur forme d’adaptation est optimale pour chaque situation, les erreurs commises au cours de leur vie leur apportent une expérience inégalée en matière de survie.

Cette physiologie dotait les jeunes individus d’une grande réactivité mais d’une adaptabilité moins grande. Quant aux individus âgés, ils perdaient peu à peu cette réactivité mais possédaient une adaptabilité plus grande.

Ces créatures sont facilement reconnaissables à leurs pelages. Dans leur jeunesse, il est d’un blanc éclatant, puis au cours de leur vie, les expériences vécues s’impriment à même le corps de l’animal. Il est dit que l’on peut retracer la vie d’un ExoTempus si l’on parvient à comprendre ses glyphes. »

Aux yeux du chercheur, la créature ressemblait à un petit lémurien dont le pelage aurait été tâché d’encre. L’animal reposait sur l’épaule de la jeune femme. Il observait silencieux.

Vyrian voulut tenter de déchiffrer les glyphes qui parcouraient le corps de l’animal. Il espérait qu’avec les connaissances de Mère il pourrait y parvenir. La milicienne ne lui en laissa pas le loisir. Elle répondit à Djima et le ramena à la discussion.

— Avec vous, les artisans, il est toujours question de technologies. Une question simple peut se régler de bien des manières !

Sur ces paroles, la jeune femme sortit une dague de sa botte et la plaça sous l’œil de Declan. A cette vue, Djima réagit.

— Vous n’allez pas encore le torturer ! Le pauvre ne peut déjà plus parler !

— Hum, c’est vrai, nous attendrons qu’il retrouve l’usage de la parole. En route, nous sommes attendus !

Les deux autres miliciens suivirent leur chef. Elle s’arrêta. Ils firent de même.

— Au fait si nos méthodes te déplaisent, tu es libre de partir.

— Je reste !

— Bien. Sois utile dans ce cas, occupe-toi du blessé.

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