Seule

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Et le Prince abandonne son invitée au milieu de la foule silencieuse. Après le départ de leur hôte, les convives reprennent leur discussion non sans jeter de rapides coups d’œil à Natalia. Cette dernière décide de mettre ses appréhensions de côté et d’essayer d'en apprendre un peu plus sur son hôte . Après tout, peut-être qu'elle s'inquiète pour rien et si Alban a pu quitter le bal d’Halloween avant qu’il commence réellement c’est qu’il n’y a rien à craindre. Elle n’a qu’à siroter un ou deux cocktails, esquisser quelques pas de danse et puis s’en aller en s’engageant à dire au maire de Ploemer tout le bien qu’elle pense de Ruben… même si elle n’est pas certaine d’en penser tant de bonnes choses que ça finalement. Enhardie par ses belles promesses, elle n’hésite pas à tapoter l’épaule d’un homme aux longs cheveux blancs qui se tourne vers elle.

— Oui ?

Tentant de faire abstraction de ses yeux vairons et ses lèvres rouge sang, Natalia demande :

— Excusez-moi, mais auriez-vous l’heure ?

L’inconnu regarde la montre à son poignet. Elle n’indique aucun chiffre, mais d’insolites symboles fluorescents.

— Il est vingt-trois heures quarante-cinq.

— Merci beaucoup. Et pourriez-vous me dire quand commence le bal ?

L’homme cligne de ses étranges yeux rouges et jaunes.

— Minuit, il ne reste plus longtemps à attendre.

Et sans plus de manière, se désintéressant complètement d’elle, l’homme entame une conversation avec sa voisine.

Natalia, seule, n’osant plus s’approcher des invités, étouffe un bâillement. Elle a peut-être un peu peur, mais elle est aussi fatiguée, elle s’ennuie et surtout a faim. Elle remarque alors qu’en dehors des serveurs déambulant avec les plateaux où se tiennent les coupes à champagne et autres boissons aux couleurs criardes, il n’y a rien à manger. Aucune trace de toasts, verrines ou même de fruits. Gênée, elle aborde un des domestiques :

— Il n’y a pas de buffet ?

— Non, mademoiselle.

— Il n’y a absolument rien à manger ?

L’employé embarrassé ne sait que répondre. Il annonce alors simplement :

— Ben si, il y a les deux plats…

— Tant mieux et ce sera quoi ?

Le serveur regarde dans tous les sens, comme une biche apeurée prise dans la lumière des phares d’une voiture. Il finit par dire :

— De la viande. Je crois que les cuisiniers préparent la première.

Et avant que Natalia puisse lui poser une nouvelle question, il s’esquive sur ses cinq jambes.

Ruben réapparait soudain sous le regard médusé de Natalia. Alors qu’elle s’apprête à lui demander comment il a fait pour surgir ainsi, les douze coups de minuit résonnent sous les cris de joie des convives.

(à suivre)

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