Hack (2)

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Lorsqu’elle quitta le couvert des arbres, Vyrian découvrit une immense vallée s’étendre sous ses yeux. De leur côté, la pente qui y conduisait était douce, mais sur l’autre versant, se dressait une imposante chaîne de montagnes dont l’ombre s’étirait en contrebas offrant une zone ombragée bienvenue pour les commerçants et autres caravaniers de passage.

Le scientifique observa quelque temps le flux des marchands entrant et sortant de la Confrérie et découvrit qu’à l’instar des Altériens qui avaient su dompter leur environnement en préservant son côté sauvage, les mages avaient façonné le paysage à leur image, tout en respectant la nature. Des sculptures encadraient les routes principales semblant indiquer le chemin aux voyageurs. En les observant de plus près, Vyrian découvrit qu’elles portaient une tenue similaire à celle de Keen’an. Le scientifique en conclut qu’il devait s’agir d’illustres mages.

À plusieurs reprises, le biologiste put voir un voyageur s’incliner dans l’une des sculptures et lui demander conseil. La statue avait alors désigné une direction et ses voisines s’étaient positionnées de manière à tracer un nouvel itinéraire. Après une dernière révérence, le passant s'était engagé sur le sentier balisé.

Vyrian, intrigué par le phénomène, interrogea Mère.

— La Confrérie étant la construction la plus imposante de la vallée, je ne comprends pas l’utilité de ces statues.

— Il existe plusieurs entrées pour accéder à la Confrérie, que ce soit pour les commerçants, les visiteurs ou encore les habitants. Les statues indiquent donc l’entrée à privilégier pour les visiteurs lorsqu’on le leur demande. De plus, pour les marchands ayant peur pour leurs attelages, ils peuvent demander la protection des statues. En échange, une fois arrivé en ville, ils s’acquittent d’une taxe. De cette manière, la contrée de la Confrérie est la plus sûre. Elles officient en temps que guide et protecteur. Ce sont les sentinelles de la Confrérie.

En suivant la progression de Pitchi, Vyrian découvrit que plus elle se rapprochait de la Confrérie, plus l’habit des sculptures semblait sophistiqué. Le biologiste se rappela que lors de l’altercation entre Keen’an et les Altériens, Ywan, l’avait interpellé par le titre de sage. Il interrogea Mère au sujet de la hiérarchie des mages.

— Keen’an est un Sage ou un Mage ?

— C’est est un Sage. Pour les Mysticys, toute personne maîtrisant la magie est considérée comme étant mage. Mais pour les membres de la Confrérie, le rang de mage est le rang le plus faible, réservé aux apprentis. Les Sages sont des mages plus expérimentés.

— Y-a-t-il d’autres grades ?

— Oui. Au-dessus des Sages, il y a les Sages Vagabonds. Ce sont des Sages qui souhaitent partir à la découverte du Monde Mythique pour espérer en percer les secrets.

— Numyrhis en fait partie ?

— Oui, tout à fait. Le dernier rang est celui d’Érudit qui s’obtient en dédiant sa vie à la recherche. Beaucoup obtiennent ce grade à titre posthume. Enfin, le chef de la Confrérie est le Doyen.

Pitchi arriva près d’une imposante statue qui marquait l’entrée de la Confrérie. Toutes les statues qu’avaient pu observer Vyrian jusque-là avaient taille humaine, celle-ci devait faire dans les cinq mètres de haut. Un livre entrouvert reposait sur son avant-bras gauche tandis que dans la main droite, elle tenait une dague à la lame fine et courte dont la garde et le pommeau avaient été ciselées sous la forme d’une plume. Mère entreprit de la présenter.

Tout comme Altéryx protège ses habitants à l’aide de pierres de bénédiction, la sécurité de la Confrérie est assurée par son fondateur. À sa mort, il peut choisir de continuer à veiller sur les siens et son esprit est emprisonné dans une pierre spirituelle qui est sculptée à son image. Jylk étant mort de manière précipitée, son esprit n’a pas pu se réincarner dans une statue, c’est donc son prédécesseur qui occupe toujours ce rôle.

— Va-t-il laisser passer Pitchi si Keen’an est accusé de meurtre ?

— Oui. Pitchi est un cadeau de la part du Doyen à Keen’an. Jylk possédait un couple de Textys et décida d’offrir l’une de leur progéniture à son protégé. Le jeune homme par peur d’être encore plus discriminé cachait sa liaison avec Pitchi, si bien que lorsqu’il quitta la Confrérie très rare était ceux au courant. À ma connaissance seuls le Doyen et Declan étaient dans la confidence.

La petite créature se dirigeait vers une grande place pavée. Une foule s’y était regroupée et acclamait les personnes défilant sur une estrade. Pitchi prit cette direction. Intrigué, Vyrian la suivit du regard et découvrit de jeunes gens, leur tenue était identique à celle de Keen’an. Constatant que le scientifique n’était toujours pas apte suivre les événements et à prendre connaissance des notifications en même temps, Mère lui expliqua la situation.

— Ce monde est régi par plusieurs cérémonies. Il y a celle du passage à l’âge adulte, mais aussi celle du savoir. C’est durant cette cérémonie que les Sages Vagabonds sont élus. C’est un grand honneur de contribuer à l’enrichissement des connaissances de la Confrérie.

Vyrian observa le déroulement de la cérémonie. Un nom se démarqua des autres.

— Declan, fils de Dungal et d’Oriana, êtes-vous prêts à consacrer votre vie à la recherche de la vérité ?

Un jeune homme s’avança sur l’estrade.

— Oui, je le suis.

Vyrian profita de la solennité du moment pour interroger Mère.

— Est-ce lui, le passionné de Numyrhis dont parlait Keen’an ?

— Oui.

— Keen’an est donc moins puissant que Declan ?

Si tel était le cas, Vyrian n’osait imaginer la puissance du jeune homme.

— Il n’est pas moins puissant. Être Sage Vagabond signifie s’engager dans la résolution des mystères entourant le Monde Mythique. S’il l’avait souhaité, Keen’an aurait pu participer à la formation avant d’espérer obtenir ce rang lors de la cérémonie, mais ayant fui l’occasion ne s’est pas présentée.

Vyrian acquiesça et se reconcentra sur la cérémonie.

— Bien, dans ce cas, relevez-vous et renaissez en tant que Sage Vagabond. À partir de ce jour, vous parcourrez les terres Mythiques à la recherche de leurs moindres secrets. Pour cela, vous serez accompagné dans votre quête par un jeune Wileefy qui, tout comme vous, doit faire ses preuves. Bien qu’encore inexpérimenté, ce compagnon vous sera d’une aide précieuse, prenez-en soin.

Vyrian ne prêta pas plus attention à la cérémonie. Il voulait connaître la créature. Il lut d’une traite la description.

« Wileefy : créatures assez rares, connues aussi sous le nom de "fées savantes". Leur espérance de vie bien plus longue que celle des humains, couplée à l’héritage des connaissances de leurs ancêtres, leur ont permis d'acquérir un savoir conséquent. Malheureusement, elles ont tendance à être imbues d'elles-mêmes. Elles n'en restent pas moins d’une efficacité redoutable. »

Vyrian soupira à l’idée de ce que pouvait être les interactions entre deux fortes têtes. Le chercheur vit Declan recevoir, comme les autres jeunes Sages Vagabonds, un parchemin. D’un geste vif, le jeune homme déroula le document et prit connaissance des détails de sa première mission. Le court instant ne permit pas à Vyrian de lire les informations.

Frustré, il l'observa saluer ses instructeurs et quitter la cérémonie, entouré de ses collègues. Les jeunes gens, le crâne récemment tondu, s’isolèrent afin de célébrer leur réussite dans un cadre moins formel. Les spectateurs les félicitaient sur leur passage.

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