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Corentin devina immédiatement ce qui s’était passé.

— Tu étais consentant, au moins ?

— Oui, c’est moi qui l’ai cherché. Corentin…

— Je sais, tu regrettes, ce n’était qu’un coup, tout ça !

— Non ! Je voulais te dire que je t’aime, que tu es tout pour moi.

— Mais que je n’ai pas une assez grosse bite pour défoncer ton petit cul ?

— Non ! C’était juste pour voir !

— Bon, moi, je vais me coucher.

Lucas ne comprenait pas cette colère. Il ne l’avait pas trompé. Il n’y avait aucun sentiment, juste du sexe. Il sentait son cul suinter. Il alla se faire un lavage, puis revint se coucher le long de Corentin. Ce dernier fit un écart pour éviter le contact. Lucas avait mal, Lucas allait mal. Que s’était-il passé ? Il tomba dans un mauvais sommeil, peuplé de mauvais rêves. C’était leur première dispute.

La douleur le réveilla. Il se souvint de la pommade. Dans la petite salle de bain, un pied sur le lavabo, il s’enduisait délicatement. Il ressassait leur discussion. Il avait sans doute fait une bêtise, il le savait, mais laquelle exactement ? Et lui, il avait eu très peur d’être violé. Ce soir, il avait subi exactement la même chose. Dans le premier cas, il refusait, dans le second, il demandait. Cette simple différence entrainait soit une destruction, soit un plaisir. Il ne parvenait pas non plus à expliquer cette dualité. Son esprit tournait en rond, au ralenti.

Il laissa son doigt pénétrer plus loin. Il fut surpris de sentir sa petite bosse. Il n’aurait jamais pensé à aller la chercher. Il la massa doucement, se produisant des ondes apaisantes. La pommade agissait, bienfaisante, il continuait, dans une sorte de torpeur. Il fut surpris, car il n’avait entendu aucun bruit. Il sentit les cheveux de Corentin sur son dos, une main sur son épaule.

— Viens, Lucas, je suis désolé.

Ils retournèrent se coucher. Cette fois, Corentin prit Lucas dans ses bras, par derrière.

— Non, sil te plait, pas ce soir. J’ai trop mal.

— Je sais ! C’est juste un câlin, un gros câlin.

Le lendemain matin, Corentin reprit.

— Je suis désolé ! Je te veux pour moi tout seul, mais tu ne m’appartiens pas. Tu es jeune, tout jeune. Tu n’as aucune expérience sexuelle. Tu es tombé sur moi. Je suis ton seul partenaire. C’est normal que tu veuilles explorer ces plaisirs. Moi, cela fait plus de dix ans que j’ai des aventures. J’ai dû avoir une vingtaine d’amants. Tu es mon soleil, mais tu brilles pour les autres aussi. Tu dois avoir ta liberté. De toute façon, si je ne te laisse pas expérimenter, tu le feras en me quittant. J’ai mal réagi. Je t’aime et savoir qu’un autre t’a possédé m’a blessé. C’est mon problème.

— Corentin, moi aussi, je suis désolé. J’aurais dû te le dire avant.

— Mais tu me l’as dit ! Quand tu as inscrit ton nom à côté de celui de Kevin, je savais ce qui allait se passer. Je t’ai regardé et tes yeux ont brillé !

— J’étais travaillé par ce qui s’était passé et ce que tu avais raconté sur la taille de son engin !

— Et alors ?

— C’est génial ! D’abord, il m’a brouté le cul ! Je ne connaissais pas. J’ai adoré, surtout avec sa brutalité !

— Oui ! Moi, je n’aime pas trop : ni le faire ni le subir. Mais si toi tu aimes, je te le ferai ! C’est vrai que ton petit derrière est une merveille !

— Ensuite, il m’a pris, direct, à fond ! Ça fait mal, mais qu’est-ce que c’est fort !

— Oui, j’ai eu la même impression !

— Surtout à sec et sans préservatif ! Sentir en soi l’éjaculation, c’est super !

— Lucas, t’es con ou quoi ?

— Pourquoi ?

— Merde ! Toujours se protéger. On en a parlé ! Tu es vraiment un abruti !

— Mais c’était Jean-Eu !

— Celui qui laisse trainer sa queue dans tous les culs qui passent à sa portée ! En plus, il t’a forcément déchiré les muqueuses ! Tu as tout bon pour le V.I.H. ! Lucas, t’es trop con !

Corentin semblait tellement déçu. Lucas ne comprenait pas. Il connaissait la gravité du SIDA, mais n’avait pas percuté sur sa proximité, sa prégnance sur sa nouvelle vie sexuelle.

— En plus, on a recommencé. Tu as raison, je suis le roi des cons !

— Mais Lucas, c’est une question de vie et de mort ! Tu as vu ton âge ! Tu te vois en trithérapie pendant soixante ans ? Lucas…

— J’ai compris ! Je te promets de faire toujours attention.

— T’es bon pour une série de tests, au mieux.

— Il y a tant de risques que ça ?

— Une trithérapie à vie, ça vaut le coup, c’est super. Une bonne petite MST, ça agrémente la vie. Lucas, sort de l’enfance, tu es dans un monde sale et méchant !

— Mais toi…

— Moi aussi, je suis sale et méchant, des fois.

— Jamais avec moi !

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