AVANT-PROPOS

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Qu’est-ce que la Curiethérapie ?

La Curiethérapie a commencé en 1901, peu après la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel en 1896, quand Pierre Curie a suggéré à Henri-Alexandre Danlos qu’une source radio-active peut être insérée dans une tumeur.

Au début du XXème siècle, les techniques d’application de la Curiethérapie ont été initiées à l’Institut Curie à Paris par Danlos et à Saint-Luke’s au Memorial Hospital de New York par Robert Abbe.

La Curiethérapie est une technique d’irradiation interne utilisant des rayons gamma émis par des sources radioactives scellées, introduites dans l’organisme afin d’y détruire les cellules cancéreuses.

Elle est fréquemment utilisée pour soigner le cancer du col de l’utérus, de la prostate, du sein ou de la peau mais également d’autres organes.

Proposée à visée curative en cas de petites tumeurs ou de tumeurs localement avancées non métastatiques, elle offre parfois la seule chance de guérison lorsque la chirurgie n’est techniquement pas possible.

Elle peut être utilisée seule ou associée à d’autres traitements, notamment la chirurgie et la radiothérapie externe.

Les techniques utilisées se différencient selon la voie d’abord, interstitielle ou endocavitaire, le débit d’administration (bas débit de dose ou haut débit de dose) et le type de matériel requis (implant permanent ou temporaire).

La Curiethérapie interstitielle implique l’introduction de fils radioactifs placés à l’intérieur des tissus, dans des tubes en plastique ou des aiguilles creuses. Cette méthode est utilisée pour certains cancers de la peau, du sein, de la verge, de la langue, des lèvres, …

La curiethérapie endocavitaire consiste à placer la source radio-active dans les cavités naturelles de l’organisme touchées par le cancer (vagin, utérus…).

Le débit de dose de la curiethérapie indique l’intensité avec laquelle le rayonnement est délivré vers le milieu environnant et s’exprime en grays par heure.

En cas de bas débit de dose, la source reste en place pendant toute la durée du traitement, ce qui nécessite une hospitalisation en chambre protégée c’est-à-dire spécialement équipée de parois absorbant le rayonnement pour la protection du personnel, des autres malades et de la famille du patient.

L’utilisation du haut débit de dose permet de réduire considérablement le temps du traitement qui peut alors s’effectuer de manière fractionnée, en plusieurs séances de quelques minutes. Selon le site à irradier, un traitement en ambulatoire est donc possible facilitant ainsi la tolérance du traitement en évitant l’isolement.

Le placement des sources de rayonnement dans la zone cible peut être :

- temporaire : les implants sont retirés après une durée déterminée d’irradiation,

- permanent : de petits grains radioactifs bas débit de dose, sont placés dans la tumeur ou le site de traitement. Après décroissance radioactive, les grains inactifs restent définitivement implantés dans la zone de traitement. Cette technique est utilisée couramment dans le cancer de la prostate.

La Curiethérapie permet d’appliquer une forte dose de rayonnement sur une petite zone en un temps court. Elle réduit ainsi le risque de dommages collatéraux des tissus sains situés autour de la tumeur. On peut donc augmenter les chances de guérison tout en diminuant les effets secondaires.

Au Centre, on note une augmentation constante de l’activité sur les trois dernières années d’exercice avec en 2010, 189 patients traités dont 1/3 en ambulatoire alors que les hospitalisations sont faites en chambres standards.

Technique curative de pointe, la curiethérapie passe par une atteinte du corps dans ses parties les plus intimes. Cette atteinte peut-elle toucher aussi l’intimité de la personne ?



Comment définir l’intimité d’une personne ?


Le dictionnaire nous donne la définition suivante :

Intimité : caractère de ce qui est intime.

Intime : mot d’origine latine superlatif de interior signifiant plus à l’intérieur.

Intérieur et profond.

Qui fait l’essence d’une chose : nature intime d’un être.

Qui existe au plus profond de nous : conviction intime.

Qui a et pour qui on a une affection très forte : ami intime.

Sens intime : sentiment qui se passe au-dedans de nous.

Différents auteurs précisent cette définition :

Dans son livre Les territoires de l’intime, Robert Neuburger explique que le droit de disposer d’une intimité se développe particulièrement à l’adolescence, c’est-à-dire au moment où le besoin d’autonomie se concrétise.

Pierre Lévy-Soussan ajoute la notion de secret : « Nous partageons avec autrui une part avouable de nous nous-même et gardons secrète une part non avouable. Celle-ci est constituée des pensées, fruits du dialogue intérieur, constituant un vécu non dicible. [...] Le secret a en outre une fonction de maturation. Il représente un espace intime où la pensée peut mûrir le temps nécessaire. Face aux événements douloureux de la vie, le Moi de l’individu est souvent traversé par des idées opposées, contradictoires. »

Serge Tisseron oppose la notion d’intimité à la notion d’extimité qu’il propose de définir comme « le mouvement qui pousse chacun à mettre en avant une partie de sa vie intime, autant physique que psychique. [...] Intimité et extimité sont inséparables d’un troisième terme l’estime de soi. Désir d’intimité et désir d’extimité sont la systole et la diasystole de la construction de l’estime de soi et de l’identité » .

Il ajoute que l’intimité n’est pas seulement ce que l’on partage avec quelques très proches : la sphère privée, elle est aussi ce que chacun ignore de lui-même : l’inconnu de soi sur soi.

Dans son livre La dimension caché, Edward T. Hall décrit l’espace intime comme une bulle qui entoure chacun de nous et à l’intérieur de laquelle nous vivons et nous déplaçons.

L’espace intime apparaît comme un espace autour du corps dont nous ne supportons pas qu’il soit envahi.

Il répartit les distances en quatre groupes :

- la distance intime, inférieure à 40 cm, est celle où l’odorat et le toucher l’emportent. C’est la distance des corps amoureux, de la relation mère-enfant, du corps à corps, des combats sportifs et des bagarres,

- la distance personnelle jusqu’à 1,40 m, celle de la poignée de main,

- la distance sociale inférieure à 3,60 m,

- la distance publique au-delà de ce nombre.


Indéfinissable dans sa nature : sentiment ? relation ? secret ? espace ?…, intérieure et extérieure à l’homme, l’intimité façonne son être, conditionne ses relations à l’autre et son rapport au monde.

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