Chapitre 2

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L’appartement n’avait rien d’extraordinaire pour Machiro, en particulier comparé avec les logements dans lesquels il avait vécu ou même vu sur Terre. Cependant le studio, qui ne devait pas faire plus de 20m2, avait un charme certain. Une grande fenêtre amenait beaucoup de lumière, tandis que le mobilier était sobre, mais très fonctionnel. Il n’y avait pas de décoration, et les murs, blancs, renvoyaient une impression de calme et de sérénité. Un panneau en bois coulissant séparait la pièce à vivre de la salle de bain. Ce panneau semblait d’ailleurs avoir fait l’objet de plus d’attention que l’appartement en lui-même. Finement ciselé, il représentait des formes géométriques complexes, et plusieurs types de bois semblaient avoir été utilisé, même si Machiro ne pouvait en aucun cas en être certain. En fait, il semblait que l’appartement aurait pu convenir à n’importe quel humain, si tant est qu’il fût un tant soit peu aménagé et décoré. Ses affaires déballées, son esprit et son corps reposés, Machiro décida de visiter la station.

La 1ère station, celle où il devrait loger à partir d’aujourd’hui, ressemblait à ces villes asiatiques tout de verre et d’acier, dont les néons colorés illuminent les rues le soir venu. Il fut manifestement ému lorsqu’il aperçut un stand de ramen. Il tenta une discussion en japonais avec le gérant, qui lui répondit dans la même langue avec beaucoup d’enthousiasme. Mr. Kamato lui expliqua qu’il venait lui aussi de Tokyo et que cela lui faisait plaisir de voir un autre japonais, car il n’y en avait pas beaucoup dans la station. Il lui indiqua ensuite les choses à faire et à voir dans la 1ère station, et lui conseilla de se rendre à la 4ème station, qui abritait les cultures du Mayflower et les greniers de nourriture. Outre l’aspect pittoresque de la station, il pourrait selon les dire de Mr. Kamato en apprendre plus sur le fonctionnement du vaisseau entier en discutant avec les habitants.

Machiro suivit alors les recommandations du vieux japonais. Il monta d’un étage, tourna plusieurs fois dans les rues et arriva de nouveau devant le bâtiment de l’administration solaire. Là, il prit une autre rue au bout de laquelle se trouvait une place ; au milieu se trouvait un beau dôme en pierre blanche ; au centre trônait une fontaine sculptée. Elle représentant le combat d’un homme contre un serpent, l’homme tenant dans ses mains un livre et un glaive. Machiro s’y arrêta quelques instants avant de repartir. En flânant dans les rues, il découvrait de petites sculptures, des peintures murales, des inscriptions. Levant la tête, il tombait presque toujours sur une fresque, ou sur quelques génoises lorsque les bâtiments étaient de style plus ancien. Comparé à l’étage 0, celui de Machiro, cette partie du quartier semblait de style méditerranéen, les tours de verres laissant leur place à des bâtiments plus classiques en pierre. Après discussion avec un petit groupe de personne - qui s’avéraient être parmi les plus anciens dans cette station - Machiro apprit que peu de personnes habitaient ici, et que les constructions qu’il voyait là étaient presque tous des bureaux.

Il commença alors à se diriger vers la 4ème station. Il fallait pour cela monter au 2ème étage et emprunter d’immenses couloirs qui permettaient de passer d’une station à l’autre. La 1ère station, qui était centrale, permettait de se rendre dans toutes les autres. Il y avait donc foule au moment où Machiro vit les portes de l’ascenseur s’ouvrir.

Heureusement, le flot de citoyens solaires se dirigeait en sens inverse et il put donc tranquillement arpenter le couloir reliant la 1ère et la 4ème station. Le couloir, d’un blanc immaculé encore une fois, était parcouru de télévisions en marche, de photos et d’affiches en tout genre. Les télévisions semblaient diffuser le journal d’information local où un journaliste en costume énonçait les sujets des groupes de travail se réunissant dans la 1ère station. Machiro n’y prêta pas beaucoup d’attention et se concentra sur une affiche annonçant l’ouverture prochaine d’une plage artificielle située dans la 3ème station. Il continua ensuite son chemin.

Arrivant à l’entrée de la 4ème station, Machiro attendit l’ouverture de la porte ; avant de se rendre compte qu’il fallait présenter sa carte pour passer. Une fois rentré, il eut un mouvement de stupeur : il est vrai que l’apparence de cette station n’avait rien à voir avec celle qu’il avait vu auparavant. Le sol goudronné avait laissé sa place à l’herbe et aux champs et au loin il pouvait même apercevoir ce qui semblait être une petite forêt. Il se promena une heure parmi la nature et parmi les différents étages. Les champs n’avaient rien à voir avec ceux qu’il avait connu dans son pays natal. Tout ici était conçu pour optimiser l’espace : on faisait pousser certains légumes avec certains fruits, avec certaines herbes, le tout le plus souvent en hauteur. Cela ressemblait pour Machiro à ces jardins à l’anglaise qu’il voyait en Nouvelle-Angleterre. L’eau était régulée, et le tout devait donner d’abondantes récoltes. Il vit également les greniers à nourriture, ou plutôt d’immenses silos à triage automatique, de sorte que toutes les espèces de légumes, d’herbes et de fruits étaient séparées et conservées à la température idéale.

Passé ce périple, il alla s’aventurer dans la 6ème station, qui elle était toute entière dévouée à l’industrie. Le 1er étage était consacré à des impressions 3D, ainsi qu’à des réparations. Machiro apprit en discutant avec les habitants que la réparation d’objets usés ou endommagés était une composante essentielle de la station, car tout était précieux dans l’espace. Le 2ème étage était lui, tout comme le 3ème, consacré au conditionnement de platine, un métal trouvé dans l’espace et que la station utilisait comme monnaie d’échange pour des denrées venues de la Terre. Les étages -1 et -2 étaient quant à eux tournés vers l’électronique ; on y faisait également beaucoup de réparations.

Lorsque Machiro eut fini de faire le tour de la 6ème station, les heures de travail étaient passées, et tous les travailleurs rentraient chez eux : certains habitaient dans la même station, mais beaucoup se dirigeaient vers la 1ère station. Machiro décida de les suivre.

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