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Tewfik Alimoussa

paris.

Bonjour,

J’ai toujours été fan de cinéma depuis mon plus jeune âge et j'ai toujours aimé raconter des histoires à l'aide de mes jouets de l'époque.

Ensuite, mes jouets sont devenus des cahiers de brouillon et maintenant des documents Word.

Mes doigts dansent sur mon clavier pour développer des histoires et j'espère continuer ainsi pendant très longtemps.

J’ai toujours apprécié le fait de pouvoir faire découvrir mes œuvres à d'autres personnes. Un jour j'espère pouvoir en faire quelque chose mais si aujourd'hui je peux partager mon imagination avec d'autres personnes, j'en serai très heureux.

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œuvres
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défis réussis
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"J'aime" reçus

Œuvres

Tewfik Alimoussa
Un jeune orphelin français décide de s'installer dans la ville de Chicago pour poursuivre ses études au sein de l'université réputée du nom de "Northwestern".

Ayant passé toute sa jeunesse dans un pensionnat, une toute nouvelle vie l'attend comprenant des valeurs qui lui ont cruellement manquées par le passé. Il se lie rapidement d'amitiés avec d'autres étudiants et découvre enfin le sens du mot liberté.
Mais tout n'est pas rose pour autant, il abrite un secret traumatisant au fond de son cœur. Malheureusement ces démons reprennent le dessus.

Il n'est pas le seul à posséder certaines habilités, ils sont cinq, liés par un passé commun.

La ville de Chicago sera le cadre de leurs affrontements épiques.

Le jeune orphelin tente de faire les bons choix dans sa vie, mais il est en perpétuel dualité entre le bien qu’il souhaite faire et les ténèbres qui coulent dans ses veines. Il ne sait pas combien de temps il pourra continuer à leur résister et s’il ne devrait pas plutôt y céder.
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Tewfik Alimoussa


Je me suis posé un nombre incalculable de fois la question de savoir ce qui était le pire. Avoir des remords ou avoir des regrets. Eh bien, encore aujourd’hui je n’ai pas la réponse à cette interrogation…
Je suis pourtant encore jeune mais j’ai de nombreux regrets dans ma vie. Chaque action que l’on fait entraine une réaction et malheureusement elle n’est pas toujours positive.
Mon regret le plus douloureux est sans doute un évènement que j’ai vécu juste avant mes trente ans. J’ai dû mal à en parler alors le fait de l’écrire sera une certaine forme de thérapie. Je ne sais pas pourquoi je souhaite la partager mais je pense que c’est la bonne solution. L’avenir le dira…
Après des années à baver devant des films romantiques et à espérer un jour connaitre une belle histoire. J’ai enfin rencontré une femme dont je suis tombé éperdument amoureux. Alors que j’ai l’habitude des rencontres sans grand intérêt que l’on peut faire sur internet, elle est arrivée dans ma vie comme par magie. C’est elle qui m’a trouvé et elle correspondait à tout ce que j’avais toujours recherché. J’étais aux anges, j’étais enfin sur mon petit nuage et je ne voulais plus en descendre.
Je faisais semblant de ne pas voir les signes qui pourtant étaient là, pour me mettre en garde. Mais j’avais trop besoin, trop envie d’y croire. Je me suis attaché à elle car je pensais qu’elle était la réponse que j’avais toujours attendu. Et qu’enfin c’était mon jour de chance et que j’avais le droit au bonheur comme tout le monde. Que cette personne allait me sortir de mes ténèbres et m’emmener vers la lumière.
Je me suis toujours senti rabaissé en raison de ma couleur de peau, elle a souvent été un frein pour beaucoup de gens que j’ai pu croiser. On m’a même dit plus d’une fois que j’aurai pu intéresser la personne mais qu’elle avait peur de ce que les gens diraient si elle sortait avec un noir.
Et pour une fois, je pouvais enfin connaitre le bonheur, je m’en fichais qu’elle n’était pas souvent libre. Qu’elle était en instante de divorce ou qu’elle avait déjà une fille de trois ans. Je l’aimais et c’est tout ce qui comptais pour moi.
Et soudain, elle m’annonce une nouvelle incroyable, elle est enceinte. Waouh, je vais devenir Papa ! Incroyable, j’allais avoir un enfant avec la personne que j’aimais le plus au monde. Un enfant né d’un amour profond, que demander de plus. J’étais aux anges.
Et là, je suis très vite redescendu de mon nuage lorsqu’elle m’annonce qu’elle veut se faire avorter. Et là c’est la fin du monde pour moi. Je me sens rejeté du plus profond de mon être. Elle ne veut pas un enfant de moi car je n’en vaux pas la peine, que je ne le mérite pas. Mais j’ai essayé de garder tout ça au fond de moi car je veux me montrer présent pour elle. Il s’agit de son corps, qui suis-je pour lui dicter quoi faire ! Alors que tout mon être n’a qu’une envie, c’est de lui hurler de ne pas le faire mais non je ne dis rien et je garde ma tristesse pour moi.
C’est jusqu’à aujourd’hui le plus grand regret de ma vie. C’est d’avoir l’impression de ne pas avoir été là pour sauver mon bébé. De ne pas avoir plus discuté avec cette femme pour qu’elle réfléchisse à cette décision. Je me suis senti lâche, pas assez courageux pour taper sur la table et dire que j’avais aussi mon mot à dire.
Je ne lui en veux pas, je sais qu’elle avait beaucoup de soucis entre son divorce et sa petite fille mais j’aurai juste voulu compter pour elle. Encore une fois, j’ai eu l’impression de ne pas exister, d’être invisible. Que les gens ne voient pas ma vraie valeur.
Pendant plusieurs années, je me disais « Ah tiens, l’enfant aurait eu un an », je me demandais ce que ma vie serait devenue si on l’avait gardé.
J’ai fait une longue dépression après tout ça, un sentiment de culpabilité énorme enserrait mon cœur. C’est surtout le sentiment de l’avoir abandonné qui était le plus dur.
Un jour ma mère m’a emmené voir une amie à elle, une télépathe qu’elle avait déjà consulté. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ma mère aime depuis longtemps l’occulte avec les cartes de tarot et compagnie. Du coup j’ai toujours baigné dedans depuis mon plus jeune âge. Je ne sais pas si j’y crois vraiment à 100% mais je sais qu’on ne peut pas toujours tout expliquer de façon rationnelle dans la vie.
Cette télépathe a ressenti la présence de l’enfant en question, elle m’a dit que c’était un garçon et que je devais lui donner un prénom. D'où le titre! Elle le voyait dans un halo de lumière, qu’il me remerciait pour l’amour que je lui voue. Mais que s’il n’est pas venu sur terre, c’était pour une bonne raison et qu’il était temps pour moi d’avancer. Son esprit m’a serré dans les bras et vous me croirez ou pas mais à ce moment j’ai ressenti une chaleur et un bien être envahir mon corps.
Il m’a dit qu’il m’aimait et qu’il était temps pour lui de disparaitre, avant de pénétrer dans le halo de lumière.
J’ai retrouvé le sourire en me disant qu’il a su que je l’avais aimé et qu’il ne m’en voulait pas s’il n’était pas venu sur terre. Que c’était son choix aussi.
Je suis libéré de ce sentiment de culpabilité et je peux à nouveau me regarder dans une glace. Et ça, c’est grâce à lui. Mon fils m’a offert un cadeau inestimable, il m’a permis de me pardonner moi-même.
J’espère un jour connaitre la joie de la paternité mais en attendant ce jour, je continue à avancer dans ma vie en tentant de ne pas regretter mes choix.
Et surtout cette histoire m’a fait comprendre que la seule personne qui peut me sortir de mes ténèbres, c’est moi et personne d’autre. J’essaye d’être le plus positif possible et d’y croire, tout simplement.
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Tewfik Alimoussa

Lamarque Pontacq est une petite ville située dans le sud de la France. Dans les hautes Pyrénées pour être précis. Elle compte moins de 1000 habitants, on y trouve le minimum en termes d’infrastructures.
Pour tout ce qui concerne l’alimentaire, il faut se rendre dans la ville voisine qui compte près de 3000 habitants du nom de Pontacq. Mais même là, il s’agit uniquement du minimum. Une fois par semaine, un petit marché pose ses étales dans le centre-ville, face à la mairie.
Lamarque Pontacq est une commune sans histoire. Le dernier acte notable serait le passage l’été dernier du tour de France. Toute la ville était en effervescence pour l’évènement.


L’école élémentaire porte le nom d’un célèbre peintre français de l’époque impressionniste. Il s’agit d’Edgar Degas. C’est dans cet établissement que le jeune Thomas Galvier est scolarisé depuis le début de l’année. Samedi est un jour très important pour lui. C’est le jour qu’il attend avec impatience depuis si longtemps. Ce weekend, il va avoir 11 ans. Il a trop hâte de découvrir ce que son père a pu dénicher comme cadeau. Pour chacun de ses anniversaires, son père a toujours eu des idées incroyables. Thomas est sûr que cette année, ce sera une nouvelle fois le cas.


Centre-ville de Pau. Tout près du parc Beaumont, se trouve une boutique de farces et attrapes. Elle appartient à deux frères parisiens qui ont voulu ouvrir un commerce en province. Elle n’est pas ouverte depuis longtemps. Il n’y a donc pas foule lorsque Mr Guillaume Galvier entre à l’intérieur. Il les a contactés la veille pour un produit en particulier. C’est un collègue de bureau qui lui a parlé de cet endroit. Maintenant qu’il se trouve à l’intérieur, il doit avouer que la boutique ressemble à une caverne de sorcier. Avec de nombreux produits extravagants disposés un peu partout. Il aimerait prendre le temps de tout regarder mais il est assez pressé.

Dix minutes plus tard, il ressort du magasin avec deux sacs entre les bras. Il s’empresse de retourner à sa voiture et de les cacher sous une bâche dans son coffre. Il ne faut surtout pas que son fils découvre son cadeau en avance. Guillaume ne peut s’empêcher de sourire, fier de sa trouvaille. Il est sûr que son fils va apprécier, qu’il ne s’y attendra pas du tout. Encore une fois, on lui remettra la médaille du père de l’année !


Le soir même, chambre de Thomas. Ce dernier est blotti sous ses couvertures, faisant semblant de dormir. Il utilise la tablette informatique que lui ont remise ses grands-parents à noël. Il n’a normalement le droit de s’en servir qu’une heure avant le diner en semaine et un peu plus durant le week-end. Mais, il lui arrive parfois de ne pas respecter ce règlement. C’est le cas ce soir. Un élève de sa classe lui a parlé d’un film qu’il doit absolument voir. A l'approche d'Halloween, tous les garçons de sa classe ne font que de parler de film d'épouvante. Le film en question est : Massacre à la tronçonneuse.
Voulant pouvoir en parler lui aussi, Thomas l’a secrètement téléchargé sur sa tablette. Il est en train de le visionner en ce moment même. Il met pause au bout d’une heure, le front en sueur et le rythme du cardiaque haletant. C’est la première fois qu’il regarde un film d’horreur. Ses parents ne lui ont jamais permis d’en visionner un. Etrangement, il n’est pas dans cet état en raison du côté sanguinolent. C’est même plutôt le contraire, cela le fascine et il est plus intrigué par cette violence qu’autre chose. Il se sent excité comme il ne l’a jamais été.

Il sort du lit, ayant une envie pressante. Il se faufile sans bruit hors de sa chambre. Après sa commission effectuée, il traverse le couloir qui le ramène à sa chambre. Il passe devant la chambre de ses parents et les entend parler à voix basse. Curieux, Thomas colle son oreille à la porte, voulant en savoir plus.
- Tu es vraiment sûr que c’est une bonne idée ?
- Mélanie, il va sur ses 11 ans. Thomas n’est plus un petit garçon.
- Oui mais bon, tu es sûr que ça va l’intéresser ?
- Mais bien sûr et avec ça, il va devenir plus autonome, j’en suis sûr.
- Il ne faut pas qu’il tombe dessus avant la date.
- Aucun risque. Je l’ai caché sous la planche cassée dans l’armoire du salon. Personne n’ira regarder las bas.

Thomas a hâte d’en savoir d’avantage, intrigué au plus haut point. Mais, ces parents mettent fin à cette conversation et allument la télévision de leur chambre.
Le jeune garçon retourne dans la sienne, essayant d’imaginer ce que son père a bien pu lui trouver. Son père a toujours eu le don de l’impressionner, trouvant des idées plus originales les unes que les autres. D’après la réaction de sa mère, il a dû faire fort cette année.
Il retourne se blottir sous ses couvertures, voulant découvrir la fin du film. Tout en n’arrêtant pas de se demander ce que son père lui réserve. En regardant le film, Thomas ne peut s’empêcher de se dire qu’il aimerait bien qu’on lui offre la tronçonneuse du film. Il s’amuserait bien avec, mais c’est un instrument trop dangereux pour un enfant de son âge. Il a hâte de grandir et de pouvoir faire tout ce qu’il veut.


Lendemain matin, jour d'Halloween. Lorsque Thomas ouvre timidement les yeux, il est près de 10 heures. Ce sont les rayons du soleil, dardés sur sa fenêtre qui l’ont réveillé. Il se redresse dans son lit, quelque peu désorienté. Il a veillé tard hier. Après le film d’horreur, il a voulu découvrir d’autres films culte du même genre. Il n’a réussi à se coucher que vers 2 heures du matin, après avoir vu « Halloween » et « vendredi 13 ». Il a tenté de regarder « les griffes de la nuit » avec Freddy Kruger mais il tombait de sommeil. Il se promet que ce sera pour une prochaine session.
Il se demande encore comment il va se deguiser ce soir pour Halloween, il aimerait bien un costume de tueur en serie comme Michael Myers ou Jason Voohrees. les tueurs des films qu'ils a vu hier.
Il s’étire en sortant de son lit et sort de sa chambre pour prendre son petit déjeuner. Aujourd’hui, c’est mercredi, le seul jour de la semaine où ses parents ne sont pas là. Il aime le mercredi car il est normalement sous la surveillance de sa sœur mais elle le laisse faire ce qu’il veut.
Claire est l’ainée de la famille. Elle a 5 ans de plus et aime qu’on la laisse tranquille. C’est sa dernière année au collège, le lycée lui ouvrira bientôt ces portes. Elle a hâte car cela signifie qu’elle devra aller au lycée à Pau et sera donc un peu plus indépendante. Claire n’en peut plus du côté maternel de sa mère.

Comme chaque mercredi, elle est avachie devant la télévision et discute avec sa meilleure amie au téléphone. Elle jette à peine un regard à son frère lorsqu’il entre dans le salon, toujours vêtu de son pyjama.
- Le petit dej est sur la table, cendrillon !
- Arrête ! s’exclame Thomas, ne supportant pas les railleries de sa sœur.
- Tu n’avais qu’à te réveiller plus tôt aussi. Tu as vu l’heure. Tu as de la chance que maman n’a pas encore téléphonée.
- Elle ne pourrait pas, tu es tout le temps au téléphone raille Thomas.
Pour toute réponse, sa sœur lui fait un bras droit d’honneur en grimaçant.

Thomas engloutit rapidement son petit déjeuner mais il est continuellement gêné par Rocky. C’est un chien pékinois que son père lui a offert pour ses 8 ans. Le garçon ne supporte pas les jappements interminables de l’animal. Devant ses parents, il le caresse en lui disant des mots gentils. Mais dès qu’ils ont le dos tourné, il lui assène des coups de pieds. Il a déjà pensé à l’abandonner quelque part en forêt ou à le jeter du haut d’un immeuble. Mais jusqu’à présent, il ne l’a jamais fait, surtout par peur de son père.
- Dégage le chien ! s’exclame t’il en le repoussant d’un coup de pied.

Rocky pousse un petit cri avant de repartir d’où il venait sans demander son reste. Thomas lève les yeux et voit sa sœur qui lui jette un regard noir en secouant la tête. Le garçon se contente d’hausser les épaules, ne voyant pas où est le mal. C’est son chien, il a le droit de faire ce qu’il veut.
Thomas a une journée chargée qui l’attend et n’a aucune envie d’avoir ce maudit chien entre les pattes. Il débarrasse rapidement la table et se retrouve rapidement devant la fameuse armoire. Celle qui a servi de cachette à son père. Il sait très bien qu’il ne devrait pas chercher son cadeau mais il ne peut pas attendre plus longtemps. Il se promet de faire attention avec le papier cadeau afin que son père ne remarque rien.

Il ouvre rapidement l’armoire et après quelques minutes de recherches, finit par localiser la fameuse planche cassée. Il la soulève et trouve un sac. Il s’empresse de le sortir, étonné de voir qu’il n’est pas emballé.
Il écarquille de joie en découvrant ce fameux cadeau, celui qui a tant fait parler ses parents. Il s’agit d’une boite où trône au milieu un masque blanc. Thomas n’arrive pas à y croire. C’est une copie du masque du tueur du film Halloween. Incroyable alors qu’il vient à peine de découvrir le film. C’est comme si son père avait pu lire dans ses pensées. Il va pouvoir s’amuser comme un fou. Ça va être halloween tous les jours maintenant.

Il sort de ses rêveries en entendant sa sœur lui ordonner de sortir le chien. Elle n’en peut plus de l’entendre japper comme un crétin.
Thomas sent la colère poindre le bout de son nez. A cause de ce maudit chien, il ne peut jamais être tranquille. Furieux, le jeune garçon attrape l’animal par le collier et le jette dehors sans cérémonie.
Il secoue la tête, lorsque soudain, une idée commence à germer dans son cerveau. Il a juste besoin de quelques instruments pour atteindre son objectif. Cela promet d’être amusant.


Une heure plus tard. Claire raccroche avec sa meilleure amie, tout en zappant avec la télécommande, à la recherche d’un programme intéressant. Elle finit par se lever pour aller grignoter un petit quelque chose dans la cuisine. Elle pousse un cri de surprise en sursautant. Son frère se trouve immobile dans le couloir, un masque blanc sur le visage.
- Non mais ça ne va pas la tête ! Ce n’est pas encore Halloween, débile.
Son frère ne répond pas de suite, se contentant de rester sur place, en dodelinant la tête de chaque côté.
Voyant qu’elle n’obtiendra aucune réponse de sa part, Claire avance vers lui et relève son masque. Ce qui ne plait pas à Thomas qui le remet rapidement en place en s’écartant d’elle.
- Qu’est-ce que tu fous ? demande-t-elle, n’y comprenant rien.
- Je voudrais jouer avec toi.
- Tu crois que j’ai que ça à faire !
- Juste 5mn et après promis je te laisse. Je ferai la vaisselle ce midi si tu veux.

Claire fronce les sourcils, se demandant ce que son frère a derrière la tête. D’habitude, il rechigne toujours devant les tâches ménagères. Elle finit par hocher la tête. Se disant que ne de pas être de corvée de vaisselle en vaut la chandelle.
Thomas semble aux anges, ne tenant plus en place. Il sort de sa poche un foulard et le donne à sa sœur.
- Tu dois d’abord mettre ça sur tes yeux. C’est une surprise.
Claire fait la moue mais accepte tout de même de jouer le jeu. Elle met le foulard noir sur ses yeux, cela lui obstrue totalement la vue.
- Bon, c’est quoi ton délire !

Claire sursaute en sentant la main froide de Thomas sur son bras mais elle le laisse la guider à l’extérieur. Elle frissonne à cause du froid mais ne dit rien, voulant en finir rapidement avec cette histoire. Il la laisse quelques minutes, ayant oublié quelque chose dans la maison. D’après le trajet parcouru, Claire pense être à l’arrière de la maison. Elle peut sentir l’herbe du jardin sur ses chaussures.

Son frère revient, ramasse un objet au sol avant de le placer entre les mains de sa sœur. Elle tapote l’objet en question et a l’impression qu’il s’agit d’une batte de baseball.
- Et je fais quoi avec ça ?
- J’ai installé un pinata au-dessus de toi.
- Ah ouais.
- Vas-y ! essayes de taper dessus. Je te laisse 5 chances.
- Trop généreux de votre part, monseigneur raille Claire.

La jeune fille serre le manche de la batte et commence à frapper devant elle. Les deux premiers coups ne rencontrent que le vide. Mais elle touche sa cible lors du troisième essai. Claire pousse un petit cri de triomphe. Ragaillardie par son succès, elle continue et donne deux autres coups sur la cible qu’elle a, à peu près visualiser. Ce qui est étrange, c’est que la pinata ne semble pas se désagréger sous les coups. Claire a plutôt l’impression qu’il s’agit d’un objet solide sur lequel elle frappe. Lors du dernier coup, elle sursaute en sentant un jet chaud sur le visage.
Claire lâche la batte et arrache le foulard, se demandant ce qu’elle a reçu sur le visage. Elle découvre avec horreur, du sang qui dégouline le long de sa joue. Mais le pire reste à venir.

En levant la tête, elle voit la fameuse pinata installé par son frère. Il s’agit du chien Rocky, qu’il a ficelé avec une corde dans un arabe. Il lui a même coupé la langue pour que l’animal ne puisse pas prononcer le moindre son. Le chien ne ressemble plus rien. Son corps est contorsionné dans tous les sens, un œil sort de son orbite. Son crane a été fracassé et une partie est même visible. Du sang dégouline le long de l’arbre, commençant à former une flaque cramoisie sur le sol. Le corps continue à être traversé de soubresauts alors que le chien est mort.

Elle recule devant l’horreur de la scène, les jambes tremblantes et des larmes aux yeux. Elle se tourne, les yeux écarquillés vers son petit frère. Ce dernier est toujours immobile et la regarde avec attention. Ne voulant pas manquer une seule de ses réactions.
- Mais tu es fou !
Pour toute réponse, l’enfant lui jette la langue sanguinolente du chien au visage. Claire recule en poussant un cri d’effroi, à deux doigts de vomir.
- Tu n’as pas aimé ?
- Mais il faut te faire soigner.
- Papa a dit qu’il fallait que je devienne un adulte. C’est ce que je fais dit-il en sortant de sa veste un large couteau de boucher étincelant.

Claire n’a même pas le temps de réagir, que son frère la lézarde de deux coups bien placés. Le premier lui laisse une belle entaille au niveau de l’avant-bras, tandis que le deuxième lui fait une profonde coupure à la jambe droite.
Claire pousse un cri sous la douleur, en reculant rapidement pour se mettre hors d’atteinte de son agresseur. Ce dernier reste à l’observer sans faire mine de la frapper à nouveau.
- Je vais appeler maman dit-elle, en se précipitant dans la maison afin de s’y refugier.

En sang, Claire court aussi vite que ses jambes le lui permettent. Elle se faufile par la porte vitrée et part à la recherche de son téléphone portable. Elle le découvre en miette sur le sol. Elle ne se décourage pas et cherche le téléphone fixe. Pour finir par découvrir que son frère a bien fait les choses : il a coupé les fils. Claire commence à sentir la peur l’envahir. Son frère a toujours été un peu particulier, mais elle ne pensait qu’il s’en prendrait à elle.

Soudain, elle entend des couinements apeurés provenant du salon. Il s'agit de son animal de compagnie Mr Tinkel. Horrifiée, elle aperçoit sur la table du salon, son rat qui continue à couiner sans s’arrêter. Son frère l’a scotché sur la table, l’empêchant de pouvoir se mouvoir. Claire soupire de soulagement en découvrant qu’il ne l’a pas blessé. Elle ne perd pas de temps, libérant rapidement Mr Tinkel tout en faisant attention. Il est recouvert de scotch, qui lui arrache les poils lorsque sa maitresse tente de le libérer. Elle finit par y arriver mais elle était tellement concentrée sur sa tâche, qu’elle n’a pas remarqué son frère. Sorti de nulle part, ce dernier avance à pas de loup vers elle. Une fois libéré, le rongeur file se réfugier dans la paume tendue de Claire.
Soudain, Claire entend un souffle chaud dans sa nuque. Elle fait volte-face pour voir avec horreur son frère masqué. Il est toujours armé de son couteau de boucher, prêt à l’abattre sur elle. Claire pousse un cri en reculant, avant de s’emmêler les jambes et de finir par s’écrouler au sol.

Sous le choc, elle perd le flacon de parfum des mains qui roule au sol, hors d’atteinte. Son frère se jette sur elle, décidé à l’empaler avec son arme mais Claire, mue par un instinct de survie, roule sur le côté. La lame du couteau s’enfonce dans la moquette à l’endroit où se trouvait sa tête quelques secondes plus tôt. Claire roule rapidement se réfugier sous le canapé.
Elle se recroqueville sur elle-même, se tenant le plus loin possible des bords. Elle n’a aucune envie de se prendre un coup de couteau, ses deux blessures lui ont suffi. Elle entend son frère pousser un cri de frustration avant qu’il ne se hisse sur le canapé. Il saute dessus pendant quelques instants, voulant incommoder le plus possible sa victime. Il enfonce au hasard, trois fois la lame dans le matelas. Le troisième coup manque de quelques centimètres un œil de sa sœur.
Cette dernière n’en pouvant plus de ce supplice, tente une sortie. Elle a agi tellement vite que cela prend son agresseur de court. A côté d’elle, se trouve la table basse du salon avec une grosse encyclopédie posée dessus. C’est la dernière passion de son père, trouver toutes les encyclopédies d’une même collection. Claire s’empresse de ramasser le livre volumineux et l’abat sur son frère avant qu’il ne puisse l’atteindre. Un coup bien placé au niveau du visage.

Son frère s’écroule au sol, à moitié sonné. Une partie du masque s’est dégagé sous la puissance du coup et claire peut voir le visage haineux de son frère. Du sang dégouline de son nez. Ce qui la réjouit, heureuse de pouvoir lui faire mal.
Claire ne demande pas son reste, elle se relève et au passage, laisse tomber l’encyclopédie sur le ventre de son frère. Mais ce dernier réussit à l’atteindre d’un coup de couteau à la jambe gauche. La lame s’enfonce de plusieurs centimètres mais Claire se dégage et part aussi vite qu’elle le peut. Elle manque de tituber au sol à cause de la douleur mais elle tient bon.

Elle marche d’un pas rapide en boitant sévèrement, en direction d’une porte près de la cuisine. Elle l’ouvre rapidement et s’empresse de se réfugier à l’intérieur. Il s’agit de la cave familiale où son père entrepose beaucoup d’outils. Elle allume la lumière et commence à descendre en se tenant fermement contre la rambarde de sécurité. C’est seulement ainsi qu’elle arrive à descendre, tout en tenant Mr Tinkel qui tremble dans sa main.

Arrivée en bas, la jeune fille regarde tout partout, à la recherche du moindre outil qui pourra lui servir d’arme. Claire aurait pu s’enfuir hors de la maison mais blessée, elle ne serait pas allée bien loin. Son frère aurait fini par la rattraper. La cave était sa seule solution. Elle est plus âgée que son frère, si elle trouve la bonne arme, elle pourrait avoir le dessus. Encore faudrait-il qu’elle en trouve une. Elle prend tout d’abord un tournevis avant de finalement jeter son dévolu sur la canne de son grand père.
Elle place Mr Tinkel dans un casier afin qu’il soit protégé, puis ramasse la canne. Elle la serre entre ses mains et donne quelques coups dans les airs afin de tester sa force. Si son frère veut encore s’en prendre à elle, Thomas va découvrir de quel bois elle se chauffe.

En parlant du loup, elle entend des bruits de pas qui se rapprochent. Claire se glisse sous les escaliers après avoir pris soin d’éteindre la lumière. Elle se retrouve dans l’obscurité totale où le seul son qu’elle entend, est celui de sa respiration.
Après un temps qui semble avoir duré une éternité, la porte de la cave s’ouvre en grand. L’ombre de l’enfant tueur se dessine sur plusieurs marches. Il allume la lumière, avant de descendre les marches une à une, prenant tout son temps.
- Claire. Si tu me donnes Mr Tinkel, je te promets que je ne t’embêterai plus.
Claire reste immobile dans sa cachette, retenant sa respiration, la canne levée.
- Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.
Il ne reste plus que dix marches à Thomas pour accéder à la cave. Ses pieds s’apprêtent à atteindre la neuvième marche. Lorsque Claire, qui se trouvait derrière, lui fait un croche-pied avec la canne à travers l’espace vide qui existe entre deux marches. Thomas n’a pas le temps de comprendre ce qui lui arrive, ses pieds s’emmêlent et il est emporté en avant.
Il pousse un cri en faisant une chute d’environ 1 mètre. Il s’écroule au sol au niveau de la première marche, se brisant le bassin dans la chute. En chutant, il s’est rentré par inadvertance le couteau dans le visage. L’instrument de cuisine a pénétré sa peau comme du beurre. La lame a traversé sa mâchoire, avant de ressortir par le nez et de s’enfoncer dans son œil droit. Le globe oculaire a explosé et l’orbite ne ressemble plus à rien. Son corps sans vie continue de s’agiter, parcouru de violents spasmes qui finissent petit à petit par s’espacer. Pour finalement rester totalement immobile.
C’est seulement à ce moment que Claire ose sortir de sa cachette, la canne toujours prête à frapper.
Elle avance lentement en boitant vers le cadavre de son frère. Elle ne peut ni empêcher les larmes de ses yeux de couler, ni de crier le nom de ses parents. Elle ne veut plus rester seule, pas après tout ça.
Elle s’écroule à genou, en pleurant toutes les larmes de son corps. Elle entend à peine les couinements de son rat qui veut retrouver la liberté.
Comment son frère a-t-il pu faire ça ? Comment a-t-il pu devenir ce fou furieux ?
Claire s’affaisse complètement au sol, épuisée après ces derniers évènements. Elle n’arrive toujours pas à y croire et a l’impression qu’elle va bientôt se réveiller d’un mauvais rêve.


Quelques heures plus tard, commissariat de Pontacq. Mr Galvier est interrogé depuis plusieurs heures par la police. Cette dernière cherche à comprendre les agissements de son défunt fils. Guillaume Galvier n’arrête pas de leur expliquer que le masque n’était pas le cadeau prévu pour son fils.
En rentrant dans la boutique, il était tombé sur une pièce de collection. Une copie du masque du tueur du film Halloween. Le masque de Michael Myers. Son film d’horreur préféré. Il l’avait acheté pour sa propre collection. Puis, il avait acheté le cadeau pour son fils et était reparti avec les deux. Le cadeau pour son fils, c’était une boite de magicien. En rangeant le cadeau de son fils dans l’armoire, il avait posé le masque dessus. C’est tout. L’histoire est aussi simple.

Comment aurait-il pu imaginer que son fils agirait de la sorte ? La vie de toute sa famille a tourné au cauchemar et il n’est pas sûr qu’elle arrive un jour à se relever. Pas après ça !

Au même moment, dans la maison des Galvier. La police s’active dans la cave et dans le jardin à la recherche de la moindre évidence. En bas des marches, le masque du tueur d’Halloween trône au milieu d’une flaque de sang. Dans sa chute mortelle, Thomas a perdu le masque, qui a glissé au sol. Le visage sans vie du masque projette sa triste ombre sur un mur. Attendant son nouveau porteur pour replonger dans une frénésie meurtrière. Michael Myers en serait fier !
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