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Tewfik Alimoussa

paris.

Bonjour,

J’ai toujours été fan de cinéma depuis mon plus jeune âge et j'ai toujours aimé raconter des histoires à l'aide de mes jouets de l'époque.

Ensuite, mes jouets sont devenus des cahiers de brouillon et maintenant des documents Word.

Mes doigts dansent sur mon clavier pour développer des histoires et j'espère continuer ainsi pendant très longtemps.

J’ai toujours apprécié le fait de pouvoir faire découvrir mes œuvres à d'autres personnes. Un jour j'espère pouvoir en faire quelque chose mais si aujourd'hui je peux partager mon imagination avec d'autres personnes, j'en serai très heureux.

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œuvres
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défis réussis
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"J'aime" reçus

Œuvres

Tewfik Alimoussa
Un jeune orphelin français décide de s'installer dans la ville de Chicago pour poursuivre ses études au sein de l'université réputée du nom de "Northwestern".

Ayant passé toute sa jeunesse dans un pensionnat, une toute nouvelle vie l'attend comprenant des valeurs qui lui ont cruellement manquées par le passé. Il se lie rapidement d'amitiés avec d'autres étudiants et découvre enfin le sens du mot liberté.
Mais tout n'est pas rose pour autant, il abrite un secret traumatisant au fond de son cœur. Malheureusement ces démons reprennent le dessus.

Il n'est pas le seul à posséder certaines habilités, ils sont cinq, liés par un passé commun.

La ville de Chicago sera le cadre de leurs affrontements épiques.

Le jeune orphelin tente de faire les bons choix dans sa vie, mais il est en perpétuel dualité entre le bien qu’il souhaite faire et les ténèbres qui coulent dans ses veines. Il ne sait pas combien de temps il pourra continuer à leur résister et s’il ne devrait pas plutôt y céder.
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Défi
Tewfik Alimoussa


Je me suis posé un nombre incalculable de fois la question de savoir ce qui était le pire. Avoir des remords ou avoir des regrets. Eh bien, encore aujourd’hui je n’ai pas la réponse à cette interrogation…
Je suis pourtant encore jeune mais j’ai de nombreux regrets dans ma vie. Chaque action que l’on fait entraine une réaction et malheureusement elle n’est pas toujours positive.
Mon regret le plus douloureux est sans doute un évènement que j’ai vécu juste avant mes trente ans. J’ai dû mal à en parler alors le fait de l’écrire sera une certaine forme de thérapie. Je ne sais pas pourquoi je souhaite la partager mais je pense que c’est la bonne solution. L’avenir le dira…
Après des années à baver devant des films romantiques et à espérer un jour connaitre une belle histoire. J’ai enfin rencontré une femme dont je suis tombé éperdument amoureux. Alors que j’ai l’habitude des rencontres sans grand intérêt que l’on peut faire sur internet, elle est arrivée dans ma vie comme par magie. C’est elle qui m’a trouvé et elle correspondait à tout ce que j’avais toujours recherché. J’étais aux anges, j’étais enfin sur mon petit nuage et je ne voulais plus en descendre.
Je faisais semblant de ne pas voir les signes qui pourtant étaient là, pour me mettre en garde. Mais j’avais trop besoin, trop envie d’y croire. Je me suis attaché à elle car je pensais qu’elle était la réponse que j’avais toujours attendu. Et qu’enfin c’était mon jour de chance et que j’avais le droit au bonheur comme tout le monde. Que cette personne allait me sortir de mes ténèbres et m’emmener vers la lumière.
Je me suis toujours senti rabaissé en raison de ma couleur de peau, elle a souvent été un frein pour beaucoup de gens que j’ai pu croiser. On m’a même dit plus d’une fois que j’aurai pu intéresser la personne mais qu’elle avait peur de ce que les gens diraient si elle sortait avec un noir.
Et pour une fois, je pouvais enfin connaitre le bonheur, je m’en fichais qu’elle n’était pas souvent libre. Qu’elle était en instante de divorce ou qu’elle avait déjà une fille de trois ans. Je l’aimais et c’est tout ce qui comptais pour moi.
Et soudain, elle m’annonce une nouvelle incroyable, elle est enceinte. Waouh, je vais devenir Papa ! Incroyable, j’allais avoir un enfant avec la personne que j’aimais le plus au monde. Un enfant né d’un amour profond, que demander de plus. J’étais aux anges.
Et là, je suis très vite redescendu de mon nuage lorsqu’elle m’annonce qu’elle veut se faire avorter. Et là c’est la fin du monde pour moi. Je me sens rejeté du plus profond de mon être. Elle ne veut pas un enfant de moi car je n’en vaux pas la peine, que je ne le mérite pas. Mais j’ai essayé de garder tout ça au fond de moi car je veux me montrer présent pour elle. Il s’agit de son corps, qui suis-je pour lui dicter quoi faire ! Alors que tout mon être n’a qu’une envie, c’est de lui hurler de ne pas le faire mais non je ne dis rien et je garde ma tristesse pour moi.
C’est jusqu’à aujourd’hui le plus grand regret de ma vie. C’est d’avoir l’impression de ne pas avoir été là pour sauver mon bébé. De ne pas avoir plus discuté avec cette femme pour qu’elle réfléchisse à cette décision. Je me suis senti lâche, pas assez courageux pour taper sur la table et dire que j’avais aussi mon mot à dire.
Je ne lui en veux pas, je sais qu’elle avait beaucoup de soucis entre son divorce et sa petite fille mais j’aurai juste voulu compter pour elle. Encore une fois, j’ai eu l’impression de ne pas exister, d’être invisible. Que les gens ne voient pas ma vraie valeur.
Pendant plusieurs années, je me disais « Ah tiens, l’enfant aurait eu un an », je me demandais ce que ma vie serait devenue si on l’avait gardé.
J’ai fait une longue dépression après tout ça, un sentiment de culpabilité énorme enserrait mon cœur. C’est surtout le sentiment de l’avoir abandonné qui était le plus dur.
Un jour ma mère m’a emmené voir une amie à elle, une télépathe qu’elle avait déjà consulté. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ma mère aime depuis longtemps l’occulte avec les cartes de tarot et compagnie. Du coup j’ai toujours baigné dedans depuis mon plus jeune âge. Je ne sais pas si j’y crois vraiment à 100% mais je sais qu’on ne peut pas toujours tout expliquer de façon rationnelle dans la vie.
Cette télépathe a ressenti la présence de l’enfant en question, elle m’a dit que c’était un garçon et que je devais lui donner un prénom. D'où le titre! Elle le voyait dans un halo de lumière, qu’il me remerciait pour l’amour que je lui voue. Mais que s’il n’est pas venu sur terre, c’était pour une bonne raison et qu’il était temps pour moi d’avancer. Son esprit m’a serré dans les bras et vous me croirez ou pas mais à ce moment j’ai ressenti une chaleur et un bien être envahir mon corps.
Il m’a dit qu’il m’aimait et qu’il était temps pour lui de disparaitre, avant de pénétrer dans le halo de lumière.
J’ai retrouvé le sourire en me disant qu’il a su que je l’avais aimé et qu’il ne m’en voulait pas s’il n’était pas venu sur terre. Que c’était son choix aussi.
Je suis libéré de ce sentiment de culpabilité et je peux à nouveau me regarder dans une glace. Et ça, c’est grâce à lui. Mon fils m’a offert un cadeau inestimable, il m’a permis de me pardonner moi-même.
J’espère un jour connaitre la joie de la paternité mais en attendant ce jour, je continue à avancer dans ma vie en tentant de ne pas regretter mes choix.
Et surtout cette histoire m’a fait comprendre que la seule personne qui peut me sortir de mes ténèbres, c’est moi et personne d’autre. J’essaye d’être le plus positif possible et d’y croire, tout simplement.
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Tewfik Alimoussa


Par une après-midi ensoleillée. Peter Hepburn est tranquillement assis sur la terrasse de son appartement, une cigarette aux lèvres. Il rêvasse tranquillement sur sa vie, un sentiment de bien-être l’envahi. Il vient d’avoir 37 ans et pour la première fois de sa vie, il se sent heureux. Que pourrait-il demander de plus : il vient de décrocher un contrat pour son nouveau roman, il est apprécié par nombreux de ses pairs. Et surtout il a rencontré une personne avec qui il a envie d’avancer.
Alors qu’avant de connaitre Patricia, sa vie était tellement morne. Toujours traversée par des hauts et des bas, comme le cycle d’une marée. Avançant et reculant sans cesse, sans jamais de stabilité. Il pensait ne jamais découvrir l’amour. Qu’il finirait sa vie dans un couvent, sans plus jamais connaitre l’ardeur d’un doux baiser. Mais Patricia a balayé tout ça. Elle lui a donné le courage de croire en lui. Et si aujourd’hui il est devenu un auteur de roman reconnu, c’est uniquement grâce à elle. Peter ne la remerciera jamais assez pour ça.
Il sort de ses rêveries en regardant sa montre. Il se redresse rapidement dans le transat en se rendant compte qu’il va finir par être en retard à l’inauguration. L’écrivain se dépêche d’aller prendre une douche et de s’habiller, ne tenant pas se faire remarquer en raison de son retard. C’est son éditeur qui l’a poussé à y aller. Peter n’y tenait pas vraiment, n’appréciant pas ces soirées mondaines. Où tout le monde est en train de faire de la lèche à son voisin, de se vendre le mieux possible. Peter n’a jamais su se vendre, ses anciens entretiens d’embauche peuvent le prouver.


La route pour se rendre au capitole, lieu où se déroule l’inauguration, est fluide. Il lui faut donc moins de trente minutes pour s’y rendre. Une fois à l’intérieur, il n’a même pas le temps de savourer une coupe de champagne. Son éditeur tient à le présenter à tout le gratin, n’arrêtant pas de lui dire que cela pourrait déboucher sur une perspective professionnelle intéressante. Peter serre des mains, sourit et rit poliment à certaines plaisanteries. Mais la vérité, c’est qu’il s’ennuie profondément. Il se dit qu’il reste encore ½ demie sur place et après il trouve une excuse pour mettre les voiles.
C’est à ce moment que tout s’apprête à changer dans la vie de Peter. Il tourne la tête sur la gauche, cherchant un serveur servant du champagne. Lorsque soudain, il la voit. Elle : la seule et l’unique. Dans sa tête, il entend résonner la symphonie du nouveau monde d’Antonin Dvorak. C’est comme si tout le monde était devenu invisible et qu’il ne reste plus qu’elle sur scène. Il apprendra plus tard qu’il s’agit de Chloé Marston, une journaliste de guerre.
Grande, le teint halé, brune, aux cheveux longs. Des yeux en forme d’amande de couleur vert, espiègle et possédant un sourire à damner un saint. Elle est rayonnante dans sa robe de soirée de couleur bleue claire. On peut apercevoir son joli décolleté en dentelle en dessous.

Pour la première fois de sa vie, Peter ne sait pas comment réagir. Il ne sait plus rien, sur rien. Il désire ardemment aller à sa rencontre mais il a peur. Peur de ne pas savoir quoi dire. Peur de gâcher ce moment pour toujours. Peur du rejet tout simplement.

Heureusement Olivier, son éditeur, est là pour l’aider. Grace à ce dernier, les présentations sont rapidement faites. Peter tente de cacher son émoi derrière un sourire de façade mais il a l’impression que Chloé voit à travers malgré tout. Elle ébauche un petit sourire complice au coin des lèvres.
- Enfin, je vous rencontre Mr Hepburn.
- Vous …me connaissez balbutie l’écrivain.
- J’ai dévoré votre dernier livre et votre éditeur m’a parlé de votre prochain projet.
- Ah oui, il a fait ça s’exprime Peter, commençant à se sentir mal à l’aise.

La vérité, c’est que la présence enivrante de la jeune femme ne le laisse pas indifférent. Il manque de tituber comme s’il était saoul. La journaliste ressemble trait pour trait à la femme qu’il a entraperçu dans ses rêves. Il a rêvé d’elle à plusieurs reprises, elle apparaissait pour lui apporter réconfort et amour avant de disparaitre. Tel un ange qui s’envole vers un ciel étoilé. Il jurerait que cet ange se trouve juste en face de lui.
- Je pense qu’avec vos recherches sur le sujet et mes contacts, on peut arriver à quelque chose d’intéressant.
- Vous avez toute mon attention, vous voyez ça comment ?
- Rejoignez-moi demain à 13h devant le restaurant « le Bellini ». Je m’occupe du reste.

Intrigué au plus haut point, il ne faut pas longtemps à l’écrivain pour accepter la proposition. La journalise s’excuse, étant attendue ailleurs. Mais avant qu’elle n’atteigne la sortie, Peter la rattrape et lui dit :
- Juste une chose.
- Je vous écoute.
- On se tutoie et ce n’est pas une requête lui répond Peter, un large sourire sur les lèvres.

La journaliste hoche la tête timidement en lui rendant son sourire avant de s’éclipser.


C’est ainsi que pendant près d’un mois, la journaliste et l’écrivain se retrouvent tous les deux jours. Le restaurant « Le Bellini » devient leur repère, leur deuxième maison. Ils discutent de tout, apprennent à se connaitre, à découvrir les nombreux points commun qu’ils partagent. Rapidement, ils deviennent des amis proches.
Au départ, ce n’est qu’un jeu pour l’écrivain. Son couple n’est pas en jeu, il aime sa fiancée et sa vie. Il ne va pas tout foutre en l’air à cause d’un coup de cœur passager. La personne a beau être très intéressante et très attirante, Peter ne va pas trahir la personne qui croit le plus en lui. La rationalité doit prendre le dessus sur les sentiments. Il est heureux actuellement. Alors pourquoi vouloir changer ?
Mais plus les jours passent et plus il se rend compte qu’il se ment à lui-même. Peter attend avec impatience les moments où il peut la retrouver. C’est comme si plus rien n’avait d’importance, il ne se sent vraiment vivant que lorsqu’il est près d’elle. Il ne s’imagine pas ne plus pouvoir la voir. Chloé est devenue sa boule d’oxygène, sa muse. L’écrivain ne peut s’empêcher de se demander : comment a-t-il fait pour vivre sans elle jusqu’à présent? Et surtout comment va-t-il pouvoir survivre après elle ?

Car il n’a aucun doute à ce sujet, il n’a pas la moindre chance de lui ravir son cœur. Chloé est dans une ligue bien au-dessus de la sienne. Il ne peut pas s’empêcher d’imaginer la vie qu’il pourrait avoir à ses côtés. Peter a beaucoup d’imagination. Mais cela doit s’arrêter, c’est lui qui souffre et personne d’autre. Le mieux pour lui, c’est de fermer cette porte pour toujours et d’arrêter de vouloir toujours détruire sa vie.
Peter n’a pas son pareil pour démolir ce qu’il a de plus beau. Cela est déjà arrivé par le passé, il avait tout pour être heureux et il a tout détruit. Il doit arrêter de vivre avec ces illusions.

Il essaye d’effacer ses sentiments pendant qu’il entre dans le restaurant habituel. Il doit la retrouver autour d’un verre pour discuter d’un rdv avec un réfugié politique. Il ne peut s’empêcher de grimacer en pénétrant à l’intérieur, le nez attaqué par certaines senteurs. Le propriétaire a l’habitude de brûler de l’encens, mais l’odeur qu’il utilise aujourd’hui, ressemble plus à l’odeur de la poudre à canon.
Chloé est déjà arrivée, assise à leur table habituelle. Peter ralentit son allure, voulant savourer ce doux moment. Chloé est plus belle que jamais, vêtue simplement d’un jean et d’un t-shirt noir. Mais il se dégage d’elle quelque chose de fort. Quelque chose qu’aurait dû mal à décrire le jeune écrivain. Mais qui l’envoute complètement, il est enivré.

Arrivé à sa hauteur, il s’assoit en face d’elle, heureux de la retrouver. Elle boit son habituel chai latte tandis qu’une bière repose devant Peter. Elle a eu la gentillesse de commander pour lui. Peter sent une chaleur agréable l’envahir même s’il sait qu’il joue avec le feu.
Chloé lève les yeux et le fixe longuement avant de prononcer les mots qui vont résonner très longtemps dans la tête de Peter.
- Veux-tu partir au Congo avec moi ?

Un long silence se fait entendre. L’écrivain ne sait quoi dire, pris de court. Même dans ses rêves les plus fous, il n’avait jamais imaginé un tel retournement de situation. C’est comme si tout son monde s’effondrait. Il a perdu toute notion de temps.
- Excuses moi ? demande Peter, n’étant pas sûr d’avoir bien entendu.
- Alors qu’est-ce que tu en penses ?
- Mais… pourquoi ?
- Je ne pense pas me tromper en disant que le mois que l’on vient de passer ensemble a été tout simplement incroyable. Je sais que j’ai des sentiments pour toi et que toi aussi. Je sais que tu es en couple et que normalement je ne devrai rien tenter. Mais je ne peux pas taire mes sentiments. Je sais que je le regretterai toute ma vie si je le faisais.
- Je ne sais pas quoi te dire balbutie Peter, perdu.
- Je ne cherche pas à te compliquer la vie mais j’ai envie de vivre cette aventure avec toi. D’avoir un vrai partenaire dit-elle en insistant bien sur le dernier mot.
- J’ai toujours voulu partir à l’aventure songe Peter, perdu dans ses pensées.
- Tu as mon numéro. Tu sais où me trouver. Prends ton temps. Je ne veux pas te brusquer. Tu es quelqu’un de bien. Tu mérites le meilleur. On ne rencontre pas deux fois une personne comme toi. C’est pourquoi je te prie d’excuser ma méthode quelque peu cavalière.

Chloé finit sa tasse d’une dernière gorgée, avant d’ébaucher un petit sourire crispé. Elle ne sent pas bien, ayant l’impression de torturer un homme. Comment ose-t-elle tout chambouler dans la vie rangée d’un futur écrivain célèbre ? Mais comme, on lui a déjà dit par le passé, il faut parfois savoir penser à soi. Peter est la première personne qui lui donne envie d’y croire. De croire que l’amour peut exister et qu’il vaut la peine de se battre. Mais pourquoi les choses ne sont jamais simples ? Ce serait trop demandé se dit la jeune femme. Elle sait que les prochains jours vont être une véritable torture. Il n’existe rien de pire que d’être dans l’attente. Ne pas savoir de quoi son destin sera fait. C’est tellement frustrant.


Appartement de Peter, le soir même. Ce dernier est allongé dans son lit, Patricia est lovée contre lui. Mais à la différence de la jeune femme, l’écrivain n’arrive pas à trouver le sommeil. Trop torturé par ses propres pensées. Il aimerait pouvoir sortir du lit et fumer une cigarette en regardant la pleine lune, mais le corps de Patricia l’empêche de bouger. Peter est à la fois emprisonné dans son corps mais également dans son esprit.
Comment aurait-il pu penser que Chloé lui fasse une telle proposition. Il tente depuis de peser le pour et le contre. Mais, il se sent toujours profondément perdu. Il a toujours voulu voyagé, faire le tour du monde mais la vie active l’a rattrapé. Partir au Congo avec la femme de ses rêves a tout d’un conte de fée. Il pourra passer ses journées avec elle et se documenter sur le terrain pour son prochain livre. Tout semble parfait. A un seul détail près… Patricia.

Il ne peut pas l’abandonner, il a des sentiments forts pour elle. Ils ont vécu tellement d’épreuves ensemble qui les ont soudées à jamais. Elle a toujours cru en lui, elle l’a toujours poussé en avant. Elle s’est sacrifiée pour sa carrière à lui.
Elle était avec lui quand il était en bas et maintenant qu’il est en haut, il va la quitter ! Cela ferait de lui le pire des salauds. Elle ne mérite pas un tel sort.

Peter ne peut s’empêcher de sourire dans sa barbe. Un triangle amoureux, cela fait très film romantique de seconde zone. Plus cliché, tu meurs ! Qui sait un jour, il écrira peut être un roman sur cette histoire.
Mais ce qui l’intéresse, c’est comment elle va se terminer !

Car il a beau avoir de bonnes intuitions, son cœur n’en est pas moins partagé. Il sait que s’il laisse partir Chloé, il ne sera plus jamais le même. Elle lui enlèvera une partie de son âme. La plus belle. Et il n’est pas sûr que la vie, sans cette partie de lui, vaille la peine d’être vécue. Chloé représente tout ce qu’il a toujours voulu. Elle est la réponse à ses prières. Pour une fois, on lui a répondu…même si c’est avec un certain retard.
Peut-il se permettre de renoncer à tout afin de respecter une certaine règle de l’honneur. Ou doit-il envoyer tout balader et vivre pleinement sa vie avec celle qui le complète. Tant pis si personne ne comprendra son geste, il doit être sincère avec lui. Il doit arrêter de se mentir. Le destin a décidé de lui mettre cette personne sur son chemin. Elle lui a montré qu’il existait plusieurs routes pour lui. A lui de franchir la frontière du chemin qu’il souhaite emprunter.



Lendemain midi, restaurant « le Bellini ». Peter fume cigarette sur cigarette, assis sur la terrasse du restaurant. Il en est déjà à sa cinquième. C’est plus par reflexe qu’il les allume les unes après les autres. Il est songeur lorsque Chloé vient à sa rencontre, s’asseyant sans bruit à ses côtés. Elle tente de paraitre naturelle, de ne rien montrer du trouble qui l’anime. C’est une femme courageuse se dit l’écrivain. Peter lui a envoyé un message pour lui demander de le rejoindre au restaurant, sans rien préciser d’autre.
A peine est-elle assise qu’un serveur se présente avec une tasse de thé. Elle sourit devant la délicate attention de son camarade. Ce dernier avait mandaté un serveur de guetter son arrivée pour la servir.
- Bien joué ! s’exclame t’elle en applaudissant légèrement.
- Eh ! On est gentleman ou on ne l’est pas.
- Je sais que ce n’est pas un moment facile mais ça me fait plaisir de te voir.
- Moi aussi.

Un silence s’installe, chacun concentré à éviter le regard de l’autre. De peur d’y lire quelque chose qui les chagrinerait. N’en pouvant plus, Chloé ne peut s’empêcher de lui demander :
- Alors ? Est-ce que c’est un peu plus clair pour toi maintenant ?
Peter hoche la tête silencieusement, le visage grave. Il pousse un long soupir avant de dire :
- Je viens de me rendre compte que quelque chose ne va pas.
- Quoi ?
- En préparant mon sac, je me suis rendu compte que j’ai oublié ma brosse à dents dit-il en sortant un sac de voyage de sous la table.

Chloé déglutie avec peine, les yeux grands ouverts, n’en revenant pas. Peter ne peut se retenir plus longtemps et ébauche un large sourire. Le plus rayonnant jamais dessiné sur son visage. Avant de se pencher et de l’embrasser d’un long baiser passionné.
- Alors, on part quand ? demande-t-il avant de mettre un chapeau borsalino sur sa tête.
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