Chapitre 10 : Formation

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— Wagner, vous avez trouvé quelque chose sur Menkievic ?

— Affirmatif, mon capitaine. Il s’est connecté il y a une heure, du coup, on a pu entrer dans son système, et on a son emploi du temps. Ou plutôt ses emplois du temps possibles. Il est malin, le bougre, il essaie de brouiller les pistes.

— Ne me dites pas que vous l’admirez, Wagner.

— Non, mon capitaine, je dis juste qu’il prend ses précautions, au cas où il y aurait une intrusion.

— Et il vous a eu ?

— Non, on a étudié ses grilles, comparé avec ses habitudes, ses impératifs, ses empêchements, on pense savoir où on va pouvoir le piéger. A priori, ça devrait être… ici ; dans trois jours.

— Vous n’avez pas été repérés ?

— Mon capitaine, il est malin, mais on l’est plus que lui.

— OK, rassemblez votre section, briefing dans cinq minutes.

Tibor Menkievic était la cible d’une opération militaire au cours de laquelle Fred et sa section devait l’arrêter pour le faire répondre de ses actes devant le tribunal international de La Haye. Il avait passé les deux dernières années à se cacher, se sachant traqué par les forces de l’OTAN. Mais en ce mois de juillet, la section, qui venait de fêter le premier anniversaire de la victoire française en Coupe de Monde, s’apprêtait à célébrer un autre succès, militaire, celui-là, pour la dernière mission avant la quille.

À trente ans, Tibor Menkievic, fils de Sofia Menkievicka et d’un inconnu que sa mère avait rencontré brièvement en Allemagne, était devenu un haut gradé de l’armée serbe, et la colère du petit garçon, qui avait continuellement entendu les insultes à l’adresse de la pauvre Sofia, fille mère célibataire, le déshonneur de la famille, s’était, au cours des années, muée en haine et en cruauté, au point qu’il s’était livré aux pires exactions depuis le début de la guerre en Europe Centrale.

L’inconnu qui avait aimé Sofia, jadis, n’avait pu rester auprès de sa princesse slave, mais il ne s’était pas résolu à l’abandonner. En attendant qu’elle puisse un jour le rejoindre à l’ouest, il était régulièrement intervenu pour subvenir à ses besoins, ce qui l’avait mise à l’abri financièrement, mais n’avait pas servi sa réputation dans le village. Tibor avait nourri la haine qui l’habitait maintenant, et tiré avantage de la petite fortune qu’il s’était constituée grâce à l’apport secret de son géniteur.

Les hommes de la section de Fred avaient été formés aux techniques les plus modernes afin de débusquer le plus rapidement possible les cibles les mieux cachées. Aux cours des trois dernières années, les missions à succès s’étaient enchaïnées avec une régularité de métronome et la section baptisée des cyber-techno commandos s’était forgé une solide réputation de croquemitaine pour criminels de guerre. À la précision des recherches sur les réseaux s’ajoutait une efficacité sur le terrain que personne ne pouvait plus remettre en question. Ainsi, lors du briefing d’avant mission, l’information qui avait été donnée ne laissait planer aucun doute auprès de l’état-major. Tibor Menkievic ne passerait plus que ces trois derniers jours en liberté avant d’aller répondre de ses actes devant la communauté internationale.

-

Il était dix-neuf heures trente lorsque les cyber-techno commandos se levèrent de table comme un seul homme pour se rendre au foyer. Le caporal Lambert avait lancé l’invitation.

— Chef, on a tous fait la visite médicale réglementaire, demain, c’est notre dernière mission. Jusqu’ici, tout s’est toujours bien passé, mais on ne sait jamais. On a décidé d’aller prendre un verre tous ensemble, le dernier avant la quille. Vous venez avec ?

Autant cette unité spéciale pouvait susciter l’admiration, du fait de son efficacité, autant l’arrogance de ses membres, véritables rock-stars de la garnison, attisait les jalousies et l’agacement.

— Une grenadine ? s’étonna Fred, Lambert, tu déconnes !

— Chef, vous êtes la tête pensante de l’équipe, vous, vous devez garder les idées claires. Nous, après, on vous suivra.

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