Le Lorien

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Océane reste un long moment dans sa cachette, tentant vainement de calmer les battements furieux de son cœur. Un Lorien, un vrai Lorien à quelques pas de sa maison. Elle avait beau chercher des explications rationnelles. Son cerveau paniquait, hurlant de ne pas bouger le temps que le monstre disparaisse. Mais la curiosité l’emporta. Elle se redressa doucement, juste assez pour contempler l’océan sans se faire voir. Ses yeux ne lui avaient pas joué de tour ! C’était bien un Lorien ! La créature sautait dans les vagues. Indéniablement masculin, son corps humain laissait apparaître des pectoraux saillants. Ses longs cheveux couleur de lune se collaient sur ce torse parfait. De là où elle se tenait, Océane ne pouvait voir ses traits. Elle resta, un moment, intriguée, presque hypnotisée par les reflets irisés de sa nageoire caudale.

Son esprit rationnel revint, alors, à la charge. Le monstre n’avait ni griffes, ni crocs, ni visage verdâtre et agressif comme il est dépeint dans les livres. La panique reprit le dessus et Océane replongea sous son bureau. Il chassait une proie ! Il n’y avait personne à la ronde ! Ça ne signifiait qu’une seule chose : il en avait après elle, ou son père. Elle opta pour la première solution, car Augustin ne quitte que très rarement la maison. Il fallait en informer les autorités et vite !

Elle saisit son appareil photo et se redressa comme un chasseur fondant sur un gibier qu’il traquait depuis des heures. Un flash lumineux emplit la chambre et Océane, son cliché pris, repartir dans son refuge, le cœur battant à tout rompre. Elle attendit, de longues minutes, les sens aux aguets. Mais rien. Le silence de la nuit n’était brisé que par le bruit lancinant de l’océan. Elle s’autorisa un coup d’œil vers l’extérieur. Le Lorien n’était plus là !

***

Il y avait des règles à la maison et la toute première était : ne jamais déranger Augustin lorsqu’il travaillait dans son atelier. Océane se dit qu’elle devait désobéir au vu de la gravité de l’événement. Elle descendit les escaliers, l’appareil photo dans les mains et s’arrêta devant la porte du laboratoire. Elle frappa poliment, mais comme elle ne reçut la moindre réponse, elle osa ouvrir.

La dernière fois qu’elle était entrée dans cette pièce, sa mère était encore là. Ça faisait des siècles. Le laboratoire était un capharnaüm indicible. Il y avait de tout, des plans tâchés de café, des rouages mécaniques entassées n’importe où et quelque chose qui ressemblait à une vieille baignoire rouillée en plein milieu.

Augustin sortit d’une pile de papier et observa sa fille d’un air furieux.

  • Mais qu’est ce que tu fais ici ?

La confiance d’Océane fut en un instant réduite en poussières. Elle balbutia quelques mots et osa prononcer celui qui était interdit : Lorien. Le visage de son père vira brusquement au cramoisi. Jamais, de toute sa vie, elle ne l’avait vu si furibond.

  • JE T’AI DIT DE NE JAMAIS PARLER DE CES MONSTRES EN MA PRÉSENCE ! explosa-t-il.

Les yeux d’Océane s’emplirent de larmes. Elle ressembla tout son courage et, brandissant son appareil photo, elle déclara :

  • Il y a un Lorien dehors. Je pense qu’il me chasse.

La rage d’Augustin ne diminua pas, au contraire. Il s’empara de l’objet et le fracassa violemment contre une armoire, réduisant à jamais la preuve qu’Océane avançait.

  • CESSE DE MENTIR ! RETOURNE DANS TA CHAMBRE ET NE REMET PLUS JAMAIS LES PIEDS ICI !!!

Océane, choquée par les paroles brutales de son père, baissa les yeux comme un enfant pris en faute et quitta la pièce silencieusement. Augustin ne l’avait pas crue. Elle remonta, abattue, déçue, ne comprenant pas la réaction paternelle. Une seule chose était sûre, le fossé qu’il y avait entre eux deux venait de s’élargir considérablement.

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