Mardi 9 mars 2010

2 minutes de lecture

Camille,

Bon anniversaire ma vieille ! Tu aurais eu dix-huit ans, tu resteras éternellement une adolescente de dix-sept. J'avais eu dans l'idée de déposer ton cadeau sur ta tombe, mais après réflexion, entre l'inutilité de ce geste et les passants qui se le seraient peut-être accaparé, j'ai décidé de le garder pour moi. Je suppose que tu es d'accord.

Je suis allée au cimetière. S’il y avait bien un jour où je devais me décider à y aller, c'était aujourd'hui. Je me suis assise devant ta tombe et j'y ai déposé une fleur à défaut d'un véritable cadeau. Il y en avait d'autres. Un petit mot signé de la part de Coralie et Léa m'a fait comprendre que j'avais négligé le chagrin que tu avais pu leur causer.

C'était la première fois que je te rendais visite. Je n'avais pas envie d'y aller avant, parce qu'un cadavre dans une tombe n'est rien, parce qu'une pierre reste une pierre. Et aussi parce que je n'avais pas envie de voir la triste réalité : toi, six pieds sous terre, et moi sur cette terre.

Tu me manques, Camille. Énormément. Chaque jour. Chaque minute. Chaque seconde. Pas un instant ne passe sans que je ne pense à toi. Ta mort est une plaie béante en moi qui ne cessera sans doute jamais de saigner. Je ne peux pas encore dire que le temps a fait son effet et que la douleur causée par ton absence est moins pesante. Je sais que de longues nuits de pleurs m’attendent encore. Certains jours, la douleur est même plus grande que le moment où j’ai appris que tu n’étais plus. Elle est parfois tellement insoutenable que j'ai l'impression d'étouffer sur place.

Je peux en revanche te dire que la vie est belle même avec ses malheurs. Sans Louis, je n'aurais jamais pu te promettre d'avancer et de vivre. Mais l'amour m'aide. Et j'avance et je vis.

Notre amitié partagée fut une chose merveilleuse. Que serais-je devenu si je ne t'avais rencontré ?

Pour toutes ces années de bonheur simple, pour ton amitié et tout ce que cela a impliqué, je ne peux que te dire merci. Merci d'avoir été ce que tu étais. J'avais de la chance et je l'ai toujours su, mais parfois, on n’a pas le temps ni pour s'en rendre compte, ni pour le dire.

Je vis dans le présent et ça fait partie du passé. Je ne savais pas comment te parler. Devais-je utiliser le passé ou le présent ? Le passé, c'est comme si je tirais un trait sur toi. Le présent, c'est comme si tu étais toujours là. Aucun des deux n'est possible à accepter. Mais je sais maintenant, et je ne commettrai plus l'erreur de dire que je t'adorais. Je t'adore. Encore et toujours. La mort nous a séparées, mais je continue de t'aimer.

Veille sur moi de là où tu es. Je veillerai sur ton frère pour toi.

Tu restes dans mon cœur. Je t'aime.

Ceci n'est pas un adieu.

Joana

P.S : Je resterai toujours ton amie malgré tout.

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