Vision et impudence

Une minute de lecture

"En fait, j'écris tout cela pour exprimer ma vision personnelle des choses.

Mon impudence me terrifie."

Virginia a des idées, elle souhaite les mettre en avant, les faire entendre. Quoi de plus normal ? Je me répèterai sans doute en disant que je n'envisage pas l'écriture, et en particulier l'écriture romanesque, sans le minimum de profondeur que cela suppose.

Les mots ont une force, avec les histoires. J'envisage mal, du haut de mes trente-cinq ans, écrire une histoire qui n'apprend rien au lecteur. Au risque d'en froisser certains, c'est en ne réfléchissant pas assez aux idées que véhicule un récit qu'on se retrouve à publier des romans tels que Twilight et 50 Nuances de Grey. Sans nier leur potentiel en tant que divertissement, ces deux oeuvres cousines finissent en réalité par cautionner des relations sentimentales abusives. Etait-ce seulement l'intention des autrices ? Je ne crois pas.

On peut écrire sans trop réfléchir, dans l'automatisme ou à l'instinct. Il en ressortira toujours quelque chose qui relève de la vérité personnelle. Cependant, pour écrire un récit intelligent et pertinent, ne faut-il pas en passer par l'élaboration d'un propos et d'une vision suffisamment solides pour servir de socle et de fil conducteur à une oeuvre entière ?

La terreur face à sa propre impudence, d'où vient-elle ?

Concernant Virginia, elle seule pouvait le savoir. Sans doute le saurai-Je plus tard en me plongeant dans les hypothèses de ses biographes.

Mais ma propre impudence me terrifie pareillement !

Ce que ces mots font émerger, c'est la peur de confronter mes mots et mes idées au monde qui m'entoure. La peur simple et muette de sortir du bois, et porter ma voix directement. Sans artifice, de me montrer au grand jour.

Prêter le flanc à la critique.

Suis-je assez forte ? Ai-je assez de bagout ? Assez de confiance ?

Mais encore : suis-je assez légitime, ai-je assez de talent pour revendiquer telle ou telle carrière, tel ou tel titre, notamment celui d'écrivaine ?

Pour le savoir, je pense que je dois sauter dans l'inconnu, tout bonnement, et embrasser ces incertitudes.

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