Premières visites

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De retour à leur domicile, ils s’accoutumèrent à leurs nouveaux horaires avec Alice ; Valentine avait bien eu une montée de lait, mais visiblement, elle n’en produisait pas énormément, au point de devoir combler les tétées avec des biberons de lait maternisé.

Sébastien en fut finalement content ; il pouvait activement aider Valentine de ce côté-là. Cela le remplit de joie et il fut tout à son affaire lorsqu’il donna son premier biberon à sa fille.

Alice se révéla bonne dormeuse, elle fit rapidement des nuits de cinq heures, au grand contentement de ses parents.

Les premières présentations commencèrent, Marianne fut la première à découvrir Alice.

Le jour de cette première visite, Sébastien entendit qu’il avait reçu un message sur son téléphone, il le consulta et dit à Valentine, en souriant,

— C’est ma mère, elle n’a pas sonné de peur de réveiller Alice, je la fais entrer ?

— Mais oui, fais-la entrer… C’est mignon comme attention.

Marianne entra et s’enquit auprès de Valentine,

— Valentine, comment vas-tu ? Cela n’a pas été trop pénible pour toi ?

Valentine sourit,

— Je ne suis pas prête à recommencer tout de suite, mais tout s’est bien passé et je suis heureuse qu’elle soit enfin arrivée. Tu veux la voir ? Elle dort encore. Viens, je te conduis.

Elle la conduisit dans la chambre d’enfant qu’ils avaient aménagée et la guida jusqu’au petit lit où dormait Alice.

— Regarde, elle est blonde comme Sébastien.

— Oui, je constate… Elle me fait penser à lui, bébé. Elle lui ressemble… Fort.

Marianne prit Valentine par les épaules et lui déposa un baiser sur le front puis lui dit,

— Merci pour m’avoir donné une petite-fille, merci de rendre mon fils aussi heureux, je suis heureuse de t’avoir comme belle-fille, Valentine.

Valentine sentit une larme couler sur sa joue,

— Merci Marianne.

— Eh Valentine, pourquoi tu pleures ?

— C’est de joie, Marianne.

— Viens dans mes bras…

Marianne berça sa belle-fille, c’est ainsi que Sébastien les retrouva.

— Est-ce que ça va ?

— Oui Seb, tout va bien.

— Votre fille est superbe, je suis heureuse pour vous, mais pour moi aussi, égoïstement, je suis une grand-mère comblée et j’espère que j’aurai souvent ma petite-fille à garder.

— Laisse-nous le temps de la connaitre d’abord maman…

— Je sais Sébastien… Et vous deux, ça va ? Vous vous adaptez à ce chamboulement ?

Sébastien proposa

— Oui, on s’y fait, mais vient, allons discuter dans le salon.

Valentine renchérit,

— Oui, ce serait mieux !

Ils se dirigèrent tous les trois vers le salon et dégustèrent les biscuits que Sébastien avait préparés entre-temps.

Alors qu’ils discutaient, la sonnette retentit brièvement, Sébastien se leva, indiquant qu’il devait s’agir de Françoise et Grégory et alla ouvrir.

Derrière la porte, il eut la surprise de découvrir les parents de Valentine.

— Euh… Bonjour…

Le père de Valentine s’expliqua,

— Bonjour Sébastien, nous avons appris la nouvelle via Annie et nous avons décidé de venir vous féliciter. Pouvons-nous entrer ?

— Oui, bien sûr…

Sébastien réfléchit rapidement et se dit que, tant qu’à faire, les présentations seraient faites et puis, sa propre mère étant présente, ils seraient plusieurs à pouvoir gérer le moindre débordement.

Afin de prévenir Valentine, il indiqua, à voix haute, en revenant vers le salon,

— Eh bien, il s’agira de la journée « visite des grands-parents » !

Valentine se tourna vers Sébastien pour vérifier la chose, un peu ébahie. Agnès les interpella,

— Bonjour Valentine, Bonjour Marianne.

— Bonjour maman… Papa.

Voyant Valentine figée, Marianne prit sur elle d’accueillir Agnès.

— Bonjour Agnès, ah, mais oui, je crois qu’Alice rencontrera tous ses grands-parents aujourd’hui ! Au fait, Sébastien, est-ce que ton père est au courant de la naissance d’Alice ?

— Oui maman, il le sait, mais il ne comptait pas venir aujourd’hui.

En s’adressant aux parents de Valentine, Marianne indiqua,

— Venez, je vais vous monter Alice, elle dort encore.

Elle les conduisit dans la chambre et leur montra Alice. Valentine les suivit, d’une façon un peu robotique. Sébastien la rejoignit et la prit dans ses bras. Il lui glissa,

— Je ne pouvais pas les laisser dehors, Val…

— Pas de souci Seb… Et puis, comme ça, c’est fait.

Alors qu’elle observait ses parents penchés au-dessus du lit d’Alice, Valentine eut tout d’un coup les entrailles qui se serrèrent… Sa mère tendit la main vers sa fille et lui caressa la tête.

La sentant se raidir et respirer superficiellement, Sébastien l’enlaça et lui souffla,

— Calme-toi Val, elle ne fait rien de mal et ma mère est à côté, calme-toi.

Il posa un baiser dans son cou puis la berça.

Soudain, Agnès dit tout bas, en se tournant vers le couple, tout sourire,

— Elle est toute blonde ! Elle tient de ton côté, Sébastien.

— Oui, effectivement, maman m’a dit qu’elle est visiblement mon portrait craché.

— Elle est belle en tous les cas, tu l’as bien réussie Valentine.

— Merci maman.

Valentine se détendit un peu et caressa la main de Sébastien qui était posée sur ses hanches. Elle avait eu peur… Mais, non, tout s’était bien passé sa mère n’avait eu aucun geste agressif contre son enfant, sa fille.

Marianne leur proposa de repasser dans le salon, pour éviter de réveiller Alice.

Un peu plus tard, la sonnette retentit à nouveau et Valentine sauta sur l’occasion pour bouger et ouvrir la porte aux visiteurs.

Il s’agissait de son frère et Françoise, elle les prévint de la présence de ses parents et de Marianne. Françoise s’enquit,

— Oh… Et ça va ?

— Oui, tout est ok pour le moment, venez, entrez !

Elle les devança dans le salon et indiqua à l’assemblée, en souriant,

— Voici Greg et Françoise ! Alice connaîtra aussi son oncle et sa tante.

En regardant les personnes présentes dans le salon, son sourire se figea et elle souffla, apeurée.

— Où est maman ?

Elle se tourna alors vers la porte de la chambre d’Alice qui s’ouvrit, laissant apparaître sa mère, tenant Alice dans ses bras ; une Alice bien vivante et visiblement à l’aise dans les bras de sa grand-mère.

Valentine se sentit trembler de l’intérieur… Elle n’arriva pas à bouger. Marianne la prit par les épaules et lui glissa,

— Regarde Valentine, tout se passe bien, ta fille va bien, tout est normal.

Sébastien, voyant le visage livide de sa femme, s’empressa de récupérer Alice.

— Oh, mais ma petite fille est réveillée ! Viens dans les bras de ton papa ! Vous permettez ?

— Oui, tiens, prends-la, j’ai entendu qu’elle était réveillée, je suis allé la chercher.

Sébastien garda sa fille un moment dans ses bras puis la laissa passer de bras en bras… Ce qui ne sembla pas perturber Alice, très sociable et très attentive à tous les mouvements.

Françoise glissa à Valentine, assise à côté d’elle dans le divan.

— Ça va ? Moi, mon petit loulou a fait un bond quand je l’ai vu sortir de la chambre avec ta fille dans ses bras.

— Pff, j’ai cru que le peu de lait que j’arrive à produire allait tourner !

— Mais comme quoi… Regarde, elle est tout sourire, ta mère. Et Alice n’est pas perturbée pour un sou.

Valentine soupira… À la fois rassurée que tout se passe bien, mais aussi effrayée par ce qu’elle pouvait encore ressentir face à sa mère.

Une fois tous les visiteurs partis, Sébastien lui dit,

— Tout s’est bien passé Val, ne t’inquiète pas, je ne compte pas laisser notre fille seule avec ta mère de sitôt.

— Merci Seb… Je ne sais pas, cela finira peut-être par arriver un jour, mais là… C’est trop tôt… Pour moi. Je… Je ne suis pas encore prête à lui donner cette confiance-là.

— Moi non plus. En revanche, pour ma mère, tu serais d’accord pour lui laisser Alice ?

— Marianne ? Oui, je lui fais entièrement confiance.

Il sourit et lui dit de façon très pragmatique,

— Ça tombe bien, nous pourrons la mettre chez elle en dehors des deux jours par semaine que nous avons réussi à obtenir dans la crèche que nous voulions.

Elle pouffa de rire,

— De fait, oui… Cela nous arrange.

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