11. Chaud business

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Laurène entra d’un air décidé dans la concession Mini. Elle cherchait du regard Miguel lorsque celui-ci surgit à pas de loup dans son dos, lui bandant brièvement ses yeux avec ses mains.

  • Bonjour Laurène, murmura-t-il à son oreille.

Elle ôta délicatement le bandeau d’épiderme qui lui masquait la vue et se retourna, un sourire aux lèvres.

  • On s’embrasse ? proposa-t-il.

Troublée par son charisme et la séduction qui émanait de sa personne dans son costume cintré, à la fois chic et décontracté, la cravate légèrement dénouée et le col déboutonné, elle se contenta d’acquiescer d’un mouvement de tête. Jovial, rayonnant, solaire, il lui tapa la bise d’une manière étonnamment désinvolte.

  • Bon, on va l’essayer cette voiture ? Une Mini Hatch essence, un modèle Cooper de 136 chevaux. Tu vas voir, ça se conduit comme un kart…

Direction le parking. Il lui ouvrit galamment la portière, l’invita à s’installer au volant et prit place à ses côtés pour lui présenter rapidement le poste de conduite. Elle mit le moteur en route, et démarra en trombe. Sa conduite dynamique, presque sportive, le surprit agréablement. Il hésitait en permanence entre river ses yeux sur l’asphalte ou la ravissante pilote qui semblait être grisée par le comportement enjoué de la petite citadine. Se sentant observée, mais sans lâcher sa trajectoire du regard, elle finit par lui demander, un brin agacée :

  • Quoi ? Ne me dis pas que tu fais partie de ces horribles machos qui pensent que les femmes n’ont pas leur place derrière un volant !
  • Non, absolument pas…
  • Alors quoi ? T’as peur que je plante ton joujou extra ?
  • Non plus… J’adore ta façon de conduire, et… C’est juste que je ne m’attendais pas à ça de ta part. Je te pensais plus…
  • Plus coincée ? Plus bourgeoise ?

Il rit.

  • Oui, peut-être !

Elle rit aussi. Ambiance bon enfant, détendue.

  • Ça va probablement te surprendre, mais dans ma jeunesse - bien avant d'être mariée -, j'ai brièvement été pilote de rallye, en groupe N, sur Super 5 GT Turbo.

Miguel siffla d'admiration.

  • J'ai participé à quelques courses de côte et même remporté une ou deux spéciales...

Le trentenaire, ébahi, ne sut que répondre. Impressionné, il en perdit presque ses moyens. Mais pas très longtemps. Retour à la concession.

  • Alors, verdict ? T’es prête à casser ta tirelire ? J’en ai une en stock, coloris British Racing Green avec intérieur cuir, bardée d’option, sur laquelle je peux t’avoir un super prix. Faudrait te reprendre ta voiture ou pas ? On en parle dans mon bureau si tu veux, je te fais un devis et tu réfléchis. OK ?

Le naturel du commercial charmeur reprit vite le dessus. Un vrai bagout de vendeur qui la submergea. Elle l’écoutait sans l’écouter. Il aurait pu lui vendre une Rolls à un prix aussi exorbitant qu’inaccessible qu’elle n’aurait pas cillé.

Il n’y avait plus personne dans le show-room, ils se dirigèrent vers son bureau. Ils auraient dû s’y asseoir, ils ne s’assirent pas. Ils étaient là, debout, à se dévorer des yeux. Miguel se rapprocha de Laurène, caressa son visage, descendit sur son cou, puis l’embrassa voluptueusement. La blonde cannelle ferma ses paupières et se laissa doucement aller à l’amour. Miguel défit délicatement les premiers boutons de son chemisier pour effleurer des doigts sa poitrine encore emprisonnée d’un discret soutien-gorge de dentelle. Sa main descendit encore sur ce sculptural corps de déesse pendant que sa langue dansait avec celle qui l’embrasait, jusqu’à venir défaire la ceinture, le jean, s’immiscer dans son string. Les phalanges de l'hidalgo glissèrent le long de sa fente, caressées par de soyeux poils pubiens ; un bouton de rose effleuré ; une intimité profondément doigtée ; des soupirs humides, mouillés… Mais Laurène interrompit brutalement cette lente montée du désir.

  • Non, s’il te plaît Miguel… Ça va trop vite… Désolée, je ne peux pas. Pas comme ça…

Le beau brun, à l'excitation plus que palpable, n’avait sans doute pas l’habitude qu’on se refuse à lui ; pourtant, il accéda à la requête de celle qu’il convoitait.

  • Et tu accepterais… De dîner avec moi ce soir ? Dîner, ça n’engage à rien, non ? Allez, je t'en supplie, dis-moi oui. Je te jure que je n’essaierai pas de…
  • Chut ! fit-elle en posant un doigt sur sa bouche après avoir réajusté sa tenue. Ne fais pas de promesses que tu sais ne pas pouvoir tenir…
  • Ça veut dire oui ?

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