L'habitus: dressage et débourrage

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Chaque soir le même rituel. Margot arrivait à 19h30, directement de son travail de vendeuse dans une bijouterie. Pas aussi chic que ce qu'elle aurait aimé, mais elle avait pour projet d'intégrer l'équipe d'une bijouterie de luxe dans le futur. Bien que maintenant, elle ne faisait plus aucun projet pour le futur.

En arrivant dans la cour, un des videurs lui tendait un sac où elle devait déposer tous ses vêtements, ses bijoux, éteindre son portable et y laisser son sac à main. L'humiliation commençait avant même qu'elle passe la porte. À l'intérieur, Valérie l'accueillait en lui passant un collier d'esclave et la traînait en laisse jusqu'à sa chambre. Elle ne faisait jamais le même trajet, passait par des pièces où hommes et femmes s'affairaient ou discutaient en buvant un verre. Tout ce temps, elle ne devait pas cacher son corps et se taire, sous peine de recevoir des coups de cravache de la part de Valérie. Même si les personnes croisées posaient les mains sur elle, bien qu'elles soient limitées à ses fesses et ses seins. Tous les soirs, elles passaient par le bureau de Madame Solange, qui la détaillait de la tête aux pieds, vérifiait que ses aisselles, son pubis et son anus étaient bien dépourvus de poils. Puis, d'un geste de la main, elle les renvoyait sans un mot.

La honte qui envahissait Margot était telle que chaque soir, arrivée dans sa chambre, libérée du collier, elle s'effondrait en larmes sur son matelas jusqu'à ce que Géraldine arrive à son tour et la prenne dans ses bras pour la consoler. Et à chaque fois, sentir le corps de Géraldine contre le sien finissait par l'apaiser, le temps que Valérie vienne les chercher.

Elle savait qu'elle devait rester plusieurs soirs dans la cage, exposée comme un animal, livrée aux mains des hommes et femmes masqués qu'elle n'osait de toute façon pas regarder. Chaque soir, des mains inconnues la caressaient, la pinçaient, la giflaient, des rires éclataient, des insultes fusaient. Et chaque soir, ces doigts s'insinuaient en elle, dans son antre et dans son anus, la faisaient mouiller malgré elle, malgré ses pleurs.

Au bout de cinq jours, les pleurs étaient pourtant moins présents. Margot se faisait une raison: cette torture allait durer encore. Ils auraient pu faire appel à leurs parents, aux familles des amis de Nicolas, mais cela aurait voulu dire avouer les activités extra conjugales de son mari, mais pire encore: il faudrait révéler ce qu'elle vivait, et elle savait que toute victime qu'elle était, leur regard changerait sur elle. Alors elle subissait, soir après soir.

Et soir après soir, les nombreuses mains finissaient par se retirer, pour que celles, puissantes, viriles, implacables, ne viennent l'achever et la fassent crier d'un plaisir aussi douloureux que honteux. Ensuite, elle restait recroquevillée sur elle-même, à observer les gens et les autres Esclaves. Elle en avait compté sept en tout, toutes relativement belles, bien que différentes. Elle savait que c'était pour contenter tout le monde. La plupart étaient jeunes, comme Margot, et avaient des seins encore bien ronds et musclés. Mais il y avait aussi ces deux femmes, plus âgée, l'une quarantenaire, l'autre cinquantenaire, d'après Margot. Elles étaient les plus à l'aise, et au fond d'elle, Margot les admirait, de réussir à faire bonne fortune de leur situation.

Vers minuit, Margot regagnait sa chambre, où elle pouvait dormir. Mais elle en était incapable jusqu'à ce que Géraldine la rejoigne. En arrivant, Géraldine se blottissait dans le noir contre Margot. Celle-ci posait sa tête sur la petite poitrine de son amie d'infortune, qui lui caressait les cheveux pour l'apaiser.

Elles discutaient peu, et Margot s'endormait rapidement. Mais un soir, Géraldine commença à parler.

-- C'était ton dernier soir en cage, lui dit-elle sur un ton désolé.

-- Ça veut dire que demain, je devrai servir avec vous?

-- Ça veut dire que demain, tu vas commencer ta formation.

-- Ma...?

Margot n'osait pas imaginer les implications de ce mot.

-- Ne t'en fais pas. Je serai là, avec toi. Demain soir, tu vas être amenée à la campagne, et je t'y rejoindrai pour le week-end après la soirée.

-- Le week-end? Mais je croyais que...

-- Madame Solange fait ce qu'elle veut, Margot. Il y a même des fois où tu te devras te faire porter malade à ton travail pour venir ici, sur simple demande de sa part. Une fois, Béatrice a refusé. Tu vois, la rouquine? Elle était une rebelle. Elle a eu deux week-end de formation, contrairement à toutes les autres qui n'en ont eu qu'un. Elle a prétexté qu'elle avait une réunion importante pour son travail, et ne s'est pas présentée. Son frère s'est fait renverser par une voiture en sortant de son bureau. Il n'y a rien eu de très grave, juste quelques os cassés. Mais depuis ce jour, Béatrice est une des plus dociles.

-- Vivement que nos maris aient remboursé leur dette, sanglota Margot dans le cou de Géraldine.

-- Oui, Margot... Vivement qu'ils aient remboursé...

Le lendemain, vendredi soir, Margot arriva dans la cour, se déshabilla, entra, laissa Valérie lui passer le collier et la traîner dans les pièces, en annonçant à tout le monde qu'elle allait être dressée à sa nouvelle condition. Elle reçut des caresses et des fessées d'encouragement, et fut obligée de remercier chaque personne.

Le cœur lourd, emplie de stress, et le corps tremblant, elle fut emmenée dans le bureau de Madame Solange. Celle-ci l'inspecta comme d'habitude, mais ne les renvoya pas, cette fois. Elle lui sourit, d'un sourire mauvais:

-- Margot, tu es une bien belle acquisition. Je dois avouer que tu vaux bien la petite que ton Nicolas nous foutue en l'air.

-- Je n'attends plus qu'une chose de lui, répondit Margot en reniflant. C'est qu'il vous rembourse et que je sois libre. Libérée de vous et de lui.

-- Ahah! Oui-oui, bien sûr! D'ailleurs, à ce propos...

Madame Solange alla jusqu'à son bureau et sortit un tas de feuilles de son tiroir qu'elle posa devant les yeux de Margot.

-- Ceci est un dossier de divorce. Je t'avais dit que je t'aiderais, non? Je tiens toujours mes promesses. Toutes mes promesses. Ce soir, tu vas être amenée ailleurs. Géraldine a dû t'en parler. Ta formation va commencer. Ce week-end, tu ne rentreras pas. Puis tu auras deux jours de repos. Tu seras tout de même ici, mais tu n'auras pas à te présenter aux soirées. La formation des Esclaves est assez éreintante et je m'en voudrais de proposer à mes invités une Esclave sur les rotules. Ce seront les deux seuls jours de repos que tu auras. Même pendant tes règles, tu devras servir. Avec la ficelle qui dépasse, ajouta-t-elle en ricanant.

Margot rougit et baissa les yeux. Elle se sentait incapable de supporter tout cela. Et même l'idée de la présence de Géraldine ne l'aidait pas. Valérie tira sur la laisse et la fit sortir de là pour la diriger directement vers la cour, où l'attendait un camion de déménagement. Un homme lui ouvrit le hayon arrière et lui passa un bandeau sur les yeux, avant de la charger, comme du bétail. Ses mains furent attachées dans le dos, sûrement pour l'empêcher de retirer le bandeau, puis on lui passa un gagball, bien serré, avant d'être saucissonnée dans un coin du camion. Elle était debout, mais ne pouvait rien bouger d'autre que ses doigts. Pendant de longues minutes, elle entendit plusieurs hommes remplir le camion. Elle se doutait qu'il ne s'agissait que de la cacher, au cas où quelqu'un ouvrirait les portes pendant le transport.

Puis le trajet. Elle était ballotée dans tous les sens. Les liens irritaient sa peau, sensibilisaient ses muscles. Elle ne sut dire combien de temps avait duré le voyage. Une éternité. Lorsque le moteur s'arrêta, après un chemin cabossé, elle respira un peu mieux. Les hommes vidèrent le camion, au moins en partie, et la détachèrent sommairement, avant de la décharger.

Elle fut trimbalée sur un chemin pierreux et boueux, grelotait de froid en marchant dans l'herbe humide. Une porte en bois s'ouvrit et l'odeur de la paille emplit ses narines. On lui retira le bandeau et la boule dans sa bouche.

Elle vit Valérie, habillée comme une cavalière, les cheveux tirés en une tresse stricte, la cravache à la main. À ses côtés, il y avait quatre hommes qui la reluquaient avec envie. Valérie prit la parole:

-- Ici, tu n'es plus rien. Margot n'existe plus. Alors qui es-tu?

-- Je... Je ne sais pas, Valérie... Comment dois-je m'appeler? demanda-t-elle d'une voix chevrotante, les yeux fixés sur la cravache qui lui faisait déjà peur.

Mais elle eut beau prendre cette attitude soumise qui lui était si étrangère, elle reçut cinq coups de cravache sur chaque cuisse. Dès le premier, ses jambes faillirent. Un des hommes passa derrière elle et la maintint debout sans ménagement. Elle se mit à crier, à pleurer, à supplier, mais rien n'y faisait. La cravache s'abattait sans relâche.

-- Qui es-tu? Qu'es-tu?

-- Une esclave! hurla Margot en gémissant de douleur autant physique que psychologique.

L'homme la relâcha aussi rudement qu'il l'avait tenue et Margot s'effondra au sol, les genoux dans la paille fraîche et rêche, en pleurant à chaudes larmes.

-- Bien, tu apprends vite, au moins, toi. Pendant ces deux jours, tu seras Esclave Lubrique. J'ai vu ta façon de jouir, petite traînée. Tu crois que personne n'a remarqué que tu attendais toujours de retrouver les mêmes doigts experts, chaque soir, pour jouir comme une truie?

-- Je...

Elle s'arrêta net de parler en sentant le cuir de la cravache se poser sur sa joue. Heureusement, Valérie ne l'avait pas frappée cette fois.

-- Arrête un peu tes simagrées, Esclave Lubrique. Tu as aimé ça, quoique tu en dises. Une partie de toi a aimé ça. Je suis sûre que même avec sa queue, ton soi-disant homme ne t'a jamais fait jouir comme ça. Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que pas une once de ton être n'a aimé jouir sur ces doigts.

Margot ne sut pas vraiment si c'était la peur de la cravache qui la fit se taire, mais elle l'espérait. Il ne pouvait en être autrement. Valérie, elle, fut satisfaite de son silence. Elle caressa sa poitrine de sa cravache et lui décocha un petit coup sur un téton tendu. Margot lâcha un cri aigu et se plia en deux, prête à s'étaler de tout son long dans la paille, mais Valérie la retint par les cheveux et la remit à genoux.

-- Aujourd'hui et demain, Esclave Lubrique, tu apprendras à servir. Servir nue, ça veut dire quoi?

-- Plaire? demanda-t-elle en reniflant, ses larmes ne semblant plus vouloir arrêter de couler.

-- Mais encore?

-- Être agréable?

-- Et comment tu peux être agréable, si tu cries à chaque fois qu'on touche ton corps, Esclave Lubrique?

-- Je...

-- Servir nue, Esclave Lubrique, ça veut dire savoir servir tout en étant touchée, caressée, griffée, claquée, et recevoir chaque geste comme un cadeau. Le tout sans faillir. Servir nue, Esclave Lubrique, c'est être solide, séduisante, excitante, et hospitalière. Et bien sûr, tout ça à la fois. Et jusqu'ici, Esclave Lubrique, qu'as-tu montré de ces qualités?

Les yeux baissés pour ne pas voir le visage sévère de Valérie, ni ceux moqueurs des hommes qui l'accompagnaient, Margot prit un moment pour peser le pour et le contre. Répondre quelque chose prouverait sûrement un certain orgueil. Ne rien répondre passerait peut-être pour de la fausse modestie. Il lui semblait que quoi qu'elle dise, elle allait recevoir à nouveau la cravache. Alors elle se lança, pour ne pas que Valérie s'impatiente:

-- Séduisante, peut-être?

-- Séduisante? s'esclaffa Valérie. Parce que tu trouves séduisant une chose insignifiante qui tourne le dos aux personnes qui la caressent, et qui se recroqueville dans un coin en pleurnichant une fois qu'elle a pris son plaisir? Tu n'as montré aucune de ces qualités, Esclave Lubrique! Montre-moi comme tu peux être séduisante, si tu crois l'être! Lève-toi!

Valérie la menaçait de la cravache. Margot se releva difficilement, les mains toujours dans le dos. Elle aurait aimé sécher ses larmes, se recoiffer. Mais rien de tout ça ne lui était possible. Alors elle se redressa. En essayant de ne penser à rien, elle se cambra, bomba le torse, tendit la croupe en arrière. Elle ne put voir le petit sourire de satisfaction en coin sur le visage de Valérie que parce que celle-ci lui releva, à l'aide sa cravache, la tête qu'elle gardait penchée vers le sol.

-- Beaucoup mieux, Esclave Lubrique. C'est cette attitude que je veux voir désormais lors des soirées que Madame Solange donne. Il y en a tous les jours. Ce sont les V.I.P. qui ont le privilège d'être servis par les Esclaves de Madame Solange.

Valérie parlait en lui tournant autour, caressant ses courbes de sa cravache, tapotant à certains endroits pour que Margot retende sa jambe, garde sa cambrure, le ventre rentré, le menton haut. Elle claqua des doigts et un des hommes se rendit un instant dehors, puis revint avec un plateau.

-- Nous allons commencer par un exercice très simple. Tu vas te promener dans le domaine avec ce plateau. Il n'y a pas de verres dessus, mais tu dois faire semblant. À aucun moment tu ne perds cette cambrure, à aucun moment je ne veux voir tes épaules retomber. Pas de faux pas. Ces messieurs viendront te voir de temps en temps et lorsqu'ils te parleront, tu leur répondras, lorsqu'ils te toucheront, tu les remercieras.

L'exercice semblait simple, mais il dura des heures. À chaque erreur, Valérie tenait les comptes. Elle lui précisa que chaque erreur compterait comme une fessée à la fin de l'exercice. Il faisait nuit noire et Margot était congelée, les pieds noirs de terre, lorsque Valérie lui dit qu'elle en avait fini.

-- Trente-sept fautes. C'est pas si mal, lui dit-elle. Demain matin, tu feras mieux. Messieurs, veuillez me laver cette souillon et amenez-la-moi pour sa punition.

-- Bien Madame! répondirent-ils en chœur.

Quelle ne fut pas son horreur lorsqu'elle découvrit que ladite douche était dehors, qu'on lui donna un simple savon, et que les hommes l'arrosèrent avec un tuyau. Elle dut supporter l'eau gelée, et les rires des hommes, avant d'être séchée par eux, qui en profitaient pour la peloter. Puis ils l'amenèrent à Valérie. Elle l'attendait, assise sur un fauteuil sans accoudoirs. Elle lui fit simplement signe d'approcher, puis tapota ses cuisses pour lui dire de s'installer.

Margot ne voulait pas. Pas une humiliation de plus. C'était, lui semblait-il, au-dessus de ses forces. Elle sentit ses larmes se remettre à couler. Elle renifla, mais sous le regard impatient et autoritaire de Valérie, elle céda une nouvelle fois, en espérant que depuis ce soir maudit où il l'avait emmenée au restaurant pour jouer les maris modèles, Nicolas ne trouvait plus le sommeil.

Dès qu'elle s'approcha de Valérie, celle-ci l'attrapa par les cheveux et l'installa en travers de ses jambes. Trente-sept fautes. Trente-sept fois, Valérie fit claquer sa main sur les fesses de Margot. Et à chaque fessée, la tortionnaire lui demandait:

-- Qui es-tu?

-- Une esclave! devait répondre Margot inlassablement.

Ses fesses lui brûlaient, ses larmes brûlaient ses joues. Et pourtant, après la trente-septième fessée, Margot se rendit compte qu'elle n'avait même pas essayé de s'échapper. Elle n'était pas attachée, elle n'était pas maintenue. Elle avait laissé cette femme la fesser sans broncher, si ce n'étaient les gémissements de douleur et de honte.

Pour terminer, Valérie lui caressa son arrière-train, comme pour la féliciter.

-- Elle marque bien, dit-elle en direction des hommes. Cela plaira, lors des soirées.

Puis elle lui écarta les jambes. Margot sentait la présence des hommes qui posaient leur regard pervers sur son sexe. Elle sentit aussi les doigts de Valérie s'y poser.

-- Elle mouille comme une chienne en chaleur. J'étais sûre que Madame Solange avait vu juste.

Elle glissa deux doigts en elle, ce qui la fit à la fois se crisper, geindre, et lancer une boule de chaleur dans tout son corps. Valérie en ressortit des doigts poisseux de cyprine et les remua devant les hommes, s'amusant à faire des petits filets avec ce liquide. Les hommes se mirent à ricaner, et c'est pourtant la voix de Valérie qui fit tressaillir Margot:

-- Et qu'est-ce qu'on fait des chiennes en chaleur?

Margot ne connaissait que trop bien la réponse. Elle en fut même au point d'espérer qu'elle se trompât et qu'elle allait dire qu'on les fessait. Mais l'un des hommes fit entrer Margot dans le monde de l'esclavage par la grande porte:

-- On les défonce... l'un après l'autre!

-- Alors à la queue-leu-leu! s'exclama Valérie.

Margot n'eut pas à bouger. Elle s'agita, refusa, mais Valérie claquait à nouveau ses fesses avec véhémence, et la brûlure la maintint sur place aussi sûrement que des liens. Elle resta sur les genoux de Valérie, qui écartait déjà ses fesses pour accueillir le premier d'entre eux. Elle l'entendit défaire sa ceinture, laisser son pantalon tomber au sol. Elle comprit qu'il bandait déjà en le sentant appuyer son gland contre sa vulve. Elle se crispa, mais il la prit sans presque forcer.

La honte. Toujours cette honte. Malgré toutes ces humiliations, elle mouillait. Elle était trempée, et maintenant encore plus que lorsque Valérie y avait enfoncé ses doigts. L'homme allait et venait, encouragé par Valérie qui maintenait Margot, afin qu'elle ne tombe pas.

-- Tu n'as pas avoir honte, lui dit-elle alors que l'homme la limait comme dans un sprint. On est entre nous, ici. Le plaisir que tu ressens, la honte que tu ressens. Tout ça, je l'ai connu avant toi. Tu dois l'accepter...

Margot n'en revint pas. Alors que l'homme accélérait en râlant entre ses cuisses, Valérie était en train de lui avouer qu'elle aussi avait été Esclave. Mais elle n'eut pas la possibilité de se concentrer sur cette révélation. Elle sentit l'homme cogner furieusement au fond de son antre et elle se mit à crier.

-- Concentre-toi sur le plaisir, je sais que tu en as...

L'homme se retira et éjacula sur ses fesses endolories. Mais elle n'eut pas le temps de reprendre son souffle que déjà le deuxième la pénétrait à son tour. Elle le reçut, les yeux exorbités. Son gros gland lui écarta les chairs et vint cogner contre son col de l'utérus sans ménagement. Aussitôt, il se mit à la pilonner en grognant, malgré qu'elle se crispe de tout son être. Et dans le même temps, Valérie lui caressait les cheveux et lui soufflait à l'oreille:

-- Tu es belle, Esclave. Sexy à souhait. Sens comme tu les rends dur, sens le pouvoir que tu as sur eux. Viens, dit-elle alors au troisième homme qui attendait son tour. Viens lui montrer comme elle t'excite.

Agrippant Margot par les cheveux, Valérie lui releva légèrement la tête pour qu'elle regarde le sexe durci de ce tortionnaire.

-- Avoue, lui dit Valérie sur un ton plus rude. Avoue que t'as déjà rêvé de te faire défoncer à la chaîne par d'aussi belles bites, salope...

Et la honte qui monta cette fois en Margot était comme un déjà-vu. Elle grimaçait, en râlant, les larmes coulant sur ses joues, alors que lui revenait ces moments de rêverie. La plupart du temps, il s'agissait de réveils, ces quelques minutes avant d'ouvrir les yeux, où l'on est pris entre rêve et réalité, et où l'on veut continuer de rêver. Oui, elle avait déjà rêvé de se faire prendre par des hommes à la chaîne. Elle se souvint de ce mélange d'excitation et de honte d'imaginer de telles scènes, la honte de se réveiller le sexe dégoulinant d'envie, qu'elle faisait toujours passer en offrant une fellation à son mari qui dormait près d'elle. Mais même pendant qu'elle le suçait, elle ne pouvait s'empêcher, en fermant les yeux, de voir ces hommes la prendre, sans aucun sentiment, si ce n'est celui du désir, par tous les trous.

Valérie ne rata pas ce petit temps d'hésitation et la força à approcher son visage de ce membre dressé. Elle pouvait sentir son odeur. Il lui aurait suffi de sortir la langue pour le goûter.

-- Réalise ton fantasme, Esclave, lui dit Valérie.

Puis elle plaqua sa bouche à son oreille, pour lui susurrer, de manière à ce que personne d'autre ne puisse l'entendre terminer.

-- Tu pourras toujours dire aux autres que tu y as été forcée...

Margot ferma les yeux. Elle fut aussitôt assaillie de ces images, celles de ses rêves presque éveillée qui la rendaient si chaude, si gourmande, qu'elle enfonçait le pieu de Nicolas au fond de sa gorge et le ressentait jusque dans ses tripes. Chaque fois qu'elle avait rêvé de ça, elle avait joui ensuite en pompant son mari, tout en sachant que c'était sa façon à elle d'expier ces pensées qu'elle considérait comme déviantes. Mais elle devait bien se l'avouer: cette envie d'être baisée comme la dernière des salopes lui revenait dans ses rares moments de plaisirs solitaires.

Et sa réflexion était brouillée, déviée. La fatigue, la douleur, la honte, les larmes, toute cette situation faisait qu'elle ne pensait plus comme à son habitude. Valérie et ces hommes avaient réussi à lui faire oublier toutes ses barrières, tout ce qu'elle avait appris depuis son enfance sur ce qu'est être une femme respectable.

Après tout! Qu'avait-elle encore de respectable? Valérie ne pouvait qu'avoir raison. Elle ne pourrait jamais s'esquiver à son nouveau statut, jusqu'à ce que Nicolas et ses soi-disant amis n'aient remboursé Madame Solange. Alors autant que ça se passe le moins douloureusement possible. Et en cet instant, elle ne vit qu'une solution à y parvenir.

Hésitante, Margot ouvrit la bouche, les yeux toujours fermés. Aussitôt, l'homme avança son gland. Elle le sentit sur ses lèvres et commença à le suçoter, alors que l'autre ralentissait, observant sûrement la scène. Valérie lui caressait à nouveau les cheveux en lui chuchotant:

-- C'est bien, ma fille... Tu es une bonne Esclave... Avale-le, tu en as tellement envie...

D'une main douce, elle poussa son visage le long du chibre qui s'engouffra dans sa bouche, obstrua sa gorge. L'homme râla d'un plaisir intense, alors que Valérie la forçait à rester là. L'air lui manqua rapidement, sa gorge se mit à brûler, et pourtant la voix de l'homme lui parvint avec une violente clarté:

-- Elle aura pas mis longtemps, celle-là... Une belle salope...

Un haut-le-cœur la fit tousser et Valérie lui tira les cheveux pour qu'elle reprenne son air. Les larmes coulaient toujours, la bave se joignit à la fête. Entre ses cuisses, l'autre avait repris un rythme effréné, et elle se sentit se détendre lorsque Valérie vint plaquer sa bouche contre la sienne. Presque par réflexe, elle s'agrippa au sexe devant elle et le branla, tout en recevant les assauts au fond de son con, et en mêlant sa langue à celle de Valérie.

Margot ne pensait plus, ne réfléchissait plus. Il ne fallait pas le faire, il ne fallait plus le faire. Elle rouvrit la bouche et la queue s'y engouffra sans aucun scrupule. Sa tête se mit à tourner alors qu'elle se sentait baisée par les deux bouts. Ce n'est que lorsque celui de derrière se retira pour gicler sur son dos qu'elle se rendit compte que la pièce était plus remplie qu'au départ.

Comme promis, Géraldine était arrivée. Elle était entourée de deux hommes qu'elle branlait en même temps, tout en la regardant. Margot réussit à lui sourire, alors qu'elle se retournait pour voir le quatrième homme se planter en elle avec empressement. Géraldine lui sourit à son tour, et sans vraiment s'en rendre compte, Margot se sentit fière d'elle-même.

Elle reprit la verge en bouche, tout en sentant les doigts de Valérie étaler le sperme sur son dos et ses fesses remuées par les coups de boutoir de l'homme. Elle pompait cette queue comme jamais elle n'avait pompé une queue. Elle n'était plus Margot. Elle était celle qu'elle avait si souvent rêvée, celle qu'elle avait imaginé pouvoir être sans jamais l'oser. Et maintenant qu'elle savait qui était réellement Nicolas, elle se dit qu'elle était celle que lui avait sûrement parfois espéré.

Repenser à Nicolas dans ce moment la rendit encore plus vorace. Elle se mit à remuer sa croupe à en faire claquer ses fesses sur le bas-ventre de l'homme tout en serrant les bourses pleines de l'autre dans sa main en aspirant son gland qu'elle sentait prêt à gicler. Oui, elle pouvait devenir la femme avide de plaisirs en tous genres qu'elle avait parfois fantasmé être, mais une chose était sûre: jamais son mari n'en profiterait. Et ce serait là sa punition à lui.

Le foutre chaud et épais envahit sa bouche, et elle aspira de plus belle, jusqu'à la dernière goutte. Elle sentait les jambes de l'homme se ramollir sous la jouissance, et - chose qu'elle n'avait jamais - elle l'avala aussitôt. Déjà, le dernier se retirait et sans calculer vraiment, elle descendit des genoux de Valérie qui n'eut même pas le temps de réagir, pour se mettre devant lui à genoux et recevoir ses puissantes projections de sperme.

Puis la honte revint, mais moins violente. Géraldine s'était elle aussi agenouillée pour faire jouir ses deux accompagnateurs. Valérie la fit se lever et lui sourit, alors que les râles des deux hommes emplissaient la pièce. Les autres se rhabillaient en silence.

-- Tu as compris, lui dit Valérie en prenant ses mains dans les siennes. Tu vas aller te reposer, et demain, nous t'apprendrons tout le reste. Tu as fait le plus dur, je te félicite.

Margot ne répondit rien. Dans son dos, elle entendit les deux hommes jouir ensemble. Sûrement sur le visage ou les seins de Géraldine. Elle baissa les yeux et voulut se nettoyer le visage, voulut se purger, oublier tout ce qui s'était passé dans cette pièce.

Mais alors qu'elle se sentait partir dans le sommeil, enlacée contre Géraldine sans qu'elles n'aient eu le droit de se toiletter, même un minimum, Margot acceptait. Elle n'avait de toute façon pas d'autre choix que celui-là.

Le lendemain, il n'y eut pas de jouissance, pas de plaisir. Elle enchaîna les exercices de service, apprit à se tenir droite, à remercier, à tenir un plateau en se faisant fesser ou claquer les seins. Chaque geste était une humiliation, même lorsqu'elle devait laisser des doigts s'insinuer en elle. Elle devait sourire sans prendre trop de plaisir et ce n'était pas bien difficile.

Mais durant toute cette journée, Margot ne pleura presque pas. Les encouragements de Valérie qui s'était adoucie depuis la veille, et les regards plein de fierté de Géraldine posés sur elle, elle tint le coup. Malgré les muscles courbatus, malgré la fatigue, les ordres incessants et contradictoires, les fessées qui accompagnaient les fautes, les réponses qu'elle devait brailler de façon automatique: "Merci Madame!" "À votre service, Monsieur!" "Je suis une Esclave!"...

Pour lui montrer sa satisfaction, Valérie appela Madame Solange devant elle, alors qu'elle tenait la position d'attente apprise le matin même. Margot se surprit à être remplie de fierté par els mots que Valérie utilisa:

-- Madame Solange? Je vous appelle pour vous faire un compte-rendu de ces deux jours de formation. Vous aviez bien lu en elle. Je ne sais pas comment vous faites ça. Margot est une Esclave qui apprend vite. Hier soir déjà, elle a accepté sa condition et s'est entraînée toute la journée avec entrain et ténacité. Nous pouvons être fières d'elle. Je vous demande l'autorisation de la laver et la rapatrier dès ce soir pour qu'elle puisse dormir dans son lit.

Quelques secondes passèrent, Margot était debout face à Valérie, les jambes écartées, les mains derrière la nuque, les coudes tirés vers l'arrière, qui tremblaient de fatigue, la poitrine en avant et le dos creusé. Valérie écoutait la réponse de Madame Solange en reluquant Margot, ce qui l'aida à maintenir la position. Puis elle raccrocha après avoir remercié sa patronne.

-- Elle a accepté! s'exclama-t-elle joyeusement. Tu vas monter dans le camion et rentrer immédiatement. Une fois là-bas, tu prendras une douche... chaude. Puis tu te présenteras pour la dernière fois dans la cage.

Margot perdit son sourire un instant. Cette cage lui faisait peur, la répugnait, au point qu'elle osa demander, d'une voix geignante:

-- Mais pourquoi? J'ai fait tout ce que vous vouliez... Même plus!

-- Ne t'en fais pas, lui répondit Valérie. C'est uniquement pour te féliciter. Tu sais, ça fait longtemps qu'une femme n'a pas passé un week-end aussi joyeux que le tien. Crois-moi... Même Géraldine avait fini fouettée contre un arbre pour lui apprendre la politesse, et pourtant, elle était déjà du genre belle salope avant de connaître Madame Solange! Ce soir, tu entreras dans la cage, et tu en sortiras du côté public. Normalement, nous faisons ça après les deux jours de repos, mais là... Tu as réussi à épater Madame Solange. Tu n'auras pas à servir, mais elle tient à ce que tout le monde sache que la nouvelle Esclave est... spéciale. C'est un cadeau qu'elle te fait, tâche de ne pas la faire regretter.

-- Bien, Valérie. Merci Valérie.

D'un geste de la main, elle la renvoya aux mains des mêmes hommes qui 'lavaient baisée la veille et l'avait touchée et claquée toute la journée, jouant les clients de Madame Solange pendant les soirées. Géraldine était déjà repartie pour être présente à la soirée qui avait commencé. Elle fut attachée de nouveau dans le camion, parmi les meubles et s'assoupit pendant le voyage.

Elle fit durer la douche plus que de nécessaire et ne fut pas réprimandée. Elle fut guidée jusqu'à la cage et eut envie de se recroqueviller dans un coin à peine entrée dedans. Mais rapidement, elle entendit la voix de Madame Solange:

-- Voici notre nouvelle Esclave M! Comme la plupart d'entre vous le savent, nous faisons une petite entorse aux habitudes. Nous attendons que les Esclaves se reposent de leur formation avant de les faire sortir de la cage. Esclave M n'est pas une Esclave habituelle, alors c'est ce soir qu'elle en sortira. Nous pouvons tous et toutes la féliciter.

Margot entendit un clic et une porte dont elle n'avait jamais soupçonné l'existence s'ouvrit. Toute l'assemblée applaudissait. Et si elle n'avait pas été nue comme un ver, elle aurait aimé ça. Timidement, elle sortit de là et Valérie l'accueillit dans ses bras. Elle l'embrassa sur la joue et la guida jusqu'à l'estrade où se trouvait Madame Solange. Celle-ci la présenta aux invités après lui avoir intimé de prendre la position d'attente.

Margot s'exécuta sur le champ et les applaudissements s'arrêtèrent. Elle les voyait tous. Ils étaient bien plus nombreux que ce qu'elle avait soupçonné depuis sa cage. Elle estima à deux cent le nombre de convives, se disant que ce n'était qu'un dimanche soir.

-- Voyez comme elle est belle et docile, reprit Madame Solange en la faisant tourner sur elle-même. Et à ce que Valérie m'a dit, elle est assez gourmande, la petite chienne!

Elle accompagna ces mots d'une petite fessée qui résonna dans le micro et les invités rirent en chœur. Mais cette fois, ce ne fut pas la honte que ressentit Margot. Elle ne vit qu'une chose, ou plutôt deux cent: toutes ces paires d'yeux qu'elle devinait derrière les masques qui la regardaient avec envie. Chaque homme et chaque femme présent se faisait déjà une joie de poser la main sur elle... voire plus.

Margot se sentit mouiller, et sourit à l'assistance.

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