Chapitre 23 : Can we dance ?

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Chuck aidait Louis à ajuster son nœud papillon pendant que je me battais avec le gel coller entre mes doigts pour arranger mes cheveux devant le miroir. J’entendis toquer à la porte lorsque j'arrivais à un résultat potable. Elliot ressemblait à un groom dans son costume rouge et Michael s’était vêtu de blanc. Ils serraient éblouissant avec Eglantine. Louis lui se prélassait dans un gris souris et Chuck portait les couleurs de sa famille d’un mauve zinzolin. J’étais le seul à me munir d’un traditionnel smoking noir, ses reflets brillants apportaient un côté luxueux dont je n’avais pas l’habitude.

- Tu ne mets pas ton nœud ? me demanda Louis.

- J’ai essayé de le convaincre, mais il est têtu, me taquina Chuck.

- Je n’aime pas avoir le cou serré, rétorquais-je en passant ma main autour de celui-ci.

- Alors ouvre-le, c’est plus sexy, fit Elliot qui ouvrit le deuxième bouton de ma chemise.

- Il est temps qu’on y aille, nous reprit Michael.

Un tapis rouge trônait devant le gymnase où se déroulait le bal, sa devanture prenant des airs Hollywoodien. Le thème cette année étant le cinéma, ils avaient placés des barrières dorées pour créer une allée devant l’entrée. Au-dessus de celle-ci, régnait des arcades de ballon noir et blanc, et d’immenses affiches de vieux films volaient de part et d’autres des portes. Une petite tente ouverte sévissait sur le côté où un de nos professeurs photographiait les costumés à l’aide d’un vieil appareil photo d’avant-guerre. Nous fîment une première photo entre garçon en attendant l’arrivée des filles. Je vis le visage de mes copains s’illuminer en voyant leurs princesses débarquer. Je les regardais s’unir pour passer sur le tapis rouge, je les enviais. Marry et Chuck le traversèrent très fier d’eux-mêmes, et il l’embrassa sur la photo qui officialisait en quelque sorte leur couple. Ils se montraient de plus en plus démonstratifs, tout comme Elliot et Katerina. Cette dernière n’arrivait plus à refuser son affection. Ces deux-là ressemblaient à deux acteurs d’un film d’espions. Elle ressemblait à une femme fatale dans sa robe sombre, à l’inverse d’Eglantine donc la pureté se reflétait dans sa robe. Ils étaient si mignons avec Michael, comme je l’avais imaginé. Louis et Alicia, plus extravagante que jamais, vinrent à ma rencontre.

- Tu viens faire une photo ? me demanda-t-elle après m’avoir embrassé sur la joue.

- Quand nous serons tous ensemble, avec Blear, j’attends ma cavalière, répondis-je dans un sourire presque forcé.

J’insistai pour qu’ils ne m’attendent pas et observa leur couple parfait s’engouffrer dans l’immense gymnase. Ma partenaire arriva enfin, dans une petite robe violette, elle était adorable. Je l’invitais à mon bras et l’emmena jusqu’au tapis que nous traversions moins fièrement que certains. Un vrai groom nous ouvra la porte, et j’eus à peine le temps d’apercevoir les décorations intérieures que j’entendis des esclandres derrière mon dos. En me retournant, je découvris la plus jolie fille du monde. Elle portait une longue robe bleu ciel recouverts de voiles brillants, tombant en cloche en dessous de sa taille de guêpe serré par des lanières en soie. Le buste de cette création était pourvu de vrai pierre précieuse et mettait parfaitement en valeur sa modeste poitrine. Elle avait les épaules et son cou nu, ses cheveux remontant en un chignon relâché. Le monde aurait voulu l’enfermer d’un collier, y compris moi. Je me sentais léger, comme les voiles de sa robe, lorsqu’elle s’avança sur le tapis. Le garçon à son bras passait inaperçu en comparaison à sa beauté.

- Elle est magnifique, souffla ma cavalière, éblouie.

- J’aurais dit splendide, lâchais-je avant de me rendre compte du poids de ce compliment.

- Mais elle ne sourit pas beaucoup, comme d’habitude, répondit-elle pour lui trouver un défaut.

Elle ravala ses mots en découvrant le grand sourire que Blear me fit lorsque nos regards se croisèrent au pas de la porte. Il était cristallin comme les pierres à ses oreilles. Je répondis par le même, la regardant de haut en bas, pour lui montrer à quel point je la trouvais belle. Elle gloussa presque, contrairement à la fille à mon bras, et entra dans la salle. Ce Justin ne semblait pas aussi de bonne humeur, pâlissant lorsque John-Eric vint saluer la jeune fille qu’il rêvait sans doute d’épouser. Ce dernier me fit un petit sourire et me perçait de ses yeux verts, comme s’il lisait dans mon esprit.

***

La soirée battait son plein et je me dandinais entre toutes les robes colorées, essayant d’attirer l’attention de ma cavalière, mais ses envies vaguaient ailleurs. Quoi que je fasse, même en tentant des approches, je compris que tout ce qui l’intéressait ne me concernait pas. Encore une qui s’était servie de moi pour se rapprocher des Richess. Je me retrouvais seul dans la foule dansante, un verre à moitié vide dans la main, presque de trop entre les couples qui s’embrassait. J’avais partagé des moments avec Alicia et Louis, puis avec Chuck et Michael lorsque les filles dansaient ensemble, mais maintenant j’étais seul, avec un verre vide dans la main. Je me frayais un chemin jusqu’au bar improvisé où je retrouvais Katerina qui me fit un sourire.

- Une impression de déjà vue ? plaisanta-t-elle en me servant une coupe de champagne. Mais cette fois tu as ta propre cavalière, ou presque...

- Ce n’est pas moi qui l’intéresse, dis-je agacé.

- Elle arrive, tu veux que je lui en touche un mot, me chuchota-t-elle.

- Non, je m’en occupe…

- Dossan, je n’ai pas vu que tu prenais un verre, tu m’en sers un ? fit-elle en me tendant le sien.

Je le pris en main, et lui lança un sourire avant d’écraser le gobelet en plastique dans mon poing. Je sentis une vague de colère monter en moi lorsque je la vis faire semblant de ne pas comprendre.

- Si tu ne comptes pas danser avec moi, tu peux t’en aller, dis-je sèchement.

- Mais je…

- Tu n’as pas d’intérêt à rester prêt de moi et encore moins prêt de mes amis, on s’est compris ? ajoutais-je en lui rendant son verre.

- Quel bad boy, gloussa Katerina en la voyant partir.

- J’ai été rude, mais je suis fatigué des gens qui ne s’intéresse pas à moi…

- Vous ne seriez pas en train de penser à vous embrasser ? intervint Elliot en nous chopant chacun par un épaule. Allez retournons sur la piste !

Il eut à peine le temps de nous y pousser que la musique s’arrêta pour laisser place à la voix de Chuck. Celui-ci montait de toute sa grâce sur l’estrade qui sévissait au fond de la salle. Je vis dans les yeux de Marry toute la fierté qu’elle lui portait lorsque les applaudissements s’élevèrent et qu’il les arrêta d’un geste.

- Voici donc le moment tant attendu de la soirée, débuta-t-il en se plaçant devant une boite. J’espère que vous avez tous bien rempli vos bulletins, car les délégués ont procédés aux comptages des votes. Plus de retour possible, quel couple aura donc la chance de gagner le titre de roi et reine du bal cette année ? La réponse se trouve dans cette petite boite, n’est-ce pas excitant ?

Chuck fit durer le suspens en ouvrant doucement le couvercle qui donnait lieu sur une pancarte avec deux noms inscrits. Il exagéra ses expressions en s’en saisissant et reprit son sérieux à nouveau. D’un sourire il annonça la nouvelle aux élèves suspendus à ses lèvres :

- Le roi et la reine du bal cette année sont, s’arrêta-t-il pour regarder la foule, Justin Philips et Blear Makes !!

Un tonnerre d’applaudissement se fit entendre à nouveau tandis que le projecteur cherchait l’heureux couple. J’entendais les élèves autour dire que ça ne les étonnait pas à leur passage. Justin tendis sa main à Blear pour l’aider à monter sur l’estrade, remontant ses jupons de l’autre. Je ne pus qu’être d’accord, elle resplendissait. Elle portait un sourire timide et lui semblait particulièrement heureux. Chuck serra la main à son petit ami, puis prit Blear dans ses bras, avant de déposer les couronnes sur le dessus de leur tête. Elle riait nerveusement, mal à l’aise de se retrouver face à autant de monde. Le mot reine la sied parfaitement. Notre ami leur donna le micro, et c’est Justin qui le prit en premier, comme s’il avait tout un tas de choses à nous dire.

- Que dire, merci pour votre vote ! Je ne pensais pas obtenir ce titre un jour, mais je ne me fais aucune illusions, tout ceci est possible grâce à Blear, qui resplendit ce soir, dit-il en la désignant d’un geste. J’ai de la chance de me tenir à ses côtés aujourd’hui, parce que vous le savez aussi bien que moi, c’est une femme époustouflante. Dans tous les sens du terme, depuis que nous nous côtoyons, elle ne cesse de me surprendre et hier soir, elle m’a annoncé une nouvelle des plus surprenantes.

Je m’étonnais de son discours, de ses derniers mots qui sonnaient amère dans sa bouche, et Blear semblait de plus en plus mal à l’aise, fixant avec un soupçon d’inquiétude le roi de la fête.

- En effet, hier soir elle m’a avouée qu’elle avait un enfant, gloussa-t-il. Un petit garçon de deux ans, Billy, oui oui, moi aussi cela m’a beaucoup choqué, fit-il à l’adresse de la foule qui s’animait. Qui aurait cru que notre Blear Makes, la reine de glace, soit une telle débauchée…

- Justin, ça suffit ! lui cria un professeur qui l’attrapa par le bras pour l’emmener plus loin.

Cet enfoiré, il avait osé. Je jetais un regard vers mes amis, qui restèrent inertes, et tenta de me glisser dans la foule qui dévisageait Blear, tétanisé sur la scène. Justin allait passer un mauvais quart d’heure vu le nombre de professeurs qui s’étaient réunis autour de lui, tandis que Chuck qui me voyait me débattre entre les gens du dessus de l’estrade, envoya un claquement de doigt pour relancer la musique. Marry réagit très rapidement aussi en envoyant les serveurs servirent des verres bien remplis.

- Et je m'enfiche du temps que ça vous prend, mais vous deviez le sujet !

Chuck voulut faire un mouvement vers Blear mais elle ne bougea pas d'un pouce avant que j'arrive au pied de l'escalier en même temps que John-Eric. Il monta en premier et je le suivis. En croisant son regard, puis le mien, elle s'abandonna à nous.

- Garde la tête haute, il ne faudrait pas que tu fasses tomber ta couronne, lui dit-il en la prenant par la main.

- Les garçons… Qu’est-ce que… je vais faire ? Pour Billy ? Et ma mère…

- Calme-toi, répondis-je en faisant attention de me mettre devant elle pour l'escorter.

Nous sortions du gymnase, sous les regards curieux qui abandonnèrent dès le moment où ils ne nous vîment plus. Justin était à l’entrée et l’attaqua directement.

- Alors qu’est-ce que ça fait de se faire humilier ma belle ?

- Espèce de…

- Arrête-toi là, me coupa John-Eric en me retenant par le poignet. Ça ne vaut pas la peine d’utiliser les poings, surtout envers ce genre de personne, ajouta-t-il sèchement en lançant un regard noir à Justin qui ferma son clapet de suite.

- Mais tu ne veux pas savoir pour…

- Pourquoi ? C’est évident, tu n’imagines pas le nombre de personnes qui veulent prendre l’avantage sur la famille Makes. Je t’ai dit que je te faisais confiance, alors agis bien en allant conscientiser tes amis, parce que c’est à eux que les gens poseront le plus de question. Je te le revaudrais, moi je m’occupe de Blear et les professeurs de Justin.

Je jetai un regard vers Blear dont le visage devenait de plus en plus rouge, puis vers ce - je ne trouvais pas l’insulte adéquate - et soupirait, car je savais qu’il avait raison. Je rentrais à l’intérieur, à contre cœur avec le souci de leur raconter toute la vérité.

***

Cela faisait plus d’une heure que Blear avait disparue à l’extérieur et la soirée reprenait son cours, laissant le scandale de côté et l’ivresse gagner. Je leur avais confié tout ce que je savais et sans surprise, ils étaient sur le cul.

- Elle a toujours été forte, je comprends mieux certaines choses maintenant, dit Michael.

- Et dire qu’elle a dû supporter ça toute seule, ajouta Eglantine.

- Mais pourquoi est-ce qu'elle nous a rien dit ?! s'énerva Alicia.

- Elle devait avoir peur, expliqua Marry.

- Bien sûr qu'elle avait peur, dit Katerina.

- Mais si elle nous l'avait dit… On aurait pu la soutenir ! Pourquoi faut-il toujours qu'elle fasse bande à part !

- Ce n'était pas le cas, n'est-ce pas ? fit Chuck à mon attention.

Je hochais simplement de la tête, les mains dans les poches de mon smoking, attendant qu'une chose, que la fête soit finie pour que je la retrouve.

- Tu savais durant tout ce temps ? me demanda Alicia. Pourquoi tu ne nous a jamais rien dit…

- Ça suffit ! Tu vas vraiment me demander ça ? J'ai découvert son secret par pur hasard et je l'ai gardé parce qu'elle ne voulait pas que ça se sache ! Quel genre d'ami j'aurais été si je la trahissais ?

- Je comprends, mais…

- Il n'y a pas de mais ! Ne sois pas si égoïste, tout le monde garde des secrets !

- Alors toi aussi, tu en gardes ? me demanda-t-elle sur la réserve.

- Je ne voulais pas dire que mon père me battait, comme Louis ne voulait pas dire qu'il était malade…

- Mais tu en gardes d'autres ? Tu ne nous fais pas confiance ?

- Ce n'est pas… Tu ne comprends pas que certains secrets font plus de mal que de bien lorsqu'ils sont révélés ?

- Quel genre de secrets ? Pourquoi tu ne veux rien nous dire ?

- Oh je ne sais pas, par exemple le fait que je ne t'ai jamais dit que je t'aimais, ou que je n'ai jamais dit à Louis qu'on s'est embrassés ?

Je découvris à nouveau la surprise de mes amis, et surtout celle d'Alicia qui me dévisageait, pleine de peine. Louis se pinça les lèvres et me jeta un regard auquel je compris qu'il savait déjà.

- Dossan ? Tu m'aimes ? demanda-t-elle difficilement.

- Non, plus maintenant, dis-je d'un ton décidé, je ne suis plus amoureux de toi.

L’arrivée soudaine de Blear dans le gymnase me permis de m’échapper. Je les laissais en plan au bord de la piste pour la rejoindre mort d’inquiétudes et pleins de questions.

- Tu es revenue ? Où est John-Eric maintenant ?

- Il m’a reconduit jusqu’ici, parce qu’il voulait que je profite de la soirée et il s’occupe du reste, marmonna-t-elle.

- Il a raison, c’est la meilleure manière de répondre, en continuant de t’amuser à cette soirée !

- Dossan, je te remercie, mais comment pourrais-je après tout ça ? me demanda-t-elle d’un air suppliant.

La musique qui se lança derrière nous s’avéra être douce et mélodieuse, et les lumières devinrent féériques. Tous les couples se rendirent sur la piste, dont mes amis, malgré les derniers événements. Elle roula des yeux qui portaient toujours les marques de ses pleurs.

- Le slow, comme c’est ironique…

- Je crois que vous êtes libre mademoiselle, m’accorderiez-vous cette danse ?

Je cambrais devant elle, lui faisant une révérence et lorsque je relevai ma tête, je découvris un petit sourire. J’arquais mon sourcil en faisant allez ma main, l’invitant à la prendre. Blear craqua et me laissa la guider jusqu’à la piste où sa robe s’illumina sous les projecteurs. Elle ressemblait à une princesse, la couronne sur la tête, les voiles brillants flottant autour de sa petite silhouette. J’avais appris de nos sessions de danse, l’attrapant directement par la taille et saisissant sa main plus douce que du coton. Cette fois, j’entremêlais mes doigts fermement au sien et arrivait à maintenir son regard. Je la dévorais des yeux, passant un doigt sur sa joue rougie après l’avoir fait virevolter et ramener dans mes bras. Elle esquissa un vrai sourire qu’elle perdit instantanément en découvrant un regard trop curieux.

- Ne fais pas attention à eux, imagine qu’il n’y a que toi et moi ici.

- J’essaye…

- Ne regardes que moi, je sais que ce n’est pas si simple, mais…

- Non, ça fonctionne, m’avoua-t-elle les yeux pétillants.

Je plongeais mon regard dans le sien, ne su retenir un rire gêné qu’elle me rendit et puis déposai une main sur son visage, caressant sa joue de mon pouce. Elle m’ensorcelait de ses yeux charmants, de son nez farceur et de son sublime sourire qui attirait mes lèvres. Je les mordis et la fit tourner une nouvelle fois, comme la danse le souhaitait. C’était une torture de suivre ses pas qui m’éloignait de son corps pour m’y ramener un peu plus proche à chaque fois. Nous dansions sans se quitter des yeux, sans savoir que le monde autour s’arrêtait pour nous regarder planer d’un bout à l’autre de la piste. Je sentais la fin de la chanson venir, je ne voulais pas que ça s’arrête. Elle s’éloigna encore de mon étreinte pour tourner sur elle-même, les pans de sa robe frictionnait l’air. Lorsqu’elle me revint, je l’attrapai par le cou et glissait mes doigts le long de ses côtes. Je ne voyais qu’elle, déposant mon front sur le sien, mes lèvres tremblaient et les siennes également.

- Oh non, souffla-t-elle.

Nos regards se croisèrent, tout proches, une inquiétude me traversa pendant que ses yeux se remplissaient de larmes. Je serrais un peu plus sa main, releva doucement son menton d’un doigt et elle poussa un peu plus son front sur le mien, comme une caresse. J’attendais une réponse, guettant ses yeux bleus larmoyants.

- Dossan, c’est problématique, je crois bien que je t’aime, murmura-t-elle.

La vague de bonheur que j’avais attendue toute ma vie envahie mon corps, presque douloureuse, brûlante. Mes envies prirent le dessus, sautant sur l’occasion pour lui faire part de mes sentiments en apportant ses lèvres aux miennes. Les paupières closes, je voyais des lumières danser dans mon esprit, et sentit mon estomac se nouer. Je ressentais enfin ces papillons dans le ventre, et ma tête devint lourde, enivré par le plaisir. Je redemandais de ses lèvres, du contact de sa peau, tout en glissant une main dans sa chevelure à moitié détachée. Besoin de respirer, j’eus l’impression de sortir d’un rêve. Elle souriait de toutes ses dents, rayonnante et avide.

- J’aurais dû te le dire en premier, je t’aime… Non, je suis amoureux de toi. Blear Makes, je suis amoureux de toi ! m’écriais-je en l’étreignant.

J’entendis son rire mêlé de pleurs à mon oreille, et la regarda à nouveau, moi aussi je ris, ému. Et je l’embrassais une nouvelle fois, parfaitement conscients des vils regards sur nous et des cris de joies de nos amis. Sur cette piste de danse, je découvris l’amour, le vrai et je la remerciai de m’aimer en retour.

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Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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hersen



L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
***
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