Chapitre 15 : Une bande de têtes brûlées.

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Leurs baskets grinçaient contre le parquet du gymnase, courant d’un point à l’autre pour récupérer le ballon. La sueur coulait entre mes mèches noires et Michael me tenait la grippe. C’est Chuck qui faisait l’arbitre, peinant à suivre Elliot et Louis des yeux. Ce dernier me fit une passe, et vint récupérer la balle quelques jonglages plus loin. Le big boss du basket lui collait au derrière, feintant pour récupérer la balle. Il se fit avoir par un pivot, et sauta de toutes ses forces pour contrer le panier de Louis. Celui-ci, marqua. Je lui fonçais dessus pour claquer dans ses mains.

- Punaise, t’as vraiment la forme, grincha Elliot qui s’essuyait le visage avec son maillot.

- Impossible à suivre, ajouta Michael qui reprit sa respiration les mains collées aux hanches.

- Battu par le malade de service, bouuuuh, fit-il en abaissant son pouce vers le bas, puis en m’attrapant l’épaule.

- C’est vrai, trop la honte Elliot, le taquina Chuck qui commença à faire des tapes dans le dos de Louis, fier de lui.

- Les gars, ménagez-le, ris-je.

- J’aime les challenges, ok ?! Ça fait longtemps que j’avais plus eut un bon adversaire, donc tu tombes à pic ! Et n’oubliez pas que c’est moi qui aie son sort entre les mains, sans moi, pas de Louis dans l’équipe !

- C’est bien la seule chose que tu as entre les mains, rigola Chuck.

Le roux ne s’offensa pas du “ouuuh” qui sortit de nos bouches en même temps, mais s’enquit de jeter de vigoureux coups d’œils dans les gradins vides. Les filles assistaient depuis quelques jours à nos petits matchs amicaux qui servait à évaluer l’aptitude de Louis au basket. Elles entendirent parfaitement ce que notre président avait soulevé. Marry fit aller ses sourcils en direction de Katerina, qui roula des yeux.

- N’empêche il est sacrément séduisant ton mec. J’en aurais un comme ça, je l’aurais déjà dévoré, fit-elle en exagérant ses mimiques.

- Arrête, répondit Kat qui avait les jambes croisées.

- Mais allez, qu’est-ce qui t’en empêche ? Ouvre un peu les jambes, chérie !

- Quelle grâce, se moqua Blear.

- Tu l’as dit, ajouta Alicia.

- Tu veux vraiment parler de ça, maintenant ? Tu n'as aucune pudeur, se fâcha-t-elle.

- Sinon quand ? Ça fait un mois et des broutilles que vous êtes ensemble, et toujours rien ? Alors que t’as cette bête sauvage sous les yeux tous les jours, je ne sais pas comment tu fais…

- Tu veux pas te le taper tant que tu y es ?

- Ne détourne pas le sujet à ta sauce !

- Et puis elle à Chuck, omit Blear, guillerette.

- J’en reviens pas, répondit la blonde d’un air trahie.

Elles se chamaillaient continuellement, plus que nous qui avions trouvé de la stabilité dans notre amitié. Nous ne savions pas trop ce qui les fâchait autant, mais on se doutait que ça tournât autour de leurs histoires d’amours.

Presque un mois avait passé depuis l’accident de Louis. Celui-ci, fut obligé de rester un temps à l’hôpital et avait débuté son traitement. Il apparaissait comme le grand malade qui s’était incrusté dans notre groupe. Chuck et lui s’entendaient beaucoup mieux que je ne le pensais, parce qu’une fois les barrières brisées, nous découvrîmes un garçon cocasse. Et la taquinerie ça connaissait monsieur sarcasme. Il n’eut aucun problème à s’intégrer, même auprès des filles. Certains détails restaient en suspens, comme son affection pour Alicia qu’il tentait de ne pas laisser déborder. Je ne lui posais pas de questions à ce sujet. Je ne voulais pas savoir. Et nous devions encore en discuter, elle et moi. Je n’osais simplement pas. Eglantine et Michael ? Couple de l’année, leur amour grandissait à vu d’œil. Ainsi, ils ne restaient plus que les têtes brûlées. Les derniers événements avaient retardé les plans de Marry, ou peut-être qu’il s’agissait d’une prise de conscience ? À se rapprocher trop de Chuck, elle se brûlait les ailes. Côté Katerina et Elliot, plus besoin d’expliquer d’où venait le problème.

- Qu’est-ce qui te stresse autant ? C’est ton amoureux, Elliot ne te fera jamais de mal, raisonna Eglantine.

- Ça c’est certain, c’est un grand cœur, en fondit presque Alicia.

- Si c’est la douleur, tu devrais lui en parler, commença Blear.

- Vous ne pouvez pas comprendre ! s’énerva-t-elle.

- Alors explique-nous, miss virgin, râla Marry.

De notre point de vue, ils nous étaient impossible d’entendre ce qu’elle chuchotait, mais ça chauffait sur les bancs du gymnase.

- Déjà de un, je ne vois pas en quoi c’est un problème de n’avoir rien fait après un mois. C’est très court ! Et puis vous n’avez aucune idée de ce que je peux ressentir ! Elliot est sexy ci, Elliot est une bête là, c’est bien ça le problème ! Alicia tu ne sais même pas ce que c’est, et vous, Eglantine, Blear, votre premier amour c’était une première fois… mutuelle…

- Mais moi aussi, s’offusqua Marry.

- Oui, mais toi, entre temps, tu t’es tapé une équipe de foot entière !

- Mais tu vas te calmer ?! se leva-t-elle, hystérique. C’est pas ma faute si je plais énormément, rétorqua-t-elle en posant une main sur sa hanche.

- Visiblement pas assez à Chuck, rétorqua-t-elle.

- Je te demande pardon ? Je me le tape quand je veux, assura-t-elle, dédaigneuse.

- Ah ouais ? Moi je parie que j’ai le temps de perdre ma virginité, le temps que tu couches avec monsieur Chuck Ibiss ! Donc c’est pour dire ! fit-elle en lui tournant les talons après l’avoir agressé d’un levé de sourcil.

- Eh bien, eh bien, vous voulez faire des statistiques ? ironisa Blear.

- Des quoi ? s’étonna Alicia.

- Laisse tomber, t’es trop bête, gloussa-t-elle.

La discrétion avait manqué à la fin de leur dispute, et l’intéressé ne manqua pas d’entendre son nom et le mot “coucher” dans la même phrase. Un large sourire s’étendit sur son visage, synonyme de problème. Louis nous regardait avec interrogation, car il ne connaissait pas encore son côté mesquin.

***

Aphrodite marmonna des insultes tout le reste de la journée, tant envers Katerina que celui qu’elle devait obligatoirement mettre dans son lit. En classe, Hercule prenait un grand plaisir à la voir dans tous ses états. Les professeurs firent horrifier de voir qu’ils avaient pris place l’un à côté de l’autre. Ensemble, il était impossible d’avoir une classe calme.

- Tu sais qu’il t’a entendu cette fois-ci, lui dit Elliot.

- Et donc ? répondit-elle après un temps.

- Je sais pas, ça te gêne pas qu’il soit au courant de tes petites manigances ?

- J’en sais rien, bouda-t-elle en croisant les bras.

- Maintenant qu’il sait, il va en jouer, et je ne suis pas sûr que tu arriveras à ton objectif...

- Tu m’as bien regardé ? T’as vu mes seins ? fit-elle en les agrippant.

- Magnifique, en effet, constata-t-il d’un ton blasé.

- Chuck Ibiss, pliera !

- SILENCE ! s’écria le professeur pour la énième fois.

- Vous ne voyez pas qu’on discute ?? répondirent-ils en même temps puis en joignant leur index, comme il le faisait à chaque fois qu’ils se complétaient, pour émettre un rire complice dès l’instant suivant.

Le jeu se mit en place dés le lendemain, Marry se planta comme une fleur devant nous cinq à la première pause, plus pimpante que jamais. Elle avait opté pour un look innocent. Chuck se retint de sourire pour la dévisager à la place, d’une manière intéressée.

- Je peux faire quelque chose pour toi ? dit-il en fermant son cahier de réunion.

- Jouons carte sur table, tu voudrais venir manger un bout avec moi mercredi après-midi ?

- Il est possible que je sois occupé à ce moment-là…

- Oh arrête de faire durer le suspens, dis oui et tu ne le regretteras pas, le coupa-t-elle jouant avec une de ses boucles d’or.

- Je ne plaisante pas, je suis vraiment pris, rit-il.

- Et pour faire quoi ? La réunion c’est demain donc…

- La petite Emilie m’a proposé un rendez-vous au cinéma, et j’ai dit oui, parce que je la trouve très mignonne, ajouta-t-il d’un sourire narquois.

- Vous avez déjà couché ensemble, pourquoi pas directement sauter à la case lit ? se moqua-t-elle.

- C’est un peu plus sérieux que ça, elle pourrait faire partie de mes prétendantes après tout, annonça-t-il.

- Ça tombe bien, il faut que je parle aux délégués, fit-elle après un temps en voyant la fameuse Emilie traverser la coure.

Elle se lança à la poursuite de la jeune fille en question, entourée de son groupe d’amie. Lorsqu’elle l’agrippa et qu’elle se retourna, la pauvre eut un sursaut. Marry avait sa tête démoniaque.

- Il faut que je te demande quelque chose, dit-elle d’un faux sourire.

- O... Oui ?

- Voilà, on a des petits soucis avec les horaires de tout le monde, et se serrait beaucoup plus simple de faire la réunion mercredi après midi, ça te dérangerait ? En tant que sous présidente, je m’engage à prévenir tout le monde.

- Des soucis ? s’étonna-t-elle.

- Oui, figure-toi que Nathan à son entrainement de… Volley et puis, en toute honnêteté, j’espérais pouvoir m’entretenir seule à seule avec Chuck ce jour-là donc…

- Je suis désolé, je préférais qu’on maintienne au mardi car…

- Oh ! Et pourquoi ça ? Parce que tu serais prête à décaler mon rendez-vous, pour le tiens ? C’est plutôt égoïste de ta part, j’ai autant le droit à voir Chuck que toi…

- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai pas rendez-vous avec Chuck ??

- Maintenant si, intervint l’intéressé. Marry, voyons, tu as gâché toute la surprise ! Je voulais t’inviter au cinéma, ça te dirait ? lui proposa-t-il.

- Quoi ? Oui, oui bien sûr ! s’exclama Emilie, complètement sous le charme de Chuck.

- Alors on se dit à mercredi ? Oh non, à demain, à la réunion, rectifia-t-il en lui faisant un clin d’œil.


La chanceuse continua son chemin, autant hystérique que ses copines. Chuck déposa une main sur l’épaule de Marry qui la roula instantanément pour le chasser, excédée. Il gagnait toujours. À la fin des cours, il lui dit au revoir d’un clin d’œil.

- Tu me dégoûtes, grogna-t-elle.

- Et c’est bien pour ça que tu veux coucher avec moi ! N’oublie pas la réunion de demain, petit monstre.

Bientôt, il ne resta plus que Louis, Alicia et moi pour faire le chemin jusque l’internat. Ces cinq minutes me parurent très longues, bien qu’à nous trois, on formait un trio de choc. Louis nous quitta en premier, ses parents venaient le chercher pour passer un rendez-vous médical. Au moment de se séparer, à l’intersection des bâtiments, je ressentis le malaise. Ça faisait longtemps qu’on ne s’était plus retrouver juste tous les deux. La discussion n’avait jamais aboutit.


- Hum, tu montes avec moi ? me proposa-t-elle, finalement on a toujours pas jouer à ce jeu. Et puis j’ai dû mal avec les exercices de math…

- Je veux bien t’aider, oui.


Nous montions jusque dans sa chambre, ça faisait longtemps que je n’y étais plus aller. Valait mieux la sienne que la mienne. Trop de souvenirs. Finalement, elle n’eut pas trop de mal à résoudre ses fameux exercices. On joua au destin, c’était génial. Je fis le malin lorsque je remportai la partie, et quand nos regards se croisèrent, je vis qu’on pensait à la même chose. Nous redevenions normaux, car si nous étions proches à l’école, nous n’avions plus refait de soirée comme celle-ci depuis ce baiser.


- Je suis contente, avoua-t-elle.

- À propos ? demandais-je en sachant ce qu’elle allait dire.

- Je… j’avais l’impression que tu m’évitais un peu. C’est normal, mais même si nous avions mis les choses au clair, j’ai eut l’impression que tu n’osais pas trop m’inviter, et du coup moi non plus, rit-elle gênée.

- C’est un peu vrai, lui souris-je.

- Mais il n’y a pas de malaise, n’est-ce pas ? On s’est embrassés, mais il n’y a rien ? Je voudrais être sûr, ajouta-t-elle en me fixant avec tant de conviction que je n’eus pas le courage de la contredire.

- Pas de malaise, pas de secret, rien. Comme je l’ai dit, je me sentais très mal, et je ne sais pas trop ce que je cherchais à faire, mais c’est du passé, alors soie rassurée, tentais-je de la convaincre.

- Alors, je pourrais te demander quelque chose ? demanda-t-elle toute timide.

- Tout ce que tu veux, répondis-je un peu surpris de son attitude.

- Je ne sais pas à qui d’autres en parler, les filles en feraient tout un plat je pense… Je crois, rougit-elle, je crois que j’aime bien Louis, m’annonça-t-elle, ses yeux plantés dans les miens.


Bien qu'il s'agissait d'une évidence, ces mots me firent l’effet d’une flèche en plein cœur.

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Pour seul élément de réponse elle n'eu qu'un hochement de tête.

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Elle continua de le guider jusqu'à la fin de la procédure. Après les émois de l'homme le reste de l'heure se passa plutôt tranquillement.

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Il - oui merci. J'aurrais jamais si tu ne m'avais pas poussé. Merci de m'avoir innitié?

Elle - tout le plaisir est pour moi. Et j'espère que tu reviendra vite.

Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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hersen



L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
***
-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
-oh la vache ! Fais un selfie !
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