PSY 1 : A l'aide.

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Février 1997, une période dont je me souviens bien et qui marquait le début de ce projet. Si la date exacte s'est perdue dans les rivages de l'âge, les rayons du soleil se répercutant dans la neige qu'il y avait en cette magnifique journée demeurent intactes.

Dix ans de carrière se sont écoulés avant que j'atterrisse à St-Clair en 1994. Ce fut une année mémorable, l'année où les Richess entraient enfin dans l'école qui leur avait toujours été destinée. À côté de ça, la nouvelle psychologue du lycée n'avait pas grande importance. J'étais un détail, une poussière dont on oubliait le nom.


J'ai vu passer dans ma vie tout un tas d'adolescents, des plus sains aux plus perturbés. Des gamins essayant de survivre aux affres de l'adolescence, cette crise existentielle que la plupart d'entre nous traversons, et dont les aventures peuvent s'avérer fatidiques.

J'ai croisé des incompris, en colère contre leurs parents et en quête de liberté et de reconnaissance. Des jeunes stressés, bouffés par la pression de la réussite et par leurs modèles trop stricts. D'autres qui avaient du mal à s'intégrer, et encore d'autres qui n'arrivaient pas à s'accepter, préoccupés par apprendre à comment vivre. Alors que certains voulaient simplement en finir. Je les rencontrais tous dans mon bureau, pour les écouter et les conseiller. Et ce sur n'importe quel sujet, de l'orientation scolaire à l'orientation sexuelle et de la culpabilité au traumatisme.

Il y en avec qui je ne me suis jamais entendue, et d'autres avec lesquels je suis devenue amie. J'ai dû transférer des cas, demander de l'aide extérieure pour certains d'entre eux. J'ai même ri et pleuré, le plus souvent seule, en repensant à leurs histoires.


Soigner le cœur et les pensées des adolescents, voilà ce à quoi j'avais dédié ma vie.

***

Je n'avais jamais eu la "chance" de recevoir un Richess dans mon cabinet. J'étais parfois curieuse en les observant de loin : comment pouvaient-ils supporter ce poids ? Ils avaient tant de responsabilités à un si jeune âge, et jamais l'un d'entre eux n'était venu me trouver. J'aimais savoir mes étudiants en bonne santé, tant sur le plan physique que mental, il s'agissait donc d'un soulagement, mais je ne pouvais m'empêcher de penser qu'ils auraient bien eu besoin de quelqu'un derrière eux. Surtout depuis qu'ils s'étaient regroupés et j'ai vu de mes yeux des choses que je n'aurais jamais dû voir les concernant.

La première fois que je l'ai rencontrée, je me rendais dans le bureau de directeur. Il fallait que je lui parle d'un étudiant critique, une situation qui voulait que les parents soient mis au courant malgré le secret professionnel.

Elle était assise juste devant lui et semblait à son aise, comme si c'était son propre bureau. En effet, elle y rentrait si souvent qu'elle commençait à avoir l'habitude.


  • Tu peux sortir Alicia, il faut que je parle avec Madame Karen, lui dit-il en lui montrant la porte d'un geste.

Je croisai ses prunelles brunes et regardai sa tignasse blonde sortir de la pièce. Je n'avais pu voir son visage que le temps d'un fragment de seconde.


  • Je vous écoute, dit Monsieur Xavier, Madame ? fit-il pour me ramener sur planète terre.
  • Oui, je suis venue vous parler de cet élève, dis-je en lui montrant mon dossier. J'aimerais que vous les appeliez en personne, le cas est compliqué.
  • En effet, je peux m'en occuper, répondit-il après avoir lu les premières lignes. Autre chose ?
  • Non, ou du moins…
  • Oui ? Vous pouvez me demander ce que vous voulez, n'hésitez pas.
  • Cette étudiante, la blonde je veux dire, est-ce qu'il s'agit d'une enfant difficile ?
  • Oh ! Difficile, ce n'est pas le mot juste ! Une vraie fanfaronne, mais ne vous inquiétez pas, elle se porte bien ! s'exclama-t-il en tapant sur son bureau.
  • Vous en êtes certain ? J'ai eu l'impression que…
  • Je vous assure qu'elle n'a pas besoin d'une aide psychologique, ce qu'il lui faut, c'est un bon moyen de se dépenser ! Cette enfant est un vrai petit monstre ambulant, si vous saviez le quart des bêtises qu'elle a faites depuis son arrivée...
  • Hum, souris-je, vous l'apprécier je me trompe ?
  • Oh… Madame Karen, vous n'êtes pas psychologue pour rien, rit-il à son tour.
  • Je le prends comme un compliment, sur ce je vous laisse gérer cet appel monsieur le directeur, annonçais-je en me rendant jusqu’à là porte.

Lorsque je sortis du bureau, je fus surprise de la découvrir assise, les mains closes, sur l'un des sièges dans le hall. Elle releva sa tête brusquement en m'entendant approcher. Ce n'était pas juste de dire qu'elle n'avait pas besoin d'aide, son visage était marqué par le désespoir.


  • Vous êtes la psychologue, n'est-ce pas ? demanda-t-elle en un souffle.
  • C'est le cas, est-ce que je peux faire que chose pour toi ?
  • Pour moi non, mais mes amis ont besoin de vous !
  • Tes amis ? m'étonnais-je.
  • Je ne sais plus quoi faire, je ne sais plus comment m'y prendre...
  • Pourquoi donc ? demandais-je perplexe.
  • Pour les faire sourire ! S'il vous plaît, il faut que vous leur parliez, me supplia-t-elle.

Si les larmes étaient du sang, j’aurais juré qu'elles coulaient dans ses veines, à en juger par la peine qu'elle laissait transparaître.

C'est suite à cet appel au secours que j'ai pris soin de leur donner rendez-vous dans mon bureau, et j'en avais vu passé des adolescents, mais ces dix là m’ont marqués à vie.

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Il - oui merci. J'aurrais jamais si tu ne m'avais pas poussé. Merci de m'avoir innitié?

Elle - tout le plaisir est pour moi. Et j'espère que tu reviendra vite.

Il- Ne t'inquiète pas, l'escalade c'est passionnant.



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L'attente glissait aussi paisiblement sur l'esprit du guerrier que l'eau dans le ruisseau. Il suivait les sons venant du faré, les imprécations et le bruit du pilon dans le mortier. Il avait su vaincre et le reste était secondaire. Assis sur un caillou, il était chez lui, il se sentait vibrer pour sa Terre. Tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour les siens, pour être un brave. Et pour manger. Des années de sécheresse avaient réduit les vivres. L'arbre à pain dépérissait et il fallait agrandir le territoire, s'approprier la vallée sur l'autre versant de l'île volcanique.
Ce n'est pas lui qui a ramassé les noix de bancoulier dont on tirerait l'encre, après les avoir calcinées. Il fallait des mains aux pouvoirs sacrés pour transmettre au liquide tinctorial les qualités honorant celui qui les recevrait.
La peau brune habillant des muscles colossaux frissonnait de temps à autre sous cette force mal contenue. Le guerrier revivait son combat. Il revoyait son ennemi en face, avec dans le regard la même détermination que la sienne, la même bravoure. Une seule des deux lances atteindrait son but, c'était la loi pour pouvoir rentrer au village plein de gloire et apporter ainsi la promesse de nourriture pour le peuple. Il a failli tout perdre, décontenancé, à l'instant où il avait entendu son frère hurlant s'élancer sur un adversaire et retomber net, le crâne fracassé. L'ombre sur la victoire. Alors il avait rugi, transmettant la douleur de la perte de son frère aimé à la pierre effilée de son arme.
Ce fut le massacre.
Les hommes, vieux, nus à l'exception d'un pagne de tapa, tissu végétal, sortaient enfin du faré, l'un d'entre eux tenant haut un bol fait du crâne d'un animal. Leur nudité étalait au grand jour leurs tatouages qui, au fil des ans, prenaient des reflets verdâtres. Leurs actes valeureux étaient inscrits et chacun respectait ces marques. Le guerrier se leva et les salua. Rien en cet instant n'était plus précieux sur l'île que le contenu de ce bol, une encre produite par la terre nourricière et qui avait reçu les paroles sacrées.
On fit asseoir le vainqueur nu sur un gros caillou et les sages l'entourèrent. Pendant que l'encre végétale était étalée sur la peau dorée de l'homme imposant, les voix masculines psalmodiaient et le tatoueur, le seul habilité à marquer les peaux des signes de la bravoure, commença à enfoncer une dent de requin acérée, puis encore et encore répéta son geste, patiemment. Le tatouage s'est dessiné sur la peau au fil des chants ininterrompus lentement, jusqu'à la tombée du jour. Une marque indélébile qui dira à tous combien il s'est battu pour les siens.
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-Eh, Paul, t'as vu là-bas la cahute ? Y a un mec, il te fait des supers tatouages, regarde celui que j'ai !
-oh la vache ! Fais un selfie !
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