Chapitre 10

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La semaine passe lentement. On ne peut pas dire que je m’y habitue, on ne s’habitue pas à l’enfer. Mais une sorte de routine commence à s’installer.

J’évite au maximum la classe des dominants et pendant les cours en commun, je serre les dents et supporte leurs attouchements. La honte est toujours aussi cuisante mais j’ai fini par comprendre que protester ne m’attirera que plus d’ennuis.

A chaque cours m’attend une chaise avec un gode sur laquelle j’ai l’obligation de m’empaler. J’ai pris l’habitude de me toucher avant chaque cours. Je ne saurais décrire l’humiliation ressentie à chaque fois mais cela atténue la douleur lorsque je m’assois. Et inutile de préciser que je révise mes “cours“ pour éviter une autre semaine dans ces conditions. C’est d’autant plus vrai que les profs ont laissé entendre qu’au fur et à mesure de l’année, ils installeraient des godes plus gros, parfois même accompagnés d’un vibro.

Les cours… En bondage, on apprend à reconnaitre et à utiliser les différents baillons. Durant les cours sur le comportement, nous apprenons à nous agenouiller correctement.

Puisque nous pouvons être vendus n’importe où dans le monde, les cours d’anglais ont pour but que nous comprenions les ordres même en anglais.

Et en sport, nous ne faisons que de la gymnastique. Les profs veulent que nos corps soient souples pour pouvoir nous faire subir plus de sévices encore.

Mais les cours ne sont rien à côté des profs. Contrairement à ma première impression, madame Notat est loin d’être la pire. Monsieur Grigor, le prof de sport aime tout particulièrement s’amuser pendant son cours. Il n’hésite jamais à accuser une élève de mal faire l’exercice dans le but de la punir. En début de semaine, il m’a obligée à faire sport complétement nue.

Mais le pire est de loin le prof d’anglais, monsieur Slut. Il s’agit d’un vieux pervers chauve et bedonnant. Lors du premier cours que nous avons eu, au lieu de m’attacher à la chaise gode comme les autres profs, il m’a obligée à bouger dessus jusqu’à ce que je jouisse. Et lorsqu’il passe entre les rangs, il n’hésite jamais pincer un téton ou à fourrer ses gros doigts boudinés au sein de l’intimité d’une élève. En l’espace de quatre heures de cours, il est devenu le prof le plus craint et haï par toutes les filles de notre classe.

Et comble du malheur, je n’ai toujours pas reparlé à Jade. En cours de bondage, elle ne s’assoit plus à côté de moi. Désormais c’est la place de Romane qui me regarde, à l’instar de tous les apprentis dominants, avec une fascination morbide lorsque je m’assois sur la chaise gode.

J’essaie de ne pas perdre espoir mais plus le temps passe et plus je doute de voir l’arrivée d’une brigade de police. Si on s’en sort, ce sera par nos propres moyens.

Nous sommes vendredi matin. Je prends des notes sur le marquis de Sade tout en tentant d’ignorer les doigts baladeurs de Mathieu qui me pincent le téton gauche. Au début du cours, le jeune homme m’a placé un vibro au niveau du clitoris tout en me promettant de l’activer au premier gémissement de ma part.

Mais pour être honnête, la menace ne me préoccupe pas tant que ça. Je pense surtout au cours de PCL de cet après-midi. Jade et moi ne nous sommes pas reparlée depuis ce fameux après-midi où les dominants nous ont obligées à avoir une relation et je crains de me retrouver face à elle.

Mathieu me pince de plus en plus fort. Je vois à son regard qu’il est frustré de ne pas pouvoir déclencher son appareil de malheur. Mais nous sommes en cours et même si la prof semble apprécier de voir les dominants tripoter les soumis, il ne peut pas me torturer sans une raison valable. Tant que je ne fais pas de bruit et que je ne perturbe pas le cours, il n’en a pas.

A midi, je sors en avance de la cantine et vais m’assoir sous un arbre, à l’abri des regards. En cette saison le froid est mordant et me fais violemment frissonner. Mais ça me fait du bien. Depuis plusieurs jours déjà je suis enfermée en classe ou dans ma chambre, sans autres occupations que réviser ou me faire tripoter… Sentir le vent frais contre mon visage me semble juste délicieux.

Je sursaute violemment en entendant un bruit de pas derrière moi. Je me retourne, déjà à demi-levée et prête à m’enfuir, lorsque je reconnais Jade.

Sans un mot, elle vient s’assoir à côté de moi. Nous contemplons un instant le parc puis j’ose enfin briser le silence :

« Je suis sincèrement désolée.

- Ce n’était pas de ta faute. C’est moi qui suis désolée de t’avoir évitée. J’ai été nulle, désolée. »

Nous nous contemplons timidement puis Jade reprend :

« Tu m’as manqué. Sans toi, je trouve la situation encore pire. »

Je la serre dans mes bras :

« Toi aussi tu m’as manqué. »

Nous restons un moment ainsi puis mon amie s’écarte :

« Ce projet de fuite, tu es toujours d’accord ?

- Evidemment. »

Elle me sourit, son premier sourire depuis longtemps. Je sens un poids énorme quitter ma poitrine. Ça ne fait pourtant que quelques jours que nous nous connaissons mais dans cet enfer où l’on ne peut faire confiance à personne, avoir une amie est une bénédiction.

Nous commençons à nous échanger des informations sur les horaires de patrouille des gardes, sur le système de surveillance, sur les entrées… Tout ce que nous avons pu récolter comme informations en quelques jours.

Nous en étions à élaborer un plan de fuite lorsque la sonnerie retentit.

Nous nous dirigeons sans enthousiasme vers la salle de PCL.

Lorsque nous arrivons, Mathieu et Antonin sont déjà installés, tout souriant.

Je ne tarde pas à comprendre pourquoi en m’approchant. La chaise gode n’est pas la même que celle sur laquelle je m’assois depuis le début de la semaine.

En me voyant hésiter, Mathieu se lève et m’attrape par le bras :

« Tu connais la règle alors assieds-toi. »

Je m’exécute timidement puis les garçons entreprennent de m’attacher à la chaise. Le gode est de la même taille que celui auquel je suis habituée et est déjà lubrifié. Pourtant, j’ai la sensation que quelque chose cloche. Jade aussi. Je la vois m’observer avec inquiétude tandis qu’Antonin fini de refermer les menottes sur mes poignets.

« Comment je vais écrire ?

- Jade prendra les notes pour toi. »

Les garçons m’observent en souriant puis Mathieu appuie sur une télécommande noire. Avec un glapissement de surprise, je sens le gode se retirer de mon intimité. L’instant d’après, il s’enfonce de nouveau avant de se retirer une seconde fois.

Jade s’exclame :

« Qu’est-ce que vous lui faites ?

- C’est une machine à baiser. Le gode entre et sort à la vitesse que nous choisissons. »

Pour me prouver ses dires, le jeune homme tourne un bouton et le rythme des vas et viens s’accélère.

En proie à la panique, je me débats en hurlant. Je tire sur mes menottes, sur mes chevilles, je gesticule en tous sens. Je refuse ! Je refuse d’être violée de la sorte par une machine sous les yeux de tous ! Mais c’est inutile, je suis littéralement clouée à la chaise.

Antonin me bâillonne tandis que je sens le gode me pilonner le sexe à un rythme de plus en plus rapide.

Une fois réinstallés, les deux apprentis dominants commencent à parler du projet avec le plus grand calme, comme s’ils n’étaient pas en train de me torturer à l’instant même.

Mathieu attaque directement :

« Les filles, Antonin et moi avons eu une idée géniale !! »

Je n’écoute qu’à moitié, haletante. Je sens honteusement que mon corps commence à apprécier le traitement infligé : je commence à mouiller. Le gode s’enfonce plus facilement, déclenchant des frissons de plaisir dans tout mon corps. Mathieu augmente encore la vitesse et je gémis.

« Dites-moi les filles, vous avez déjà vu Saw ? »

Jade blêmi en hochant la tête. Quant à moi, je me contente de gémir un peu plus fort alors que le gode continue son office.

« Eh bien nous allons nous inspirer de ces films. Nous vous lâcherons dans une sorte de labyrinthe où vous subirez des sévices sexuels si vous voulez sortir ! »

Au même instant, sous l’action du gode, je jouis bruyamment.

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