20 : Réussir à prendre la mer.

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Après quatre jours à descendre le Rhin, ils arrivèrent enfin à Rotterdam et l'estuaire où le fleuve se jetait dans la mer du nord. Pour Crona, cela signifiait la fin de la torture, puis un procès public pour elle et Lucia dont l'issue leur était déjà connue : le bûcher. Lucia avait très peu souffert du voyage, et même si Alix n'était que haine et trahison, elle n'avait pas osé toucher au reste du groupe composé d'enfant et d'adolescents, sachant que son équipage ne l'aurait pas toléré même s'il était composé de traîtresses et de déserteuses. Le navire entra dans le port de Rotterdam à mi-journée, où l'inquisition attendait sur le quai au quel fût amarré le bâtiment. Afin d'humilier une dernière fois Crona, Alix fit même porter à la guerrière dénudée sur son dos, son propre sabre incrusté d'une émeraude, et ses vêtements souillés volontairement par Alix et son équipage. Tirant la guerrière par une corde autour du coup et une autre lui liant les mains, Alix promena Crona devant l'équipage ainsi que devant l'inquisition et ses troupes. Après avoir traîné la guerrière à travers les rues de la ville, elles s'arrêtèrent devant une grande église où se déroulerait le procès de Crona et Lucia. Les deux femmes n'avaient toujours pas agît pour s'enfuir car elles étaient prises d'un doute, depuis leur altercation avec les anciens résidents de la forteresse.

Crona avait longuement réfléchie durant sa captivité à fond de cales, et elle s'était posée la question de ce qui était le mieux à faire pour la suite. Après tout, l'inquisition n'en avait pas après les enfants dont les plus grands étaient en capacités de veiller sur les plus jeunes. De plus, malgré la méthode ils étaient désormais au port de Rotterdam et il leur suffisait alors de prendre un navire pour échapper à l'inquisition définitivement. Mais ce n'était pas la seule chose qui la faisait douter : si elle et Lucia devenait des cibles privilégiées pour l'inquisition, alors les autres pourraient s'enfuir sans le moindre souci pendant qu'elles se laisseraient volontairement exécutées. Cependant, si l'idée paraissait bonne en théorie, elle était bourrée de défauts en réalité. Premièrement, Crona était la seule à savoir naviguer et sans elle, prendre la mer était aussi dangereux pour les autres que de rester à terre. Deuxièmement, Alix avait déjà décidé d'en faire ses esclaves et tant qu'elle serait en vie, ils ne pourraient pas s'échapper même si l'inquisition décidait de les laisser en paix. Mais comment réussir à se libérer sans mettre en danger ceux qui ont une chance d'échapper à l'inquisition ? Et comment même s'échapper ? Quelle meilleure occasion de le faire ?

Depuis qu'elle se savait prisonnière aux mains de l'inquisition, tout le plan de Crona reposait sur la magie de Lucia dont l'ennemi ignorait tout de ses capacités, même s'ils savaient qu'elle était sorcière. Cependant, elles n'avaient pas pu se voir et ni se parler depuis qu'elles avaient été capturé, et n'avaient pas pu se mettre d'accord sur la façon dont elles allaient fausser compagnie à l'inquisition. De plus, Crona craignait bien plus ses anciennes camarades pirates que l'inquisition, car elles disposaient de canons sur leur navire et donc d'une force de frappe bien plus dévastatrice, que celle de l'inquisition ou même celle des Krutz et des sorcières. Si Alix en venait à user de ses canons, elle pouvait mettre en danger des centaines de vies innocentes dans le port, et Crona se refusait à risquer un tel scénario. Le seul moment où elle était sûre de pouvoir agir en sachant Alix loin de son navire, c'était durant le procès où celle-ci allait témoigner de contre Crona pour piraterie et vole en bande organisée, ainsi que de complicité de sorcellerie. Mais elle ignorait comment faire comprendre à Lucia son équipière, ce qu'elle avait en tête comme plan d'évasion. Il ne lui restait qu'une option : espérer que la sorcière devine ses pensées et la suive dans son idée. Puis, Crona eût une illumination en se souvenant d'un détail important, remontant à l'époque où elles avaient infiltré un couvent à Prague.

Lorsqu'elles avaient été envoyées en mission par Alisia pour se renseigner sur l'inquisition, toutes les deux avaient convenue d'un mot-clé leur permettant de s'envoyer un signal discret soit pour signaler un danger, soit que l'une allait agir et que l'autre devait s'y préparer. Si elle pouvait glisser ce mot lors de leur procès, alors elle pourrait faire comprendre à Lucia qu'elle devait la libérer et qu'elle pouvait user de sa magie. Par respect pour le lieu saint qu'était l'église, Crona fût finalement rhabillée de vêtement et sous-vêtement propres mais son sabre fût conservé comme preuve de piraterie. Affublé d'une culotte blanche et d'un longue robe noire, la guerrière appréciait peu la tenue, elle qui était plus habituée aux vêtements d'homme plus pratique pour le combat à son goût. Les mains des deux accusés attachées par des menottes en bois, elles furent conduites devant un archevêque en charge du procès et les enfants forcés à regarder pour leur inculquer la peur de l'inquisition. L'archevêque était un vieil homme tout ridé à la longue barbe blanche, chauve avec une longue robe de prêtre et paré de bijoux afin de montrer son pouvoir et sa richesse. Pourtant, son apparence faisait plus penser à un druide qu'à un homme d'Église, si on ne prenait pas sa bijouterie en compte. Afin de donner l'illusion d'un procès équitable afin de conserver la foi, et la confiance de la confiance de la population de Rotterdam, les habitants étaient autorisés et même invités à assister à l’audience. L'archevêque prit ensuite la parole pour énoncer les faits qui furent reprochés aux prévenues :

- Vous deux mesdames, êtes accusées réciproquement de sorcellerie, de piraterie, d'insubordination, de complicité de sorcellerie, et d'hérésie. Si vous avez une preuve de votre innocence je vous conseille de la fournir tout de suite, sans cela c'est une condamnation à mort pour vous deux.

- Une preuve de notre innocence, pas besoin tant que vous n'aurez pas de quoi prouver notre culpabilité ! Répliqua Crona sur un ton de défi.

- Mais nous avons tous ce qu'il nous faut, un sabre d'abordage, des témoignages, et une marque sur le dos de votre amie confirmant qu'elle est une sorcière, répondit l'archevêque. Mais puisque vous tenez tant à faire traîner ce procès, on va en finir avec un témoignage suffisamment parlant pour vous condamner.

Le témoignage d'Alix fut habillement ficelé pour faire accuser Crona, car touts les actes de piraterie qu'on lui reprocha, Alix ne les inventait pas mais bien au contraire, elle se servait de ses propres crimes pour les mettre sur le dos de la guerrière Krutz. Bien qu'à la grande surprise de Crona, le reste de l'équipage ne fut pas mis en scène dans des témoignages similaires, cela suffisait pour que l'opinion du public présent au procès soit fait contre la guerrière. Puis, avant même que Crona ne puisse contester la version d'Alix, ce fut au tour de Lucia de devoir écouter un récit de sorcellerie selon lequel elle aurait empoisonné les eaux, déclenché des tempêtes détruisant les récoltes ou encore des malédictions pouvant provoquer des épidémies de pestes. Rien de tout cela n'était vrai, mais en voyant et entendant à quel point les propos de l'archevêque étaient si loin de la réalité des pouvoirs de la sorcière, Crona comprit qu'elle pouvait jouer son jeu face à l'inquisition et contre Alix. Lorsque l'archevêque termina son plaidoyer, Crona se leva alors brusquement et prit la parole avant que quelqu'un d'autre ne le fasse pour l'empêcher de parler :

- Je tiens à signaler à votre sainteté que Lucia n'a pas le pouvoir de faire ce que vous dîtes, elle ne peut maîtriser que les végétaux ce qui est plutôt pratique pour aider à avoir de belle récolte.

- Silence ! Répliqua furieusement l'archevêque. Cela est une hérésie ! Seul le divin peut améliorer les récoltes. Vous ne nous tromperez pas !

- Mais qui vous dis que les pouvoir des sorcières ne viennent pas de lui ? Répondit Crona d'un ton provocant. Vous en savez si peu sur la magie mais vous la condamnez si facilement. Mais sachez une chose, une sorcière avertie peut faire feu de tout bois !

Cette dernière phrase, Crona l'avait pensé à l'époque où elle avait infiltré le couvent avec Lucia, car elles étaient chargées des interrogatoires et elles pouvaient donc en faire un signal entre elles, tout en faisant passer ça comme une mise en garde contre les sorcières pour faire croire qu'elles protégeaient les sœurs du couvent. Les mots “sorcière” et “avertie” s'accordaient bien tant termes d'avertissement, qu'en termes de mentalité actuelle pour les sorcières fuyant l'inquisition. À ces mots, Lucia passa à l'action sans que personne ne s'en aperçoive car aucun ne connaissait la magie, ce qui signifiait qu'il leur fut impossible de voir la sorcière lancer son sort. Lucia, les yeux fermés, faisait le vide dans sa tête pour concentrer son énergie afin d'en user la plus grande quantité en une seule fois, afin de lancer un sort assez puissant pour se libérer elle et Crona. De plus, le sort devait toucher tout le bâtiment afin d'empêcher l'inquisition et ses soldats de les capturer de nouveaux, pour pouvoir fuir au plus vite sur le port. Tandis que Crona attirait toute l'attention en provocant l'archevêque et le public, une sphère de lumière verte se concentrait entre les mains de la sorcière. Quand elle eût atteint la taille que Lucia souhaitait, elle fut si brillante que personne n'aurait pu l'ignorait mais seulement trop tard : le sort de Lucia était prêt à être lancé.

La sphère de lumière verte entre ses mains, lorsque Lucia claqua ses paumes l'une contre l'autre la boule scintillante explosa dans un flash lumineux. En quelques secondes, l'église fut envahie de racines qui empêchaient les soldats de l'inquisition d'intervenir, tandis que Lucia et Crona voyaient leurs menottes briser par d'autres racines plus petites. Les mains enfin libres, Crona déchira sa robe sur les côtés des cuisses jusqu'à son bassin pour pouvoir se mouvoir à son aise, puis bondit sur l'archevêque qui conservait son sabre comme une preuve. Dégainant la lame, elle prit alors le vieux religieux en otage afin de pouvoir quitter les lieux sans avoir à combattre. Emmenant avec elles les enfants venus assister au procès, Crona et Lucia avancèrent lentement vers le port avec l'archevêque et la magie sylvestre comme bouclier, dissuadant toute tentative de les attaquer au corps à corps ou à distance avec des flèches. Après avoir atteint le port sans encombre, Crona fut surprise de la situation. Pendant qu'elle et Lucia avaient pris leur temps pour atteindre la zone en toute sécurité, Alix et son équipage les avaient devancés au port et cette dernière bien que sous les ordres d'un duc, n'avait aucun scrupule à risquer la vie d'un archevêque. Les canons de son navire se mirent alors à faire feu sur les fugitives.

Un mur de ronces se dressa alors entre les projectiles et leurs cibles grâce à la magie de Lucia, mais cette dernière commençait alors à fatiguer, ayant lancé trois sorts de grandes tailles dont le dernier demandait une telle épaisseur pour protéger sa lanceuse, qu'il en avait vidé les dernières forces magiques. Ayant un peu de temps avant que les canons du navire soient à nouveau chargés, Crona ordonna aux enfants les plus jeunes de se mettre à l’abri et aux trois plus âgés, trois filles dont Fara, de tenter de trouver un bateau pour prendre la mer. Ces dernières s'exécutèrent et commencèrent à fouiller le port, profitant que toute l'attention soit focalisée sur le navire d'Alix. De son côté, Crona avait laissé tomber l'archevêque pour foncer droit sur le bateau ennemi, ne laissant pas passer l'occasion d'en découdre avec Alix. Profitant du rechargement des canons, Crona monta sur le navire pour se confronter aux quelques membres d'équipages n'étant pas affectées aux tirs et les balaya en quelques minutes sans la moindre difficulté : se mordant le pouce droit, elle usa de son sang sur l'émeraude pour faire jaillir le lynx sylvestre son les griffes de bois tranchèrent les ennemis qui ne s'y attendaient pas. Ne restait alors sur le pont que Crona et Alix, cette dernière comprenant enfin pourquoi Crona évitait les duels inutiles : durant toutes ses années de piraterie, elle avait ainsi pu garder un atout dans sa manche.

Si Crona l'emportait sur Alix avant la fin du chargement des canons, cette dernière aurait une occasion d'empêcher les tirs de frapper le port de plein fouet, Lucia n'ayant plus assez de force pour stopper une seconde salve. Un duel féroce s'engagea entre les deux femmes, sabre contre sabre afin que Crona affronte son adversaire dans un combat solennel, pour vaincre Alix sans user de ses pouvoirs et lui reprendre son commandement. Le lynx disparu, Crona enchaîna des frappes en direction du torse d'Alix qui les bloqua et renvoya coup pour coup à son adversaire, dont la vitesse étant supérieure et lui permettant d'éviter les attaques adverses. La guerrière persista dans ses attaques, entaillant à plusieurs reprises les cuisses et les flancs de son adversaire, tout en recevant également plusieurs coupures profondes au niveau du bassin et des épaules. Le duel se prolongea sans qu'aucune des deux ne puissent prendre l'avantage sur l'autre, mais le temps était toujours compté pour Crona : les canons du navire étaient de nouveau prêt à tirer. Aux prises avec son adversaire, Alix parvint tout de même à se dégager en lui assénant un puissant coup de genoux dans le ventre, puis donna l'ordre d'ouvrir le feu sur le port.

Tel le tonnerre, le son des canons crachant le feu se fit entendre mais ce ne fut pas du navire que partirent les boulets : le bateau fut lui-même frappé par des projectiles empêchant son équipage d'exécuter l'ordre de son capitaine. À quelques centaines de mètres du port, une caraque d'une soixantaines de mètres de long avait fait son apparition. Ses voiles toutes roses étaient des plus originales pour un navire pirate, tout comme le pavillon de même couleur portant un emblème des moins terrifiants pour des femmes pirates. Un cœur rouge entouré d'une couronne de fleurs, symbole étant également présent sur les voiles. Pourtant, si l'apparence du bateau semblait respirer la tendresse et la joie, son apparition avait fait pâlir de peur Alix, qui semblait très bien connaître la caraque ayant fait son entrée dans le port :

- Le navire d'Elvira ! Déclara Alix en crachant au sol. Qu'est-ce qu'elle fiche ici celle-là !

- Tu te poses vraiment cette question ? Lui demanda Crona en riant. Tu sembles oublier que les trahisons ça se paye toujours un jour ou l'autre.

- Je m'occuperais de son cas après t'avoir tué ! Répliqua Alix.

Face à ce nouvel adversaire, Alix délaissa l'attaque du port où était encore présente Lucia ainsi que les enfants, pour ordonner à son équipage d'ouvrir le feu sur la caravelle qui leur tirait dessus. Le combat entre les deux navires étaient fortement déséquilibré, le bateau d'Alix ayant déjà reçu une salve de boulet de canon il en était déjà en mauvais état. De plus, malgré les couleurs ainsi que les symboles mignons et innocents arborés par la caraque d'Elvira, le bâtiment était lourdement armé et son équipage rompu au combat naval. Bien que ce ne soit pas le cas d'Alix et Crona qui venaient de ce navire, la plupart des autres navire pirates ou militaire commettaient tous la même erreur : en voyant la couleur et la décoration des voiles, tous rigolaient et sous-estimaient l'adversaire, ce qui leur valait généralement d'être coulé avant même de comprendre ce qu'il leur arrivait. Le navire d'Alix avait levé l'ancre pour être en mouvement et ne pas subir la totalité des tirs ennemis, mais la caraque se rapprochait de leur position en continuant de tirer. Encore une cinquantaine de mètre, et les deux équipages se retrouveraient à portée d'abordage pour combattre au sabre. Les canons cessèrent le feu des deux côtés, tandis que les deux équipages se présentaient sur leurs ponts respectifs. Se présentant à la tête de son équipage, Elvira le capitaine de la caraque se tenait prête à lancer l'abordage.

La femme d'une quarantaine d'années avait de quoi impressionner, sa carrure à la musculature imposante n'était radoucit que par de magnifique yeux bleus comme l'océan, et ses cheveux noir de jais les faisant encore plus ressortir par contraste de couleurs. Crona se sentait nostalgique à la vue de son ancienne capitaine, comme si tout son passé lui revenait d'un coup et que les dernières années écoulées n'avait jamais existé. L'équipage de la caraque se jeta sur le pont du navire adverse, et une bataille féroce s'engagea tandis que Crona poursuivait son combat avec Alix. Les deux femmes faisaient raisonner les sabres l'un contre l'autre dans des échanges de coup violent, alors qu'autour d'elles le fracas des armes semblaient accompagner leur duel. Bien qu'elle fût blessée à plusieurs reprises, Crona se battait le sourire aux lèvres tant elle était heureuse de combattre à nouveaux aux côtés de ses anciennes camarades d'équipage. De plus, elle avait réussi son coup en empêchant l'équipage d'Alix d'attaquer le port, elle avait permis à Lucia de rejoindre les enfants et de les emmener sur une caravelle dénichée par le trio de jeunes sorcières. La présence de pirates combattant dans le port avait fait fuir l'équipage, et Lucia avait fait lever l'ancre à l'aide de sa magie, les enfants encore trop faibles musculairement pour le faire eux même. Prenant la barre avec maladresse, Lucia parvint cependant à diriger le navire en direction de la caraque d'Elvira, laissant le soin aux trois jeunes sorcières de manœuvrer les voiles.

Faisant rejoindre les autres navires à la caravelle, Lucia arriva pour rejoindre une bataille déjà presque terminée. Supérieur en nombre, Elvira et ses femmes pirates avaient fini de neutraliser leurs adversaires sans les tuer, ces dernières se refusant à prendre inutilement les vies d'anciennes camarades d'équipage. Malgré quelques morts inévitables, l'équipage adverse au complet était désarmé, assommé et prisonnier. Seul un combat n'était pas encore fini : le duel opposant Crona et Alix. Elvira voulant sa vengeance contre celle l'ayant poignardé dans le dos, elle voulue se joindre au combat mais Crona s'y opposa, cette dernière voulant en finir seule avec son adversaire. Les deux adversaires étaient toutes les deux épuisées par le combat, transpirant et essoufflées, le sang leur coulait sur le corps et elles peinaient à rester debout. Ayant tout juste assez de force pour une dernière attaque, chacune s'élança sur l'autre pour tenter une dernière frappe dans le flanc de son adversaire. Au moment de l'impact, Crona pivota sur sa jambe droite au dernier moment, esquivant la lame d'Alix et lui tailla profondément la hanche. Alix se retrouva au sol incapable de se relever. Malgré les humiliations subit de la part d'Alix, Crona lui tendit tout de même la main pour l'aider à se relever, se refusant à achever son adversaire sans qui elle n'aurait jamais pu faire atteindre le port à son groupe, et à la quelle elle se sentait un minimum redevable :

- Tu t'es bien battue, quel dommage que tu aies choisi d'être contre nous, déclara Crona. Mais au moins tu nous auras bien aidé à ta façon.

- T'aider, toi ? S'esclaffa Alix. Comme si j'avais voulu ça, tu as juste eût une chance insolente que les choses aient mal tourné pour moi. Alors épargne-moi ta pitié.

- Ce n'est pas de la pitié, mais de la reconnaissance ! Répondit Crona. Ce combat est fini et vous l'avez perdu toi et ton équipage. Alors à quoi bon insister à entretenir de l'animosité entre nous ?

- Si je laisse les choses ainsi, c'est toi qui gagnes ! Répliqua Alix coller au rebord du navire. Mais si je refuse ta réconciliation, c'est moi qui l'emporte !

Poussé par son orgueil et sa fierté, Alix avait préféré sauter à la mer alors qu'elle était bien trop affaibli pour nager, refusant la main tendue de Crona. Il sembla alors qu'Alix se soit noyer car personne ne la vue remonter à la surface. Les membres d'équipage d'Alix eurent alors deux choix s'offrant à elles, leur statut de corsaire étant tombé avec leur capitaine elles ne pouvaient plus rester librement à terre. Elles durent donc choisir entre suivre Elvira ou accompagner Crona en mer, bien que les deux navires semblaient voyager ensemble. Les deux bateaux s'étaient déjà suffisamment éloigner du port afin que Crona et Elvira puissent discuter, celles-ci ayant beaucoup de choses à se raconter comme le fait qu'Elvira soit arrivée juste à temps pour sauver Lucia des tirs de canons. La capitaine pirate passa un long moment à expliquer à son ancienne subordonnée tout ce qu'elle avait fait, afin de retrouver les traîtresses pour leur faire payer la trahison envers elle, et ainsi en récoltant des informations elle avait pu deviner où trouver Alix. Cependant, son arrivée salvatrice n'était que pure coïncidence car elle ne s'attendait pas à revoir Crona, et encore moins dans de telles circonstances. Crona lui expliqua à son tour ce qu'elle avait vécu durant ces dernières années.

Crona commença par la nuit où elle avait sauvé Lucia et fut séparée de l'équipage, profitant enfin de l'occasion pour s'expliquer avec son ancienne capitaine concernant sa désertion involontaire. Puis, elle aborda ses origines, racontant l'histoire de sa famille afin d'expliquer la situation qu'elle avait traversée pour se retrouver dans le port, et de faire comprendre à Elvira qui était ceux qui l'accompagnaient ainsi que ce qu'ils représentaient pour l'avenir. À la surprise de Crona, Elvira ne semblait que peu surprise du récit de la guerrière Krutz. Selon la capitaine pirate, des rumeurs existait d'autres personnes maîtrisant des dons similaires de par le monde, bien qu'ils ne soient que près peu nombreux. Cependant, il n'était question que de légende et de ragots, et rien ne semblait prouver l'existence d'une ou plusieurs autres lignés semblable à celle des Krutz. Mais si cela était vrai, alors Crona pouvait sans remord prendre la mer avec Lucia et ses protégés : soit ils vivraient en mer à l’abri le temps de pouvoir reprendre leur combat contre l'inquisition, soient leur tâche était finie et ils pouvaient laisser à d'autres le soin de poursuivre leur œuvre. Cela, seul le temps et l'avenir pourrait y apporter une réponse. Le soleil se couchait alors que deux navires prenaient le large, une page dans l'histoire de chacun se tournant définitivement.

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